Chanson traditionnelle française

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le répertoire de la chanson traditionnelle en français, bien que peu apparent dans les médias, est de plus en plus interprété par nombre d'artistes chanteurs professionnels et amateurs, et cela bien au-delà des simples chansons enfantines apprises dans les périodes scolaires. Aujourd'hui, les passeurs de répertoires travaillent dans la discrétion mais en profondeur. De nombreuses créations internationales empruntent à ce répertoire immense et à disposition.

Les Centres des musiques traditionnelles en France éditent et publient un fond en mouvement, des sources écrites du 19e siècle jusqu'aux collectes récentes.

Quelques caractéristiques de ce répertoire[modifier | modifier le code]

La monodie[modifier | modifier le code]

Le répertoire de tradition orale, en français, est attesté surtout à une voix (soliste ou groupe chantant à l’unisson en réponse à un meneur, par exemple). C'est un répertoire profondément monodique, tout est imbriqué : la mélodie, la narration, la fonction, le tempérament, la pose de voix, l’ornementation, les micro-variantes.

La modalité[modifier | modifier le code]

Sa structure centrale est à grande majorité modale, même (et surtout si) tous « les accidents » qui font sortir du mode sont les bienvenus (à la différence du répertoire liturgique par exemple). L’histoire de la musique passe à l’intérieur, de façon subtile (arrivée de la sensible, utilisée de manière tout à fait spéciale, mélodies aux couleurs « orphéoniques » de la fin du 19e siècle). Pendant des siècles, il y a eu de très grands changements, la musique classique a pris d’autres chemins, la musique modale, horizontale s’est maintenue pour partie de manière autonome à travers les musiques traditionnelles. On peut dire que la modalité, ce sont nos racines.

Le timbre de la voix[modifier | modifier le code]

La conduite vocale entendue sur les documents sonores montre que la pose de voix se construit pour cette forme monodique, c’est-à-dire se place de manière à sélectionner les sons harmoniques, et ce, quelles que soient les régions, voire les pays.

D’où une impression de « nasalisation », y compris dans les traditions francophones et l’intérêt pour une compression des sons aigus de la voix (à l’inverse de ce qui est pratiqué dans la technique classique par exemple). Cette pose de voix, juste derrière la mâchoire supérieure, les os du nez, le front, permet une très grande vélocité des ornements et micro-variantes.

Néanmoins, on peut entendre aussi des chanteurs qui ornementent peu, mais dont la voix est très riche en sons harmoniques. Le son de la voix semble être « plaqué » dans les os du visage (même s’il y a aussi beaucoup d’exceptions). Gardons à l’oreille, les collectages en Ardèche de Sylvette Béraud Williams (K7 Chants de la soie, CMTRA), les collectages en Berry de Roger Péaron, les chants du Québec... On peut notamment entendre les sons harmoniques sur les finales mais aussi sur les passages en notes longues à l’intérieur de la monodie. C’est d’ailleurs la même chose pour le répertoire grégorien, sauf pour la « rondeur » de la voix.

La narration et la fonction[modifier | modifier le code]

Le texte est important, on le met en valeur au détriment de la « mesure », on n’hésite pas à ajouter des temps supplémentaires si la narration le demande.

L’expression des textes est directe, comme celle de la voix parlée, quelle que soit l’interprétation (en distance ou non), certains mots deviennent de simples supports « de passage » à l’image qui suit (comme on le dirait « d’une note de passage »). Chanter, c’est surtout raconter ou faire vivre une fonction, un rituel (danser pour battre le sol d’une nouvelle maison, bercer, marcher, travailler.)

La pensée musicale est horizontale, très différente de celle dont nous avons l’habitude aujourd’hui : la verticalité des sons se vit comme une superposition de monodies, ou de lignes narratives. Et non pas comme la réalisation pensée d’accords. Chacun tente de se signer dans le son global, c’est ce qui est intéressant. La respiration est continue, les interruptions sont fonctionnelles. Elle sert aussi d’accent, on interrompt le mot, c’est aussi pour marquer l’importance du texte.

Dans la culture savante, les embellissements sont écrits. Dans la culture de tradition orale, ils sont la signature vocale du chanteur. Le seul lieu d’improvisation, ce sont des minuscules fragments, des « micros-variantes » propres ou non à chaque chanteur

« La chanson traditionnelle francophone est aussi une forme de poésie. Et comme toute poésie, elle porte l’empreinte du milieu et de la période où elle a été élaborée. Cette empreinte se manifeste dans les formules, les tournures et le vocabulaire. Aurait-on l’idée de reprocher à François Villon d’écrire dans la langue d’un étudiant parisien du XVe siècle ? Au-delà de la forme, la thématique est éternelle, les émois et les tourments demeurent identiques. Et puis, il y a la musique. Connaît-on, dans la chanson française, de plus parfaite adéquation entre langue et mélodie que celle que nous propose la chanson traditionnelle ? » Jean-François Dutertre

Quelques chansons traditionnelles[modifier | modifier le code]

Musiciens[modifier | modifier le code]

Plusieurs chanteurs et groupes de musique continuent d'interpréter ces chansons. Les plus notables sont :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrice Coirault, Répertoire des chansons françaises de tradition orale.
  • Index. Correspondances entre le catalogue Laforte et le répertoire Coirault p. 327-342. - DLE-20070313-13129. - 782.42 (21) . - (ISBN 2-7177-2355-2) ((br.) (papier permanent)) : 54 EUR. - EAN 9782717723557. Bibliothèque nationale de France. Département de la musique.
  • Achille Millien - J G Penavaire : Chansons populaires du Nivernais et du Morvan, 1 tome chez Jeanne Laffitte, 3 tomes chez “Centre alpin et rhodanien d’ethnologie”, 5 tomes par le Conseil Général de la Nievre.
  • Patrice Coirault : Formation de nos chansons folkloriques, éditions du Scarabée, 5 tomes.
  • Armand Guéraud : En Bretagne et Poitou, FAMDT éditions, 2 tomes.
  • Émile Barbillat et Laurian Touraine : Chansons populaires dans le Bas Berry, CMDTB éditions.
  • Jean Garneret et Charles Culot : Chansons populaires comtoises, 3 tomes, Besançon.
  • Sylvette Beraud Williams : Chansons populaires d’Ardèche, Edisud.
  • Joannes Duffaud : Chansons anciennes du Haut Vivarais, CMTRA (dépôt), 4 tomes.
  • Centre alpin et rhodanien d’ethnologie : Chants et Danses de tradition.
  • Henri Davenson : Le livre des chansons, Cahiers du Rhône.
  • Lucien Decombe : Chansons populaires- Ille et Vilaine, La découvrance.
  • Claudius Servettaz : La chanson de soldat, éditions “Centre alpin et rhodanien d’ethnologie”.
  • Claudius Servettaz : Chants et chansons de la Savoie, éditions Jeanne Laffitte.
  • Émile Viuarnet : Chansons savoyardes, éditions Maisonneuve et Larose.
  • Marcel Ouint : Florilège de la chanson en Savoie (compilation du Tiersot et du Servetaz), éditions Cabédita, collection Archives vivantes.
  • Jean-François Dutertre : Ballades et complaintes, FAMDT éditions.
  • Simone Morand : Anthologie de la chanson de Haute-Bretagne, éditions Maisonneuve et Larose.
  • Fernand Guériff : Le trésor des chansons populaires folkloriques recueillies en Guérande.
  • Louisette Radioyes : Traditions et chansons de Haute Bretagne, Édisud pour le 1, GCBPV, pour le 2.
  • Yvon Guilcher : La chanson folklorique de langue française, ADP éditions.
  • Joseph Canteloube : Anthologie des chants populaires français, éditions Durand et Cie, 4 tomes.
  • Adolphe Orain : Chansons de Bretagne, Éditions Ouest France

Liens externes[modifier | modifier le code]