Charles Claude Ange Monneron

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Les frères Monneron.
De gauche à droite : Pierre-Antoine (1747-1811), Charles-Claude-Ange (1735-1804), Jean-Louis (1742-1805).
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Charles Claude Ange Monneron[1], négociant, banquier, intendant général de Pondichéry en 1769, commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde de 1784 à 1786, fut député aux États généraux de 1789, puis député à l'Assemblée constituante, né le 5 avril 1735 à Antibes, décédé le 30 mai 1799 à Annonay.

Contexte[modifier | modifier le code]

Il acquit une fortune considérable dans les Indes comme Intendant de la Compagnie française des Indes orientales et fut député d'Annonay aux États généraux de 1789.

Ses frères Louis Monneron (1742-1805) et Pierre Antoine Monneron (1747-1801) furent députés à l'Assemblée Constituante pour les Indes orientales et pour l'Île de France. Un autre frère, Joseph François Augustin Monneron (1756-1826) fut député de Paris à l'Assemblée législative et donna sa démission en 1792. Sous le Directoire, Joseph François Augustin Monneron devint Directeur Général de la Caisse des Comptes Courants. Il fit banqueroute en 1798.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il commença de bonne heure à servir l'état. Dès l'âge de 14 ans, en 1749, il entra à la direction des Tabacs à Amiens, puis un an plus tard à Dieppe et devient dans cette ville commis aux écritures à la fin de 1750.

Ce fut sans doute grâce à la protection de son parent, Dupleix, cousin germain de sa mère, qu'il quitta les Tabacs pour être surnuméraire au bureau des livres de la Compagnie des Indes. Il avait alors 19 ans, mais 4 ans plus tard, en 1758, il s'embarqua pour Pondichéry, avec le titre de Commis de la Compagnie, puis de Greffier.

Lors de la prise de Pondichéry par les Anglais, il fut embarqué pour rentrer en France mais son navire fut pris par les vaisseaux ennemis et il fut fait prisonnier. Il retourne à Pondichéry en 1764 lorsqu'elle fut rendue à la France. La nomination d'Intendant Général de Pondichéry est signée de la main même du Roi Louis XV, le 20 février 1769 et enregistrée à Pondichéry le 16 août 1769.

En 1771, il revint en France pour des raisons de santé et, nommé Inspecteur des Tabacs, il resta longtemps à Paris. Il s'embarqua pour retourner en Inde à Rochefort le 2 septembre 1782, à l'âge de 47 ans, avec le titre de Commissaire Ordonnateur de la Marine, mais son navire fut encore pris et pour la seconde fois, il fut emmené prisonnier de guerre en Angleterre. Il finit néanmoins par arriver à Pondichéry en août 1783; il était en 1784 commissaire-ordonnateur des établissements français de l'Inde faisant fonction d'Intendant-Général dans tous les établissements français au-delà du Cap de Bonne-Espérance.

Dès 1786, sa santé le força à renoncer à ses fonctions et à quitter l'Inde pour toujours[2]. Il revint se fixer à Annonay et fut chargé de représenter la Sénéchaussée aux États généraux de 1789 (après une élection par 164 voix sur 242 votants)[3].

Monneron prit le soin d'écrire un très curieux Journal[4].

Il mourut à Annonay en 1799. Il était célibataire et laisse le souvenir d'un fonctionnaire très honorable. Il avait été commanditaire des frères Montgolfier et en 1791 obtint le privilège de frapper monnaie.

Article détaillé : Banque Monneron.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Journal relatant les évènements lors des États-Généraux de 1789
  • Recueil de pensées, qui ne rappellent que de très loin Pascal, La Bruyère & La Rochefoucauld

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur une création de petits assignats avec projet de décret - Paris Imprimerie Nationale - 1791
  • J. Bouchary, Les manieurs d'argent tome III p.181-247
  • Jules Rousset, Biographies Vivaraises, MS., État des services de Monneron aîné, dressé par lui le 23 Vendémiaire an VII.
  • Marie-Hélène Reynaud, Portraits d'Ardéchois dans la Révolution, éditions du Vivarais, Annonay 1987

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il existe de vieilles gravures qui nous le montrent, ainsi que deux de ses frères, députés comme lui. Il parait grand et mince (sic), avec une physionomie distinguée et intelligente: le visage est rasé, suivant la coutume du temps et le menton fuyant.
  2. Jules Rousset, Biographies Vivaraises, MS., État des services de Monneron aîné, dressé par lui le 23 Vendémiaire an VII.
  3. Ce fut le 2 mai 1789, à quatre heures, qu'il fit son entrée dans le salon d'Hercule à Versailles. Comme les autres, Monneron glissa sa révérence... Monneron assista à la procession du 4 mai. Il arrivait toujours au lieu des réunions à l'heure prescrite, c’est-à-dire deux heures avant les autres. Il s'en étonnait et lorsqu'il se présenta à la salle des Menus Plaisirs assignée au tiers état, il fut stupéfait de constater qu'on travaillait à l'escalier qui y donnait accès.... La petite taille de Monneron l'empêchait de rien voir, de plus les mauvaises odeurs exhalant de 3000 corps, et l'absence d'ouvertures, indisposaient Monneron qui éprouvait le besoin fréquent d'aller prendre l'air. Mais ce qui le choquait le plus c'était de se trouver dans une pétaudière.... Le discours qu'il avait prévu et soumis à Boissy d'Anglas, n'eut aucun succès, aussi se borna-t-il à le consigner dans son Journal. En conséquence, Monneron va se reposer à Paris pendant une douzaine de jours, du 13 au 27 mai. Il ne va pas chez le garde des sceaux, il ne va pas chez la Reine.
  4. Extraits: L'Homme médiocre est toujours content de lui-même parce qu'il croit fermement que les bornes de l'esprit humain ne peuvent aller au-delà de son entendement.

Sources[modifier | modifier le code]