Championnat du monde d'échecs féminin

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Hou Yifan, championne du monde en 2010, 2011 et 2013.

Le Championnat du monde d’échecs féminin est une compétition organisée par la FIDE depuis 1927. Depuis 2010, les championnats du monde ont lieu chaque année. La Chinoise Hou Yifan est l'actuelle championne du monde.

Aux échecs, quelques femmes ont choisi de participer exclusivement aux compétitions masculines et n’ont jamais concouru pour le titre mondial féminin. C'est notamment le cas de Judit Polgar qui a obtenu le meilleur score Elo féminin.

Vera Menchik (1927 à 1937)[modifier | modifier le code]

Vera Menchik en 1935.
Article détaillé : Vera Menchik.

Le premier championnat du monde féminin est organisé sous forme d’un tournoi en 1927 à l’occasion des Olympiades d'échecs de Londres. Vera Menchik en sort vainqueur. Le champion du monde masculin, de tradition plus ancienne, avait l’habitude de choisir ou d’agréer son challenger. Ce ne fut pas le cas de Menchik qui dut défendre son titre à sept reprises pendant toute cette période d’avant-guerre.

L’immédiat après guerre : Rudenko, Bykova et Rubtsova[modifier | modifier le code]

Menchik étant décédée en 1944, la FIDE organise un tournoi toutes rondes pour désigner la nouvelle championne du monde. Le tournoi de 1950 est gagné par la soviétique Ludmila Rudenko.

Par la suite, il est mis sur pied un système identique au championnat du monde masculin avec un cycle préliminaire de trois ans (interzonaux et/ou matches entre candidats) destiné à désigner la challenger pour le match titre en jeu. Elisabeth Bykova, première candidate au titre bat Rudenko à Moscou en 1953 (+7 -5 =2) et devient la troisième championne du monde.

En 1956, la FIDE organise à Moscou un match à trois entre la tenante Bykova, l’ancienne championne Rudenko et la première du tournoi des candidates, Olga Rubtsova. Cette dernière l’emporte avec 0,5 point d’avance sur Bykova, et 5,5 sur Rudenko. Bykova reprend son titre dans un match revanche en 1958, et le conserve en 1959 contre Kira Zvorykina, vainqueur du tournoi des candidates.

Domination géorgienne[modifier | modifier le code]

Nona Gaprindashvili (1962–1979)[modifier | modifier le code]

Le quatrième tournoi des candidates est gagné par Nona Gaprindashvili (+10 -0 =6). Elle devient la nouvelle championne du monde en 1962 à Moscou en écrasant Bykova (+7 -0 =4). Elle défend son titre victorieusement contre Alla Kushnir en 1965 à Riga, en 1969 à Tbilissi/Moscou et de nouveau à Riga en 1972.

Gaprindashvili gagne un nouveau championnat du monde en 1975 à Pitsunda/Tbilissi contre une nouvelle challenger Nana Alexandria.

Maïa Tchibourdanidzé (1979–1991)[modifier | modifier le code]

Le cycle 1976-78 désigne comme challenger une jeune fille de 17 ans, Maia Tchibourdanidzé. Cette dernière crée la surprise en remportant le match contre Gaprindashvili en 1979, devenant la sixième championne du monde. Elle défend son titre contre Alexandria en 1981 (Borjomi/Tbilissi) ; contre Irina Levitina en 1984 (Volgograd) ; contre Akhmilovskaya en 1986 (Sofia) ; et enfin contre Nana Ioseliani en 1988 (Telavi).

Gaprindashvili, Tchibourdanidzé, Alexandria et Ioseliani sont toutes d’origine géorgienne.

Années 1990 : la Chine et les Polgar[modifier | modifier le code]

Cette décennie consacre la supériorité des trois sœurs Polgar. Pendant que Judit, la plus forte des trois, se consacre aux compétitions masculines, la famille pousse Susan et Sofia vers le championnat du monde féminin.

Championnat 1991 : Xie Jun[modifier | modifier le code]

La jeune chinoise Xie Jun, vainqueur du tournoi des candidates affronte Maia Tchibourdanidzé du 25 septembre au 28 octobre 1991 à Manille. Le match se déroule au meilleur des 16 parties.

Elle bat la tenante du titre 8,5-6,5 (+4 -2 =9), et devient la septième championne du monde le jour de ses 21 ans. Elle est la première à détrôner les joueuses d'origine soviétique.

Championnat 1993 : Xie Jun[modifier | modifier le code]

Susan Polgar gagne le tournoi des candidates qui a lieu à Shanghai en 1992. Le match final en huit parties entre les deux premières du tournoi, Polgar et Nana Ioseliani se termine à égalité, même après les deux tie-breaks rapides. C’est le tirage au sort qui décide de la challenger : la chance favorise Ioseliani.

Xie Jun ne lui laisse aucune chance dans le match pour le titre qui se déroule à Monaco du 25 octobre au 16 novembre 1993 au meilleur des 16 parties. Le score est sans appel 8,5-2,5 (+7 -1 =3). À noter que Xie Jun gagne avec les noirs 5 parties sur les 7.

Championnat 1996 : Susan Polgar[modifier | modifier le code]

Le cycle suivant est dominé par Susan Polgar. Elle termine à égalité au tournoi des candidates avec Tchibourdanidzé qu’elle bat facilement en match de départage.

Le championnat a lieu à Jaén en Espagne du 30 janvier au 20 février 1996 au meilleur des 16 parties.

Sur sa lancée, Susan Polgar défait la tenante Xie Jun 8,5-4,5 (+6 -2 =5).

Championnat 1998 : Xie Jun[modifier | modifier le code]

En décembre 1997, Alisa Galliamova et Xie Jun finissent respectivement 1 et 2 du tournoi des candidates à Groningue, mais Galliamova refuse de jouer le match final destiné à désigner la candidate officielle exclusivement en Chine. La chinoise est désignée par défaut. Entretemps, Susan Polgar a accouché de son premier enfant, et demande un report du match. La FIDE refuse et décide d’organiser le match Galliamova – Xie Jun pour le titre, celui-ci se déroulant en partie au Kazakhstan, en partie en Chine. Xie Jun récupère son titre (+5 -3 =7).

Années 2000 : tournois à élimination directe[modifier | modifier le code]

Championnat 2000 : Xie Jun[modifier | modifier le code]

En 2000, la FIDE décide, comme pour le championnat du monde masculin, d’organiser un tournoi à élimination directe qui a lieu à New Delhi. Il confirme la supériorité de Xie Jun qui bat en finale sa compatriote Kanying Qin 2,5-1,5.

En demi-finale, Xie Jun avait battu Kovalevskaia 2,5 à 1,5 et Qin s'était imposée face à Maric 1,5-0,5

Championnat 2001 : Zhu Chen[modifier | modifier le code]

Le championnat suivant est organisé dans les mêmes conditions (élimination directe) en novembre 2001 à Moscou. Il y a 64 participantes. La finale est remportée par la Chinoise Zhu Chen qui bat la Russe Alexandra Kosteniuk 2-2 dans les parties lentes, et 3-1 dans les parties rapides.

Pour parvenir en finale, Zhu Chen avait éliminé la Géorgienne Khourtsidzé, puis l'ancienne championne du monde Maïa Tchibourdanidzé.

Championnat 2004 : Anoaneta Stefanova[modifier | modifier le code]

En 2004, le championnat eu lieu à Elista en Kalmoukie selon la formule à élimination directe (2 parties lentes à chaque tour, suivi éventuellement de rapides et blitz pour départage). 64 compétitrices briguent le titre mondial. Zhu Chen, enceinte ne peut y participer, Xie Jun ex-tenante est également absente.

En demi-finales

La finale se déroule au meilleur de quatre parties lentes et Stefanova bat Kovalevkaya 2,5-0,5.

Championnat 2006 : Xu Yuhua[modifier | modifier le code]

En 2006, le championnat eu lieu à Ekaterinbourg en Russie selon la formule à élimination directe (2 parties lentes à chaque tour, suivi éventuellement de rapides et blitz pour départage). 64 compétitrices briguent le titre mondial. L'ancienne championne Zhu Chen, en conflit avec sa Fédération avait déclaré forfait. L'indienne Humpy Koneru et la Suédoise Pia Cramling, têtes de série, furent éliminées au 2e tour, ainsi que la tenante Antoaneta Stefanova.

En demi-finales

La finale se déroule au meilleur de quatre parties lentes et Xu Yuhua l'emporte sur Galliamova 2,5-0,5.

Championnat 2008 : Alexandra Kosteniouk[modifier | modifier le code]

L'édition 2008 du championnat du monde féminin a eu lieu du 28 août au 17 septembre à Naltchik en Russie. En raison de la guerre d'Ossétie du sud, les joueuses géorgiennes ne participent pas à l'événement.

Le championnat est organisé sous forme d'un tournoi à élimination directe avec 64 joueuses. Chaque ronde consiste en un match de deux parties, la finale se joue en quatre parties. En cas d'ex aequo, des parties additionnelles à cadence plus rapides servent de départage.

En finale, Alexandra Kosteniouk bat Hou Yifan 2,5 – 1,5[1].

Depuis 2010 : championnats annuels[modifier | modifier le code]

Championnat 2010 : Hou Yifan[modifier | modifier le code]

L'édition 2010 du championnat du monde féminin a lieu du 2 au 25 décembre à Antioche, en Turquie. Le championnat reprend la formule de l'édition précédente.

Il est remporté par la Chinoise Hou Yifan qui bat sa compatriote Ruan Lufei en finale, à l'issue des parties de départage (2 – 2, puis 3 – 1)[2].

Championnat 2011 : Hou Yifan[modifier | modifier le code]

Hou Yifan – Humpy Koneru, Tirana, 2011

La finale voit se rencontrer la Chinoise championne du monde en titre, Hou Yifan 3e mondiale et l'Indienne Humpy Koneru 2e mondiale et deuxième du grand Prix FIDE féminin 2009-2010. Le match est prévu en 10 parties (plus si égalité) et a lieu du 14 au 23 novembre à Tirana, capitale de l'Albanie.

Hou Yifan conserve le titre mondial féminin en s'imposant 5,5 – 2,5 (+3 =5)[3], soit à l'issue de la huitième partie et deux parties avant l'échéance prévue pour la fin des parties longues.

Championnat 2012 : Anna Ushenina[modifier | modifier le code]

Le championnat du monde 2012 a lieu à Khanty-Mansiïsk du 10 novembre au 1er décembre 2012.

La championne du monde Hou Yifan, la deuxième joueuse du tournoi Humpy Koneru ainsi que la troisième Anna Mouzytchouk sont éliminées dès le deuxième tour.

La finale oppose l'Ukrainienne Anna Ushenina (classée no 30) et la Bulgare Antoaneta Stefanova (classée no 16). Les finalistes font match nul 2 à 2 (+1 –1 =2) lors des parties à cadence lente. Lors du départage en parties rapides, Anna Ushenina l'emporte 1,5 à 0,5 et devient championne du monde.

Championnat 2013 : Hou Yifan[modifier | modifier le code]

Le championnat du monde 2013 oppose la championne du monde Anna Ushenina et la Chinoise Hou Yifan qui a remporté le grand Prix FIDE féminin 2011-2012. Les joueuses s'affrontent dans un match en dix parties disputé du 11 au 27 septembre à Taizhou.

Hou Yifan reprend son titre en s'imposant dès la septième partie 5,5 – 1,5 (+4 =3), soit trois parties avant l'échéance[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]