Charles Loyseau

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Portrait gravé de Charles Loyseau par Jaspar Isaac

Charles Loyseau, né en 1566 à Nogent-le-Roi (près de Chartres) et décédé en 1627 à Paris, est un jurisconsulte français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut tout d'abord avocat au parlement de Paris, imitant son père Renaud Loyseau, qui avait fort bonne réputation en tant que jurisconsulte et que Diane de Poitiers et son gendre Claude II d'Aumale avaient honoré de leur confiance. Six ans plus tard, il est nommé lieutenant particulier du présidial de Sens, dont il prépara la soumission à Henri IV. Peu de temps après, il est bailli de Châteaudun, et se maintient à cette place pendant dix ans avec compétence. Par la suite, il reprit sa profession d'avocat jusqu'en 1627 où il s'éteint le 27 octobre à Paris à l'âge de 61 ans.

Pour l'anecdote, il perdit son frère unique dans une chute d'un plancher dont Charles fut le seul rescapé.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ses écrits[modifier | modifier le code]

Selon certains, il aurait suivi sur de nombreux traits idéologiques et méthodologiques de l'école créée par Charles Dumoulin, notamment dans ses réflexions sur l'ordre féodal, ses coutumes et par l'établissement d'une réelle législation. En effet, et à l'instar de nombreux jurisconsultes de l'époque, Loyseau avait une connaissance profonde du droit romain, qu'il mélangeait judicieusement au Droit coutumier pour en résoudre les nombreuses difficultés et défaillances.

Il écrit dès 1614 de nombreux traités, qui sont encore étudiés dans l'étude des institutions de l'époque, tels que ceux des Offices (dont une première édition en 1610), des Seigneuries (dont une première édition en 1608), du Déguerpissement et délaissement par hypothèques, de la Garantie des rentes et abus la justice des villages.

Ses œuvres, d'abord publiées en 1660 en in-folio, ont été éditées à trois reprises, par les soins et avec des remarques de Claude Joly, alors chanoine de Notre-Dame de Paris. En 1701, une quatrième édition par la compagnie des libraires de Lyon paraît, et est considérée comme la meilleure et la plus complète.

Traité des ordres et simples dignités[modifier | modifier le code]

Il écrit un Traité des ordres et simples dignités en 1610, dans lequel il décrit la séparation des trois ordres qu'il nomme aussi « états », tout en insistant sur l'obéissance due au roi. Il observe que chaque ordre est subdivisé en catégories plus fines.

Selon Charles Loyseau, il faut qu'il y ait de l'ordre en toutes choses, et cela doit passer par une certaine hiérarchie: certains commandent, les autres obéissent. Conformément au régime féodal classique, les souverains commandent à tous ceux de leur état - et le Peuple qui obéit est divisé en ordres.

  1. Les uns sont dédiés particulièrement au service de Dieu : le Clergé.
  2. Les autres à protéger l'État par les armes : la Noblesse.
  3. Et les autres à le nourrir: le tiers état.

Chacun des trois ordres est encore subdivisé en degrés :

  • Ceux du Clergé sont les ordres sacrés de prêtre, évêque et cardinal et les divers ordres de moines.
  • Ceux de la Noblesse sont la simple noblesse, la haute noblesse et les princes.
  • Dans le tiers état (qui représente la plupart de la population), il y a des gens de lettres, de finances, de marchandises, de métier, de labour et de bras. Il y fait notamment la distinction entre Bourgeois et Viles personnes.

Sources partielles[modifier | modifier le code]

Dictionnaire de la Conversation et de la Lecture

« Charles Loyseau », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition,‎ 1843-1865 [détail de l’édition]