Chalmazel

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Page d’aide sur l’homonymie Cet article traite de la commune de Chalmazel. Pour la station de ski, consulter Chalmazel (station).
Chalmazel
Le village de Chalmazel.
Le village de Chalmazel.
Blason de Chalmazel
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Loire
Arrondissement Arrondissement de Montbrison
Canton Canton de Saint-Georges-en-Couzan
Intercommunalité Communauté d'agglomération Loire Forez
Maire
Mandat
Valéry Gouttefarde
2014-2020
Code postal 42920
Code commune 42039
Démographie
Population
municipale
407 hab. (2011)
Densité 10 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 42′ 19″ N 3° 51′ 05″ E / 45.7052777778, 3.85138888889 ()45° 42′ 19″ Nord 3° 51′ 05″ Est / 45.7052777778, 3.85138888889 ()  
Altitude Min. 740 m – Max. 1 600 m
Superficie 39,38 km2
Localisation

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Liens
Site web http://www.loireforez.fr/

Chalmazel est une commune française située dans le département de la Loire en région Rhône-Alpes, connue pour sa station de sports d'hiver et son château.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune de Chalmazel est située au cœur des monts du Forez, une chaîne de montagne du Massif central séparant la vallée de la Dore de la plaine du Forez. Le village est implanté à 800 mètres d'altitude sur le flanc d'un vallon baigné par le Lignon, affluent de la rivière éponyme[1]. La limite du territoire communal est marquée, à l'est, par le col de la Croix de Ladret (1 046 mètres) et le pic de Morière (1 137 mètres) et, à l'ouest, par le col du Béal (1 390 mètres) et le point culminant du massif, Pierre-sur-Haute (1 634 mètres). Pour autant, ce dernier est situé sur la commune de Sauvain pour quelque 250 mètres, au contraire de la station de sports d'hiver qui est implantée sur son flanc, qui reste, par sa part, située sur Chalmazel. La ligne de crête qui passe par le col du Béal et Pierre-sur-Haute marque également la séparation entre le département de la Loire (région Rhône-Alpes) et du Puy-de-Dôme (région Auvergne)[1]. Elle abrite de vastes plateaux d'altitude vallonnés composés de landes parsemées de tourbières, appelés les hautes Chaumes, classés Natura 2000 pour leur intérêt floristique[2].

Communes limitrophes de Chalmazel
Le Brugeron
(Puy-de-Dôme)
Jeansagnière
(Loire)
Saint-Just-en-Bas
(Loire)
Saint-Pierre-la-Bourlhonne
(Puy-de-Dôme)
Chalmazel Saint-Georges-en-Couzan
(Loire)
Job
(Puy-de-Dôme)
Sauvain
(Loire)

Origine du nom de la commune[modifier | modifier le code]

Le nom de Chalmazel est attesté depuis des dates fort anciennes. D'après Albert Dauzat, l'origine du toponyme pourrait venir de *calmis: haut plateau dénudé, mot prélatin; et mazel : mazet, mas, manse, maison, du latin man(s)um, participe passé substantivé du verbe manere: demeurer[3].
Diverses graphies sont attestées au cours des siècles: Chalmazel en 1214, Chalmasel en 1225, Charmazel en 1313[4],; Chalmazel au XVIIIe siècle (carte de Cassini).
Après la Révolution, la paroisse devient une commune : An II (1793) : Chalmazelles. Bulletin des lois de 1801 : Chalmazelle. Et enfin en 1939 : Chalmazel, orthographe officielle définitive.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château et l'église se font face au coeur du bourg.

C’est en 1231 que le comte de Forez, Guy IV, permet à son fidèle vassal, Arnaud de Marcilly, d’élever une maison forte à Chalmazelles. Les objectifs sont alors clairs : d’une part, contrôler la haute vallée du Lignon, modeste voie de passage entre les provinces du Forez et d’Auvergne par l’actuel col du Béal, et d’autre part, surveiller la seigneurie de Couzan, possession de la famille de Damas liée à l’empereur germanique (Renaud de Damas n’était pas un vassal sûr pour le comte de Forez).

Dès 1250, Chalmazelle était devenu avec Couzan, Rochefort et Urfé, l’une des quatre grandes seigneuries à donjon des « montagnes du soir ».

Les Talaru succédèrent aux Marcilly dans la seigneurerie de Chalmazel : Béatrix de Marcilly qui avait épousé Mathieu de Talaru fut héritière d'Antoine de Marcilly, son frère en 1388 ; la terre de Chalmazel demeura ainsi aux Talaru (ancienne noblesse du Forez).

L'église de Chalmazel semble avoir été fondée vers 1270 sous Jean de Marcilly, deuxième seigneur de Chalmazel, dédiée à Saint Jean Baptiste le saint patron de son fondateur.
La paroisse de Chalmazel était à cette époque une annexe de celle de Saint-Just-en-Bas; le plus ancien curé connu de Chalmazel est Giraud de Boissel, originaire de Saint-Just-en-Bas, et qui vivait en 1370[5].
Selon le Cahier des Visites (tournée d'inspection de l'évêque) de 1614, la paroisse était sous le vocable de Saint-Jehan-des-Neiges; puis en 1662 sous celui de l'Exaltation de la Sainte Croix, et enfin sous celui de Saint Jean Baptiste[6].
L'antique église de Saint-Jehan-des-Neiges a été démolie en 1881 et remplacée par l'église actuelle.

À la mort du dernier marquis, Louis Justin de Talaru, en 1850, le château est légué à la congrégation des Sœurs de Saint-Joseph, qui l'utilise comme hospice et dispensaire jusqu'en 1972.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Juin 1800 Janvier 1808 Jean Fenon    
Janvier 1808 Mai 1815 Barthélemy Jacquet    
Mai 1815 Juin 1821 Théodore Jean-Pierre Marie Recorbet    
Juin 1821 Septembre 1848 Barthélemy Jacquet fils    
Septembre 1848 Septembre 1870 Jean Viot    
Septembre 1870 Octobre 1876 Jean-Marie Fayard    
Octobre 1876 Mai 1888 Jean-Antoine Jacquet    
Mai 1888 Mai 1892 Jean-Baptiste Chazelle    
Mai 1892 1908 Jean-Joseph Murat    
1908 1922 Antoine Valezy    
1922 1962 Joseph Valezy    
1962 1971 René Roche    
1971 1977 Jean Gouttefarde    
1977 1983 Michel Pizzo    
1983 1995 Louis Brandon    
1995 2002 Pierre Chazal    
2002 2008 Michel Parois    
2008   André Gallo DVG  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 407 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 097 1 066 1 151 907 1 135 1 150 1 176 1 772 1 238
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 209 1 231 1 221 1 238 1 232 1 240 1 243 1 257 1 303
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 297 1 234 1 233 1 158 1 109 1 040 992 981 881
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
859 813 743 670 597 485 475 469 421
2011 - - - - - - - -
407 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le château[modifier | modifier le code]

Article détaillé : château de Chalmazel.

Le château de Chalmazel s'élève au milieu du village. Sa construction s'est entamée en 1231 sous l'impulsion des Marcilly et est poursuivie par les Talaru à compter de 1372[9]. Ce château féodal fait partie du domaine du Forez et servait à contrôler la route d'Auvergne par le col du Béal[9]. D'aspect médiéval, il a conservé des éléments de la maison forte de l'an 1231, mais avec toutes les modifications et ajoûts successifs apportés par les Talaru au cours des siècles : meurtrières, base des murailles, donjon, chemin de ronde à mâchicoulis. Il possède aussi des éléments Renaissance : façade, cour intérieure, galeries, chapelle[9]. Aujourd'hui restauré, il est ouvert pour les visites et dispose de chambres d'hôtes et de salles de réception.

La station de ski[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chalmazel (Station).

La station de ski est située à 1 109 mètres d'altitude, au lieu-dit les Bois, à 4 kilomètres à vol d'oiseau du village situé 250 mètres en contrebas. La station est reliée au bourg par les 6 kilomètres de la route départementale no 63[1] et desservie par la ligne 112 des Transports Interurbains de la Loire (TIL).

La première remontée de Chalmazel est construite en 1953, puis, dès les années 1960, la station se développe sous l'impulsion d'Antoine Pinay[10]. Le domaine skiable s'étend de 1 109 à 1 600 mètres, directement sur les pentes de Pierre-sur-Haute (1 634 mètres), point culminant des Monts du Forez. Il alterne entre forêts et landes d'altitudes sauvages (les hautes Chaumes) et possède 12 kilomètres de pistes de ski alpin desservies par télésiège débrayable à bulles et téléskis et équipées de 90 enneigeurs[11]. Le domaine dispose par ailleurs, lorsque les conditions le permettent, d'un petit snowpark et les environs permettent la pratique du ski de fond (domaine nordique du haut Forez au col de la Loge) et du snowkite (col du Béal). La station propose aussi des activités estivales (parc accrobranche, VTT, balades pédestres via le télésiège).

Chalmazel accueille principalement une clientèle journalière issue de la plaine du Forez et des bassins d'agglomération roannais et stéphanois situés à moins de 80 kilomètres, mais également, dans une moindre mesure, clermontois et lyonnais[12].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Mollin (graphie Molin, Mollen ou Moulin selon les actes) est né le 4 septembre 1765, au village du Cros, paroisse de Chalmazel, baptisé par M. Coing, curé. Il est le fils de Jean Mollin et Jeanne-Marie Doitrand, mariés en 1748. Il est le 6e enfant d'une famille de huit. Son frère aîné, Claude, fut curé de Sauvain. En 1788, Jean-Marie entre au Grand séminaire de Lyon, ordonné prêtre le 18 décembre 1790. Vicaire à Feurs, il refuse de prêter serment à la Constitution Civile du Clergé, et doit fuir pour se cacher, à Montbrison et dans d'autres paroisses; il mène une vie errante, cherchant refuge chez des prêtres amis, célébrant la messe dans les granges. Il contracte une grave fièvre durant l'hiver 1792/93 qui ne le quittera plus.
L'annonce de l'arrivée de Claude Javogues à Montbrison début septembre 1793 l'oblige, avec deux autres compagnons, le diacre Daval et l'abbé Carton, à chercher un refuge plus sûr; ils prennent la direction de Pierre-sur-Haute, à pied. À Chalmazel, un nommé Jarrier avait mis sur pied une bande de « patriotes » pour traquer « les prêtres et les muscadins » cachés dans les montagnes. Les trois fugitifs se cachent dans l'étable de Coleigne les 11 et 12 septembre 1793, puis ils gagnent la loge des Couardes, appartenant à M. Recorbet, le 13 septembre. Malades, fatigués, c'est là qu'ils sont capturés par surprise, et bien qu'ils soient harassés et privés de sommeil, Jarrier et ses acolytes les emmènent le jour-même à Sauvain. En vain Claude Verdier et Durand Jourde (de Saint-Just-en-Bas) avaient-ils courageusement essayé de prendre leur défense.
Puis ils sont amenés à Montbrison à la prison du Calvaire, le cachot achève d'altérer leur santé. Ils sont transférés ensuite à la prison Sainte Marie, ancien couvent des Visitandines. L'abbé Mollin exerce son ministère auprès des autres prisonniers, leur apportant le réconfort et les secours de la religion, sans mesurer sa peine. Enfin, c'est le transfert dans les prisons de Feurs. La guillotine est dressée le 22 novembre. La commission de justice populaire de Feurs était composée d'Auvergnats nommés par Couthon. L'accusateur public était J. B. Dubien, de Marat. L'interrogatoire de l'abbé Mollin et de ses compagnons commença le 27 novembre; le 3 décembre 1793 la condamnation à mort fut prononcée, et les abbés Carton, Mollin et Bruyère montèrent à l'échafaud pour avoir été réfractaires au serment, et en tant que "fanatiques" (prêtres catholiques). C'est grâce à deux codétenus ayant échappé à la guillotine, M. Aubry, instituteur de Leigneux, et le diacre Daval, que les détails de cette période nous sont connus[13].

Monsieur Jean Chaumat

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Institut géographique national, Carte de Chalmazel, IGN (lire en ligne)
  2. Carte de Chalmazel, couche Natura 2000, Institut géographique national (lire en ligne)
  3. Dictionnaire des noms de lieux en France, Dauzat & Rostaing, Larousse, 1963. Dictionnaire étymologique, Dauzat, Dubois, Mitterand, Larousse, 1964. Les noms de lieux, origine et évolution, Albert Dauzat, Delagrave, 1926.
  4. Dictionnaire topographique du département de la Loire, J.E. Dufour, réédité par les Publications de l'Université de Saint Etienne, 2006.
  5. La France par cantons et par communes, département de la Loire, tome 1, Théodore Ogier, 1856
  6. Les paroisses du diocèse de Lyon, archives et antiquités, par l'abbé A. Vachet, 1899.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  9. a, b et c « Historique », sur site officiel du Château de Chalmazel (consulté le 22 septembre 2010)
  10. « TKD1 des Granges - Chalmazel », sur Remontees-mecaniques.net (consulté le 28 août 2010)
  11. « Ski de piste », sur site du Conseil général de la Loire, section station de Chalmazel (consulté le 13 septembre 2010)
  12. Conseil général de la Loire, Agence de développement & de réservation touristique, Bilan de la fréquentation touristique annuelle, Conseil général de la Loire,‎ 2009 (lire en ligne), p. 18
  13. Sources : Les martyrs de chez nous, par les abbés Gouttefangeas, 1934, et archives départementales Loire.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]