Charles Étienne Gustave Le Clerc de Juigné

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Leclerc et Juigné.
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille Le Clerc de Juigné.
Gustave Le Clerc de Juigné
Image illustrative de l'article Charles Étienne Gustave Le Clerc de Juigné
Fonctions
Maire de Saint-Hilaire-de-Chaléons
18651870
Conseiller général de Bourgneuf-en-Retz
~ 18651900
Successeur Jacques Auguste Marie Le Clerc de Juigné
Président du Conseil gal de la Loire-Inférieure[1]
18701870
Député de la Loire-Inférieure
12 février 18717 mars 1876
Élection 8 février 1871
Législature Assemblée nationale (1871)
8 mars 187631 mai 1898
Élection 20 février 1876
Réélection
Législature Chambre des députés (IIIe République)
Groupe politique Union des Droites
Successeur Jules Galot
Sénateur de la Loire-Inférieure
24 mars 190013 octobre 1900
Élection 24 mars 1900
Législature Sénat (IIIe République)
Prédécesseur Ernest Guibourd de Luzinais
Biographie
Nom de naissance Charles Étienne Gustave Le Clerc de Juigné
Date de naissance 15 juin 1825
Lieu de naissance Paris
Date de décès 13 octobre 1900 (à 75 ans)
Parti politique Légitimiste
Père Jacques Auguste Anne Léon Le Clerc de Juigné[2]
Profession Propriétaire agricole-éleveur[3]
Résidence Château du Bois-Rouaud
Liste des conseillers généraux de la Loire-Atlantique
Liste des députés à l'Assemblée nationale de 1871
Liste des députés de la Loire-Atlantique
Liste des sénateurs de la Loire-Atlantique

Charles Étienne Gustave Le Clerc, comte de Juigné (Paris, 15 juin 1825 - Paris VIIe, 13 octobre 1900), est un homme politique français du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Étienne Gustave Leclerc de Juigné était un des plus riches propriétaires de Bretagne : c'est à lui qu'appartenait le lac de Grand-Lieu[4] qu'il tenait de son père (dernier tiers du XIXe siècle[5]).

Lui aussi voulait mener le projet d'assèchement du lac à bien mais il se heurta à une contestation des partisans de la domanialité du lac. En 1898, après une intervention du député de la Loire-Inférieure, Gustave Roch, le parlement décida d'ouvrir une étude de domanialité tandis que le Conseil d'État renvoyait au jugement de la Justice. Ce dernier rebondissement mit un terme aux ardeurs des de Juigné[6].

« Homme de cheval », il était membre du Jockey Club de Paris[7] et vice-président de la Société hippique française[4]. En 1867, il s'associait avec le prince Auguste Louis Albéric d'Arenberg[8], homme politique monarchiste comme lui au sein du haras du Bois-Rouaud à Chéméré, non loin de Nantes. Leurs chevaux remporteront le succès sous des couleurs communes (casaque cerclée jaune et rouge, toque noire), notamment Jongleur en 1877 dans les Prix du Jockey Club[9], Lupin, Royal Oak et le Cambridgeshire Handicap (en)[10].

« Homme de mondanités », le comte était également membre de L'Union[11], et de la Société de Rallye-Bourgogne[12] (Côte-d'Or).

Assemblée nationale (1871-1875)[modifier | modifier le code]

Conseiller général du canton de Bourgneuf-en-Retz, il s'employa au développement de l'agriculture régionale[4], des voies de communication et contribua activement à la création du chemin de fer de la rive gauche de la Loire. Comme président du conseil général, il protesta, en 1870, contre la dissolution de ces assemblées par Gambetta, et fut élu[13], le 8 février 1871, représentant de la Loire-inférieure à l'Assemblée nationale, le 5e sur 12.

Légitimiste, il se fit inscrire à la réunion des Réservoirs, siégea à droite, accusa les maires de Paris de s'être mis à la tête du mouvement insurrectionnel du 18 mars[4], et vota :

Chambre des députés[modifier | modifier le code]

Réélu[14] député par l'arrondissement de Paimbœuf, aux élections générales du 20 février 1876, contre M. Rousse[15], il fut, après le 16 mai, l'un des 158 députés qui approuvèrent la conduite du ministère de Broglie (III). Réélu de nouveau[16], le 14 octobre 1877, contre M. Goullin[17], il vit renouveler son mandat[18], le 21 août 1881, contre M. Boquien[19] (maire d'Indre), et fut porté, aux élections du 4 octobre 1885, sur la liste conservatrice de la Loire-Inférieure. Élu[20], le 3e sur 9, il continua de faire partie de la minorité conservatrice, et vota contre les ministères républicains opportunistes et radicaux qui se succédèrent au pouvoir.

À la fin de la législature, M. de Juigné s'est prononcé :

Réélu[21] député de Paimbœuf le 22 septembre 1889, sans concurrent, puis le 20 août 1893[22] contre le républicain Charles[23] et Moret[24], il continua de siéger parmi les monarchistes catholiques et de les soutenir de son vote.

Plutôt que les grands débats d'idées ou de politique, c'étaient les questions agricoles qui retenaient son intérêt presque exclusif[25]. Grand propriétaire terrien, il avait déclaré, selon les termes du président Fallières, « une guerre sans merci à la routine[25] » : il s'était employé, non sans succès, à améliorer et à rénover les méthodes de culture et d'élevage et à propager dans sa région celles dont il avait reconnu l'efficacité après les avoir expérimentées dans ses domaines. Sa province lui doit notamment d'avoir porté l'élevage des chevaux au rang d'une industrie ; la renommée de ses haras s'étendait fort loin.

Sénat[modifier | modifier le code]

Il ne se représenta pas aux élections législatives de 1898 mais se laissa persuader de se porter candidat au Sénat, où il fut élu le 24 mars 1900 par 659 voix contre 292 au républicain Riom, au cours d'une élection partielle provoquée par le décès de M. Guibourg de Luzinais. Son passage y fut des plus brefs : trois mois à peine puisqu'il mourut au cours de l'intersession, le 13 octobre 1900). Il était âgé de 75 ans.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Charles Étienne Gustave Le Clerc était l'unique fils de Jacques Auguste Anne Léon Le Clerc (1774-1850), vicomte de Juigné, député de la Loire-Inférieure (1821-1827) et d'Antoinette Louise de Durfort (° 1779) fille d'Étienne-Narcisse, comte de Durfort (1753-1837), pair de France, lieutenant-général des armées du roi, ancien capitaine des gendarmes de la Garde, gouverneur de la 6e division militaire, grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de Henriette Etiennette Claude Denise Thiroux de Montsauge (1761-1823).

Charles Étienne Gustave Le Clerc n'eut pas de postérité : ce fut son petit-neveu, Jacques Auguste Marie Le Clerc, marquis de Juigné (1874-1951) qui lui succéda dans ses biens et ses fonctions politiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gautier 2012.
  2. Fourmont 1867, p. 126.
  3. H&R. Bourreau 1999, p. 311.
  4. a, b, c et d Robert et Cougny 1889, p. 446.
  5. Pierrelée 2004, p. 179.
  6. Pierrelée 2004, p. 182.
  7. Yriarte 1864, p. 133.
  8. Vasili 1887.
  9. Monté par Alfred Carratt et entraîné par Henry Jennings.
  10. Pierrelée Comte Gustave de Juigné (1825-1900).
  11. Yriarte 1864, p. 50.
  12. Journal des chasseurs 1858.
  13. Par 66 254 voix (95 897 votants, 155 400 inscrits).
  14. Par 5 572 voix (9 209 votants, 12 180 inscrits).
  15. 3 625 voix.
  16. Par 6 180 voix (9 163 votants, 12 362 inscrits).
  17. 2 952 voix.
  18. Par 5 589 voix (10 040 votants, 12 765 inscrits).
  19. 4 413 voix.
  20. Par 71 584 voix sur 121 474 votants et 165 624 inscrits.
  21. Par 6 266 voix sur 7 953 votants.
  22. Par 5 343 voix sur 8 323 votants.
  23. 2 088 voix.
  24. 197 voix.
  25. a et b Jolly 1960.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Pour approfondir