Chapelle Notre-Dame-du-Haut

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Chapelle Notre-Dame-du-Haut
Image illustrative de l'article Chapelle Notre-Dame-du-Haut
Présentation
Culte Catholique romain
Type Chapelle
Rattachement Archidiocèse de Besançon
Début de la construction 1950
Fin des travaux 1955
Architecte Le Corbusier
Style dominant Mouvement moderne
Protection  Inscrit MH (1965)
Logo monument historique classé MH (1967, 2004)
Patrimoine XXe s.[1]
Site web www.collinenotredameduhaut.com
Géographie
Pays France
Région Franche-Comté
Département Haute-Saône
Commune Ronchamp
Coordonnées 47° 42′ 14″ N 6° 37′ 16″ E / 47.70388889, 6.621111111 ()47° 42′ 14″ Nord 6° 37′ 16″ Est / 47.70388889, 6.621111111 ()  [2]

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Chapelle Notre-Dame-du-Haut

La chapelle Notre-Dame-du-Haut est une chapelle catholique construite de 1950 à 1955 sur la colline de Bourlémont à Ronchamp en Haute-Saône, dans la région française de Franche-Comté. C'est une création de l'architecte franco-suisse Le Corbusier. Elle est érigée à l'emplacement d'un ancien sanctuaire romain et d'une ancienne chapelle reconstruite une première fois dans l’entre-deux-guerres. Elle est inscrite aux monuments historiques en 1967 avec le label « Patrimoine du XXe siècle ». En 2011, une nouvelle porterie ainsi qu'un couvent sont construits sur les plans de l'architecte Renzo Piano.

Situation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Colline de Bourlémont.
Panorama vers la colline de Bourlémont.

La chapelle est située au sommet de la colline de Bourlémont qui surplombe le nord de la ville de Ronchamp, située dans le département de la Haute-Saône en région française de Franche-Comté.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien édifice avant la Première Guerre mondiale.
La chapelle pendant l'entre-deux-guerres.

Avant 1950[modifier | modifier le code]

Il y a très longtemps existait un temple romain, à l'emplacement de la chapelle[3],[4].

Au Moyen Âge, un sanctuaire dédié à la Vierge adossé à une petite chapelle comtoise est construit sur les ruines du temple romain. Ce sanctuaire chrétien connaît chaque 8 septembre un important pèlerinage pour célébrer la nativité de la sainte Vierge[3],[4].

Le samedi vers 11 heures, un violent orage fait rage au-dessus de Ronchamp. Le clocher en zinc est frappé par la foudre et un incendie détruit la chapelle. Il faut alors la reconstruire pendant l'entre-deux-guerres. Mais la nouvelle chapelle ne dure pas longtemps car elle est détruite par l'artillerie allemande pendant la Seconde Guerre mondiale[3],[4].

La chapelle de Le Corbusier[modifier | modifier le code]

Le campanile de Jean Prouvé.

À la fin de la guerre, les habitants de la région de Ronchamp et la Commission diocésaine d'art sacré de Besançon, décidèrent de la reconstruction de la chapelle et firent appel au célèbre architecte Le Corbusier, alors plutôt connu pour être l'inventeur de l'Unité d'habitation, comme solution aux problèmes de logements de l'après-guerre. Les premiers contacts entre les religieux et l'architecte furent plutôt rugueux car ce dernier n'était pas très porté sur la foi ; protestant d'origine, il disait avoir des ancêtres cathares, mais se déclarait athée.

À 63 ans, Le Corbusier se lance finalement dans l'aventure de la reconstruction de la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp. C'était son premier projet d'un bâtiment cultuel, bien qu'il eût travaillé en 1929 sur les plans de l'église de Tremblay-lès-Gonesse. Lyrique sur la beauté du site, il déclare : « Je n'avais rien fait de religieux, mais quand je me suis trouvé devant ces quatre horizons, je n'ai pu hésiter. »

Commencée en 1950, elle fut terminée en 1955. La chapelle a été bénie le par Mgr Marcel-Marie Dubois, alors archevêque de Besançon.

En 1965, la chapelle ainsi que les bâtiments annexes ont été inscrits monuments historiques, en 1967 la chapelle a été classée et en 2004 les annexes de la chapelle (la maison du gardien, l'abri du pèlerin et les tables de béton, la cave, la pyramide) ainsi que le campanile de Jean Prouvé ont été classés. Le site détient également le label « Patrimoine du XXe siècle »[1].

L'évolution du site[modifier | modifier le code]

La porterie de Renzo Piano.

Le site de Ronchamp a évolué. Une nouvelle porterie, dessinée par l'architecte italien Renzo Piano, a remplacé l'ancien édifice à l'architecture quelconque. Le même architecte a dessiné des bâtiments conventuels pour loger en contrebas de la chapelle[5] la fraternité des sœurs clarisses de Besançon[6] venue s’établir à Ronchamp en 2009. Un aménagement paysager accompagne ce projet. L'inauguration a eu lieu les 8 et 9 septembre 2011[7].

Ces projets ont fait l'objet d'une vive polémique en 2008. Les opposants reprochaient notamment la trop grande proximité des nouvelles constructions par rapport à la chapelle et un abattage d'arbres trop systématique. Les défenseurs de cette évolution soulignaient l'importance d'apporter une présence humaine et religieuse sur le site tout au long de l'année. Ils rappelaient également la grande capacité de Renzo Piano à s'intégrer à un contexte qu'il soit naturel ou architectural. Les critiques se sont avérées constructives puisque l'architecte comme le paysagiste ont modifié partiellement leurs projets[8].

En janvier 2014, un vitrail d'origine de la chapelle est détruit lors d'une effraction dans la chapelle visant l'argent contenu dans un tronc de quête, alors vide. Parmi tous les vitraux peints par Le Corbusier, il était le seul à être signé[9],[10]. Quelques jours après les faits, la Fondation Le Corbusier réclame des travaux de mise en sécurité et de rénovation, le bâtiment étant touché par des infiltrations d'humidité et une mauvaise conservation de la maçonnerie[11]. Les débris du vitrage sont confiés à Pierre-Alain Parot, un maître verrier de Côte-d'Or qui doit estimer si une reconstruction est envisageable et en faire une estimation. Il sera chargé des réparations[12].

Candidature à l'UNESCO[modifier | modifier le code]

La candidature de plusieurs sites construits par Le Corbusier (dont la chapelle) au patrimoine mondiale de l'UNESCO a déjà été refusée en 2009 puis en 2011 en raison d'une liste trop longue. Un nouveau dossier de candidature sera déposé en pour un classement en [13],[14].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'éclairage nocturne de la chapelle.

La chapelle est construite avec des pierres de récupération remplissant l'ossature en béton. Les murs sont recouverts de béton projeté enduit de chaux blanche. La coque de béton formant la couverture a été construite à l'aide d'un coffrage en bois ; les empreintes des planches sont encore visibles. Seule l'ossature de béton porte ce toit qui ne touche pas le remplissage de pierre ; ainsi, un vide de quelques centimètres permet à la lumière de passer entre le toit et le mur[15].

L'architecture fine et tout en rondeur de la chapelle est surprenante pour ceux qui voyaient en Le Corbusier un architecte de mastodontes en béton, ne jurant que par l'angle droit. En plan, tous les murs sont courbes. Les trois tours le sont également. Ces formes sont issues de la Nature. Le Corbusier s'est inspiré du dessin d'une carapace de crabe pour concevoir le toit. De plus, l'édifice se veut en harmonie avec le paysage vallonné des Vosges : les courbes de la chapelle répondent aux collines environnantes. La possibilité d'organiser de grandes messes en plein air participe de cette communion avec la nature. Les courbes sont également présentes à l'intérieur : le sol est incurvé, tout comme le couvrement.

Ces formes organiques peuvent être liées au contexte architectural des années 1950. Après des années d'Entre-deux-guerres où la droite l'emportait dans la plupart des projets modernes, les années 1950-1960 voient le développement des courbes et contre-courbes. Frank Lloyd Wright avec le musée Guggenheim de New York avait ouvert la voie que suivront Eero Saarinen ou Jorn Utzon. Le Corbusier, qui utilisait déjà des formes organiques dans ses villas des années 1920, a développé cette esthétique à partir de la Cité radieuse de Marseille (conçue en 1943).

La chapelle est pleine de contradictions architecturales, à la fois carrée et ronde, élancée et trapue, basse et haute. Selon Christophe Cousin, le directeur du Musée d'art et d'histoire de Belfort : « Elle a un plan très simple mais quand on est sur place, ce n'est pas du tout évident. » Vaste et ouverte sur l'extérieur, elle devient, le seuil franchi, un tout petit lieu de recueillement. Avec le blanc éclatant de ses murs, elle semble illustrer le grand principe de son architecte, pour lequel « l'émotion architecturale, c'est le jeu savant, correct et magnifique des volumes assemblés sous la lumière. »

Le travail de la lumière est plus sensible encore dans la chapelle. Son intrusion contredit l'épaisseur des murs et la massivité du couvrement. Le mur sud est percé d'une série de pyramides tronquées qui apportent avec une grande subtilité la lumière colorée par les vitraux. Le mur Est est aussi parsemé de jours carrés et d'une niche vitrée renfermant une statue de la Vierge. Par ailleurs, un espace interstitiel entre les murs et la voûte de béton permet à la lumière de passer ce qui allège visuellement la masse du couvrement. Enfin, les chapelles intérieures bénéficient d'une lumière zénithale indirecte.

À noter que, pour la conception de cette œuvre, Le Corbusier s'est inspiré de l'architecture de la mosquée de Sidi Brahim, sise à El-Ateuf, en Algérie[16].

Le travail de Le Corbusier à Ronchamp va au-delà de la conception de la chapelle. Étant peintre, il a dessiné le décor de la porte d'entrée et les vitraux. De plus, le site comprend une ziggourat faite de vieilles pierres, un clocher conçu notamment par Jean Prouvé, une maison d'habitation et un bâtiment collectif à la toiture engazonnée.

Le Corbusier participera à l'édification de deux autres bâtiments cultuels en France : le couvent Sainte-Marie-de-la-Tourette, de 1957 à 1959, et l'église Saint-Pierre de Firminy.

Pèlerinage[modifier | modifier le code]

À Ronchamp, les pèlerinages sont organisés pour :

  • la fête de la Nativité de la Vierge Marie, le 8 septembre ;
  • la fête de l’Assomption de Marie, le 15 août ;
  • le jeudi de l’Ascension, pour les jeunes de 16 à 25 ans du diocèse de Besançon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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