Charles Ribeyrolles

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Charles Ribeyrolles

Description de l'image  Ribeyrolles, Charles.jpg.
Naissance
près de Martel
Décès (à 48 ans)
Rio de Janeiro
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau du Brésil Brésil
Profession écrivain, journaliste

Charles Ribeyrolles, né « près de Martel » en février 1812 et mort à Rio de Janeiro le 1er juin 1860, est un écrivain, journaliste républicain français et compagnon d'exil de Victor Hugo.

Enfance[modifier | modifier le code]

Charles Ribeyrolles est né dans une famille de petite noblesse du Quercy en février 1812 de Claude Jeanne de Montmaur et de Jean-Charles Ribeyrolles de Roumégoux. Son acte de naissance est établi à Aynac le 18 février 1812, mais son extrait de baptême indique le 16 février. Selon la coutume, il serait né chez les parents de sa mère à Loupchat (lieu-dit à environ 2 km au nord-est de Martel), puis déclaré ensuite à Aynac, lieu de résidence de son père[1].

Il fait ses études au collège de Cahors, puis au petit séminaire de Monfaucon en se destinant aux ordres.

À 18 ans, en 1830, au moment de la révolution de juillet, il part à Paris, en mauvais terme avec sa famille. Il y mène une vie difficile, mais il est en contact avec les cercles politiques et littéraires.

Le journaliste républicain[modifier | modifier le code]

Il publie en 1832 une réponse à Barthélemy à propos de la Némésis (hebdomadaire satirique).

En 1840, il collabore à La Revue de France, journal proche du parti républicain. Il y publie des études sur Mirabeau, Sieyès et Chateaubriand[1],[2].

Il part à Toulouse et devient l'un des principaux rédacteurs du journal L’Emancipation [3],[4].

En 1846, il retourne à Paris pour travailler au journal La Réforme. En février 1848, il remplace au poste de rédacteur en chef Ferdinand Flocon appelé au Gouvernement provisoire de 1848. La même année, il est candidat dans le Lot à l'élection des députés de Assemblée constituante, mais il n'est pas élu. De même, il se présente aux élections législatives de 1849.

À la suite de la manifestation aux Arts et Métiers de la journée du 13 juin 1849, Charles Ribeyrolles est jugé par contumace par la Haute Cour de justice de Versailles. Il est condamné à la déportation et désigné pour Cayenne [2]. En fuite, il échappe à la police et se réfugie chez le sénateur Pierre Joigneaux à Passy. Il lui donne des consignes pour la direction du journal La Réforme pendant son absence qu'il espère de courte durée. Il s'exile ensuite en Angleterre[5].

Après le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III et l'instauration du Second Empire, le journal républicain La Réforme sera interdit[1].

Exil[modifier | modifier le code]

Exil à Jersey[modifier | modifier le code]

Charles Ribeyrolles s'exile à Londres puis, après le coup d'État du 2 décembre 1851, sur l'île de Jersey. Il est le rédacteur en chef du journal hebdomadaire des proscrits : L'Homme, Journal de la Démocratie Universelle.

En 1853, il publie Les bagnes d'Afrique - Histoire de la transportation de décembre [6] où il dénonce la répression violente des républicains et démocrates aux premiers jours du Second Empire.

Victor Hugo exilé à Jersey.

Il se lie d'amitié avec un autre proscrit, Victor Hugo qui lutte aussi contre Napoléon III et son régime. Victor Hugo cite Ribeyrolles dans plusieurs de ses ouvrages :

  • Les Châtiments (1853) : « Bagnes d'Afrique ! enfers qu'a sondés Ribeyrolles ! » [7].
  • Actes et paroles - Pendant l'exil (1875) : « Il a eu autour de lui d'intrépides compagnons d'épreuve, obstinés au devoir, opiniâtres au juste et au vrai, combattants indignés et souriants ; cet illustre Vacquerie, cet admirable Paul Meurice, ce stoïque Schoelcher, et Ribeyrolles, et Dulac, et Kesler, ces vaillants hommes, et toi, mon Charles, et toi, mon Victor... » [8].
  • L'Archipel de la Manche (1883) : « Ribeyrolles, qui est allé mourir au Brésil, écrivait à bâtons rompus, dans son séjour à Guernesey, un mémento personnel des faits quotidiens... » [9].

Le 15 octobre 1855, Félix Pyat publie une lettre inconvenante envers la reine d'Angleterre Victoria dans le journal L'Homme. Charles Ribeyrolles, le colonel Pianciani et Thomas doivent quitter l’île de Jersey dans les six jours. Le 17 octobre, Victor Hugo et trente cinq autres proscrits protestent par voie d'affichage et dans la presse. Le 27 octobre, Hugo doit lui aussi quitter Jersey. (Voir Actes et paroles - Pendant l'exil dans WikiSource)

Exil à Londres[modifier | modifier le code]

À la fin 1853, Charles Ribeyrolles part alors pour Londres sans revenu et y demeure trois années. Il rend quelquefois visite à Victor Hugo maintenant exilé à Guernesey[1].

Exil et mort au Brésil[modifier | modifier le code]

En 1858, Victor Frond fait venir à ses frais Charles Ribeyrolles à Rio de Janeiro au Brésil. Les deux hommes sont Lotois et se sont rencontrés lors de la rédaction des Bagnes d'Afrique [6]. Ils collaborent à la réalisation de l'ouvrage Le Brésil pittoresque ou Brasil Pitoresco [10] qui sera un inventaire photographique (partie de Victor Frond) et un documentaire social (rédigé par Charles Ribeyrolles) en deux langues, le français et le portugais.

Charles Ribeyrolles est amnistié le 16 août 1859. Quelques jours avant son retour en France, le 1er juin 1860, Charles Ribeyrolles décède soit de la fièvre jaune, soit d'une hémorragie interne post-opératoire [1].

Victor Hugo rédige son épitaphe [11] qui sera gravée sur sa tombe au cimetière de Catumbi à Rio de Janeiro :

« À CHARLES RIBEYROLLES.
Il accepta l'exil ; il aima les souffrances ;
Intrépide, il voulut toutes les délivrances ;
Il servit tous les droits par toutes les vertus ;
Car l'idée est un glaive et l'âme est une force,
Et la plume de Wilberforce
Sort du même fourreau que le fer de Brutus. »

— Victor Hugo, 4 novembre 1860

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les bagnes d'Afrique - Histoire de la transportation de décembre, Londres, 1853[6]
  • Le Brésil pittoresque ou Brasil pitoresco - histoire, description, colonisation, accompagné d'un album de photos, panoramas, paysages et costumes de Victor Frond - Paris, Imprimerie Lemercier - 1861[10].
  • Les Compagnons de la mort, révolte de Masaniello en 1647 - Paris : F. Sartorius, 1863, in-16[12].
  • Les filles de Milton, (1853 ?), roman inachevé[1],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Article de Catherine Lamic, journal Direlot n° 163, février 2008, p28-31.
  2. a et b Page sur les compagnons d'exil de Victor Hugo sur le site chronologie Victor Hugo
  3. Article du journal de la vie politique et littéraire de Toulouse du mardi 3 juillet 1860 relatant le décès de Ribeyrolles.
  4. L’Emancipation, journal fondé par Adolphe-Félix Gatien-Arnoult aux environs de 1830, Biographie des neuf cents députés à l'assemblée nationale p. 157-158, C. M. Lesaulnier, seconde édition, 22 août 1848
  5. Souvenirs historiques de Pierre Joigneaux - ancien Représentant du peuple, ancien Député, Sénateur de la Côte-d’Or - Tome Premier p.283 [1]
  6. a, b et c Les Bagnes d'Afrique sur le site de l'Association 1851 pour la mémoire des Résistances républicaines [2]
  7. Les châtiment (1853)
  8. Actes et Paroles vol. II - Pendant l'exil 1852-1870 sur gutenberg.org
  9. L'Archipel de la Manche (1883) sur le site poesie.net
  10. a et b Le brésil pittoresque : Bibliographie brésilienne p.256, Anatole Louis Garraux, Paris 1898, 400 p., republié en 1971, ISBN 90-6032-242-8 [3] et Le site capoeira-palmares.fr [4]
  11. Épitaphe sur le site chronologie Victor Hugo, lettre du 4 novembre 1860, Correspondance 1836-1882 Paris Calmann Lévy, éditeur –1898- p.237., A MM. les Membres du Comité pour le monument de Ribeyrolles [5] et Wikisource
  12. Bibliothèque Hugo - Jussieu Vitrine n° 9 repère 141
  13. Citation du roman les filles de Milton par Charles Hugo dans La bohême dorée p.28, (1859) [6]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]