Charles Jacque

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Autoportrait de Charles Jacque, 1862.

Charles Jacque[1], né le 23 mai 1813 à Paris, où il est mort le 7 mai 1894, est un peintre animalier et graveur français de l'École de Barbizon.

Biographie[modifier | modifier le code]

La vieille forêt, entre 1860 et 1870, Brooklyn Museum, New York.

Charles Jacque commence par faire un apprentissage de graveur chez un fabricant de cartes géographiques, mais se trouve enrôlé dans l'armée la même année[Laquelle ?] et participe au siège de la ville d'Anvers au cours de la Révolution belge. Il termine sa période militaire en 1835 avec le grade de caporal. Il reprend sa formation artistique en autodidacte. Il effectue de nombreux séjours à Epervans où sa famille réside depuis 1830. Il réalise un grand nombre de paysages et de scènes de la vie quotidienne de cette région.

Il part en Angleterre en 1836 et séjourne à Londres jusqu'en 1838. Il y conçoit une série de gravures sur bois pour illustrer une édition de l'œuvre de Shakespeare. Il illustre également La Grèce pittoresque et fournit des dessins pour des revues anglaises.

En compagnie de Jean-François Millet, Charles Jacque fréquente la ville de Barbizon dès 1845. La légende raconte que, fuyant l'épidémie de choléra qui frappait Paris, Charles Jacque s'installe en août 1849 à Barbizon avec Jean-François Millet et Théodore Rousseau (1812-1867)[réf. nécessaire].

Dès ses premières œuvres, les motifs qu'il affectionne sont d'inspiration rurale ou champêtre avec des représentations pastorales dans la nature ou dans des cours de ferme, des basses-cours picorant sur un tas de fumier, etc. Il est le témoin objectif et amusé de toutes les scènes de la vie rurale. Il trouve son inspiration dans les paysages de l'Île-de-France, la Bourgogne, le Béarn, la Bretagne, etc.

Charles Jacque est aussi réputé comme aquafortiste. Il participe au renouveau de cette technique au XIXe siècle. Il débute sa carrière de graveur en 1836. Après avoir réalisé des gravures de reproduction d'après les maîtres hollandais, Jacque s'adonne à la gravure originale. Aidé par son ami Auguste Delâtre (1822-1907), il imprime ses premières séries d'eaux-fortes. Baudelaire écrit dans son Salon de 1845 : « M. Jacque est une réputation nouvelle qui ira toujours grandissant, espèrons-le. Son eau-forte est très hardie et son sujet très bien conçu. Tout ce que fait M. Jacque sur le cuivre est plein d'une liberté et d'une franchise qui rappelle les vieux maîtres[2] ».

Henri Beraldi distingue deux périodes dans son œuvre gravé. La première est celle plus spontanée de petites vignettes d'inspiration hollandaise. La seconde, celle de la notoriété, est celle de la production de planches plus grandes d'où s'estompe « le caractère hollandais de son œuvre[3] ».

Pour subvenir aux besoins de sa famille, Jacque fournit de nombreuses illustrations[4] pour les livres. Citons, parmi ces nombreux livres, Le Vicaire de Wakefield d'Oliver Goldsmith, La Chaumière indienne, une nouvelle publiée avec Paul et Virginie, La Grèce pittoresque de Christopher Wordsworth, Versailles ancien et moderne d'Alexandre de Laborde. Il livre aussi quelques dessins pour le journal L'Illustration (en 1851). Il est aussi un excellent caricaturiste et publie de nombreuses lithographies amusantes pour Le Musée Philipon et Le Charivari.

En 1843, il réalise des gravures sur acier pour les Contes du temps passé de Charles Perrault, paru chez Curmer.

Ses représentations animalières s'adressent particulièrement aux amateurs de beaux animaux que la zootechnie naissante propose aux éleveurs avertis. Ses moutons de prédilection sont des mérinos, race en vogue à cette époque. Ses volailles correspondent aux belles races dont les amateurs s'entichent alors. Il écrit une des premières monographies sur l'élevage de la volaille, Le Poulailler, publié par la Maison rustique en 1857 et réédité une dizaine de fois. À cette époque, à Barbizon, il se lance même dans la vente par correspondance d'œufs de poules sélectionnées.

Il est un des maîtres de l'École de la Nature de 1830, appelée aussi École de Barbizon.

Charles Jacque, a deux fils, tous deux peintres paysagistes et animaliers, ainsi que graveurs et illustrateurs : Émile Jacque (1848-1912)[5], et Frédéric Jacque (1859-1931)[6].

Charles Jacque est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (32e division) à Paris[5].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Estampes[modifier | modifier le code]

  • Vers 1830, Militariana, paysage à la poine sèche, série de représentations militaires humoristiques.
  • Vers 1835, Histoire de la Ramée, série de gravures sur bois.
  • 1836-1838, séries de gravures sur bois pour une édition de l'œuvre de Shakespeare
  • Le Vieux pauvre
  • Paysage

Publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire de la Ramé histoire d'un ex-fusilier, raconté par Charles-Emile Jacque, ex-caporal, 1835

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

  • Portrait de Charles Jacque par Paul Lafond, gravure parue dans l'Artiste en 1894.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • La ville d'Epervans a donné son nom à une école élémentaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né Charles Émile Jacque.
  2. Pierre-Olivier Fanica, Charles Jacque, 1813-1894 : École de Barbizon. Graveur original et peintre animalier, Art Bizon, Montigny-sur-Loing, 1995, 288 pages, p. 25.
  3. Ibid. p. 141.
  4. Gravées sur bois.
  5. a et b Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 431
  6. Ce dernier étant né à Montrouge et mort à Barbizon.

Liens externes[modifier | modifier le code]