Champ morphogénétique

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec les ondes de forme.

Le champ morphogénétique (ou « champ morphique », « résonance morphique » ou « champ de forme ») est une expression qui définit un champ hypothétique qui contiendrait de l'énergie et/ou de l'information sans être constitué de matière (atome, électrons, etc.). Ces champs seraient déterminants dans le comportement des êtres vivants notamment en ce qu'ils hériteraient d’habitudes de l’espèce par « résonance morphique »[n 1] et que leurs actions influenceraient les dits « champs de forme ».

Il s'agit d'un concept qui n'est pas scientifiquement validé.

Les promoteurs de cette théorie, dont actuellement Rupert Sheldrake, rapprochent cette notion de celle du champ de force, mais contrairement aux champs mesurables par des appareils de mesure, les champs de forme n'ont aucun support vérifiable ni réfutable, et échappent donc à toute expérimentation actuellement.

L'idée a été adoptée par diverses pensées pseudo-scientifiques. Les ondes et champs de forme ont été popularisés par la spiritualité New Age.

Développement historique[modifier | modifier le code]

Le concept de champ morphogénétique était lié au début du vingtième siècle à l'embryologie, il a d'abord été introduit en 1910 par Alexander Gurvich[1] Un soutien expérimental a été fourni par les expérimentations de Ross Granville Harrison qui transplantait des fragments d'embryon de tritons à différents endroits[2].

Harrison put identifier des « champs » de cellules qui produisaient les organes comme les membres, les queues ou les branchies et démontrer que ces « champs » pouvaient être fragmentés ou se voir ajouter des cellules indifférenciées pour donner dans tous les cas une structure normale. Il fut ainsi considéré que c'étaient des « champs » de cellules, plutôt que des cellules individuelles, qui possédaient une structure qui déterminait le développement d'organes particuliers. Le concept de champ fut encore développé par l'ami de Harrison Hans Spemann, et puis par Paul Weiss et d'autres[3].

Dans les années 1930, les travaux des généticiens, notamment Thomas Hunt Morgan, ont démontré l'importance des chromosomes et des gènes dans le développement.

Le concept a été recyclé par le docteur Rupert Sheldrake, en déplaçant le concept de champ morphogénétiques à un domaine invisible et transcendant (donc non réfutable), concept qui résonne avec des notions comme l'inconscient collectif Carl Gustav Jung ou la notion d'égrégore de l'ésotérisme occidental[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « La résonance morphique est l’idée que des choses identiques influencent en conséquence d’autres choses identiques à travers l’espace et le temps. Tous les systèmes qui s’organisent eux-mêmes possèdent une sorte de mémoire inhérente. Par systèmes auto-organisés, je fais référence aux atomes, aux molécules, aux cristaux, aux cellules, aux tissus, aux organes, aux organismes, aux animaux, aux sociétés, aux écosystèmes. » (Rupert Sheldrake interviewé dans Rupert Sheldrake, un hérétique des temps modernes ?, article Revue Acropolis)

Références[modifier | modifier le code]

  1. LV Beloussov, « Life of Alexander G. Gurwitsch and his relevant contribution to the theory of morphogenetic fields », International Journal of Developmental Biology, vol. 41, no 6,‎ 1997, p. 771–779 (lire en ligne), avec des commentaires de SF Gilbert et JM Optiz.
  2. EM de Robertis, EA Morita et KWY Cho, « Gradient fields and homeobox genes », Development, vol. 112, no 3,‎ 1991, p. 669–678 (PMID 1682124, lire en ligne)
  3. Gilbert SF, Opitz JM, Raff RA, « Resynthesizing evolutionary and developmental biology », Dev. Biol., vol. 173, no 2,‎ 1996, p. 357–72 (PMID 8605997, DOI 10.1006/dbio.1996.0032)
  4. interview de Rupert Sheldrake.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]