Charles Pathé

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Charles Pathé, né le 26 décembre 1863 à Chevry-Cossigny (Seine-et-Marne), mort le 25 décembre 1957 à Monte-Carlo[1],[2], est un industriel et producteur de films pour le cinéma.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles et Émile Pathé dans une caricature de Adrien Barrère

Il naît à Chevry-Cossigny en Seine-et-Marne, le 26 décembre 1863, de parents Alsaciens.
Il est le fils de Jacques Pathé, né le 29 mai 1831 à Altkirch, un colosse de près de deux mètres de haut, et de Thérèse-Émélie Kech, lesquels tiennent une boucherie-charcuterie tout d'abord à Chevry-Cossigny, puis à Vincennes.
Charles a trois frères et deux sœurs. Il quitte définitivement l'école à quatorze ans, et il fait des journées de quinze heures d'apprentissage très dures chez un boucher rue de Charenton à Paris.
En 1889, à 25 ans, il commence le travail de boucher-ambulant. Comme la vie qu'il mène chez ses parents ne lui convient pas bien, il réunit quelques économies, et avec l'aide de ses frères et de sa sœur, décide de partir pour l'Argentine, à Buenos Aires avec l'ambition de réussir dans les affaires.
Avec les économies qu'il a réunies, il s'embarque sur un bateau de pauvres émigrants qu'il décrit avec compassion. Il tente de s'établir dans divers métiers de petites industries. On le voit même s'aventurer dans le blanchissage basé sur des machines à laver industrielle... Tout cela ne marche pas. Il n'arrive pas à se fixer, change fréquemment de métier. Son associé de l'époque et lui attrapent la fièvre jaune. Il en réchappe, contrairement à son associé, qui y succombe.
Il revient en France en mauvaise santé, après un dernier échec de commerce de perroquets (qui meurent presque tous durant la traversée). Il se marie à 30 ans, en octobre 1893, avec Mlle Foy. Il a un maigre salaire qu'il obtient comme gratte-papier d'un avoué parisien[3].

Le tournant, et le vrai début, de sa carrière remonte à août 1894, lorsqu'il découvre le phonographe Edison à la foire de Vincennes (l'actuelle Foire du Trône). Il a immédiatement le coup de foudre pour cet appareil et veut en acheter un pour commencer à faire des démonstrations sur les foires. Puis c'est à Londres qu'il découvre le kinétoscope inventé par Thomas Edison. Il étend ses activités dans le commerce des projecteurs et des films. Il est aussi l'inventeur du premier magazine d'actualités cinématographiques. En 1896, il fonde la société Pathé Frères et, avec son frère Émile, se lance la même année dans l'industrialisation de l'enregistrement du son.

Charles comprend que la location des films, pour une durée de quatre mois maximum, est une activité plus lucrative que la vente. Il s'associe ensuite avec des financiers, ce qui augmente son capital. Le 28 décembre 1897, les nouveaux capitaux de la société « Pathé frères » lui permettent de créer « la nouvelle société Pathé Frères », qui fait entrer cette société de production dans la grande finance. Tous les secteurs d'activité sont alors exploités : la production, les laboratoires, la diffusion, l'exploitation de films... De 1902 à 1904, il ouvre des succursales en Europe et aux États-Unis. La production de films passe de soixante-dix en 1901 à cinq cents en 1903. La société crée en 1905 le logo du coq gaulois, qui reste aujourd'hui encore son emblème.

À partir de 1901, il s'associe avec Ferdinand Zecca et se spécialise dans la production et la réalisation de films que Pathé produit. Vers 1905, la société emploie un personnel spécialisé (scénaristes, décorateurs, caméramen, réalisateurs, etc).

Projecteur de film Pathé de 1910.

Sa découverte de Max Linder, qu'il engage en 1905, figure parmi ses titres de gloire.

Il établit un grand monopole cinématographique Pathé, qui consiste en productions contrôlées de films au moyen de ses agences. Il crée à cette fin de nombreux studios dans le monde. Segundo de Chomón fonde en 1906 la succursale espagnole à Barcelone, et quatre ans plus tard Pathé pénètre le marché américain avec Pathé América, lié au trust du Motion Pictures.

En 1912, en Belgique, Charles Pathé confie à Alfred Machin, la mission d'exploiter le premier studio de films. Le fonctionnement de la Belge-Cinéma/Film aura constitué un laboratoire incontestable de la stratégie internationale de cette entreprise cinématographique[4]. Un studio de films est à cet effet établi à Molenbeek-Saint-Jean, au Château du Karreveld. La société Pathé est la première à exploiter une production cinématographique à l'échelle industrielle et mondiale.

À partir de 1926, il partage le monopole de fabrication des pellicules vierges avec Kodak.

En 1929, il se retire à Monaco où il meurt (Monte-Carlo) le 25 décembre 1957, la veille de ses 94 ans.

Il est le père du journaliste Pierre-Charles Pathé.

Façade d'un cinéma Pathé avec l'emblème du coq, Montpellier

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et référe,ces[modifier | modifier le code]

  1. Notice sur la Bibliothèque nationale de France
  2. Certificat de décès sur Les gens du cinéma
  3. http://www.delabelleepoqueauxanneesfolles.com/Pathe1.htm
  4. Les studios du Karreveld et La Belge-Cinéma/Film

Liens externes[modifier | modifier le code]