Challenger 2

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Char Challenger 2
FV4034 Challenger 2 du Queen's Royal Lancers
FV4034 Challenger 2 du Queen's Royal Lancers
Caractéristiques de service
Service 1994 à présent
Utilisateurs Royaume-Uni
Oman
Conflits Guerre d'Irak
Production
Concepteur Vickers Defence Systems
Année de conception 1987-1990
Constructeur Vickers Defence Systems
Production ~446 (de 1993 à 2002)
Caractéristiques générales
Équipage 4 hommes : conducteur, canonnier, chargeur et chef de char
Longueur 8,3 m
Largeur 3,5 m (4,2 m avec blindage supplémentaire)
Hauteur 3,04 m
Masse au combat 62,5 tonnes
Armement
Armement principal 1 canon L30A1 de 120 mm de calibres 55 (52 obus).
Armement secondaire Une mitrailleuse de type chain gun L94A1 de 7.62mm coaxiale (4000 coups)
et une mitrailleuse de 7.62 mm L7 L37A2 en tourelle
Mobilité
Moteur Moteur diesel Perkins CV12 TCA V-12, No. 3 Mark 6A
Puissance 1200 ch (882,6 kW) à 2300 tr/min
Suspension hydropneumatique
Vitesse sur route 59 km/h sur route
40 km/h en tout terrain
Puissance massique 19,2 ch/tonne
Réservoir 1 592 ℓ
Autonomie 450 km
~550 km avec réservoirs largables

Le FV4034 Challenger 2 est un char de combat principal de troisième génération construit par Vickers Defence Systems (maintenant BAE Systems Land and Armaments) et qui est en service depuis 1998 dans les armées du Royaume-Uni et d'Oman.

Le Challenger 2 est une refonte quasi totale du Challenger 1, il n'inclut pas moins de 150 modifications comprenant une nouvelle tourelle, un blindage amélioré, un nouveau canon ou encore un système NBC faisant aussi office de climatisation. Seulement 5 % de ses pièces automobiles sont interchangeables avec son prédécesseur, le reste ayant été repensé.

Dans l'armée du Royaume-Uni, le Challenger 2 a complètement remplacé son prédécesseur, qui avait été introduit en 1983. En 1998, le prix unitaire du Challenger 2 était de 2,2 millions de livres sterling[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Équipement de la British Army.

Le Challenger 2 est le premier char britannique à avoir été conçu et produit exclusivement par un seul maître d'œuvre depuis la Seconde Guerre mondiale. Il a été conçu par Vickers Defence Systems et fabriqué aux usines de Barnbow Leeds et Newcastle Scottswood. Le développement du successeur du challenger 1 commence en novembre 1986 et le concept est présenté en mars 1987 au Ministère de la Défense. À partir de décembre 1988, un contrat de 90 millions de livres sterling a été attribué pour entreprendre une phase de démonstration du prototype devant les représentants du Ministère de la Défense qui allait se clôturer en septembre 1990.

La British Army a passé une première commande de 127 Challenger en 1991 et une deuxième de 259 unités en 1994 destiné aux unités du Royal Armoured Corps. En 1993, l'armée d'Oman commande 18 Challenger 2[2] et une deuxième commande de 20 unités est signée en novembre 1997. Le Challenger 2 est entré en service dans l'armée britannique en juin 1998 et le dernier des 407 chars commandés a été livré en avril 2002. Les livraisons de Challenger 2 pour l'Oman furent terminées en 2001.

Après avoir servi dans des missions de maintien de la paix au Kosovo, les blindés britanniques ont connu leur véritable baptême du feu durant la guerre d'Irak où environ 120 Challenger 2 ont été engagés dans l'opération libération de l'Irak ; Ils ont surclassé aisément les équipements de l'armée irakienne qui leur ont été opposés et seuls deux furent mis hors de combat, tous les deux par tir ami. Le Challenger 2 est considéré comme un des chars les mieux protégés au monde. En 2003, au sud de Bassorah en Irak, un Challenger 2 s'est embourbé dans un fossé lors d'une embuscade durant la bataille de Bassorah, il aurait encaissé plus de 14 RPG-7 en plus d'un missile antichar à double ogive Milan avant de retourner à sa base pour être réparé et à nouveau opérationnel 6h après l'embuscade[3].

Le 27 mars 2003, 14 Challenger 2 du Royal Scots Dragoon Guards ont détruit 14 chars T-55 et d'autres véhicules qui se portaient à la rencontre d'unités des Royal Marines [4].

En 2012, 227 des 407 chars reçus sont en service, le reste est stocké[5].

Armement[modifier | modifier le code]

Le Challenger 2 est équipé d’un canon L30A1 de 120 mm fabriqué par la Royal Ordnance (Renommé depuis 2004 BAE Systems Land Systems), son tube chromé et rayé fait 55 calibres de long et a une durée de vie de 400 coups. La pression régnant dans la chambre lors du tir d'un obus perforant peut atteindre 40 tonnes. Le L30A1 est chargé manuellement et utilise des munitions en 3 parties : le projectile, la charge propulsive et l'étoupille.

Un total de 52 obus sont entreposés dans la tourelle, les charges propulsives se trouvant dans le châssis, à l'intérieur de caissons. Chaque caisson est pressurisé à l'aide d'une solution à base d'eau conçue pour mouiller les charges propulsives après perforation afin d'empêcher leur explosion[6]. De plus, les caissons sont doublés d'une couche de caoutchouc servant de pare-éclat et protégés contre les chocs à l'aide d'un système de suspension à ressort.

Le canon L30A1 du Challenger II n'est pas compatible avec les munitions de 120 mm aux normes de l'OTAN, en effet son prédécesseur sur lequel il est basé, le L11, équipant le Chieftain et le premier Challenger est de conception beaucoup plus ancienne que le canon Rheinmetall de 120 mm, devenu le canon standard des chars de 3e génération des forces de l'OTAN.

Le L30A1 stabilisé électriquement est réputé pour être un canon précis et un des rares à encore pouvoir utiliser l'obus HESH. Durant la guerre du Golfe, un Challenger 1 équipé du canon L11A5 (de la même famille du L30A1) a détruit avec un obus à sabot détachable un T-62 à l'arrêt à une distance de 5 110 m.

Le L30A1 du Challenger 2 utilise l'obus flèche en uranium appauvri CHARM 3 capable de perforer 720 mm d'acier homogène à 2 km de distance, l'obus hautement explosif HESH à faible vitesse initiale dont la portée maximale est de 8 km est conçu pour un usage varié. Des boîtes à mitraille aussi appelé canister et des obus fumigènes au phosphore blanc sont utilisés pour les combats de faible intensité contre les fantassins.



L'armement secondaire se compose d'une mitrailleuse coaxiale Boeing EX-34 de type chaingun d'un calibre de 7,62 mm ainsi que d'une FN MAG placée au-dessus de l'écoutille du chef de char.

Protection[modifier | modifier le code]

Challenger II équipé de blindages additionnels réactifs fabriqués par Rafael Advanced Defense Systems en 2008 en Irak. Sa masse peut atteindre jusqu'à 74 tonnes avec ces équipements supplémentaires.

Le Challenger 2 reprend une version améliorée du blindage Chobham connue sous le nom de Dorchester, cette nouvelle version inclut de nouveaux matériaux composites. Le blindage composite Dorchester protège le glacis et l'avant de la tourelle du char. Le char est fait bien évidemment à base d'acier, le type d'acier utilisé est un acier au creuset originaire de Sheffield, cet acier présenterait un plus faible taux d'impureté que celui utilisé dans le blindage homogène laminé. Les flancs de la tourelle sont aussi protégés par du blindage Chobham mais uniquement quand c'est une nécessité[7], ainsi les Challenger 2 servant de véhicule d'apprentissage aux futurs tankistes au Royaume-Uni ont leurs cavités vides contrairement aux exemplaires ayant fait la guerre d'Irak.

Les Challenger 2 envoyés au Kosovo se voient ajouter obligatoirement un blindage réactif supplémentaire protégeant le bas de la caisse, le ROMOR-A fabriqué par Royal Ordnance. Quant aux jupes latérales en acier, elles seront remplacées par des jupes plus lourdes et plus longues faites en blindage Chobham renforcé par des plaques rivetées. Durant la guerre d'Irak, des gardes-boue seront installés entre le train de roulement et les jupes latérales pour limiter la poussière dégagée par le char lors de ses déplacements à grande vitesse.

Après l'opération Telic, les Challenger 2 voient leur niveau de protection encore augmenter grâce au kit de combat urbain Street Fighter, les briques de blindage réactif protégeant le glacis du char seront remplacés par des modules faits en composites inertes (blindage Chobham de deuxième génération, alias Dorchester) qui seront aussi ajoutés sur les flancs de la tourelle. L'arrière du châssis et de la tourelle reçoivent quant à eux une cage anti-RPG.

Dans le cadre du programme CLIP (Challenger Lethality Improvement Programme), un blindage réactif fabriqué par Rafael Advanced Defense Systems vient remplacer les modules de blindage composite Dorchester protégeant les jupes latérales ainsi qu'éventuellement ceux protégeant les flancs de la tourelle.

Enfin, de chaque côté du canon se trouvent cinq lance-pot fumigène L8 et il est aussi possible de vaporiser du diesel dans le pot d'échappement pour créer un écran de fumée comme sur les chars soviétiques.

Motorisation[modifier | modifier le code]

Ravitaillement en carburant d'un Challenger 2 britannique depuis un camion-citerne.

Le Challenger 2 est propulsé par un moteur diesel Perkins CV12 Condor d'une cylindrée de 26 litres pour 1 200 ch à 2 300 tr/min couplé à une boîte de vitesse épicyclique David Brown TN54 à huit rapports (6 rapports avant et 2 rapports arrière). Bien qu'il soit capable d'atteindre 70 km/h au-delà de 2300 tours par minute si le char n'a pas de blindage additionnel, la vitesse du Challenger 2 est limitée électroniquement à 59 km/h pour des raisons de sécurité et d'usure prématurée des chenilles.

Pour fournir de l'énergie au char même lorsque le moteur est à l'arrêt, le Challenger 2 est équipé d'une unité de puissance auxiliaire Plessey qui remplace l'ancienne Coventry Climax utilisée précédemment sur le Challenger 1. Le char emporte un total de 1 592 litres de carburant lui permettant de parcourir 450 km sur route ou 250 km en tout-terrain et peut recevoir deux réservoirs largable de 175 litres chacun, augmentant ainsi l'autonomie en tout-terrain de 70 km[8].

Tout comme le Challenger 1, le Challenger 2 possède aussi une suspension hydropneumatique gonflée à l'azote, plus légère et plus efficace que les suspensions à barre de torsion mais requérant une maintenance plus fréquente. Le réglage de la tension des chenilles est télépiloté à l'aide du système HTT (hydraulic Track Tensionner) depuis l'intérieur de l'engin, facilitant grandement la tâche du pilote.

Versions[modifier | modifier le code]

  • Challenger 2E : initialement appelé Desert Challenger 2 car incorporant des améliorations issues des leçons tirées de l'opération Desert Storm. La principale différence entre le modèle original et la version dédiée au marché d'exportation se situe au niveau de la motorisation, le moteur Diesel Perkins CV-12 de 1 200 ch laissant place au plus puissant moteur allemand MTU MT 883 développant 1 500 ch. À l'instar du précédent, il est monté transversalement dans le compartiment moteur, ce qui permet de libérer un espace de près d'un mètre de longueur permettant à la capacité en carburant de passer à 1 962 litres. Une fois accouplé à la boîte de mécanisme HSWL 295TM, il prend la désignation d' EuroPowerPack. Le viseur panoramique du chef de char MVS-580 est cette fois équipé d'une caméra thermique IRIS. Le Challenger 2E incorpore aussi un système de gestion et de partage d'information en temps réel dérivé du logiciel FBCB2 précédemment utilisé sur le modèle A2 du M1 Abrams, il est connecté à un système de navigation par satellite de conception britannique. Ces deux systèmes sont commandés depuis le poste du chef de char via un écran tactile multifonction. Éventuellement le Challenger 2E peut recevoir un armement télé-opéré comprenant une mitrailleuse lourde Browning M2 montée sur un pivot situé devant l'écoutille du chargeur, l'arme étant pointée à l'aide du viseur panoramique MVS-580 du chef de char par servocommande. Cette version n'est jamais rentré en service, BAE a annoncé en 2005 que le développement et la commercialisation des exportations du 2E ont cessé[9].
  • Challenger 2 Omanais : Les 38 Challenger 2 livré à l'armée Omanaise ont été modifiés pour évoluer avec des températures de fonctionnement allant jusqu'à 52° C (126° F). Afin de délivrer la puissance requise malgré la chaleur, le sable et la poussière, les systèmes de refroidissement et de ventilation ont été entièrement révisés ; les radiateurs et les ventilateurs sont agrandis tandis que l'arrière de la caisse a été trouée d'ouvertures en forme de persiennes suite à l'installation d'un ventilateur supplémentaire. Le Challenger 2 omanais a aussi la particularité d'utiliser les chenilles à lien unique utilisées précédemment sur le Challenger 1, ces chenilles étant plus adaptées au sable que celle à double liens utilisées sur tous les chars de troisième génération dans les rangs de l'OTAN. La radio est de conception américaine, le char intègre aussi un système de navigation GPS, une puissante climatisation est installée dans le châssis. La mitrailleuse L37A1 de 7,62 mm montée devant le carter d'épiscope du chef de char est remplacée par une mitrailleuse lourde M2 de 12,7 mm.
Un TITAN AVLB.

Pays utilisateurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.fas.org/man/dod-101/sys/land/row/challenger2.htm
  2. (fr) Oman va acheter 18 chars britanniques Challenger 2, Les Échos de l’Économie, n° 16318 du 29 janvier 1993, page 8
  3. http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/scotland/2908679.stm
  4. Richard Gaisford, « Tank battle outside Basra destroys 14 tanks », sur ABC Australia,‎ 28 mars 2003 (consulté le 24 septembre 2011)
  5. Nick Hopkins, tanks to be sent to Germany for storage so army can sell land in UK « http://www.guardian.co.uk/uk/2012/feb/16/british-tanks-sent-germany-storage », sur The Guardian,‎ 16 février 2012 (consulté le 26 juillet 2013)
  6. "Tank, Combat, 120-mm Gun, Challenger", 1983, Army equipement support publications
  7. http://www.tanknutdave.com/component/content/article/47
  8. Simon Dunstan & Tony Bryan, "Challenger 2 Main Battle Tank 1987-2006", Osprey Publishing, 2006; (ISBN 978-1841768151)
  9. (en) « Challenger 2E », sur Army Guide (consulté le 11 octobre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]