Charles Plumier

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Charles Plumier

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Portrait de Charles Plumier.

Naissance
Marseille, France
Décès (à 58 ans)
El Puerto de Santa María, Espagne
Nationalité Française
Profession Botaniste

Charles Plumier, né le à Marseille et mort le à El Puerto de Santa María, est un botaniste et un voyageur-naturaliste français.

Naissance et études[modifier | modifier le code]

Le Père Plumier était le fils de Jean Plumier et Madeleine Roussel, simples artisans. Après un bon enseignement secondaire, il entre dans l'ordre des minimes à 16 ans et fait profession le 22 décembre 1663. Il se consacre à l'étude des mathématiques et de la physique, il est également un excellent peintre.

Il continue ses études à Toulon auprès du père Magnan ; il apprend la géométrie et la façon de polir les lentilles des instruments d'optique. Plumier est envoyé à Rome au monastère de la Trinité-des-Monts. Il étudie la botanique sous la direction de deux membres de sa congrégation, notamment de Paolo Silvio Boccone (1633-1704). À son retour en France, il est nommé au couvent de Bormes et herborise dans les îles d'Hyères, le Midi et le Dauphiné. Il fait la connaissance de Pierre Joseph Garidel qui lui fait connaître Tournefort (1656-1708) et l'accompagne lors de ses excursions botaniques. Il explore également seul les côtes de la Provence et du Languedoc.

Clematitis indica latifolia dans la Description des plantes de l'Amérique (1693).

Le voyageur[modifier | modifier le code]

Premier voyage[modifier | modifier le code]

Louis XIV avait chargé Michel Bégon de trouver un savant naturaliste pour un voyage d'exploration aux Amériques. En effet, Bégon connaissait ces régions puisqu'il avait été intendant des îles d'Amériques de 1682 à 1685. Bégon, alors intendant des galères à Marseille, propose Joseph-Donat de Surian (pharmacien, chimiste, herboriste et médecin de Marseille). Mais ce dernier qui avait de grandes connaissances en chimie et un don pour herboriser n'avait cependant pas assez de connaissances dans le domaine de la botanique. Il s'adjoint donc Charles Plumier qui était également un dessinateur habile. Le départ a lieu en 1689. Plumier s'acquitta fort bien de sa mission en récoltant de nombreux spécimens et en réalisant une masse énorme de dessins, malheureusement le bateau transportant son herbier fait naufrage, et seules ses planches et dessins, transportés sur un second bateau parviennent en Europe[1].

Deuxième voyage[modifier | modifier le code]

Le roi, très satisfait du travail réalisé, nomme Plumier botaniste du roi et le renvoie en 1693 aux Antilles. Au retour de cette mission, il fait publier son premier livre : Description des plantes d'Amérique.

Troisième voyage[modifier | modifier le code]

Il réalise en 1695 un troisième voyage qui le conduira en Guadeloupe, Martinique, Saint-Domingue et au Brésil durant lequel il séjourne un moment avec le père Jean-Baptiste Labat. De retour en 1703, il publiera Nova plantarum americanarum genera où il décrit 106 nouveaux genres, dont la vanille à laquelle il donne le nom latin de Vanilla.

Quatrième voyage[modifier | modifier le code]

Ce quatrième voyage lui sera fatal. Fagon, médecin du roi, désirant mieux connaître le quinquina d'Amérique au Pérou, le charge d'une nouvelle mission. Il se rend à Sainte-Marie près de Cadix pour rejoindre Los Rios, vice-roi du Pérou. Affaibli par ses précédents voyages, il décède le 16 novembre 1704. Il est inhumé dans un couvent des minimes près de Cadix. En 1705, après sa mort, paraîtra son Traité des fougères.

Le naturaliste et botaniste[modifier | modifier le code]

Le Père Plumier est un spécialiste de la flore des Antilles et ses découvertes sont considérables. C'est lui qui le premier a donné aux plantes le nom de personnalités diverses : le bégonia pour Bégon, le fuchsia pour Leonhart Fuchs, le lobélia pour Mathias de l'Obel, le magnolia pour Pierre Magnol

Il a donné de la cochenille du Mexique une belle description : « la cochenille s'attache contre diverses sortes d'arbres, les indiens les cultivent sur les plantes qu'on nomme oppontium ». Mais, c'est Garidel avec Emeric, médecin, qui mettra en évidence de façon expérimentale et avec une rigueur toute scientifique la véritable nature du kermès qui sera classé parmi les insectes, car jusqu'alors on croyait que le colorant rouge que l'on tirait de la cochenille provenait du végétal.

Il laisse derrière lui de nombreux manuscrits et plus de 6 000 dessins, dont 4 000 de végétaux (le reste représentant la faune américaine).

Ses illustrations de poissons de la Martinique sont utilisées par le comte de Lacépède (1756-1825) et par Marcus Elieser Bloch (1723-1799).

Ses publications naturalistes lui valent l'admiration de ses contemporains notamment celle de Georges Cuvier (1769-1832). Tournefort et Linné (1707-1778) lui dédient le genre Plumeria de la famille des Apocynacées.

Cacao dans Botanicum americanum

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • La ville de Marseille a nommé une rue en son honneur.
  • La ville de Rochefort a également donné son nom à la rue où se trouve le conservatoire du Bégonia. En effet, Bégon, après son départ de Marseille, fut nommé intendant de la marine à Rochefort.
  • Un cargo bananier (1938-1964) qui a participé au second conflit mondial a porté le nom de Charles Plumier.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Georges Aillaud, Jean-Patrick Ferrari et Guy Hazzan, Les Botanistes à Marseille et en Provence du XVIe au XIXe siècle, Marseille, 1982.
  • Georges Aillaud, Yvon Georgelin, Henri Tachoire, Marseille, 2600 ans de découvertes scientifiques, Publications de l'Université de Provence, 2002, 3 volumes, t. 1 La tradition scientifique à Marseille et en Provence, p. 141-143, (ISBN 2-85399-502-X).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Bourlière, The « Ornithographia Americana » of Father Plumier 1689–1696, [PDF] Lire en ligne
  • Ferdinand Hoefer, Histoire de la botanique, de la minéralogie et de la géologie, p. 194

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Rose, Histoire du bégonia : De la découverte à la dédicace botanique, 2002, Conservatoire du Begonia, Publication interne ([1])

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