Charles d'Albert, duc de Luynes

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Charles d'Albert
Portrait probable du duc de Luynes par Pourbus
Portrait probable du duc de Luynes par Pourbus

Titre Marquis d'Albert
Seigneur de Luynes
Autre titre Duc de Luynes (1619)
Grade militaire Connétable de France
Faits d'armes Siège de Montauban
Distinctions Pair de France (1619)
Chevalier du Saint-Esprit
Autres fonctions Gouverneur de la ville et du château d'Amboise
Capitaine du château des Tuileries
Conseiller d'État
Grand fauconnier de France
Garde des sceaux de France
Biographie
Dynastie Famille d'Albert
Naissance
à Pont-Saint-Esprit
Décès
à Longueville
Père Honoré d'Albert
Mère Anne de Rodulf
Conjoint Marie de Rohan (1600-1679)
Enfants Louis Charles d'Albert de Luynes (1620-1699)

Charles, marquis d’Albert, premier duc de Luynes (né le à Pont-Saint-Esprit, mort le à Longueville près d'Agen) est un homme d'État français du XVIIe siècle, pair de France et connétable de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'Anne de Rodulf et de Honoré d'Albert (mort le ), seigneur de Luynes, qui était au service de son parrain Henri IV de France. Une autre source le tient pour fils du capitaine Luynes et met en doute la véracité des titres de ses ancêtres[1]. Charles d'Albert fut d'abord page du Béarnais. Son frère Honoré (1581-1649), premier duc de Chaulnes, fut gouverneur de Picardie et maréchal de France (1619), et défendit sa province avec succès en 1625 et 1635.

Il devient favori de Louis XIII grâce à leur passion commune pour la chasse. Le roi le fait alors conseiller d'État, gentilhomme ordinaire de la chambre, gouverneur de la ville et du château d'Amboise en Touraine et capitaine du château des Tuileries. Le , il acquit la charge importante de grand fauconnier de France.

En 1617, Charles d'Albert, duc de Luynes reçoit la capitainerie de la Bastille en remplacement du maréchal François de Bassompierre, mais cède sa place dans le courant de la même année au maréchal de Vitry.

En 1617, il intrigua contre Marie de Médicis et participe avec d'autres proches de Louis XIII à l'exécution de Concino Concini par Vitry, capitaine des gardes du roi. On sait par plusieurs mémorialistes que Luynes avait déconseillé au roi d'exécuter Concini et avait même proposé la médiation de l'évêque de Carcassonne. À la suite de cet acte qui marque le début du règne personnel de Louis XIII, Luynes se voit attribuer une partie des biens de Concini et de son épouse, Léonara Galigaï, notamment le château de Lésigny. Il devient ensuite duc et pair, premier gentilhomme de la Chambre et connétable de France. Le choix de Luynes pour assumer la connétablie est motivé par le refus du duc de Lesdiguières d'abjurer sa foi protestante pour obtenir cette promotion. Ce dernier est nommé maréchal général des armées, ce qui lui donne en réalité les pouvoirs de connétable, charge qu'il occupera après la mort de Luynes.

Le duc de Luynes joue par la suite un rôle discutable dans la conduite de la politique étrangère de la France dans la mesure où la plupart des mémorialistes ne lui attribuent pas une voix prépondérante au Conseil du Roi. Louis XIII ayant rappelé la plupart des conseillers de Henri IV au Conseil où on les surnommait "les barbons" en raison de leur âge, on pouvait s'attendre à la reprise de la politique d'affrontement avec l'Espagne. Pourtant, la tendance est à l'époque à un rapprochement entre puissances catholiques. Luynes joue essentiellement un rôle dans la politique matrimoniale du roi en conseillant de marier la seconde sœur du roi, Christine de France, avec Victor-Amédée Ier de Savoie et prépare l'union de la troisième avec le prince de Galles.

En mars 1619, lorsque Marie de Médicis s'échappe du château de Blois, il conseille au roi le rappel de Richelieu pour inciter la reine-mère à négocier. Il ne s'agit pas d'une reculade de la part du roi dont l'armée était à quelques lieues d'Angoulême, résidence de la reine-mère quand Richelieu arriva, mais d'une volonté de réconciliation de la part de Louis XIII.

La réconciliation officielle a lieu le par le Traité d'Angoulême. En novembre de la même année, la libération du prince de Condé, précédemment emprisonné par la Régente irrite celle-ci et l'incite à tenir sa cour à Angers plutôt que de revenir à Paris. Dans le même temps, Luynes mécontente les Protestants en ne s'opposant pas au retour des Jésuites à Paris. En juillet 1620 se forme autour de Marie de Médicis une faction de grand seigneurs opposés au retour en grâce de Condé. C'est la seconde guerre entre la mère et le fils. De la Normandie au Languedoc, tous les grands seigneurs arment leurs places fortes au nom de la reine mère.

Luynes, soutenu par les anciens conseillers de Henri IV prône alors la négociation, et le prince Henri II de Bourbon-Condé, l'affrontement. Le , Louis XIII prend le parti de la guerre. Entre le 7 juillet et le , le roi mène lui-même l'armée royale, il reprend Rouen le 10 juillet, Caen le 17 et écrase l'armée de la reine-mère aux Ponts-de-Cé le 7 août. Luynes, qui ne participe à aucun de ces affrontements, favorise à nouveau la réconciliation entre la mère et le fils et consolide ses liens avec Richelieu en mariant son neveu, du Combalet à la nièce de Richelieu, Mlle du Pont de Courlay, future duchesse d'Aiguillon.

Il suit ensuite Louis XIII en Béarn et en Navarre où le jeune roi fait restituer ses biens au clergé catholique et remplace le conseil souverain de Béarn par le parlement de Pau, le . Entre février et mai 1621, une assemblée protestante réunie à La Rochelle refuse de reconnaître la réunion du Béarn à la Couronne, divise la France protestante en huit circonscriptions militaires et autorise les gouverneurs protestants à utiliser le fruit des impôts royaux pour lever des troupes pour leur propre compte. Luynes conseille à nouveau le compromis et notamment la suspension des édits de lèse-majesté contre l'assemblée de la Rochelle mais son influence diminue à cette époque au profit de celle du prince de Condé.

Louis XIII élève le duc de Luynes à la charge de connétable de France le 31 mars 1621[2]. Il entre en campagne le , il met le 18 le siège devant Saint-Jean-d'Angély qui tombe le 24 juin. Le 3 août[3], lors de la mort du garde des Sceaux, le président Du Vair, le roi lui attribue ce poste à titre provisoire, ce qui lui vaut une remarque méprisante du Prince de Condé : « si on veut distinguer le temps, M de Luynes est propre à toutes les charges, bon connétable en temps de paix et bon Garde des Sceaux en temps de guerre. »

Le 17 août, l'armée royale commence le siège de Montauban. Pour la première fois, Luynes se voit confier une tâche militaire, celle d'investir la Ville nouvelle. Or, il ne le fait pas, ce qui permet, le 28 septembre, l'entrée d'une armée de secours dans Montauban. Luynes tente une négociation séparée avec le duc de Rohan, s'attirant les foudres du roi qui l'accuse d'avoir négocié avec ce dernier à son insu.

Dans une dépêche, le diplomate vénitien Piruli conclut « le roi est plein de courage et de résolution; mais le connétable est fatigué et plein de doutes. »

Décès[modifier | modifier le code]

La position de Luynes devient très fragile quand la reine-mère qui est restée à Paris s'entoure de grands féodaux hostiles au connétable. Le 15 novembre, Louis XIII ordonne de lever le siège de Montauban mais reste dans la région pour en terminer la pacification. Le , Luynes investit une petite place forte, Monheurt, mais il meurt à Longueville le 15 décembre d'une « fièvre pourprée » (probablement la scarlatine). Son corps fut transporté à Maillé, près de Tours, qu'il avait fait ériger en duché-pairie sous le nom de Luynes.

Luynes est considéré comme un piètre administrateur mais cette vision est peut-être due au fait que les principaux écrits de l'époque sont de Richelieu qui avait bien des raisons de haïr Luynes et de le rabaisser devant la postérité. Aussi garde-t-on de lui l'image d'un homme qui n'a fait que suivre les vues politiques de la majorité des anciens ministres d'Henri IV (Villeroy, Brûlart de Sillery) qui témoignaient de sentiments pro-espagnols.

Sa rapide ascension dans les hautes sphères de l'état lui fit beaucoup d'ennemis qui voyaient en lui un second Concini.

Famille, mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Sa naissance est fort médiocre comme on disait en son temps. Il devint gentilhomme ordinaire de la chambre du roi[4].
Il avait 2 frères:

Charles épousa le la fille aînée d'Hercule de Rohan, duc de Montbazon, Marie de Rohan (1600-1679), naîtra de ce mariage :

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason Charles d'Albert (1578-1621) orn ext.svg

Ecartelé : I et IV, d'or, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'azur (d'Albert) ; II et III, d'azur à deux loups rampant d'argent affrontés (de Ségur) ; sur-le-tout, de gueules à une masse d'armes d'or garnie de sable et posée en pal, au chef d'argent chargé d'un gonfanon de gueules (de Sarrats).[5]

Source[modifier | modifier le code]

  • Louis XIII, Roi Cornélien, Pierre Chevalier, 1997

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Historiettes, Tallemant des Réaux, Bibliothèque de la Pléiade ISBN 2-07-010547-4, page 157 et note page 841
  2. SCHOELL (Max. S. F.) Cours d'histoire des états européens depuis le bouleversement de l'Empire (1832), t. 27, t. 3e. p.123.
  3. Les chanceliers et gardes des sceaux sous Louis XIII
  4. [Les historiettes: mémoires pour servir à l'histoire du XVIIe siècle, Volume 6 par Gédéon Tallemant Des Réaux, Louis-Jean-Nicolas de Monmerqué, Hippolyte de Chateaugiron]
  5. Source : Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Duc de Luynes
1619-1621
Louis Charles d'Albert de Luynes
Henri Ier de Montmorency
Connétable de France
1621-1621
François de Bonne de Lesdiguières
N, comte de La Rochefoucauld
Grand fauconnier de France
1616-1621
Claude de Lorraine, duc de Chevreuse
Guillaume du Vair
(Cancellariat de Nicolas Brûlart de Sillery 1607-1624)
Garde des sceaux de France
du 3 août 1621 au 15 décembre 1621
Méry de Vic