Chaâbi algérien

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Chaâbi algérien

Origines stylistiques Musique arabo-andalouse (Ça'naa), Melhoun.
Origines culturelles Début du XXe siècle en Algérie
Instruments typiques Mandole, Banjo, Derbouka, Tar (tambourin), Alto, Qanûn, Ney (flûte en roseau), Piano.
Popularité Musique populaire citadine Algérie
Scènes régionales Alger, Kabylie, Blida, Koléa, Mostaganem, Cherchell, Dellys.
Voir aussi Musique algérienne

Genres dérivés

aucun.

Genres associés

Hawzi, Aroubi, musique arabo-andalouse, musique kabyle.

Le chaâbi (شعبي en arabe) est un genre musical algérien, né à Alger au début du XXe siècle. Šaʿabī signifie « populaire » en arabe (شعب, šaʿab, « peuple »), c'est l'un des genres musicaux les plus populaires d'Algérie. Il dérive de la musique arabo-andalouse.

Origine et signification[modifier | modifier le code]

En parallèle du medh (chant religieux) qui est l'ancêtre du chaâbi, Alger possédait déjà un autre genre musical populaire qu'on appelle aroubi et qui puise ses modes dans la musique arabo-andalouse. Au temps de Cheïkh Nador (décédé en 1926) il y avait une pléiade d'artistes meddah (interprète du medh) tels que Mustapha Driouèche, Kouider Bensmain, El Ounas Khmissa, Mohamed Essafsafi, Saïd Derrar, Ahmed Mekaïssi, Saïd Laouar, Mahmoud Zaouche. Au début du vingtième siècle, existait déjà une tradition dans les fumeries de la Casbah d'Alger qui consistait à interpréter des istikhbar (improvisation musicale, prélude vocal improvisé sur un rythme libre) dans les modes musicaux sika et sahli tout en s'accompagnant d'un guember. À l'origine, les chants sacrés du medh étaient accompagnés par le son des instruments à percussion et des instruments à vent.

Vers 1920, certains meddah ont commencé à introduire des instruments à cordes dans leurs orchestres à l'image des orchestres du aroubi algérois. Cette époque a vu la prédominance des textes puisés dans les répertoire des poètes du Melhoun[1]. Les musiciens ont commencé alors à adapter les textes interprétés aux modes andalous de l'école algéroise tout en travaillant la forme et l'orchestration. Ce n'était pas la forme musicale la plus appréciée, ni la plus écoutée car parfois les textes du Melhoun sont écrits en arabe dialectal marocain mais qu'en plus leur contenu est frappé d'anachronisme et ne reflète aucunement les événements socio-historiques qu'a connus l'Algérie. Le medh était confiné dans la casbah d'Alger surtout dans les fumeries, peu à peu les artistes ont commencé à se produire dans les cafés arabes d'Alger durant le mois du Ramadhan. Le meddah MALEK Saïd nous a laissé quatre enregistrements de textes profanes qui datent de 1924 et qui sont gardés jalousement par la phonothèque de la radio Algérienne. Après le décès de Cheïkh nador, c'est son élève M'hammed El Anka qui a pris le relais dans l'animation des fêtes alors qu'il n'avait que 19 ans. Sa jeunesse l'a aidé à avoir une nouvelle vision du Medh. Grâce à son talent il a pu donner une nouvelle impulsion au medh et a introduit dans les orchestres la mandole typiquement algérienne. Grâce aux moyens techniques modernes du phonographe et de la diffusion radiophonique, El Anka était désormais devenu le promoteur du medh, il est considéré comme le plus grand interprète du genre[2]. Les autres grands interprètes sont  : Hadj M'Rizek, El Hachemi Guerouabi, Dahmane El Harrachi, Maâzouz Bouadjadj et d'autres plus récents[2].

En 1946, El Boudali Safir, le directeur littéraire et artistique de Radio Algérie pour les émissions en langues arabe et kabyle, désigna des musiques provinciales dont faisait partie le medh sous le nom générique de populaire dans la langue française mais ce n'est qu'après l'indépendance de l'Algérie et lors du premier colloque national sur la musique algérienne qui s'est tenu à Alger en 1964 que la dénomination officielle et définitive de chaâbi a été adoptée. Le mot chaâbi, a fait son entrée dans les dictionnaires de la langue française grâce à la reprise de la chanson ya rayah de Dahmane El Harrachi par Rachid Taha. Cette reprise a eu un succès mondial. Elle a même été chantée dans plusieurs langues.

Le chaâbi est ainsi né au début du XXe siècle dans la région d'Alger[3] notamment par la diaspora kabyle[4]. Il est issu d’un mélange entre trois sources principales : la mélodie arabo-andalouse, le melhoun et la poésie amoureuse ainsi que la langue berbère dans un certain temps[2]. Selon les journalistes Jean-Paul Labourdette et Dominique Auzias, le genre appartient dans sa forme à la musique arabo-andalouse mais enrichi aujourd'hui par divers influences arabe, européenne et africaine dans ses mélodies et gnawa et berbère dans ses rythmes[3]. Alger demeure son centre le plus actif, suivi par, dans une moindre mesure, la ville de Mostaganem[2]. Cependant, il est apprécié dans toute l'Algérie, pour l'aspect moral et social de ses textes[3].

Modes musicaux[modifier | modifier le code]

Le chaâbi utilise pour ses compositions les modes musicaux suivants : Moual, Zidane, âraq, Ghrib, Jarka, Reml maya, Sika, Mezmoum, Sahli. Le mode Sahli n'existe pas dans la musique arabo-andalouse. On le retrouve seulement dans la musique populaire citadine. A Constantine, ce mode musical s'appelle R'haoui et en orient-arabe Nahawand.

Instruments[modifier | modifier le code]

Le chaâbi utilise les instruments de musique suivants : deux instruments à percussion à savoir la derbouka et le tar mais aussi le mandole chaâbi (instrument typiquement algérien, sorte de grosse mandoline aux sonorités de guitare, munie d'un long manche avec quatre cordes doubles en métal), le violon (alto) et le banjo (généralement dans l'orchestre chaâbi, nous avons un banjo guitare et un banjo ténor), Ney (flûte en roseau) sans oublier le qanoun. Les violonistes de l'arabo-andalou et du chaâbi utilisent toujours leur violon (alto) à la verticale. Quant au mandole, il a remplacé la kouitra (instrument de la musique arabo-andalouse algérienne). Il n’est pas rare d’entendre aussi le piano. En revanche, aucun instrument électrique n’est admis, hormis parfois le clavier pour son côté pratique.

Interprètes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF] Le chaâbi dans les textes
  2. a, b, c et d Collectif coordonné par Hassan Ramaoun, L'Algérie : histoire, société et culture, Casbah Editions,‎ 2000, 351 p. (ISBN 9961-64-189-2), p. 296
  3. a, b et c Algérie 2011 Par Jean-Paul Labourdette, Dominique Auzias,p119 [1]
  4. Des louangeurs au home cinéma en Algérie par Hadj Miliani, p.93

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yamilé Ghebalou, « Le chant chaabi : Une histoire parallèle de la ville d'Alger », dans Naget Khadda et Paul Siblot (dir.), Alger : Une ville et ses discours, Montpellier, Praxiling. Université Paul Valéry, coll. « Le Fil du discours »,‎ 1996, 400 p. (ISBN 2-84269-001-X), p. 273-287

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]