Charles-Louis d'Autriche (1918-2007)

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Charles-Louis d’Autriche

Biographie
Titulature Archiduc d’Autriche, prince de Hongrie, de Croatie et de Bohême
Dynastie Maison de Habsbourg-Lorraine
Nom de naissance Karl Ludwig von Österreich[N 1]
Naissance 10 mars 1918
Baden (Autriche-Hongrie)
Décès 11 décembre 2007 (à 89 ans)
Bruxelles (Belgique)
Père Charles Ier d’Autriche
Mère Zita de Parme
Conjoint Yolande de Ligne
Enfants Rodolphe d’Autriche
Alexandra d’Autriche
Charles-Christian d’Autriche
Marie-Constance d’Autriche
alt=Description de l'image Imperial Coat of Arms of the Empire of Austria (1815).svg.

L’archiduc Charles-Louis d’Autriche[N 1],[N 2] (en allemand, Carl Ludwig von Österreich), né le 10 mars 1918 à Baden (Autriche) et décédé le 11 décembre 2007 à Bruxelles (Belgique), était le cinquième enfant de Charles Ier d’Autriche et de Zita de Bourbon-Parme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Quatrième fils de Charles Ier d’Autriche (1887-1922) et de Zita de Bourbon-Parme (1892-1989), Charles-Louis d’Autriche naît 10 mars 1918 à Baden, à moment charnière dans l’histoire de l’Autriche. En effet, la fin de l’année 1918 marque à la fois la fin de la double monarchie austro-hongroise incarnée par l’empereur pour une mosaïque d’États-nations, mais aussi l’exil de la famille royale et impériale pour la Suisse.

Le prince Charles vit quelques années, avec ses cinq frères et sœurs, auprès de leur grand-mère Antoinette de Portugal (1862-1959) au château de Wartegg, en Suisse. En février 1922, alors que leurs parents avaient quitté brusquement la frontière austro-suisse depuis mars 1920, les enfants rejoignent Charles Ier et Zita à Madère, dans la villa Victoria (Portugal), bien loin des républiques et royaumes nés de la scission de l’empire.

Le 9 mars 1922, après être allé acheter des jouets pour l’anniversaire de Charles-Louis, l’ancien empereur Charles Ier contracte une bronchite en rentrant à la villa[1]. Charles Ier succombe de la maladie qui s’était aggravée en pneumonie le 1er avril suivant. À partir de la mort de ce dernier, Zita porte le deuil le restant de sa vie et ne se remarie d’ailleurs pas[2].

En 1922, le roi Alphonse XIII d’Espagne accueille la famille royale en exil en Espagne après le décès de Charles. La famille vit alors au palais Uribarria à Lekeitio, où Zita contribue à l’éducation des enfants[3].

Après avoir quitté la péninsule Ibérique en septembre 1929, la famille s’installe à Steenokkerzeel, non loin de Bruxelles, notamment par nécessité éducative : les aînés étaient quasiment en âge d’entrer dans des études universitaires, qu’ils entament à l’Université catholique de Louvain. Charles-Louis a 11 ans.

Pendant la seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Belgique envahie à partir du 10 mai 1940, Charles-Louis et sa famille quittent le château de Steenokkerzeel pour se réfugier en France, au château du Vieux-Bost (Allier). Les princes et l’ancienne impératrice fuient la France lorsque le régime du maréchal Pétain est instauré. De là, leur périple les amènent successivement en Espagne puis au Portugal avant de quitter le continent européen pour les États-Unis, où ils arrivent le 27 juillet.

Alors que les princes ne maîtrisent pas complètement l’anglais, la famille s’installe au Québec, province francophone où les enfants peuvent exercer leur français. Pendant la guerre, les fils du couple royal et impérial participent à l’effort : comme son frère Félix, Charles-Louis s’engage dans l’armée de terre des États-Unis[4].

En 1943, Charles-Louis rejoint alors l’armée américaine, ce qui lui permet de conduire avec le président Roosevelt des négociations secrètes avec des pays neutres comme le Portugal et la Hongrie, qui se soldent par un échec. Comme officier militaire américain, Charles participe en 1944 au débarquement des Alliés en Normandie. Ce n’est 1947, alors qu’il portait le grade de « major » qu’il sera libéré du service militaire.

Mariage et retour en Belgique[modifier | modifier le code]

De retour en Belgique après 1947, le prince Charles se marie à une princesse de la maison de Ligne, la fille d’Eugène II de Ligne. L’union de Charles-Louis et de Yolande de Ligne est scellée le 10 janvier 1950 à Belœil (en Belgique) ; le couple voit alors les naissances de quatre « archiducs » — deux filles et deux garçons — dans les années 1950.

En 1958, Charles-Louis entame une carrière dans l’entreprise en travaillant pour la Société générale de Belgique. Le prince fonde par la suite sa propre filiale, Genstar, au Canada et la dirige jusqu’à sa prise de retraite, en 1986. La filiale est présente dans différents secteurs d’activité comme dans le bâtiment, la production d’éléments chimiques, le transport de haute-mer, mais encore dans la finance ou la technologie.

Mort[modifier | modifier le code]

À l’âge de 89 ans, l’archiduc Charles-Louis meurt le 11 décembre 2007.

Lors du cortège funèbre du prince, le 12 janvier 2008, un requiem est célébré en la cathédrale Saint-Étienne de Vienne, avant la mise au tombeau du prince auprès de sa mère Zita dans la crypte impériale. Les frères de Charles, Félix, Rodolphe et Otto, ainsi que d’autres personnalités étaient présents lors de cette cérémonie pour rendre un dernier hommage au prince.

Postérité[modifier | modifier le code]

Avec Yolande de Ligne, le prince Charles-Louis eut quatre enfants :

  • L’archiduc Rudolf d’Autriche[N 3] (en allemand, Rudolf von Österreich), né le 10 juillet 1952 (62 ans).
    ∞ à la baronne Hélène de Villenfagne de Vogelsanck, dont postérité (huit enfants).
  • L’archiduchesse Alexandra d’Autriche[N 4] (en allemand, Alexandra von Österreich), née le 17 novembre 1950 (64 ans).
    ∞ à Hector Riesle en 1984, dont postérité (trois enfants).
  • L’archiduchesse Maria Constanza d’Autriche[N 6] (en allemand, Maria Constanza von Österreich), née le 19 octobre 1957 (57 ans).
    ∞ à Franz Joseph d’Auersperg-Trautson en 1994, dont postérité (trois enfants).

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ancêtres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Dugast Rouillé, Charles de Habsbourg : Le dernier empereur, Tielt, Éditions Racine, coll. « Les racines de l’histoire »,‎ 30 septembre 2008 (réimpr. 2003) (1re éd. 1991), 284 p. (ISBN 2873862904, OCLC 491348161, notice BnF no FRBNF35461012)
  • (en) Gordon Brook-Shepherd, The Last Empress : The Life & Times of Zita of Austria-Hungary, 1892-1989, Londres, HarperCollins,‎ novembre 1991, 320 p. (ISBN 978-0002158619)
  • (en) James Bogle et Joanna Bogle (préf. Otto de Habsbourg-Lorraine), A Heart for Europe, Fowler Wright,‎ 1990, 208 p. (ISBN 0-85244-173-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources
Notes
  1. a et b L’empereur Charles Ier d’Autriche, son père, le titre, comme tous les princes de la maison d’Autriche, à la naissance « archiduc d’Autriche, prince de Hongrie, de Croatie et de Bohême ». De son nom complet de baptême, en allemand :
    « Karl Ludwig Maria Franz Joseph Michael Gabriel Antonius Robert Stephan Pius Gregor Ignatius Markus d’Aviano, Erzherzog von Österreich ».
    Soit, en français :
    « Charles Louis Marie François Joseph Michel Gabriel Antoine Robert Étienne Pie Grégoire Ignace Marc d’Avian, archiduc d’Autriche ».
  2. Après l’exil de la maison royale et impériale d’Autriche, l’on attribue souvent au prince les prénoms et patronyme « Charles-Louis de Habsbourg-Lorraine » puisque sa famille ne règne plus.
    En Autriche, après 1918, le nom officiel du prince est simplement celui de « Carl Ludwig Habsburg-Lothringen », omettant la particule nobiliaire de « von » (en français, « de »).
  3. Rudolf Maria Carl Eugen Anna Antonius Marcus d’Aviano von Habsburg-Lothringen.
  4. Née Alexandra Maria Anna Philippa Othonia von Habsburg-Lothringen.
  5. Carl Christian Maria Anna Rudolph Anton Marcus d’Aviano von Habsburg-Lothringen.
  6. Née Maria Constanza Anna Rosario Roberta von Habsburg-Lothringen.
  7. En réalité, il est nommé « chevalier » par son frère l’archiduc Otto. Le titre est autrichien et non espagnol.
Références
  1. Michel Dusgast Rouillé, Charles de Habsbourg : Le dernier empereur, 2008, p.  263.
  2. James Bogle et Joanna Bogle, A Heart for Europe, 1990, p.  151.
  3. Gordon Brook-Shepherd, The Last Empress, 1991, pp.  219-220.
  4. Gordon Brook-Shepherd, op. cit., p.  290.