Charles Panzéra

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Charles Panzéra

Naissance
Drapeau : Suisse Genève
Décès
Drapeau : France Paris 8e
Activité principale Artiste lyrique
Baryton
Style Mélodie française et Opéra
Années d'activité 1919-1966

Charles Panzéra est un chanteur d'opéra (baryton) suisse, né à Genève le et mort à Paris le . Il est «l'une des plus grandes voix classiques du XXe siècle» et a laissé «des disques d'une exceptionnelle valeur»[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Auguste Louis Panzéra fait ses études au Conservatoire de Paris dans la classe d'Amédée-Louis Hettich. Il doit interrompre ses études à cause de son engagement dans l'armée française durant la Première Guerre mondiale. Deux fois blessé, il peut néanmoins poursuivre et terminer ses études. Il fait ses débuts à l'opéra comme Albert dans Werther de Massenet à l'Opéra-Comique en 1919. Il y reste pendant trois saisons excellant dans plusieurs rôles comme celui de Jahel dans l'opéra Le Roi d'Ys d'Édouard Lalo, de Lescaut dans l'opéra Manon de Massenet et plus longuement dans l'opéra Pelléas et Mélisande de Debussy.

Alors étudiant du Conservatoire, il rencontre son directeur Gabriel Fauré qui l'oriente vers l'interprétation du chant vocal en musique de chambre. Il y rencontre aussi une étudiante amie et pianiste, Magdeleine Baillot, qui deviendra sa femme et l'accompagnateur d'une vie.

Fauré dédie à Panzéra son cycle de mélodies L'Horizon chimérique, composé à l'automne 1921.

Outre Fauré avec qui il travaille, il chante en première des compositions de Vincent d'Indy, Albert Roussel, Joseph-Guy Ropartz, Arthur Honegger, Darius Milhaud et beaucoup d'autres.

En 1949, il est nommé comme professeur au conservatoire de Paris et le restera jusqu'en 1966. Il a eu notamment le chanteur Bernard Cottret, le musicologue Alain Daniélou et la soprano Caroline Dumas parmi ses élèves.

Sa fille, Christiane, psychanalyste (décédée en 2006), était l'épouse de Max Milner, hommes de lettres et professeur d'université (Paris Sorbonne).

Enregistrements[modifier | modifier le code]

À la suite du succès de la première de L'Horizon chimérique, Panzéra est contacté immédiatement par le français HMV pour faire des enregistrements. À la suite de ce 13 mai, lui et Magdeleine Panzéra-Baillot seront sollicités par de très nombreuses propositions et ils continueront d'enregistrer un répertoire extrêmement important jusqu'au début de la guerre en 1940.

À côté de la large sélection de mélodies par Fauré, Duparc, Saint-Saëns, Caplet et bien d'autres, dont les lieder allemands, Panzéra réalise un album complet de Dichterliebe de Schumann avec Alfred Cortot au piano en 1935. Il enregistre aussi de la musique d'opéra dans le répertoire classique des barytons mais aussi des morceaux écrits par Lully et d'autres compositeurs postérieurs comme J. S. Bach, Mozart, Beethoven et Wagner. Il participe à la finalisation de La Damnation de Faust de Berlioz (1934) et à des parties étendues de Pelléas et Mélisande (1927). Ce baryton à la voix d'une parfaite homogénéité s'est illustré aussi bien dans la mélodie et l'opéra que l'oratorio : c'est ainsi qu'il participa à l'enregistrement historique de la Danse des morts d'Arthur Honegger, sous la direction de Charles Munch (1941).

Discographie[modifier | modifier le code]

Beaucoup des enregistrements mentionnés ci-dessus ont été réédités par EMI au Japon et en France, comme ceux de Dante-Lys de France. Pearl (Pavilion Records) a ré-édité plusieurs coffrets d'une valeur inestimable incluant Pelléas. Testamant a ré-édité la collection LP originale "The EMI Record of Singing" sous la forme de coffrets de CD remastérisés.

Écrits[modifier | modifier le code]

Charles Panzéra écrit L'Art de chanter (Paris, 1945); L'Amour de chanter, (Paris, 1957); L’Art vocal: 30 leçons de chant (Paris, 1959) et Votre voix: directives générales (Paris, 1967).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karl Josef Kutsch et Leo Riemens, Editeurs: Großes Sängerlexikon Basel, Saur, 2000
  • Song on Record : V. 1 (Lieder); V. 2 (Song, including mélodie). Alan Blyth, Editor [Une histoire de la mélodie et de son interprétation avec un guide des enregistrements disponibles.] Cambridge, Cambridge University Press, 1986-1988

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Piano ma non solo, Jean-Pierre Thiollet, Anagramme éditions, 2012, p. 174

Liens externes[modifier | modifier le code]