Charles Delestraint

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Charles Georges Antoine Delestraint
Surnom Vidal
Naissance 12 mars 1879
Biache-Saint-Vaast (Pas-de-Calais)
Décès 19 avril 1945 (à 66 ans)
Dachau (Allemagne)
Origine Drapeau de la France France
Arme Arme blindée et cavalerie
Grade Général de corps d'armée[1]
Années de service 18971945
Commandement 505e Régiment de Chars de Combat
2e Division de Cavalerie
Armée secrète
Distinctions Légion d'honneur
Croix de Guerre 1914-1918
Croix de guerre 1914-1918 Belge
Croix de Guerre 1939-1945
Hommages Compagnon de la Libération à titre posthume
La 175e promotion de l'Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (1988-1991) porte le nom de "Général Delestraint"

Charles Delestraint (né le 12 mars 1879 à Biache-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais - mort le 19 avril 1945 à Dachau en Allemagne) est un général français, héros de la Résistance, premier chef de l'Armée secrète.

Biographie[modifier | modifier le code]

Inscription sur les murs du Panthéon de Paris

Après des études secondaires, chez les Pères maristes[2], à Lille, Charles Delestraint, fils de comptable, entre à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1897, promotion de Bourbaki (1897-1899). Nommé sous-lieutenant des chasseurs à pied, il est admis à l'École de Guerre en mars 1914. Le capitaine Delestraint s'illustre en août 1914 dans une mission spéciale près de Haybes, en Belgique où il permet la liaison des IVe Armée et Ve Armée. Il est fait prisonnier le 30 août 1914 lors de l'attaque de Chesnois-Auboncourt et ne sera libéré qu'en novembre 1918.

Régulièrement promu de 1918 à 1936 jusqu'au grade de colonel, il commande la 3e brigade de chars au Quartier Lizé à Metz et compte le colonel Charles de Gaulle parmi ses subordonnés, qui commande le 505e régiment de chars de combat[3]. Les deux hommes ont hérité du général Jean-Baptiste Eugène Estienne la même vision novatrice de l'utilisation des blindés dans la stratégie moderne. Le 23 décembre 1936, Charles Delestraint est élevé au grade de général de brigade de chars à Metz.

Stèle en hommage à Charles Delestraint à Biache-Saint-Vaast
Plaque en hommage à Charles Delestraint

Le général Delestraint, placé dans le cadre de réserve depuis mars 1939 pour cause de limite d'âge, est rappelé dans le cadre d'active le 1er septembre 1939 lors de la mobilisation générale de septembre 1939. Il commande les chars de combat de la VIIe Armée puis, à compter du 2 juin 1940, le Groupement Cuirassé, avec lequel il couvre le repli de deux armées et réduit la poche d'Abbeville.

Résistance[modifier | modifier le code]

Tout au long de la retraite, après avoir mené des combats jusque Valencay, le général Delestraint refuse la défaite et l'armistice et entre dès juillet 1940 en résistance[2] en manifestant ses convictions. Il fait ses adieux à ses soldats au camp de Caylus, dans le Tarn-et-Garonne et se replie à Bourg-en-Bresse ou il est mis au cadre de réserve. En août 1942, après avis d'Henri Frenay, et sur proposition de Jean Moulin, le Général de Gaulle le choisit pour organiser et commander l'Armée secrète qui doit regrouper différents mouvements de la Résistance en zone Sud : Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur. Malgré les pièges mis sur pied par l'ennemi, Delestraint accepte les ordres de son ancien subordonné, prend le pseudonyme de « Vidal » et travaille en coordination avec Jean Moulin pour élargir la structure à la zone Nord. Il avait comme secrétaire pendant cette période François-Yves Guillin, comme chef du 2e bureau de son état-major Joseph Gastaldo dont l'adjoint est André Lassagne. Malgré les pièges tendus, Vidal organisera, structurera et commandera l'Armée secrète jusqu'à son arrestation.

Arrestation et déportation[modifier | modifier le code]

Le général est arrêté par un agent de l'Abwehr de Dijon au métro Rue de la Pompe[4], le 9 juin 1943, douze jours avant l'arrestation de Jean Moulin, alors qu'il a rendez-vous avec Joseph Gastaldo. Après plus de 50 heures d'interrogatoire ininterrompu, le général Delestraint est placé en détention à la maison d'arrêt de Fresnes en juillet 1943 puis déporté, en application du décret Nacht und Nebel, au camp de concentration de Natzwiller-Struthof en Alsace.

Transféré au camp de Dachau en septembre 1944, il aurait été abattu, sur ordre, d'une balle dans la nuque le 19 avril 1945 quelques jours avant l'arrivée des Alliés. Cependant selon le récit en 1946 d'un témoin oculaire, M. Penchenat, déporté à Dachau qui en sa qualité de chiropracteur était affecté à l'infirmerie, le général était « mort dans ses bras » des suites d'une dysenterie et autres mauvais traitements[4]. Son corps est incinéré au crématoire du camp.

Hommages et distinctions[modifier | modifier le code]

Hommages de la nation[modifier | modifier le code]

Le général Delestraint était commandeur de la Légion d'Honneur, croix de guerre 14-18 avec palme, croix de guerre 39-45 et croix de guerre belge.

Il fut nommé Compagnon de la Libération à titre posthume. Son nom est gravé au Panthéon de Paris, en hommage de la nation française.

Hommages toponymiques posthumes[modifier | modifier le code]

Son nom a été attribué à de nombreuses voies. Sans être exhaustif, on peut indiquer (villes classées par ordre alphabétique) :

La 175e promotion de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (1988-1991) a également choisi comme nom de baptême celui de promotion Général Delestraint.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François-Yves Guillin, Le Général Delestraint, Premier chef de l'Armée secrète, Plon
  2. a et b Ministère de la défense - SGA/DMPA - Les chemins de la mémoire n°237 p13
  3. Charles Delestraint sur ordredelaliberation.fr
  4. a et b A propos du général Delestraint, Le Monde du 23 janvier 1993

Liens externes[modifier | modifier le code]

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