Charles Théodore de Bavière (1795-1875)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Charles-Théodore de Bavière.
Le prince Charles-Théodore de Bavière.

Le prince Charles-Théodore Maximilien Auguste de Bavière (né le 7 juillet 1795 à Mannheim; mort le 16 août 1875 près du lac de Tegernsee) fut « Generalfeldmarschall » et conseiller privé du roi de Bavière.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le prince Charles-Théodore était le fils benjamin du premier roi de Bavière Maximilien Ier Joseph alors simplement duc de Deux-Ponts sous le nom de Maximilien III et de la princesse Wilhelmine de Hesse-Darmstadt qui mourut l'année suivante.

Le duc Maximilien épousa en secondes noces Caroline de Bade (qui avait failli épouser le duc d'Enghien). Cette princesse, de vingt ans plus jeune que son mari, donna le jour à un fils qui mourut en bas âge et plusieurs filles dont la plupart portèrent couronne et régna sur la cour de Munich avec beaucoup de dignité.

Charles-Théodore devait son prénom à l'Electeur Charles-Théodore de Bavière dont son père était l'héritier. L’Electeur mourut en 1799 et Maximilien monta sur le trône sous le nom de Maximilien IV.

En 1806, le Saint-Empire romain germanique vivant ses dernières heures, l'Electeur de Bavière fut élevé à la dignité royale par Napoléon Ier, Empereur des Français, Roi d'Italie et protecteur de la Confédération du Rhin dont fit partie la Bavière. La princesse Augusta-Amélie, sœur de Charles-Théodore épousa le beau-fils de l'empereur, Eugène de Beauharnais, vice-roi d'Italie, et alla régner à Milan.

Nonobstant, ne voulant point mêler son sang séculaire à une dynastie parvenue, le roi Maximilien maria précipitamment son fils aîné et héritier, le prince Louis – par ailleurs filleul du feu Louis XVI de France – à une petite princesse allemande Thérèse de Saxe-Hildburghausen. Ce fut l'occasion de la première Oktoberfest (1810).

Au cours de la campagne d'Allemagne, Charles-Théodore, âgé de 18 ans, participa au soulèvement contre les forces d'occupation françaises en tant que général de division d’infanterie. L’Académie des Sciences de Bavière le reçut en 1813 comme membre d’honneur.

Son père mourut en 1825 et son frère devint roi sous le nom Louis Ier de Bavière.

Esprit libre, très éloigné du faste et des honneurs royaux, alors que ses sœurs, nièces et neveux sont mariées aux princes et princesses de leur temps (Autriche, Russie, Brésil, France, Espagne, Deux-Siciles, Modène, Prusse, Saxe, Hesse, Suède, Portugal, Hohenzollern-Hechingen), il avait contracté en 1823 une union morganatique, renonçant de fait à ses droits dynastiques.

De même, en 1830, il repoussa la couronne royale de Grèce qu'on lui proposait qui, pour cette raison, échut à son neveu le prince Othon.

Néanmoins, en vertu de ses seuls mérites, en 1841 le roi, son frère, lui accorda la dignité de maréchal et le nomma inspecteur de l’armée bavaroise, puis en 1860 l'empereur François-Joseph Ier d'Autriche, son neveu, le nomma commandant en chef du septième corps d'armée de la Confédération germanique. Général en chef de l’armée bavaroise et des contingents sud-allemands pendant la guerre austro-prussienne de 1866, il porte une responsabilité indiscutable dans la défaite de la Maison de Habsbourg-Lorraine.

En 1848, la révolution poussa le roi Louis Ier à l'abdication et son fils, Maximilien II de Bavière lui succéda. Celui-ci mourut en 1864 et son fils devint un roi célèbre sous le nom de Louis II de Bavière.

En 1871, la Bavière intégra, bien malgré elle, l'Empire allemand sous l'égide la Maison de Hohenzollern. Le prince Othon représenta son frère Louis II – qui n'avait pas voulu se déplacer – lors de la cérémonie qui se déroula dans la galerie des glaces du château de Versailles. Ce fut une triste journée pour l'illustre Maison de Wittelsbach.

Par le mariage morganatique qu'il avait conclu en 1823 avec Marie-Anne-Sophie Petin (1796-1838), laquelle reçut pour cela le titre de comtesse von Bayrstorff, le prince Charles avait indirectement renoncé à ses droits au trône royal de Bavière. De ce mariage il eut trois filles, les comtesses Caroline, Maximiliane et Sophie von Bayrstorff, tandis que son second mariage contracté en 1859 avec Henriette Schœller von Frankenburg resta stérile.

Tout aussi peu formaliste, son filleul et neveu, le duc Charles-Théodore en Bavière renonça à ses engagements militaires et se consacra à la médecine tandis que la sœur de celui-ci la fameuse Sissi ne consacrait que très peu de temps à ses devoirs d'impératrice d'Autriche…

Le 16 août 1875 (quelques jours avant l'arrivée d'une autre de ses nièces, Joséphine de Leuchtenberg, reine-mère de Suède et veuve du roi Oscar Ier), le prince, âgé de 80 ans, fit une chute de cheval près du lac de Tegernsee en Bavière et mourut sur le coup.

Le fort n°VI Prinz Karl près d’Ingolstadt.

Le nom du prince Charles survit par le Prinz-Carl Palast, qu'il fit construire en haut de la Prinzregentenstrasse à Munich. Le 3e régiment royal d’infanterie de Bavière, dit « Prinz Karl von Bayern » prit ses quartiers dans la nouvelle caserne d’Augsbourg, le fort Prinz Karl en 1884. Depuis 1992 les terrains de ce Prinz-Karl-Viertel ont été restitués aux autorités civiles. Le fort VI, dernier fort d’Ingolstadt, porte depuis 1895 le nom de « Prinz Karl ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]