Chanson réaliste

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La chanson réaliste est un genre musical apparu en France au début du XXe siècle, et popularisé pendant l'entre-deux guerres par des interprètes principalement féminines comme Fréhel, Damia ou Édith Piaf.
Les thèmes récurrents de ses chansons traitent de sujets dramatiques empreints d'une noirceur certaine, souvent inspirés par le quotidien des quartiers populaires de Paris. Leurs personnages sont généralement prisonniers de leur misère, de leur condition sociale (basse), de leur passion amoureuse...

Chanteurs/chanteuses réalistes[modifier | modifier le code]

Historiques[modifier | modifier le code]

Aristide Bruant est certainement l'inventeur de la chanson réaliste. Peu après l’apparition du naturalisme littéraire d’Émile Zola, durant les années 1890, dans son cabaret situé à Montmartre, il chante en langage argotique la vie tragique de la classe ouvrière urbaine née de la Révolution industrielle, des apaches et des filles perdues. Mais, très vite, la chanson réaliste devient plutôt une spécialité féminine. À partir de 1908, ce sont Damia et Fréhel, des chanteuses à la voix puissante (à la façon de Bruant) qui triomphent en jouant, en vivant leurs chansons en véritables tragédiennes. Et l'après seconde guerre mondiale voit un succès toujours plus grand pour Édith Piaf et les débuts de Juliette Gréco, toutes deux montant sur scène totalement vêtues de noir à la façon de Damia. En 1954, à Paris, ouvre le futur temple de la chanson réaliste rive droite (qui sera opposé aux cabarets rive gauche proposant une chanson moins populaire, au rythme parfois jazzy, plus intellectuelle, voire poétique) : l'Olympia où Jacques Brel forgera plus tard sa légende. Par la suite, la chanson réaliste intègre les influences plus modernistes d'un Charles Trenet ou d'un Georges Brassens à travers les œuvres signées par Charles Aznavour, Barbara ("la Dame brune"), Renaud, Jean-Jacques Goldman, etc. Aujourd'hui, le rap français peut être considéré comme l'héritier direct de la chanson réaliste (histoires de voyous racontées dans leur langue, milieu populaire, destin tragique, violence, etc.). Le répertoire de Stromae lui doit peut-être aussi beaucoup.

Après la première guerre mondiale, Mistinguett devient la reine de la revue strass et paillettes. Richement ornée de bijoux et de plumes d’autruches, elle y chante la joie qui est celle de vivre dans la ville lumière, son rêve d’épouser un millionnaire, etc. Ainsi, si la chanson réaliste aime à décrire la vie des ouvriers, Mistinguett, par opposition, chante le début de la société de consommation.

En 1945, Bourvil écrit les paroles et interprète Les Crayons. Cette parodie reprend nombre des tics de la chanson réaliste d’alors. Elle narre en effet l’histoire malheureuse d’une orpheline de Ménilmontant vendant à la sauvette des crayons puis des cartes postales et qui est séduite par un bourgeois qui l’engrosse et l’abandonne, son enfant subira la même « destinée fatale ».

Héritiers[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Site dédié à l'histoire et à l'étude de la chanson réaliste.