Charles VII de France

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Charles VII
Portrait de Charles VII, par Jean Fouquet, vers 1445 ou 1450, musée du Louvre, inv.9106
Portrait de Charles VII, par Jean Fouquet, vers 1445 ou 1450, musée du Louvre, inv.9106
Titre
Roi de France
21 octobre 142222 juillet 1461
38 ans, 9 mois et 1 jour
Couronnement 17 juillet 1429
en la cathédrale de Reims
Prédécesseur Charles VI
Successeur Louis XI
Duc titulaire de Luxembourg
145922 juillet 1461
Prédécesseur Anne de Luxembourg
Successeur Louis XI
Biographie
Dynastie Valois
Date de naissance 22 février 1403
Lieu de naissance Paris, Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Date de décès 22 juillet 1461 (à 58 ans)
Lieu de décès Mehun-sur-Yèvre,
Pavillon royal de la France.svg Royaume de France
Père Charles VI
Mère Isabeau de Bavière
Conjoint Marie d'Anjou
Héritier Louis de France Red crown.png
Résidence Bourges

Charles VII de France
Rois de France

Charles VII[1], dit « Charles le Victorieux » ou encore « Charles le Bien Servi », né en l'hôtel Saint-Pol à Paris le 22 février 1403 et mort au château de Mehun-sur-Yèvre, résidence royale située à Mehun-sur-Yèvre, entre Bourges et Vierzon, le 22 juillet 1461, fut roi de France de 1422 à 1461. Il est le cinquième roi de la branche dite de Valois de la dynastie capétienne.

Charles VII est le fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière[2].

Roi indissociable de l'épopée de Jeanne d'Arc, il réussit à renverser une situation compromise :

  • en échappant en 1418, à l'âge de quinze ans, à l'invasion de Paris par les Bourguignons qui tentaient de le capturer et en se réfugiant à Bourges où il se proclame lui-même régent du Royaume de France, eu égard à l'indisponibilité de son père resté à Paris, atteint de folie et tombé au pouvoir du duc de Bourgogne, Jean sans Peur.
  • en se proclamant lui-même roi de France, depuis Bourges, en 1422, à l'âge de 19 ans, à la mort de son père, en dépit du traité de Troyes de 1420 qui le déshéritait du royaume de France depuis l'âge de 17 ans, au profit de la dynastie anglaise des Plantagenêt.
  • en se faisant sacrer à Reims le 17 juillet 1429.
  • en combattant les Bourguignons, alliés des Anglais, et en ratifiant le traité d'Arras de 1435, qui met fin à la guerre civile engagée depuis l'année 1407 entre Armagnacs et Bourguignons.
  • en combattant les Anglais et en obtenant la victoire finale de Castillon-la-Bataille (dans l'actuel département de la Gironde), en 1453, qui met fin à la guerre de Cent Ans.

Contesté, Charles VII est devenu roi en 1422 en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, compliquée d'une intervention militaire anglaise victorieuse depuis la bataille d'Azincourt (1415). Chef de fait du parti Armagnac, il est déshérité par son père au traité de Troyes (1420) au profit du roi Henri V d'Angleterre puis du fils de ce dernier, Henri VI. Replié au sud de la Loire, le « roi de Bourges », comme on le surnomme par dérision, voit sa légitimité et sa situation militaire s'arranger nettement grâce à l'intervention de Jeanne d'Arc. Celle-ci délivre Orléans et conduit Charles VII à la cérémonie du sacre à Reims.

Souvent critiqué par la postérité pour avoir ralenti la reconquête de la France commencée par Jeanne d'Arc et pour l'avoir abandonnée à son sort après la victoire, Charles la fait néanmoins réhabiliter solennellement en 1456 et laver de toute accusation d'hérésie. Achevant de chasser les Anglais du royaume, il s'emploie également à rétablir l'économie grâce à Jacques Cœur, le gallicanisme et l'autorité royale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Fouquet a représenté le roi Charles VII en roi mage. Il s'agit de l'un des très rares portraits du roi. D'après certaines sources[Lesquelles ?], les deux autres rois mages sont le dauphin Louis, futur Louis XI, et son frère.

L'héritier du trône de France[modifier | modifier le code]

L'enfance d'un prince cadet[modifier | modifier le code]

Charles est le onzième et avant-dernier enfant de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. Il est le troisième à porter le prénom de Charles (les deux Charles précédents étant morts, l'un au berceau, l'autre à l'âge de neuf ans). Il reçoit le titre de comte de Ponthieu et, en tant que cadet de famille, ne présente aucune perspective de succéder à ses deux frères aînés, Louis et Jean, comme dauphin de France : son seul destin est de recevoir un apanage dont il rendrait hommage au roi de France. Il est élevé à Paris, dans l'hôtel Saint-Pol, alors résidence royale. Ses fiançailles avec Marie d'Anjou sont décidées. Elles sont célébrées au Louvre en décembre 1413 : les enfants, n'ont respectivement que dix et neuf ans.

La mère de Marie, Yolande d'Aragon, duchesse consort d'Anjou, ne souhaitait pas, depuis la sanglante Révolte des Cabochiens survenue au printemps 1413 à Paris, laisser les jeunes fiancés dans la capitale, les hôtes royaux de l'hôtel Saint-Pol étant notamment menacés par les Bourguignons. Elle réussit à emmener sa fille et son futur gendre en Anjou le 5 février 1414. Puis, au début de l'année 1415, sa belle-famille emmène Charles en Provence au château de Tarascon. Il revient en Anjou à la fin de l'année. Aussi, le prince peut-il passer, avec sa fiancée, quelques heureuses et paisibles années, jusqu'en 1417. Pendant son séjour, le dauphin Charles est instruit par les meilleurs maîtres et il leur doit d'être le prince le plus cultivé de son époque, comme son grand-père, Charles V[3].

Yolande d'Aragon avec l'enfant qui sera le futur Charles VII

Dauphin de France[modifier | modifier le code]

Ses frères aînés sont morts prématurément à l'âge de 19 ans, les dauphins Louis, duc de Guyenne en 1415 et Jean, duc de Touraine en 1417. Charles, comte de Ponthieu, dernier héritier vivant de la couronne de France, devient dauphin de France, sous la dénomination traditionnelle de dauphin de Viennois, à l'âge de 14 ans, à partir du 5 avril 1417[4]. À l'initiative d'Yolande d'Aragon, il était rentré à Paris au début de l'année 1417 en compagnie de son mentor, Jean Louvet, président de Provence, pour assister au Conseil de Régence. À l'hôtel Saint-Pol, il est placé sous la tutelle de son père, Charles VI, dont l'état de démence s'est aggravé. Sa mère, Isabeau de Bavière, prétend assumer seule la direction de la régence, sous l'influence du duc de Bourgogne, Jean sans Peur. Pour s'en débarrasser, son fils l'envoie sous bonne garde à Tours, en résidence surveillée par les Armagnacs : elle ne pardonnera jamais au dauphin cette mésaventure !

Le dauphin prend part à la régence du royaume avec ses conseillers Armagnacs. Il est fait duc de Touraine, duc de Berry et comte de Poitiers (sous le nom de Charles II de Poitiers). En mai 1417, il est nommé lieutenant-général du royaume, chargé de suppléer son père en cas d'empêchement. Il bénéficie de la garde rapprochée de quelques officiers de la couronne affiliés au parti d'Armagnac.

Cependant, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, dévoré d'ambition, vient de libérer la reine Isabeau de sa prison tourangelle. Il l'installe à Troyes le 23 décembre 1417, après l'avoir ralliée à sa cause contre le dauphin [5]. Il publie un manifeste pour réclamer les pleins pouvoirs, eu égard à la maladie du roi et à la jeunesse du dauphin.

Il décide de prendre le contrôle de la situation à Paris en enlevant le dauphin Charles et en éliminant les Armagnacs, afin d'assumer seul la régence du royaume.

Le roi de Bourges[modifier | modifier le code]

1418- Devant les menaces qui se précisent contre sa personne, en pleine guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, l’héritier du trône de France, sous la protection d'officiers de la couronne, doit quitter Paris envahi par les Bourguignons, dans la nuit du 29 mai 1418. Il échappe ainsi à l'influence du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, dont les gens aux ordres du redoutable tueur Capeluche procèdent au massacre du chancelier Henri de Marle, du connétable de France, le comte d'Armagnac et de leurs partisans Armagnacs.

Le dauphin se réfugie à Bourges, capitale de son duché de Berry[6], entouré des fidèles officiers de la couronne affiliés au parti d'Armagnac, qui deviendront ses premiers conseillers, ce qui lui vaut, de la part des chroniqueurs bourguignons, le sobriquet péjoratif de « roi de Bourges », tandis que ses conseillers sont traités d'« aventuriers sans scrupules », « avides de pouvoir » et accusés de « cupidité. » Les mêmes chroniqueurs répandent le bruit que le jeune dauphin, âgé de 15 ans, est totalement livré à l'influence de ses conseillers et qu'il manque singulièrement de caractère: le parcours de Charles VII prouvera au contraire sa conduite avisée [7].

Il apparaît comme l'héritier légitime du royaume de France dont il porte toujours le titre de lieutenant-général, conféré par son père, Charles VI. Il est allié des Armagnacs et hostile à la politique du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, secrètement allié des Anglais. C'est dans cette ville de Bourges qu'il se proclame régent du royaume de France, au grand dam de Jean sans Peur. Ce dernier fait promulguer à Paris un édit par le roi Charles VI - toujours en état de démence - pour révoquer les pouvoirs du lieutenant-général et pour stigmatiser les « méfaits » de ses conseillers.

Le dauphin Charles établit le Parlement à Poitiers et la Cour des Comptes à Bourges. Il prend les armes pour reconquérir son royaume. Entouré de grands féodaux et de chefs de guerre, il soumet plusieurs villes telles que Tours, Melun, Meaux, Compiègne et Montereau.

Montereau[modifier | modifier le code]

1419- Jean sans Peur est soucieux de faire rapatrier le dauphin à Paris sous la tutelle de son père, pour mieux le contrôler, comme il l'avait déjà fait avec les dauphins précédents. En vain, car Charles est déjà en campagne pour recouvrer son royaume. En outre, l'union entre les Bourguignons et les Anglais se délite devant les ambitions du roi Henri V d'Angleterre. Jean sans Peur décide alors de négocier avec le dauphin et avec ses conseillers un traité d'alliance contre les Anglais. Une première rencontre a lieu le 8 juillet 1419 à Pouilly-le-Fort. Elle se solde par un traité provisoire signé le 11 juillet 1419, connu sous le nom de paix du Ponceau, qui devra être confirmé ultérieurement. La seconde rencontre a lieu le 10 septembre 1419, à Montereau, résidence royale où s'est transporté le dauphin, entouré de sa garde. On dresse un enclos au milieu du pont : le dauphin et Jean sans Peur s'y retrouvent avec chacun 10 hommes armés, le gros de chaque troupe attendant sur l'une et l'autre rive. La discussion est orageuse : le dauphin reprocherait à son cousin de maintenir secrètement son alliance avec les Anglais en dépit du traité provisoire de Pouilly. Ce dernier répliquerait qu'il avait fait ce qu'il avait à faire ! Les entourages sont nerveux et, alors que le ton monte, les hommes d'armes brandissent leur épée. Tanguy du Châtel, qui avait sauvé le jeune prince lors de l'entrée des Bourguignons à Paris en 1418, écarte le dauphin de la mêlée. Jean sans Peur est tué. Les Bourguignons vont accuser le dauphin d'assassinat prémédité. Celui-ci s'en défendra et devra affronter longtemps la vengeance de Philippe le Bon, fils de Jean sans Peur.

Le traité de Troyes[modifier | modifier le code]

Dès la mort de son père, Philippe le Bon s'est allié avec les Anglais pour combattre le dauphin.

Les chroniqueurs bourguignons répandent le bruit que le dauphin Charles est le fils naturel de feu son oncle Louis de Valois, duc d'Orléans, frère cadet de Charles VI, qui fut assassiné en 1407 sur l'ordre du duc de Bourgogne, Jean sans Peur, et dont il aurait voulu venger le meurtre. Ils désignent Charles sous le sobriquet de « soi-disant dauphin. » Selon la rumeur, c'est parce qu'il est bâtard qu'un décret le bannit du royaume le 17 janvier 1420. Cette théorie n'est pas démontrée[8].

La véritable cause du déshéritement est la complicité dans le meurtre de Jean sans Peur dont on accuse le dauphin Charles. À ce titre, il est considéré comme indigne de prétendre désormais à la succession du royaume de France, du fait de ses « crimes abominables. »

En réalité, la dynastie anglaise des Plantagenêts revendique le trône de France et obtient l'élimination du dauphin et la disparition programmée de la dynastie directe de Valois, avec la complicité du duc Philippe le Bon de Bourgogne qui entend ainsi venger la mort de son père.

Le 21 mai 1420, en pleine crise de folie, le roi de France Charles VI est représenté par Isabeau de Bavière. Elle confirme la destitution de son propre fils qui s'exercera au profit du roi d'Angleterre, en signant avec le duc de Bourgogne, Philippe-le-Bon, et Henri V d'Angleterre, le traité de Troyes. Ce traité tripartite stipule que la couronne de France sera cédée à Henri V d'Angleterre, à la mort du roi Charles VI, à condition qu'il épouse une de ses filles. Le dimanche de la Trinité, en l'église Saint-Jean de Troyes, son mariage est donc célébré avec Catherine de Valois, dont il aura un fils, le futur Henri VI.

Pour parvenir à ce subterfuge historique, le traité de Troyes abroge en tant que de besoin la Loi salique, qui interdit, dans le royaume de France, la succession monarchique en ligne féminine : le petit roi de Bourges, descendant de Saint Louis, dernier représentant de la dynastie directe de Valois, est virtuellement écarté du trône de son royaume de France.

À Troyes, le roi Henri V d'Angleterre, héritier du trône de France, avait répété que « le dauphin est le seul chef et la seule cause de la guerre civile et que, par le meurtre du duc Jean, il avait bien montré son mauvais naturel et ses dispositions cruelles. » Il avait ordonné aux seigneurs, « conformément à leur devoir, leur consentement de venir avec lui et de l'aider à réduire ce fils obstiné et déloyal sous l'obéissance du roi son père [9]. »

1429
  •      Territoires contrôlés par Henri V
  •      Territoires contrôlés par le duc de Bourgogne
  •      Territoires contrôlés par le dauphin Charles
  •      Principales batailles
  •       Raid Anglais de 1415
  •       Itinéraire de Jeanne d'Arc vers Reims en 1429

Le dauphin Charles, en évoquant à juste raison l’incapacité mentale de son père, refuse les termes du traité qui devait, selon les protagonistes, abréger la guerre de Cent Ans. L'avenir démontrera que les savantes manœuvres diplomatiques concoctées par les Anglais et les Bourguignons, ont échoué. Les droits des Plantagenêts sur le trône de France sont définitivement révoqués en 1453.

Le roi de France[modifier | modifier le code]

Rappelons que le traité de Troyes organise la future succession du roi Charles VI au profit du roi d'Angleterre, Henri V[10]. Or, ce scénario n'aura pas lieu, car Henri V meurt le 31 août 1422 au château de Vincennes, avant Charles VI qui trépasse à l'hôtel Saint-Pol de Paris à moins de deux mois de distance, le 21 octobre 1422.

Il s'ensuit que le jeune Henri VI d'Angleterre, bébé de neuf mois, succède à son père comme roi d'Angleterre le 1er septembre 1422 et qu'il double la mise le 22 octobre 1422 en devenant également roi de France, sous la régence de son oncle le duc de Bedford qui va gouverner à Paris.

Bien entendu, cette double couronne, programmée avec la complicité des Bourguignons, n'est pas admise à la cour du « petit roi de Bourges » : le dauphin se proclame roi de France sous le nom de Charles VII le 30 octobre 1422. Il siège pour la première fois en majesté en la cathédrale Saint-Étienne de Bourges.

Après une chevauchée en territoire contrôlé en partie par l'ennemi, Charles VII est sacré roi de France en la cathédrale Notre-Dame de Reims le 17 juillet 1429 en présence de Jeanne d'Arc.

De son côté, Henri VI d'Angleterre est sacré, à son tour, roi de France à l'âge de neuf ans en la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 16 décembre 1431, par le cardinal de Winchester, entouré du duc de Bedford et de nombreux lords anglais.

Le roi Charles VII doit affronter les Anglais et les Bourguignons dans de durs combats pour recouvrer l'intégralité du royaume de France dont il est le légitime héritier.

La nef sans gouvernail[modifier | modifier le code]

De 1422 à 1425, le roi Charles VII consolide ses positions. Il contrôle le Berry, la Touraine, le Poitou, l'Aunis, et la Saintonge, une part de l'Auvergne et du Limousin, Lyon, le Dauphiné, le Languedoc, l'Agenais, le Rouergue et le Quercy. L'Anjou, le Maine, le Bourbonnais, l'Orléanais et le Vendômois sont également placés sous son contrôle. En 1425 Charles VII place son armée sous les ordres du comte de Richemont, frère du duc de Bretagne, à qui il remet l'épée de connétable de France. L'alliance avec le duché de Bretagne va renforcer les armes de France, nonobstant quelques atermoiements relevés de part et d'autre au fil des années. Cette même année 1425 voit l'éviction du pouvoir des premiers conseillers de Charles VII, à l'instigation de Philippe le Bon, beau-frère du comte de Richemont, qui est intervenu pour éliminer ceux qu'il considère comme les auteurs du meurtre de son père sur le pont de Montereau en 1419. De 1425 à 1429, les troupes royales confrontées aux Anglais et aux Bourguignons, subissent des revers entrecoupés de quelques victoires... Le sort du royaume de France semble indécis. L'historiographe de Charles VII, Alain Chartier déclare : « Nous allons comme la nef sans gouvernail »[11]. Les Anglais reviennent en force et le 4 septembre 1428 envahissent le Gâtinais. Ils investissent Beaugency, Notre-Dame de Cléry et d'autres places : leur objectif est de prendre Orléans, ville-clef de la défense française sur la Loire.

Le 1er octobre 1428, pour faire face au péril, Charles VII réunit les États généraux à Chinon, afin d'obtenir les ressources nécessaires pour résister à l'ennemi. Il obtient à la fois des subsides et des renforts qui serviront utilement à la défense de la ville d'Orléans.

Jeanne d'Arc à Chinon[modifier | modifier le code]

Le duc de Bedford, régent des royaumes de France et d'Angleterre, met le siège devant Orléans, et veut poursuivre jusqu'à Bourges pour s'emparer du roi Charles VII. Mais celui-ci s'était d'ores et déjà réfugié à Chinon. C'est dans le château de Chinon que le 25 février 1429, une jeune fille vient le trouver et lui demande audience. Elle lui dit : « Gentil dauphin, je te dis de la part de Messire Dieu que tu es vrai héritier du trône de France. »

Cette jeune fille de seize ans lui affirme qu'elle a eu des visions qui lui ont intimé l'ordre de sauver Orléans et de le faire couronner roi de France. Charles VII la fait examiner par des ecclésiastiques, qui se montrent convaincus de sa sincérité et de sa catholicité. Cette jeune fille, qui dit venir de Lorraine et s’appeler Jeanne d'Arc, pousse Charles à se faire sacrer roi et à lever son armée pour « bouter les Anglais hors de France. »

Le siège d'Orléans[modifier | modifier le code]

Commencé en juillet 1428, le siège d'Orléans s'est poursuivi pendant près de dix mois, entrecoupé de revers et de succès. Les Français, aux ordres de Jean de Dunois et leurs alliés écossais, conduits par John Stuart de Darnley, se font tailler des croupières lors de la journée des Harengs, du 12 février 1429. Mais les forces fidèles à Charles VII vont réagir et le siège d'Orléans s'est achevé le 8 mai 1429 par une éclatante victoire française. Les historiens considèrent que cette victoire est due à Jeanne d'Arc et à son compagnon d'armes Dunois.

Les ultimes combats de Jeanne d'Arc[modifier | modifier le code]

Depuis la levée du siège d'Orléans, Jeanne d'Arc participe sans interruption à des combats victorieux contre les Anglais au cours du mois de juin 1429 :

– le 10 juin à la bataille de Jargeau ;
– le 14 juin à la bataille de Meung-sur-Loire ;
– le 15 juin à la bataille de Beaugency ;
– le 18 juin à la bataille de Patay.

Puis, en traversant des régions occupées en partie par les Anglais et les Bourguignons, elle s'engage dans la marche triomphale de Charles VII jusqu'à Reims où il est sacré le 17 juillet 1429, en recevant l'onction sacrée de la Sainte Ampoule, par Mgr Renault de Chartres, archevêque de Reims et ancien chancelier de France. En la cathédrale, lors de la cérémonie, Jeanne d'Arc est à ses côtés, en armure et munie de son étendard: les prédictions de Domrémy étaient heureusement avérées.

Enfin, après une période de négociations et de trèves entre les Armagnacs et les Bourguignons, ces derniers rouvrent les hostilités. Le 10 mai 1430, Jean de Luxembourg entame le siège de Compiègne. Alertée par ses habitants, Jeanne d'Arc vient à leur secours à la tête de 400 lances. Mais, tombée dans une embuscade, elle devient prisonnière des Bourguignons. Elle est vendue aux Anglais, jugée à Rouen par le tribunal ecclésiastique présidé par l'évêque de Beauvais, Pierre Cauchon. Elle est condamnée à mort comme hérétique et relapse, et meurt en martyre, brûlée vive à Rouen le 30 mai 1431, à l'âge de 19 ans.

Le roi Charles VII, après avoir libéré Rouen en 1449, fait ouvrir une enquête sur les circonstances de son procès et de son supplice. Il obtient pour celle qui l'avait si fidèlement servi, une solennelle réhabilitation le 17 juillet 1456. Sa fête, devenue fête nationale française, est fixée au dimanche suivant le 8 mai, jour anniversaire de la délivrance d'Orléans.

Depuis le XVe siècle, les historiens ont cherché à définir le rôle exact de celle que les Français ont adoptée comme leur sainte patronne. Sur le plan militaire, elle n'est pas considérée comme chef de guerre, mais plutôt comme l'auxiliaire de la victoire, par ses encouragements et ses incitations à se battre résolument contre les Anglais et leurs alliés bourguignons. Sur le plan politique, elle sert admirablement les desseins du roi Charles VII, au moment où il était atteint de découragement devant les progrès de l'ennemi et la faiblesse de son camp : cette jeune fille inspirée religieusement, énergique et enthousiaste, entraîne le roi à un total changement de cap. Elle est surtout à l'origine de sa légitimation en le faisant sacrer à Reims. Enfin, elle incarne le symbole de la résistance du peuple de France contre l'occupant étranger.

La paix d'Arras[modifier | modifier le code]

Le 1er juillet 1435, sous la présidence des légats du pape et en présence de nombreux princes français et étrangers, le congrès de la paix entre Bourguignons et Armagnacs s'ouvre en la ville d'Arras. Le roi Charles VII est représenté par le duc de Bourbon, le comte de Vendôme et le connétable de Richemont. Philippe le Bon est accompagné de son fils, le futur duc de Bourgogne Charles le Téméraire et assisté du chancelier Rolin.

Le 21 septembre 1435, dans la liesse populaire, la paix d'Arras est proclamée en l'église Saint-Waast, mettant fin à la guerre civile déclenchée en 1407 entre les Armagnacs et les Bourguignons, à la suite de l'assassinat du duc Louis d'Orléans par les sbires du duc de Bourgogne, Jean sans Peur[12].

Le Lit de justice de Vendôme, par Jean Fouquet (détail, XVe siècle), BnF.
Charles VII trône en majesté sous un dais fleurdelisé, au centre de la composition.

La Pragmatique Sanction de Bourges[modifier | modifier le code]

En 1438,le roi Charles VII, soucieux d'affirmer son autorité sur l' Église de France, décide de convoquer une assemblée composée d'évêques, de religieux et de théologiens, ainsi que des représentants du pape Eugène IV [13], en la Sainte-Chapelle de Bourges, afin de bien définir et de renforcer les pouvoirs du roi de France face aux prérogatives du souverain pontife. La Pragmatique Sanction de Bourges, promulguée le 7 juillet 1438, lui permet ainsi de s'imposer comme le chef naturel de l'Église de France. Il détient désormais le pouvoir de désigner les principaux représentants du clergé français dans les abbayes et les différents sièges épiscopaux français, avec l'approbation des conciles et de celle du souverain pontife. En outre, il a un droit de regard et d'intervention sur les modalités de redistributions des redevances vers le Saint-Siège. C'est le premier pas vers une institution bien française connue sous le nom de gallicanisme.

L'ordonnance d'Orléans[modifier | modifier le code]

En 1439, les États généraux de langue d'oïl, réunis sous la présidence du roi Charles VII à Orléans, émettent le vœu qu'une réforme intervienne pour mettre fin aux désordres provoqués par les routiers et les écorcheurs. Ces supplétifs des troupes combattantes de l'armée royale, le plus souvent aux ordres des grands féodaux, se signalaient en effet par leurs nombreuses exactions. Entre deux combats, leurs groupes armés pillaient et rançonnaient la population, en échappant à tout contrôle des autorités constituées.

Par l'ordonnance d'Orléans, donnée le 2 novembre 1439 par le roi Charles VII, deux réformes sont décidées :

  • Le roi se réserve désormais le droit exclusif de lever les compagnies de gens d'armes, les compagnies libres étant désormais interdites. Seuls les paysans restent autorisés à se rassembler et à s'armer pour détruire les bandes de pillards.

L'armée royale est tenue de respecter un règlement disciplinaire rigoureux.

  • Le roi décrète l'unité de l'impôt, au détriment des tailles seigneuriales, pour financer l'armée permanente du royaume de France.

La Praguerie[modifier | modifier le code]

L'ordonnance d'Orléans provoque la réaction des féodaux du royaume qui refusent toute atteinte de leurs prérogatives médiévales au profit du pouvoir royal centralisateur.

En 1440, les grands vassaux s'engagent dans une révolte armée contre le roi Charles VII. Cette conspiration est connue sous le nom de Praguerie, par allusion à la Révolte des Hussites à Prague au début du XVe siècle. Parmi les comploteurs se retrouvent Jean II d'Alençon, Jean IV d'Armagnac, Charles Ier de Bourbon et jusqu'au dauphin Louis, futur Louis XI, pressé de prendre le pouvoir en éliminant son père.

Les conjurés prennent les armes, mais ils essuient le refus des seigneurs qui restent fidèles au roi Charles VII. Après de nombreux combats, les troupes royales, dirigées en personne par le roi Charles VII, finissent par venir à bout des révoltés le 19 juillet 1440. Ces derniers demandent grâce et l'obtiennent de la part du roi. Son fils Louis est éloigné jusqu'en Dauphiné dont il va assumer le gouvernement

Les compagnies d'ordonnance[modifier | modifier le code]

Profitant d'une accalmie dans la guerre de Cent Ans, le roi Charles VII crée, par l'ordonnance de 1445, les premières unités militaires permanentes à disposition du roi de France, appelées compagnies d'ordonnance.

Elles visent à la fois à une plus grande efficacité au combat de l’armée royale, et à une diminution des dégâts causés par l’armée en déplacement. Elles joueront un grand rôle dans la victoire de la France à la fin de la guerre de Cent Ans en 1453[14].

La bataille de Normandie[modifier | modifier le code]

Le 31 juillet 1449, le conseil du roi approuve la décision de Charles VII d'ouvrit les hostilités afin de libérer définitivement cette province.

Trois corps d'armée dirigés par le comte de Saint-Pol, par Jean de Dunois et Pierre de Brézé et par le duc François Ier de Bretagne, investissent les Places-Fortes du Cotentin, de Basse et Haute Normandie. Les troupes anglaises rendent les armes sous la pression des forces de l'intérieur et de l'armée royale.

Le 21 octobre 1449, la ville de Rouen est libérée. Dans la liesse populaire, le roi Charles VII prend part en majesté au grand défilé de la Libération le 10 novembre 1449[15]

Après de nombreux combats auxquels le roi prend part directement, les troupes royales libèrent Caen, le 6 juillet 1450, puis Cherbourg capitule le 12 août 1450 après un siège meurtrier.

La Normandie est ainsi libérée définitivement de l'occupation anglaise après un an de combat.

La bataille de Guyenne[modifier | modifier le code]

La libération de la Guyenne devait se révéler plus longue et plus difficile que celle de Normandie. Car, en effet, les Bordelais considéraient les Anglais comme des amis et surtout des clients privilégiés dans le commerce du vin.

Le roi envoie en septembre 1450 un détachement sous les ordres de Jean de Blois, comte de Périgord. Les royaux investissent Bergerac, Jonzac et plusieurs Places-Fortes aux environs de Bordeaux.

En mai 1451, une armée forte de 20 000 hommes, aux ordres de Jean de Dunois, procède au siège de Bordeaux. La capitale de la Guyenne est libérée le 24 juin 1451 et occupée par les royaux qui administrent la cité. Mais les Bordelais se révoltent et le 22 octobre 1452, ouvrent les portes aux forces anglaises commandées par John Talbot. Les Français sont faits prisonniers et la ville est à nouveau occupée et défendue par les Anglais.

Ce n'est que le 2 juin 1453 que le roi parvient à envoyer des renforts, après avoir défendu les côtes normandes d'une nouvelle et menaçante invasion anglaise. Ils battent les troupes de Talbot le 17 juillet 1453 lors de la bataille de Castillon et reprennent le siège de Bordeaux, avec l'appui de l'artillerie des frères Bureau. Les assiégés résistent vaillamment, tous Bordelais et Anglais confondus, mais ils finissent par capituler le 5 octobre 1453 auprès de l'amiral de Bueil.

Le roi Charles VII, fait grâce aux rebelles bordelais, cependant que les Anglais rembarquent définitivement le 19 octobre 1453.

Ainsi s'achève la libération de la France, à l'exception de Calais qui ne sera libéré qu'en 1558. La prédiction de Jeanne d'Arc est réalisée, les Anglais sont définitivement « boutés hors de France ».

Les personnalités de la cour[modifier | modifier le code]

Agnès Sorel[modifier | modifier le code]

C'est en 1443, à l'âge de quarante ans, que Charles VII fait connaissance d'Agnès Sorel, demoiselle d'honneur d'Isabelle Ire de Lorraine, épouse du duc René d'Anjou. Elle fut admise à la cour royale et devint la favorite du roi. Elle lui donna trois filles, les princesses Marie de Valois, Charlotte de Valois et Jehanne de Valois, qui furent officiellement légitimées et mariées à de grands seigneurs de la cour.

Agnès Sorel rayonnait par sa grâce et sa beauté. Le peintre Jean Fouquet nous en a laissé un portrait éloquent. Elle avait reçu en présent du roi le château de Beauté et elle fut surnommée la « dame de Beauté. »

Agnès Sorel est morte prématurément avant d'avoir atteint l'âge de trente ans, le 9 février 1450, peu de temps après avoir mis au monde une quatrième fille qui n'a pas survécu, au grand désespoir du roi. Le Tombeau d'Agnès Sorel est érigé en l'église abbatiale jouxtant le château de Loches. Un deuxième tombeau contenant une partie de ses cendres est érigé en l'abbaye de Jumièges.

Jacques Cœur[modifier | modifier le code]

Né vers 1395 à Bourges, Jacques Cœur est le fils de Pierre Cœur, riche marchand pelletier, fournisseur de la cour du duc Jean Ier de Berry.

Jacques Cœur prend la suite de son père et devient en 1427 fournisseur attitré de la cour du roi Charles VII, qui a fait de Bourges sa capitale. Il s'engage dans le commerce international et dirige une flotte de 12 navires marchands.

En 1435, il obtient la charge de maître de la monnaie de Bourges, puis de celle de Paris. Le 2 février 1439, il est nommé grand argentier de France, chargé de recevoir les redevances des trésoriers généraux au nom du roi. Il crée des impôts nouveaux ou les remet en vigueur : la taille, le fouage, les aides et la gabelle.

Toujours chargé de son commerce international, Jacques Cœur est anobli en 1441. Il est nommé conseiller du roi en 1442. Il devient son confident et reçoit de nombreuses missions diplomatiques. Il intervient aussi pour assainir les finances du royaume. Devenu richissime, Jacques Cœur est sollicité pour financer la bataille de Normandie contre les Anglais en 1447.

Il avait fait construire en 1443 un somptueux palais à Bourges, aujourd'hui connu sous le nom de palais Jacques-Cœur, qui dépassait en magnificence le palais royal de Bourges et celui des archevêques. Il suscita de nombreuses jalousies et fut la victime, notamment de ceux qui lui avaient emprunté de l'argent. Ils témoignèrent contre lui lorsqu’un procès pour concussion lui fut intenté en 1451. Condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement en 1453, il s'évade du château de Poitiers et se réfugie à Rome. Le pape Calixte III lui confie en 1456 le commandement de l'expédition sur l'île génoise de Chios contre les Ottomans. Il meurt au cours de l'expédition le 25 novembre 1456.

Georges de La Trémoille[modifier | modifier le code]

Né en 1384, le comte Georges Ier de La Trémoille, après avoir servi les ducs de Bourgogne, rejoint les rangs du roi Charles VII à Bourges en 1422, tout en conservant des intelligences dans le camp des Bourguignons.

Il entre au conseil du roi et devient son confident. Il s'oppose au connétable de Richemont et trempe dans de nombreuses intrigues pour finalement subir une tentative d'attentat le 3 juin 1433 dont il ressort blessé et captif du connétable.

En 1440, il complote avec les grands féodaux dans la conspiration de La Praguerie, mais défait, il se retire dans son château de Sully-sur-Loire où il meurt le 6 mai 1446.

Les autres personnages de la cour[modifier | modifier le code]

  • Les premiers conseillers du dauphin de 1418 à 1425 : Notamment, Robert Le Maçon, Jean Louvet, Tanneguy III du Chastel, Arnault Guilhem de Barbazan et Pierre Frotier. Ils adhèrent au Parti d'Armagnac et protègent le jeune dauphin de France, lors de l'invasion de Paris par les Bourguignons en 1418. Repliés à Bourges avec l'héritier du trône, ils l'assistent fidèlement lors de ses négociations avec les Bourguignons. Ils constituent sa garde rapprochée dans ses combats contre les Anglais et les Bourguignons. Ils sont partie prenante à l'entrevue de Montereau en 1419, accusés du meurtre de Jean sans Peur. Ils sont poursuivis par la vindicte du duc Philippe le Bon de Bourgogne qui entend venger la mort de son père .Ils sont jugés par contumace dans la cour de Justice de Paris en 1420 et passibles de la peine de mort pour crime de lèse-majesté. Le procès traine en longueur et n'aboutira jamais.
Ils sont évincés du pouvoir en 1425, par le comte de Richemont, nouveau connétable de France, à l'instigation de son beau-frère, Philippe le Bon. Puis, ils seront menacés dans leur vie et dans leurs biens lors de la signature du traité d'Arras en 1435 mettant fin à la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons[16]. En dépit des clauses du traité imposées par les Bourguignons, le roi Charles VII reste fidèle à ceux qui l'ont si bien servi à ses débuts et il les maintient ou les rétablit dans de nouvelles fonctions dès l'année 1444.

Fin de règne[modifier | modifier le code]

Les dernières années de Charles VII sont troublées par l'ambition de son fils, le futur Louis XI, qui s'était déjà manifesté dans le passé en participant activement à la Praguerie en 1440.

En 1451, Jacques Cœur, grand argentier du roi, est arrêté sans doute à cause de ses créanciers et débiteurs jaloux de sa réussite personnelle. Il est banni en 1453.

L'année 1453 marque la fin de la guerre de Cent Ans et le triomphe de Charles VII, le Victorieux. Le roi Henri VI d'Angleterre sombre dans la démence comme son grand-père maternel, le roi de France Charles VI. Pendant ce temps, Charles VII est vainqueur des Anglais à la bataille de Castillon où périt le chef militaire anglais John Talbot. Puis, pour achever son règne si combattu par les Bourguignons et les Anglais, il triomphe des forces ennemies en reprenant Bordeaux le 15 octobre 1453.

Le 19 octobre 1453 les Anglais capitulent à Bordeaux : c'est la fin de la guerre de Cent Ans. Le roi Charles VII recouvre la souveraineté de la Guyenne et de l'ensemble du royaume de France, à la seule exception de la ville de Calais qui restera aux mains des Anglais.

Le roi Charles VII meurt le 22 juillet 1461 à Mehun-sur-Yèvre. Son tombeau est érigé en la basilique Saint-Denis, nécropole des rois de France. Son fils lui succède sous le nom de Louis XI.

Commentaire[modifier | modifier le code]

Le dauphin, futur roi Charles VII, échappe de justesse en 1418, à l'âge de quinze ans, grâce aux officiers fidèles à la couronne de France, à l'invasion bourguignonne de Paris commandée par le duc Jean sans Peur, en pleine guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignon. Protégé par ses conseillers, il se réfugie à Bourges et se proclame régent de France.

À la mort de son père, Charles VI, il se proclame roi de France en 1422, en dépit des clauses du traité de Troyes instituant la primauté de la dynastie anglaise des Plantagenêt sur le trône de France, et il n'aura de cesse que de chasser les forces armées anglaises du royaume de France.

Par la voie diplomatique, il obtient le rapprochement du royaume de France et du duché de Bourgogne grâce au traité d'Arras du 20 septembre 1435, mettant ainsi fin à la guerre civile entre les Armagnacs et les Bourguignons.

Il combat, l'épée à la main, en chevalier, pour recouvrer le trône de France et la totalité de son royaume, confisqués par la dynastie anglaise des Plantagenêt. Il a bénéficié de l'aide rapprochée de nombreux fidèles, dont Jeanne d'Arc est la plus belle illustration, pour obtenir la libération définitive de la France de ses occupants anglais en 1453, par la capitulation de Bordeaux.

Charles VII restaure le pouvoir royal : il soumet notamment le clergé par la pragmatique sanction de Bourges en 1438 et brise la révolte des grands féodaux, lors de la Praguerie de 1440.

Le roi Charles VII laisse un royaume pacifié à son fils Louis XI en 1461.

Sépulture[modifier | modifier le code]

Gisants de Charles VII et Marie d'Anjou.
La chapelle caroline où furent placés les gisants de Charles VII et Marie d'Anjou (emplacement C).

Il fut inhumé en l'église abbatiale de Saint-Denis, où il reposa avec son épouse jusqu'à la Révolution, dans la chapelle caroline de Saint-Jean-Baptiste. Les travaux de construction du tombeau débutèrent avant même le décès de la reine et furent achevés entre 1464 et 1465. Le socle de marbre noir n'était pas entouré de pleurants ni de statuettes princières, à la différence des tombeaux de Charles V et de Charles VI. Deux colonnes de marbre blanc sculpté bordaient les gisants sur la dalle. On retrouvait dais, coussins et chiens traditionnels. Une inscription funéraire était gravée au dos du dais de Marie d'Anjou. La réalisation des gisants est attribuée à Michel Colombe (1430-1513). Le grand sculpteur, célèbre pour la réalisation du tombeau de François II de Bretagne, n’a guère séjourné en Île-de-France mais il a suivi les rois dans leur déplacement de Bourges à Tours.

Le document de la collection Gaignières (aujourd'hui à Oxford, à la Bodleian Library) montre qu'au XVIIe siècle, le tombeau n'était plus intact. Les bras des souverains avaient été cassés et les couronnes amputées. On ne sait à quelle période eurent lieu ces dégradations marginales.

Cependant, le monument était relativement bien préservé comme le prouve l'état du décor gothique entourant les deux gisants, tout au moins jusqu'à la fin du XVIIe siècle car si le dessin de Gaignières reproduit les deux colonnettes horizontales gothiques sur les côtés de la dalle, le plan de dom Félibien de 1706 ne les montre plus. Ce plan, très détaillé, les maintient pour les tombeaux de Charles V et Charles VI, ce qui peut laisser penser qu'il y eut des travaux inachevés au début du XVIIIe siècle qui motivèrent un retrait temporaire de cette décoration.

Le tombeau fut détruit du 5 au 8 août 1793. À la différence des gisants de Charles V, de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, ceux de Charles VII et de Marie d’Anjou furent brisés à coup de masse. Alexandre Lenoir put sauver les bustes des gisants qu’il fit détacher des parties supérieures amputées et s’émiettant. Aussi fit-il découper horizontalement à la scie ce qui restait de récupérable pour le transporter dans les réserves du musée des monuments français.

Au XIXe siècle, les deux vestiges ne retournèrent pas à Saint-Denis mais subirent une restauration (nouveaux nez, nouvelles couronnes), peut-être à l’initiative de Viollet-le-Duc. Ils furent ensuite envoyés aux Archives nationales puis au Louvre et enfin retournèrent à la fin des années 1990 dans la basilique Saint-Denis, juste à côté du tombeau de Charles VI et d’Isabeau de Bavière, sur des colonnes se faisant face.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Arbre généalogique des Valois.

Enfants légitimes de Charles VI et d'Isabeau de Bavière[modifier | modifier le code]

Ce paragraphe indique la fratrie de Charles VII et la destinée de chacun de ses frères et sœurs[17].

  • Nous observons que le futur roi Charles VII est le 11e enfant et qu'il est placé en 4e position dans la succession monarchique, en tant que quatrième et dernier dauphin vivant de sa génération, après la mort de ses frères no 5/Charles, no 8/Louis et no 9/Jean : À l'époque où le roi Charles VI est atteint de folie, la prétention au trône de France de la dynastie des Plantagenêt d'Angleterre, alliée aux ducs de Bourgogne, menace la succession de la dynastie de Valois. On n'aurait pas donné cher de l'accession du comte de Ponthieu au trône de France... En 1415, son frère, le deuxième dauphin Louis, duc de Guyenne, est mort, au grand dam de son beau-père, le duc de Bourgogne, Jean sans Peur. Ce dernier, après avoir assassiné le frère du roi Charles VI, Louis Ier d'Orléans, dont il redoutait la concurrence, voyait s'effondrer ses rêves d'hégémonie du royaume de France. Après la mort du troisième dauphin Jean, duc de Touraine, en 1417 et après l'accession du quatrième dauphin Charles, comte de Ponthieu, au delphinat, - (Le futur Charles VII est connu historiquement sous le nom de comte de Ponthieu)-, les troupes bourguignonnes envahissent Paris et tentent en vain de le capturer en 1418. Il ira, sous la protection des officiers de la couronne[18] se réfugier à Bourges, à l'abri des convoitises et des menaces de son oncle Jean sans Peur et ainsi commence l'épopée du roi Charles VII, à la reconquête du royaume de France dont il est l'héritier légitime.
  • Nous observons aussi que le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, cousin apanagé du roi Charles VI, dévoré d'ambition, marie sa fille Marguerite aux deux premiers dauphins, Charles et Louis. Leur mort prématurée fait obstacle à ses convoitises hégémoniques dans la régence du royaume de France, au temps de la folie du roi Charles VI.
  • Nous observons enfin que Catherine, qui précède immédiatement le dauphin Charles, est mariée en 1420 au roi d'Angleterre, Henri V, conformément au traité de Troyes : à la suite de la mort brutale de Jean sans Peur survenue sur le pont de Montereau, dont on accuse le futur Charles VII, ce dernier est purement et simplement déshérité par son père Charles VI au profit du roi d'Angleterre, Henri V et de ses héritiers, avec la complicité du nouveau duc de Bourgogne, Philippe le Bon, qui veut ainsi venger la mort de son père. La dynastie de Plantagenêt d'Angleterre doit hériter le royaume de France à la mort du roi Charles VI... Le dauphin contestera la validité de ce traité en alléguant l'état de démence de Charles VI et se proclamera roi de France en 1422, à la mort de son père.
                                   --------------------------------

Enfants légitimes de Charles VII et de Marie d'Anjou[modifier | modifier le code]

Il n'a pas vingt ans lorsqu'il épouse le 22 avril 1422 à Bourges, dans la cathédrale Saint-Étienne, Marie d'Anjou. Ils eurent quatorze enfants :

  1. Louis de France (3 juillet 1423 - 30 août 1483), qui lui succède sous le nom de Louis XI ;
  2. Jean de France né et mort le 19 septembre 1426) ;
  3. Radegonde de France (Chinon, août 1428[19] - 1445)[20] ;
  4. Catherine de France (1428 - 13 septembre 1446), qui épouse en 1440 le futur Charles le Téméraire ;
  5. Jacques de France (1432 - 1437)
  6. Yolande de France (23 septembre 1434 - 29 août 1478), qui épouse le futur duc Amédée IX de Savoie en 1452, et qui, à la mort de ce dernier, devient régente de Savoie ;
  7. Jeanne de France (1435 - 1482), qui épouse en 1452 le futur duc Jean II de Bourbon ;
  8. Philippe de France (1436 - 1436)
  9. Marguerite de France (1437 - 1438)
  10. Jeanne de France (7 septembre 1438 - 26 décembre 1446) ;
  11. Marie de France (7 septembre 1438 - 14 février 1439), sœur jumelle de Jeanne de France ;
  12. Marie de France (1441-morte jeune)
  13. Madeleine de France (1er décembre 1443 - 24 janvier 1495), qui en 1462 épouse Gaston de Foix, prince de Viane ;
  14. Charles de France (1446 - 1472).

Descendance naturelle[modifier | modifier le code]

Charles VII eut de sa liaison avec Agnès Sorel :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

Travaux historiques[modifier | modifier le code]

  • Pierre Bernus, « Le rôle politique de Pierre de Brezé au cours des dix dernières années du règne de Charles VII (1451-1461) », in Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 69, 1908, p. 303-347, [lire en ligne].
  • André Bossuat :
    • « Le règlement des confiscations sous le règne de Charles VII », in Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 91, no 1, 1947, p. 6-16, [lire en ligne].
    • « Le rétablissement de la paix sociale sous le règne de Charles VII », in Le Moyen Âge, tome LX, 1954, p. 137-162.
  • Olivier Bouzy :
    • « Les débuts du règne de Charles VII : 1418-1428 », in Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 27, 2007 (année 2003), p. 41-141.
    • entrée COUR DE CHARLES VII, in Philippe Contamine, Olivier Bouzy, Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2012, p. 643-645, (ISBN 2-221-10929-5)
  • Philippe Bully, Charles VII le « roi des merveilles », Paris, Tallandier, 1994, II-339 p., (ISBN 2-235-02124-7).
  • Colette Beaune, « Prophétie et propagande : le sacre de Charles VII », in Myriam Yardeni (dir.), Idéologie et propagande en France, colloque organisé par l'Institut d'histoire et de civilisation françaises de l'université de Haïfa (1984), Paris, Picard, 1987, p. 62-73.
  • Philippe Contamine :
    • « L'action et la personne de Jeanne d'Arc, remarques sur l'attitude des princes français à son égard », in « Actes du colloque Jeanne d'Arc et le cinq cent cinquantième anniversaire du siège de Compiègne, 20 mai - 25 octobre 1430 », Bulletin de la société historique de Compiègne, t. 28, 1982, p. 63-80, [lire en ligne].
    • « Charles VII, les Français et la paix, 1420-1445 », in Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 137, no 1, 1993, p. 9-23, [lire en ligne].
    • « Un acteur du sacre de Charles VII : Georges de La Trémoille », in Travaux de l'Académie Nationale de Reims, vol. 171, « L'histoire de Reims en question », 1996, p. 190-211.
    • « Charles VII et Vincennes », in Vincennes aux origines de l'État moderne. Actes du colloque scientifique sur les Capétiens et Vincennes au Moyen Âge, organisé par Jean Chapelot et Élisabeth Lalou à Vincennes, les 8, 9 et 10 juin 1994, Paris, Presses de l'École normale supérieure, 1996, p. 305-317.
    • « Le sang, l'hôtel, le conseil, le peuple : l'entourage de Charles VII selon les récits et les comptes de ses obsèques en 1461 », in Alain Marchandisse et Jean-Louis Kupper (dir.), À l'ombre du pouvoir. Les entourages princiers au Moyen Âge, Liège, Publications de l'université de Liège, 2003, p. 149-167.
    • « Charles VII, roi de France, et ses favoris. L'exemple de Pierre, sire de Giac (┼ 1427) », in Jan Hirschbiegel et Werner Paravicini (dir.), Der Fall des Günstlings. Hofparteien in Europa vom 13. bis zum 17. Jahrhundert (Neuburg am. Donau, 21-24 September 2002), Rezidenzenforschung, Jan Thorbecke Verlag, 2004, p. 139-162.
    • « 1445 : Charles VII et l'art de la négociation », in María Teresa Ferrer Mallol, Jean-Marie Moeglin, Stéphane Péquinot et Manuel Sánchez Martínez (dir.), Negociar en la Edad Media. Négocier au Moyen Âge, actes du colloque tenu à Barcelone du 14 mai au 16 octobre 2004, Barcelone, CSIC, 2005, p. 321-347.
    • entrée CHARLES VII (1403-1461), roi de France, in Philippe Contamine, Olivier Bouzy, Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2012, p. 608-615, (ISBN 2-221-10929-5).
  • Hippolyte Dansin, Étude sur le gouvernement de Charles VII. Thèse présentée à la Faculté des lettres de Paris, Imprimerie de Silbermann, Strasbourg, 1856, [compte-rendu].
  • Victor Hunger, « Le siège et la prise de Vire par Charles VII en 1450 », in Annales de Normandie, vol. 21, no 21-2, 1971, p. 109-122, [lire en ligne].
  • Pierre Marot, « L'expédition de Charles VII à Metz (1444-1445). Documents inédits », in Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 102, 1941, p. 109-155, [lire en ligne].
  • Georges Peyronnet :
    • « Les complots de Louis d'Amboise contre Charles VII (1428-1431). Un aspect des rivalités entre lignages féodaux en France au temps de Jeanne d'Arc », in Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 142, no 142-1, 1984, p. 115-135, [lire en ligne].
    • « Jeanne d'Arc et Charles VII : un problème à revoir », in Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 12, 1988, p. 7-24.
    • « L'action des combattants de l'ombre dans la guerre de Cent Ans à l'heure du plus grand péril (1420-1429) », in Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 24, 2000, p. 9-61.
  • Vladimir Raytes, « La première entrevue de Jeanne d'Arc et de Charles VII à Chinon. Essai de reconstitution d'un fait historique », in Bulletin de l'association des amis du Centre Jeanne d'Arc, no 13, 1989, p. 7-18.
  • Auguste Vallet de Viriville :
    • « Essais critiques sur les historiens originaux du règne de Charles VII. Premier essai : chronique de Cousinot », in Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 18, 1857, p. 1-20, [lire en ligne], p. 105-126, [suite fin].
    • «  Essais critiques sur les historiens originaux du règne de Charles VII. Deuxième essai : Jean Chartier », in Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 18, 1857, p. 481-499, [lire en ligne].
    • Histoire de Charles VII, roi de France, et de son époque, 1403-1461, tome I, tome II, tome III, Paris, Jules Renouard, 1862-1865, [compte-rendu du tome I en ligne].
    • « Avènement de Charles VII, roi de France, à la couronne », in Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 23, 1862, p. 54-60, [lire en ligne].
    • « Mémoire sur les institutions de Charles VII », in Bibliothèque de l'école des chartes, vol. 33, 1872, p. 5-118, [lire en ligne].

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources partielles[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Charles VII de France » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Charles VII sur le site Medieval Lands
  2. Claude Wenzler, Généalogie des rois de France, éditions Ouest-France, 1994 (ISBN 2-7373-1529-8), p. 26
  3. Les noces entre le dauphin et Marie d'Anjou seront célébrées tardivement à Bourges en août 1422). (Georges Bordonove, Histoire de Charles VII, p. 69) - //Didier Feuer et Jean d'Hendecourt, Dictionnaire des souverains de France et de leurs épouses, Pygmalion, Paris 2006 (ISBN 978-2-7564-0030-3), p. 347
  4. En 1349 Humbert II de Viennois avait vendu sa seigneurie du Dauphiné au roi de France Philippe VI, à la condition que l'héritier du trône porte le titre de dauphin de Viennois
  5. La reine Isabeau fait une déclaration publique et solennelle pour sceller son alliance avec Jean sans Peur : « Très cher cousin, par-dessus tous les autres hommes de ce royaume, je dois vous aimer, parce qu'à ma demande, vous avez tout laissé et êtes venu me délivrer hors de prison. Pour quoi, mon très cher cousin, je ne vous faillirai jamais, car je vois bien que vous avez toujours aimé mon seigneur le roi, sa génération, son royaume et la chose publique » (Bertrand Schnerb, Jean sans Peur, le Prince meurtrier, Payot 2005, p. 661)
  6. Le dauphin trouve refuge dans l'ancien palais de son oncle Jean Ier de Berry, mort en 1416. Cet édifice, partiellement détruit, est désormais le lieu de réunion réservé à l' Hôtel de préfecture du Cher à Bourges. C'est dans ce palais de Berry que le futur roi Louis XI est né en 1423 (bien que certains historiens laissent entendre qu'il serait né au palais des archevêques)
  7. Les quelques témoignages qui le concerne à cette époque concordent : le jeune prince a l'esprit vif, clairvoyant, il est courageux et déterminé, capable d'inspirer confiance à ses fidèles, comme si les épreuves récentes avaient forgé son caractère. « Combien qu'il fût jeune d'âge, toutefois il avait bien bon sens et entendement », dit Jouvenel des Ursins. (Georges Minois, Charles VII, p. 99)
  8. Les historiens contemporains indiquent que l'expression « soi-disant dauphin » reprise dans le traité de Troyes exprime tout simplement le refus des Anglais et des Bourguignons de considérer l'héritier du trône comme le dauphin légitime, en raison de ses « crimes abominables » qui le disqualifient à tout jamais. Malgré les rumeurs répandues, la mère du dauphin, Isabeau de Bavière, n'a jamais reconnu, encore moins proclamé, l'illégitimité de son fils
  9. Barante, Histoire des ducs de Bourgogne
  10. Le roi Henri V d'Angleterre (1387-1422) et le duc Jean sans Peur de Bourgogne (1371-1419), revendiquent chacun la succession du roi Charles VI de France, en alléguant la légitimité de leurs droits héréditaires par leur qualité de descendants en ligne féminine du roi Philippe IV (Philippe le Bel) (1268-1314). Charles VII n'est que le descendant de la branche cadette de Valois. Il est, en effet, l'arrière-petit-fils du roi Philippe VI (1293-1350), fils de Charles, comte de Valois (1270-1325), qui était le frère cadet du roi Philippe IV (Philippe le Bel). C'est par référence à la Loi salique que la succession a eu lieu en 1328. Or, ni les Anglais, ni les Bourguignons n'admettent la validité de la loi salique appliquée au royaume de France et ils contestent la légitimité de la dynastie de Valois. C'est ce qui explique historiquement l'offensive des Anglais et de leurs alliés bourguignons, sur le plan militaire et diplomatique
  11. Bordonove, ibid, p. 127
  12. Paix d'Arras : les historiens observent que les Bourguignons ont exigé que le roi Charles VII fasse œuvre de repentance à propos du meurtre de Jean sans Peur sur le pont de Montereau en 1419, bien que le souverain français se soit toujours défendu d'avoir fomenté un complot. En revanche, les négociateurs français n'ont rien réclamé quant à l'assassinat du duc d'Orléans, frère du roi Charles VI, bien que Jean sans Peur ait revendiqué haut et fort le meurtre de son cousin ! Ils avaient reçu pour instruction d'obtenir la paix à tout prix
  13. Devant les abus de pouvoir de l'ancienne papauté, et après la résolution de la crise pontificale résultant du Grand Schisme d'Occident (1378-1417), les pères conciliaires du concile de Bâle (1331-1337) avaient déjà ouvert la voie de réformes en instituant la primauté du conciliarisme sur les positions papales. Les conseillers de Charles VII ont incité leur souverain à profiter de cette période propice pour adapter ces réformes au royaume de France
  14. Jean Favier, La guerre de Cent Ans, Fayard, p. 588-590
  15. Le défilé de la Libération de Rouen : Jean Chartier, historiographe du roi, relate que « Premièrement allaient tout devant et les premiers tous les archers du roy, revêtus de jacquettes de couleur vermeil, blanche et verte, parsemées de fleurs, entre lesquels étaient six cents archers bien montés ayant brigandins et jacquettes par dessus, pour la conduite desquels fut commis et ordonné par le roy Pierre Frotier, baron de Preuilly. Et après venait le roy, armé de toutes pièces, monté sur un coursier couvert jusqu'aux pieds de drap de velours azur, semé de fleurs de lys d'or de broderie, ayant en sa tête un chapeau de castor doublé de velours vermeil, sur lequel avait au bout une houpe de fil d'or »...
  16. EXTRAIT des clauses du traité d'Arras du 21 septembre 1435 : *Article 2 / Item, que tous ceux qui perpétrèrent ledit mauvais cas (l'assassinat de Jean sans Peur), ou qui en furent consentants, le roi abandonnera et fera toute diligence possible de les faire prendre et appréhender quelque part que trouvés pourront être, pour être punis en corps et en biens; et si appréhendés ne peuvent être, les bannira et fera bannir à toujours, sans grâce de rappel, hors du royaume et du Dauphiné, avec confiscation de tous leurs biens, et seront hors de tout traité
  17. Auguste Vallet de Viriville, Note sur l'état civil des princes et princesses nés de Charles VI et d'Isabeau de Bavière, Paris 1858, t. 5, p. 473 à 482
  18. Parmi les officiers de la couronne ayant sauvé le futur Charles VII lors de l'invasion des troupes bourguignonnes et du tyran Capeluche en 1418 à Paris, on distingue notamment : Jean Louvet, Tanneguy III du Chastel, Guillaume d'Avaugour et Pierre Frotier
  19. Gaston du Fresne de Beaucourt, Histoire de Charles VII, t. II : Le roi de Bourges, 1422-1435, Paris, Librairie de la Société bibliographique,‎ 1882 (lire en ligne), p. 187.
  20. http://books.google.fr/books?id=0oSAAVTnH1wC&pg=789