Champagne Ayala

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La maison Ayala, reconstruction suite aux révoltes des vignerons de 1911.

Introduction[modifier | modifier le code]

Ayala est une maison de Champagne fondée en 1860 par Edmond de Ayala ; elle appartient à la société Jacques Bollinger depuis 2005. Aujourd’hui, la maison Ayala est connue pour son Champagne Nature (sans sucre ajouté au dégorgement). Ce fût en effet la toute première Maison à décliner sa gamme en version classique (faiblement dosée en sucre) et nature (non dosée).

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1855, Edmond de Ayala, fils d’un diplomate Colombien se rend chez le Vicomte de Mareuil dans le but d’apprendre à vinifier le vin. Il y rencontre Gabrielle d’Albrecht, la nièce du Vicomte. Ils se marient en 1858 et Gabrielle apporte en dot le château d’Aÿ et de magnifiques vignes ; C’est ainsi que la Maison est fondée en 1860. La marque Ayala est déposée au greffe du Tribunal de Commerce de Reims le 5 novembre 1875.

Peu après, le frère d’Edmond, Fernand, s’installe à Londres et devient un ami intime du Prince de Galles. Celui-ci apprécie le Champagne mais le considère trop sucré (66 g de sucre par litre à cette époque) et demande donc à Fernand de lui livrer un Champagne plus vif et pur. C’est ainsi qu’en exportant un Champagne dosé à 22 g/l, Ayala devient le fournisseur officiel de la couronne d’Angleterre et s’impose comme le pionnier des Champagnes faiblement dosés.

La maison Ayala brûlée.

En 1911, après le désastre du phylloxéra et la vendange catastrophique de 1910, les vignerons se trouvent dans une misère criante. De plus, certaines maisons de Champagne font venir du raisin de l'Aube, le gouvernement est incapable d’obtenir le consensus sur la délimitation de la Champagne Viticole. Cette situation enflamme les esprits et conduit à la révolte. Faute de pouvoir s’attaquer à Épernay, solidement tenue par une garnison considérable, les émeutiers au nombre de 5 à 6 000 venus de 51 communes viticoles se dirigent vers des villages comme Aÿ. Ils pillent et incendient les Maisons Bissinger et Ayala qui n’ont rien à se reprocher, si ce n’est d’être mal situées en ce jour de folie [1] .La Maison est totalement détruite, elle sera reconstruite deux ans plus tard, à la veille de la Première Guerre Mondiale. Fragilisée, cette maison ne survivra pas à la nouvelle crise de 1929 (le fameux jeudi noir du 24 octobre qui fit chuter Wall Street) et sera vendue à la Banque britannique Guinness en 1936.

Le 8 novembre 1937, René Chayoux (1892-1969) reprend la Maison Ayala. Fils d’un négociant en vins d’Epernay, il reprend l’affaire de son Père et la diversifie. Il s’intéresse au vignoble de St Estèphe, et rachète Phélan Ségur dont il restera propriétaire de 1925 à 1935. En 1936, il acquiert une ancienne Maison d’Aÿ, Duminy. La même année, Stanislas de Montebello lui cède la Maison fondée en 1834 par son aïeul et le fameux château de Mareuil sur Aÿ. Champenois convaincu, René Chayoux se dévoue sans compter pour la profession aux heures les plus noires de la guerre. Élu à la tête du Négoce, comme Président de l’union des Maisons de Champagne de 1942 à 1956, il copréside également de 1943 à 1956 le Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne (CIVC (en)) fondé en 1941. Très vite il remarque au CIVC la personnalité éminente de Jean-Michel Ducellier, Docteur en droit et diplômé de l’Ecole des Sciences Politiques de Paris. Sans héritier pour lui succéder, René Chayoux fait appel à lui pour le seconder. En 1961, René Chayoux se rend acquéreur du Château La Lagune, 3e Grand Cru Classé de 75 ha dans le Haut Médoc.

En 1969, au décès de René Chayoux, Jean-Michel Ducellier assiste sa veuve pendant 10 ans, puis il reprend seul le flambeau. Il dirige la Maison jusqu’en 1995.Pendant 20 ans, de 1974 à 1994, il sera en tant que Président de l’Union des Maisons de Champagne (UMC), le défenseur inlassable de ses pairs et sera également le coprésident du CIVC. Juriste éminent, il fut un ardent défenseur de l’appellation « Champagne » auprès de la Commission de Bruxelles.

Dans les années 1980, la Maison Ayala expédie un million de bouteilles, dont la moitié à l’exportation et notamment en Grande Bretagne, Allemagne, Italie, Belgique, Suisse, Espagne, États-Unis et Mexique.

En 2000, le groupe financier champenois animé par Jean-Jacques Frey reprend la Maison des mains d’Alain Ducellier, fils de Jean-Michel. La Maison a eu du mal à s’adapter après la crise champenoise des années 90 et vit des heures difficiles.

La Société familiale Jacques Bollinger, dirigée par Arnould d'Hautefeuille, reprend la Maison Ayala le 31 janvier 2005.

Vinification&Gamme[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, la Maison Ayala est connue pour son approche du dosage. Le dosage est une opération par laquelle on ajoute au champagne une liqueur constituée de vin et de sucre. Ce dosage est à l'origine des différentes catégories de champagnes:

Catégorie Dosage (depuis 2009)
Brut Nature 0-3 grammes de sucre/L
Extra-Brut 0-6g/L
Brut 0-12g/L (au lieu de 15)
Extra-Dry 12-17g/L (au lieu de 20)
Sec 17-32g/L (au lieu de 35)
Demi-Sec 33-50g/L
Doux Plus de 50g/L

La démarche d'Ayala consiste à proposer le même vin, avec ou sans cette liqueur sucrée, approche unique en Champagne. Alors que le dosage est habituellement employé pour rendre les vins charmeurs et ronds, cette vision est défendue par la Maison comme un gage de qualité ("sans fard, le vin se doit d'être parfait" selon son Directeur).

Ayala aujourd'hui[modifier | modifier le code]

La Maison Ayala a été rachetée en 2005 par la société Jacques Bollinger.

Elle est située sur la commune d’Aÿ, dans la Marne.

Elle est aujourd’hui dirigée par Hadrien Mouflard, ancien secrétaire général de Champagne Bollinger. La chef de cave, Caroline Latrive, travaille à l’élaboration des grands vins d’Ayala depuis 2006. Aujourd’hui, Ayala commercialise environ 700 000 bouteilles dont 40 % en France et 60 % à l’étranger (Angleterre, États-Unis, Italie, Japon, Allemagne,…).

Ayala demeure donc une marque peu connue du grand public mais commence à trouver un véritable écho parmi les connaisseurs, notamment grâce au soutien de la presse spécialisée.

Sources, bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Livre d'or du Champagne, Colonel Bonal

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]