Charilaos Trikoupis

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Portrait

Charilaos Trikoupis (en grec : Χαρίλαος Τρικούπης) (né le 11 juillet 1832 à Nauplie - mort le 11 avril 1896 (30 mars du calendrier julien) à Cannes en France), était un homme politique grec qui occupa la fonction de Premier ministre à sept reprises de 1875 à 1895.

Il est le fils d'un autre homme politique, Spyridon Trikoupis, également Premier ministre pendant une brève durée, et d'Ekateríni Mavrokordátos, elle-même sœur d'Aléxandros Mavrokordátos, qui fut lui aussi Premier ministre.

Sa vie[modifier | modifier le code]

L'entrée sur la scène politique[modifier | modifier le code]

Après avoir obtenu un diplôme en droit à Paris, il retourna à Athènes. En 1865, il fut élu au parlement grec et occupa brièvement la fonction de ministre des Affaires étrangères. En 1872, il créa son propre parti réformateur appelé le « cinquième parti » (en grec moderne, Πέμπτο Κόμμα). En 1874, il publia un manifeste intitulé "À qui la faute?", dont la réponse était "le roi". Plus spécifiquement, il accusa le roi de ne pas tenir compte de l'opinion du parlement lorsqu'il nommait ses Premiers ministres. Cet article lui valut un séjour en prison mais accrut également sa popularité de manière significative. Un an plus tard, le 8 mai 1875, il rassembla une majorité parlementaire et le roi Georges Ier de Grèce, malgré ses réticences, le nomma Premier ministre.   

Le Premier ministre[modifier | modifier le code]

La statue de Charilaos Trikoupis à Athènes
La statue de Charilaos Trikoupis à Athènes.

Trikoupis mit immédiatement en place un programme de réformes audacieuses. Il réforma notamment les élections et mit en place le principe selon lequel le roi devrait nommer Premier ministre, le chef de file du parti majoritaire au Parlement, après le vote d'une motion de confiance (en grec moderne, αρχή της δεδηλωμένης)[1]. Les élections suivantes, le 4 octobre 1875, furent considérées comme les élections les plus honnêtes que connurent la Grèce. Trikoupis perdit.

Ce principe favorisant le parti majoritaire eut naturellement comme conséquence l'émergence de deux grands partis, les partis plus petits s'alliant pour faire partie de la majorité. À cause de l'instabilité des alliances et des fluctuations des résultats des élections, la Grèce connut 12 Premiers ministres dans les six années suivantes. Trikoupis fut le Premier ministre de trois de ces gouvernements éphémères.

Trikoupis réussit à former un gouvernement relativement stable le 15 mars 1882 qui dura plus de trois ans. Pendant cette période, il réussit à faire passer un important programme de réformes. Il croyait fermement au besoin de créer des infrastructures pour soutenir l'économie, et pour attirer les investissements étrangers. Un programme de construction de chemins de fer améliora grandement les communications internes. Le plus important des travaux pour lesquels il milita fut la construction du canal de Corinthe.

Trikoupis envisageait la construction d'un pont pour relier les villes de Rion et Antirion sur le golfe de Corinthe. Mais le pont nécessitait des fonds et des techniques bien supérieures à ceux de l'époque ; la construction commença plus d'un siècle après. Il fut officiellement appelé Pont Charilaos Trikoupis en son honneur, lors de son inauguration en 2004.

Son sixième mandat en tant que Premier ministre (22 juin 1892 - 15 mai 1893) fut dramatique. Les caisses de l'État furent vidées à cause de la corruption du système et de dépenses à outrance. Trikoupis se présenta au Parlement où il aurait dit la phrase célèbre qu'on lui prête (mais qui n'est pas consignée dans les Comptes-rendus des débats) : "Malheureusement, nous sommes ruinés". Les prêts étrangers furent suspendus et toutes les dépenses qui n'étaient pas essentielles furent supprimées.

Trikoupis revint au pouvoir du 11 novembre 1893 au 24 janvier 1895. C'est pendant cette période que les premiers Jeux olympiques d'été modernes furent préparés. Trikoupis était sceptique quant aux jeux, craignant que le pays ne puisse pas supporter leur coût. Il fut cependant convaincu de les accueillir, et fit les préparatifs nécessaires. Ce fut son dernier mandat.

Après 1895, sa personne et ses finances étant en mauvaise santé, il se retira de la vie politique. Il mourut un an plus tard à Cannes, le , (30 mars calendrier julien), entouré de sa sœur Sophia et de son cousin Constantin Trikoupis, et fut enterré à Athènes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le principe de la motion de confiance énoncé par Charilaos Trikoupis (en grec, p. 6-8).
  • Tsokapoulos, Βιογραφία Χαριλάου Τρικούπη, Athènes, (1896).
  • Marc Terrades, Le Drame de l'hellénisme : Ion Dragoumis (1878-1920) et la question nationale en Grèce au début du XXe siècle, Paris, L'Harmattan,‎ 2005 (ISBN 2747577880)


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1875
Alexandros Koumoundouros
Alexandros Koumoundouros
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1878
Alexandros Koumoundouros
Alexandros Koumoundouros
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1880
Alexandros Koumoundouros
Alexandros Koumoundouros
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1882-1885
Theodoros Deligiannis
Dimitrios Valvis
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1886-1890
Theodoros Deligiannis
Konstantinos Konstantopoulos
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1892-1893
Sotírios Sotirópoulos
Sotírios Sotirópoulos
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1893-1895
Nikolaos Deligiannis