Charles-Auguste Bontemps

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Charles-Auguste Bontemps
Image illustrative de l'article Charles-Auguste Bontemps

Naissance 9 février 1893
Billy-sur-Oisy (Nièvre)
Décès 14 octobre 1981
Paris
Origine français
Cause défendue libertaire
pacifisme
naturisme

Charles-Auguste Bontemps, né le 9 février 1893 à Billy-sur-Oisy (Nièvre) et mort le 14 octobre 1981 à Paris, est un comptable, correcteur d’imprimerie, conférencier et militant pacifiste, naturiste et écrivain libertaire[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La manchette de Ce qu'il faut dire du 2 avril 1916.

Orphelin de père à l'âge de 7 ans, il vit pauvrement avec sa mère et sa sœur.

Il dévore les livres mais doit quitter l'école après l’enseignement primaire, pour travailler.

A 17 ans, il arrive à Paris et poursuit ses études en autodidacte.

Il fréquente alors le milieu anarchiste et pacifiste, et collabore à Ce qu'il faut dire, journal créé par Sébastien Faure[2].

Jusqu’à la Première Guerre mondiale, il travaille comme comptable.

Ajourné, il ne part qu’en septembre 1917. Blessé, il est démobilisé en avril 1919 et travaille alors comme correcteur d’imprimerie.

Dans l'enthousiasme soulevé par la révolution russe, il adhère en 1920 à la Section française de l’Internationale communiste, mais s'en éloigne quelques mois plus tard[3].

Il milite ensuite à la Ligue internationale des réfractaires à la guerre, ainsi qu'à des associations contre l'antisémitisme et le racisme[2].

Il est actif dans le mouvement naturiste autour du journal Vivre d'abord[2].

En 1937, il participe à Solidarité internationale antifasciste (SIA), fondée par Louis Lecoin pour soutenir la Révolution sociale espagnole de 1936.

Mobilisé à Bourges en 1939, il est libéré peu avant l’invasion et revint à Paris. Pendant l’Occupation, il ne cesse d’appartenir au syndicat des correcteurs de Paris et de la région parisienne. A la Libération, il reprend son activité dans les milieux libertaires.

En 1944, il relance, avec Louis Louvet, Ce qu'il faut dire, puis participe à la reconstruction de la Fédération anarchiste, en 1945 comme en 1953.

Il collabore à de nombreux titres de la presse libertaire, pacifiste, naturiste ou athée : Le Libertaire, Le Monde libertaire[4], Liberté de Louis Lecoin (1958-1971)[5], Le Droit de vivre[6], La Raison, Le réfractaire, etc.

Frappé d’hémiplégie en septembre 1981, Charles Auguste Bontemps est mort à l’hôpital Bichat à Paris le 14 octobre et a été incinéré au Père Lachaise le 21 octobre[3].

Individualisme social[modifier | modifier le code]

C’est au Club du Faubourg, fondé par Leo Poldes, qu’il fréquente pendant plus de cinquante ans, et dans un certain nombre d’études parues en brochures parmi lesquelles L’Esprit libertaire (1946), L’Anarchisme et l’évolution(1956), L’Anarchiste et le réel (1963), qu'il définit son « individualisme social » (titre d’une plaquette parue en 1967) et manifeste ses préférences pour une évolution vers un « collectivisme des choses et un individualisme des personnes »[7].

Collaborateur assidu de toute la presse libertaire il développe ses vues dans des milliers d’articles et de nombreux livres : La Femme et la sexualité, L’homme et la race, L’Homme et la propriété, Le démocrate devant l’autorité, Ton cœur et ta chair, Œuvre de l’homme, Destins (poésies), Félix de la Forêt, etc. L’essentiel de son œuvre poétique est réuni dans le volume Marginales (1979) et de sa pensée dans Miroir d’homme (1972)[7].

Commentaire[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Cédric Guérin : « Individualiste reconnu, Charles-Auguste Bontemps fait partie lui aussi de cette “ génération d’avant-guerre ”, fortement marquée par les différentes luttes idéologiques sur l’organisation. [...] Il assista, à titre d’individuel au premier congrès de l’Union anarchiste qui se tint à Paris en 1920. A ce congrès, et ensuite dans Le Libertaire, Bontemps se déclara contre toute autorité, mais affirma en même temps que la dictature qui “ est un mal, mais un mal nécessaire ” peut seule “ aider à installer un système communiste ”. [...] Il participa à Paris au congrès de la Fédération anarchiste. À la suite de la crise du mouvement en 1953, il sera de ceux qui demeurent fidèles à la conception non centralisée du mouvement. »[8]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie exhaustive sur le Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones et Anarlivres.

  • Dieu et mon roy : le Pape contre Maurras, Éditions de l'Épi, 1929
  • L'esprit libertaire, 1946.
  • Le démocrate devant l'autorité, 1949.
  • L'Homme et la liberté, Les Cahiers francs, n°4, Paris, 1955, 204 p., pdf.
  • L'Homme et la propriété, Les Cahiers francs, Paris, 1959, 94 p., pdf.
  • L'Anarchisme et le Réel. Essai d’un rationalisme libertaire, Les cahiers francs, 1963, texte intégral, pdf.
  • Individualisme Social, résumé et commentaires, Les cahiers francs, 1967, texte intégral, pdf.
  • Avec Aline Aurouet, Pro Amicis, autobiographie, Les cahiers francs, 1974.

Articles[modifier | modifier le code]

Correspondances[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cédric Guérin, Pensée et action des anarchistes en France : 1950-1970, Mémoire de Maîtrise en Histoire contemporaine sous la direction de Mr Vandenbussche, Villeneuve d’Ascq, Lille 3, 2000, texte intégral.
  • Thierry Maricourt, Histoire de la littérature libertaire en France, Albin Michel, 1990, page 428.
  • Michel Perraudeau, Dictionnaire de l’individualisme libertaire, Éditions libertaires, 2011.

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Floréal, Histoire de la Fédération anarchiste, 27 février 2013, texte intégral.
  • Luxemburger Anarchist : Charles Auguste Bontemps, lire en ligne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Ragon, Écrivains libertaires, in Histoire de la littérature prolétarienne en France, Albin Michel, 1974, extrait en ligne.
  2. a, b et c L'Éphéméride anarchiste : notice biographique.
  3. a et b Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  4. Les auteurs du Monde libertaire : Charles-Auguste Bontemps.
  5. Daniel Guérin, Ci-gît le colonialisme : Algérie, Inde, Indochine, Madagascar, Maroc, Palestine, Polynésie, Tunisie ; témoignage militant, Paris, Mouton, 1973, page 131.
  6. Simon Epstein, Un paradoxe français, Albin Michel, 2008, page 376.
  7. a et b Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
  8. Cédric Guérin, Pensée et action des anarchistes en France : 1950-1970, Mémoire de Maîtrise en Histoire contemporaine sous la direction de Mr Vandenbussche, Villeneuve d’Ascq, Lille 3, 2000, texte intégral.