Charles Mast

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Officier général francais 3 etoiles.svg Charles Emmanuel Mast
avec le général de Gaulle à Tunis
avec le général de Gaulle à Tunis

Naissance 7 janvier 1889
Paris
Décès 30 septembre 1977 (à 86 ans)
Clamart
Origine Drapeau de la France France
Grade Général de division
Années de service 1950
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Commandement 3e Division Nord-Africaine

Charles Emmanuel Mast, né le 7 janvier 1889 à Paris 2e et mort le 30 septembre 1977 à Clamart[1], à l'âge de 88 ans, est un général de division qui a participé à la libération de l'Afrique du Nord en 1942 et qui fut Résident général de France en Tunisie entre 1943 et 1947.

Avant-guerre[modifier | modifier le code]

Fils de Michel-Edmond Mast, officier, et de Jeanne Gouat[1], il est issu d'une famille originaire de Brumath en Alsace. Il compte parmi ses ancêtres des pasteurs protestants du Palatinat ou du Bade-Wurtemberg venus se réfugier en France au XVIIe siècle, dont Andreas Cellarius.

Charles Mast s'est marié en 1913 avec Suzanne de Bigault de Casanove[1], dont Georges Mast (1914-1978), polytechnicien, promotion 1936.

Il divorce et se remarie le 14 mai 1935[1]. Sa seconde femme, Marie-Madeleine Leroy, est une très proche amie d'Antoine de Saint-Exupéry[2] .

Avant la Seconde Guerre mondiale, le colonel Mast est l'attaché militaire français à Tōkyō à partir de 1937.

Début de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Charles Mast est chef d'état-major du 10e Corps d'Armée, le 1er juin 1940, général de brigade à titre temporaire, puis général de brigade. Fait prisonnier par les nazis le même mois, il est emprisonné à la forteresse de Königstein. Le 20 septembre 1941, alors qu'il prépare son évasion, il apprend qu'il va être libéré[3].

Mast est alors nommé chef de la division de marche d'Alger, puis chef de la 3e division nord-africaine. Soupçonné d'être un opposant au Régime de Vichy, il est emprisonné en 1941[4]. Son ami, le colonel Numata, attaché militaire nippon auprès du régime de Vichy, demande sa libération et l'obtient. Charles Mast est à sa sortie de prison chef d'état-major du 19e corps, en 1942 en Afrique du Nord[5].

Débarquement allié en Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Le général Charles Mast, qui commande la place d'Alger, tient une place éminente dans la préparation matérielle du débarquement[6]. Il est l'un des premiers et des plus importants collaborateurs des services américains pour préparer l'opération. Il rencontre lors d'une réunion clandestine tenue à Cherchell, le 23 octobre 1942, sur la côte, non loin d'Alger, dans la villa Teyssier, le général Mark Wayne Clark, adjoint d'Eisenhower venu secrètement en sous-marin rencontrer divers représentants militaires et civils de la résistance, dont le colonel Jousse, Charles Mast, et Bernard Karsenty, adjoint de José Aboulker.

Le général Mark Wayne Clark, bras-droit d'Eisenhower considère Charles Mast comme le porte-parole de Henri Giraud et le chef des armées françaises en Afrique du Nord[7].

Henri Giraud, contacté par un envoyé américain et par Jacques Lemaigre Dubreuil, accepte de participer à l'opération. Mast, chef d'état-major du corps d'armée d'Alger, sert d'intermédiaire entre Giraud et De Gaulle notamment pour les questions militaires[8]. Il se pose en adversaire de Darlan et d'Alphonse Juin.

Charles Mast prend le commandement de la division de marche de Casablanca, en 1942, puis il est nommé chef des missions militaires en Syrie et Égypte, en 1943.

Résident général de France en Tunisie[modifier | modifier le code]

Charles Mast et sa femme en Tunisie

Le 10 mai 1943, quelques jours après la prise de Tunis, le général de Gaulle nomme Mast résident général de Tunisie. Celui-ci entreprend sur le champ une vigoureuse reprise en main du Protectorat. Moncef Bey est destitué sous prétexte de collusion avec les Allemands mais en réalité en raison de son refus de se séparer des nationalistes. Les mouvements nationalistes, notamment le Néo-Destour, sont interdits. Bourguiba, qui avait regagné Tunis en avril, est placé sous étroite surveillance et est finalement contraint de se réfugier au Caire[9].

Charles Mast reste résident général jusqu'au 22 février 1947, date à laquelle il est remplacé par Jean Mons.

Indochine française[modifier | modifier le code]

Le général Mast n'est pas dans un premier temps un partisan de la décolonisation. Son ami, le général Georges Revers, intriguera pour qu'il soit nommé Haut commissaire de l'Indochine française à la place de Léon Pignon. Le gouvernement mettra fin à leurs projets, d'autant qu'ils sont impliqués dans l'affaire des piastres.

Le 20 février 1947, il est général de division ayant rang de commandant d'armée et appellation général d'armée. De retour en France, Charles Mast entre au Conseil Supérieur de la Guerre. Il est aussi directeur de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). En 1947, il devient grand officier de la légion d'honneur.

Suite au scandale né de l'affaire des généraux, en 1950, il est désormais général de réserve. Charles Mast ne reste pas inactif. Il fait des affaires[10], écrit des livres comme Histoire d'une rébellion, 8 novembre 1942[11] et répond aux questions des journalistes. Il reste jusqu'à sa mort très pessimiste sur les capacités de défense occidentales en cas d'attaque de l'Europe de l'Ouest par les armées des pays communistes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 2/724/1889, avec mention marginale du décès; premier mariage le 19 février 1913 à Saïda (Algérie), second mariage en 1935 à Yokohama (Japon). Consulté le 22 juin 2012
  2. Saint-Exupéry : Sixième époque 1943-1944, tome 6, printemps 1981, Retour au combat, Alger, la disparition le 31 juillet 1944
  3. Joseph Barthélemy écrit dans Ministre de la justice- Vichy 1941-1943 : mémoires que Charles Mast a été libéré du fait l'intervention du maréchal Pétain, ce que confirme Mario Faivre, Le chemin du Palais d'été Alger 1942, p. 106.
  4. Selon Le chemin du Palais d'été- Alger 1942, Par Mario Faivre, p. 106, il est encore détenu à la forteresse de Königstein le 20 septembre 1941.
  5. Joseph Barthélemy écrit aussi dans Ministre de la justice- Vichy 1941-1943 : mémoires que Charles Mast a été nommé à ce commandement du fait de ses idées maréchalistes.
  6. Revue française d'histoire d'outre-mer - Page 626, Centre national du livre (France) - France Colonies History Periodicals - 2000.
  7. The Last Hero- Wild Bill Donovan : the Biography and Political Experience of Major General... Par Anthony Cave, p. 246
  8. Charles De Gaulle- A Biography Par Don Cook, Putnam, 1983, p. 158
  9. Jacques Binoche-Guédra, La France d'outre-mer, 1815-1962, Masson, Paris, 1992, p. 190.
  10. Francis Edward, Accommodation and Resistance- The French Left, Indochina, and the Cold War, 1944-1954, p. 89
  11. Le Cercle du nouveau livre d'histoire

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Originaire de Brumath, comme le sénateur Geoffroy Velten, il a un certain nombre d'ancêtres en commun avec lui.
  • Cousin de Wilhelm Hausenstein, premier ambassadeur d'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale