Charles Aubert de La Chesnaye

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Charles Aubert de La Chesnaye

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Charles Aubert de La Chesnaye

Naissance 12 février 1632
à Amiens en Picardie (France)
Décès 20 septembre 1702 (à 70 ans)
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Pays de résidence Nouvelle-France
Profession
Activité principale
Commerce de fourrures et autres, agriculture, pêche, finance
Ascendants
Jacques Aubert
(Son père)
Marie Goupy
(Sa mère)
Conjoint
Catherine (Gertrude) Couillard

Charles Aubert de La Chesnaye[1] (12 février 1632 - 20 septembre 1702) était le plus riche[2] homme d'affaires de la Nouvelle-France. Son rôle dans l'essor économique de la colonie est important (commerce de fourrures et autres, finance, agriculture, pêche). Il a possédé de nombreuses seigneuries et laissé son nom à plusieurs lieux au Québec et à Québec. Membre du Conseil souverain, il était "le principal homme d'affaires et le plus grand propriétaire foncier de la colonie"[3].

Sa maison à Québec constitue actuellement l'un des principaux vestiges archéologiques de la ville de Québec.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le premier homme d'affaires de la Nouvelle-France[modifier | modifier le code]

Né le 12 février 1632 à Amiens en Picardie (France), fils de Jacques Aubert, conseiller du roi, intendant ou contrôleur général des fortifications d'Amiens, et de Marie Goupy, il arrive en Nouvelle-France en 1655 pour représenter un groupe de marchands de Rouen.

Marchand à Québec, il est négociant de fourrures à Tadoussac de 1663 à 1666. Deux ans après la création de la Compagnie des Indes Occidentales en 1666, il est nommé commis général jusqu'en 1669, date à partir de laquelle il quitte la compagnie pour une exploitation forestière au (Lac Saint-Jean), puis une briqueterie et un long séjour à La Rochelle, qui lui permet d'établir des relations commerciales avec plusieurs pays européens et de devenir propriétaire de plusieurs navires[4].

En 1672, l'intendant Jean Talon lui concède, conjointement avec deux autres associés, la seigneurie de Percé qui doit servir de port d'attache aux bateaux de pêche. Puis il reçoit la seigneurie de Rivière-du-Loup le 23 décembre 1673.

À son retour au Canada il obtiendra, peu après la dissolution de la compagnie des Indes Occidentales, à partir de 1675 et jusqu'en 1681, les droits de la Compagnie de la Ferme d'occident de son ami Jean Oudiette, détenant ainsi le monopole des fourrures de castor, qui constituent la première richesse à l'exportation du Canada.

La Chesnaye achète aussi la moitié des fiefs de Saint-François et de Saint-Jean (1677), les seigneuries de Le Parc, à l'est de Rivière-du-Loup (1675), et l'île aux Lièvres (1677).

Chronologie commerciale[modifier | modifier le code]

  • Il est négociant de fourrures à Tadoussac (1663-1666),
  • Il est le commis général de la Compagnie des Indes Occidentales (1666-1669)
  • Il détient les droits de la Compagnie de la Ferme (1675-1681) détenant ainsi le monopole des fourrures de castor, qui constituent la première richesse à l'exportation du Canada.
  • Il crée la Compagnie du Nord ou Compagnie de la Baie d'Hudson (française) (1682), afin de regrouper les principaux marchands de fourrures, et dont il est le principal actionnaire.
  • Après 1670, il développe des affaires locales : exploitation forestière (Lac Saint-Jean), pêche, briqueterie, etc.
  • Il prête beaucoup d'argent pour reconstruire la basse-ville de Québec, détruite en 1682 par un grave incendie, mais aura toutes les peines du monde à se faire rembourser.

En définitive, Charles Aubert de La Chesnaye est devenu le "principal homme d'affaires de la Nouvelle-France au XVIIe siècle"[5].

Un grand seigneur[modifier | modifier le code]

Charles Aubert de La Chesnaye va massivement investir dans la terre et certainement devenir alors l'un des principaux propriétaires terriens du Canada. Ses principaux fiefs seront Repentigny, Rivière-du-Loup, Kamouraska, et les seigneuries des environs de Québec.

  • En 1659, il achète 70 arpents sur le coteau Sainte-Geneviève, ce qui comprend une bonne partie de l'ouest de l'actuelle haute-ville de Québec.
  • Vers 1660, il achète un terrain rue du Sault-au-Matelot à Québec, où il se fait construire une vaste maison qui existe encore.
  • En 1662, il est copropriétaire de la seigneurie de Beaupré.
  • En 1668, il achète des terrains dans les paroisses de L'Ange-Gardien et de Château-Richer.
  • En 1670, il se fait concéder la seigneurie de Mille-Vaches.
  • En 1672, Jean Talon lui concède, avec deux autres associés, la seigneurie de Percé, première base de pêche permanente au Québec.

Le sieur de La Chesnaye achète de nombreux fiefs :

Les honneurs couronnent son activité économique, certes pas désintéressée même si elle sert aussi les intérêts de la colonie :

  • Le 24 mars 1693, Louis XIV lui accorde ses lettres de noblesse pour avoir contribué à l'expansion canadienne De bourgeois, il devient gentilhomme[5]. "Son apport considérable à l'essor économique de la Nouvelle-France lui vaut d'être anobli par Louis XIV en 1693. Deux ans plus tard, il est nommé membre du Conseil souverain. Jusqu'à la fin de sa vie, La Chesnaye demeurera le principal homme d'affaires et le plus grand propriétaire foncier de la colonie."[3].
  • Le 22 mai 1696, il est membre du Conseil souverain de la Nouvelle-France.

Charles Aubert de la Chesnay meurt le 19 septembre 1702 et est enterré le lendemain au cimetière des pauvres de l'Hôtel-Dieu de Québec où deux de ses filles sont religieuses chez les Sœurs Hospitalières.

Famille[modifier | modifier le code]

Ses trois mariages[modifier | modifier le code]

Charles Aubert de La Chesnaye s'est marié trois fois. Ses trois mariages prouvent son intégration dans la petite élite dirigeante de la Nouvelle-France.

  • Le 6 février 1664 à Québec, il épouse Catherine (Gertrude) Couillard, fille de Guillaume et de Guillemette Hébert et donc petite-fille de Louis Hébert, le "père de la nation" canadienne. Elle meurt en novembre 1664. Ils ont eu un fils, Charles, mort au combat en France dans les années 1690.
  • Le 10 janvier 1668 à Québec, il épouse Marie-Louise Juchereau de La Ferté, fille de Jean Juchereau de La Ferté et de Marie-Françoise Giffard. Ils auront 6 enfants :
  • Le 11 août 1680 à Québec, il épouse Marie-Angélique Denys, fille de Pierre Denys, sieur de la Ronde, et de Catherine Le Neuf, fille de Jacques Leneuf de La Poterie, gouverneur intérimaire de la Nouvelle-France. Ils auront onze enfants : Marie-Catherine, les jumeaux Marguerite-Angélique et Antoine, Joseph, les jumeaux Joseph et Gabrielle-Françoise, Jacques, Louis, Charles, Françoise-Charlotte et Marie-Angélique (religieuse).

Descendance[modifier | modifier le code]

Des 18 enfants nés de ses trois mariages, 11 atteindront l'âge adulte. Parmi sa nombreuse descendance, on compte :

Héritage[modifier | modifier le code]

  • Une "rue De la Chesnaye" à Québec (avant 1958, orthographié "rue La Chesnaie").
  • Une rue "Aubert de la Chesnaye" existe aussi à Rivière-du-Loup dans le quartier saint-Patrice (Parc Cartier) depuis 1971.
  • Son hôtel particulier rue du Sault-au-Matelot à Québec[7],[8],[9]. "Des fouilles archéologiques effectuées en 1992 ont mené à la découverte d'imposantes structures de maçonnerie associées à la résidence-magasin de La Chesnaye, considérée au XVIIe siècle comme la plus remarquable de Québec, voire de la Nouvelle-France."[3].

Blason Charles Aubert de La Chesnaye.svg

Attention[modifier | modifier le code]

Ne pas confondre avec François-Alexandre de La Chenaye-Aubert ou Aubert de la Chesnaye-Desbois, érudit français, apparemment sans aucun lien.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Attention, l'orthographe de son nom était très fluctuante au XVIIe siècle.
  2. Raymonde Litalien, Jean-François Palomino et Denis Vaugeois, La mesure d'un continent : Atlas historique de l'Amérique du Nord, 1492-1814, Éditions du Septentrion,‎ 2007 (lire en ligne)
  3. a, b et c Selon le site de la Ville de Québec (voir Liens externes)
  4. http://www.histoirequebec.qc.ca/publicat/vol8num3/v8n3_7pd.htm
  5. a et b Selon site histoirequebec (voir Liens externes)
  6. [1]
  7. [2]
  8. [3]
  9. [4]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Françoise-Laure Burlet, Un rêve aristocratique en Nouvelle-France, La demeure de Charles Aubert de La Chesnaye, Cahiers du CELAT no 15, Éditions du Septentrion, Canada, (ISBN 2-89448-054-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]