Chancre de l'écorce

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Chestnut blight.jpg
Attaque du chancre sur un châtaignier américain (espèce la plus sensible au chancre).

Le chancre de l'écorce, aussi appelé brûlure du châtaignier, chancre du châtaignier ou endothia, est une maladie cryptogamique très grave du châtaignier, apparue en France vers 1956, et qui a failli faire disparaître les châtaigneraies du sud de la France. Le champignon responsable de cette maladie est Cryphonectria parasitica, un ascomycète.

Cette maladie provient probablement d'Extrême-Orient (Corée, Japon). Inconnue en Europe et en Amérique, elle est apparue à New York en 1905, d'où elle a contaminé en 25 ans toute l'Amérique du Nord en éliminant plus de 4 milliards d'arbres en 50 ans[1]. Son introduction en Europe s'est produite par l'importation de bois américains à Gênes en Italie, où les premiers dégâts seront constatés en 1938

Le chancre provoque des dépérissements graves pouvant entraîner la mort de l'arbre hôte. Les différentes espèces de châtaignier y sont plus ou moins sensibles. Le châtaignier américain est le plus vulnérable au chancre et a quasiment disparu suite à l'épidémie du début du XXe siècle, le châtaignier européen est assez vulnérable alors que le châtaignier japonais peut y être assez tolérant. Ce champignon attaque aussi le chêne, mais provoque peu de dégâts sur cette essence. Très contagieuse dans les peuplements importants (châtaigneraies), la maladie touche moins les arbres isolés.

Législation[modifier | modifier le code]

En France, Cryphonectria parasitica est considéré comme organisme de quarantaine, soumis à une réglementation sur l'exportation de son bois et de ses plants et dans certains pays à un certificat phytosanitaire attestant que le bois à exporter provient d’un lieu exempt de Cryphonectria parasitica[2].

Symptômes[modifier | modifier le code]

Les arbres atteints commencent à se flétrir et à perdre leurs feuilles par le sommet. L'écorce du tronc, des branches et des rameaux se parsème de pycnides oblongues brun-orangé avec des boursouflures jaunâtres, puis il se forme des chancres entourant la branche, cela peut prendre plusieurs années pour les plus grosses, qui se desséchera au-delà de la lésion. À l'extrémité des branches atteintes, apparaissent des rejets qui périclitent aussitôt. Ensuite, les chancres deviennent rugueux, l'écorce s'exfolie et tombe par plaques. Le centre du tronc se creuse, l'arbre dans son ensemble se dessèche.

Si l’on prélève un morceau d’écorce, on peut observer sur la face interne un mycelium couleur crème en forme d’éventail. Le chancre provoque un ralentissement du flux de sève élaborée. La partie située au-dessus va donc mourir par manque d’eau et d’éléments minéraux, alors que l’accumulation d’éléments nutritifs au-dessous du chancre provoque la pousse de rejets. Sur arbre adulte, en revanche, seules certaines branches vont se dessécher, accompagnées d’un affaiblissement général de l’arbre

Traitement[modifier | modifier le code]

Selon la gravité des dégâts constatés :

  • Curetage puis application d'un mastic cicatrisant si le chancre est localisé
  • Abattre les arbres (élagage) et détruire les souches par le feu ;
  • Supprimer les branches atteintes, extirper les lésions et traiter à l'aide de fongicides ;
  • Inoculer les jeunes chancres avec des souches hypovirulentes. Il s'agit d'une sorte de vaccination, les souches à virulence atténuée (par la présence d'un virus) réduisent le pouvoir pathogène des souches virulentes (lutte biologique).

Certaines variétés hybrides (Castanea sativa x Castanea crenata) telles que Bouche de Bétizac et dans une moindre mesure Marigoule, Marsol et Bournette sont réputées avoir une meilleure résistance au chancre de l'écorce [3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source:TACF
  2. Conformément à l’arrêté du 22 novembre 2002, retranscription en droit national de la directive communautaire 2000/29/CE relatif aux exigences sanitaires des végétaux, produits végétaux et autres objets - Annexe II, partie A-II-c-3
  3. Le châtaignier en agriculture biologique