Chūya Nakahara

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Nakahara-chuya

Chūya Nakahara (中原 中也 en japonais), né le dans la préfecture de Yamaguchi et décédé le à Tokyo, était un poète japonais.

Beaucoup le qualifient de « Rimbaud japonais » pour ses affinités avec le poète français dont il traduisit les poèmes en 1934 ainsi qu'une partie de la correspondance avec Paul Verlaine. Il traduisit aussi certains poèmes de Baudelaire et d'autres, de Francis Carco. Parmi ses poèmes, Asa no uta et Asei sont considérés comme ses chefs-d’œuvre. Avant-gardiste, Chûya est l'un des grands rénovateurs de la poésie japonaise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Au début de sa vie, son père (qui était médecin militaire) fut nommé à Hiroshima ainsi qu'à Kanazawa, et retourna à Yamaguchi en 1914. En 1915, son jeune frère décède, et rempli de chagrin il se tourne vers la poésie. Il propose à un journal local de publier ses trois premiers vers en 1920, alors qu'il n'était encore qu'à l'école élémentaire. En 1923, il fréquente ensuite la Ritsumeikan Middle School de Kyoto. Il sera par la suite diplômé du département d'études étrangères de l'université impériale de Tokyo.

Itinéraire littéraire[modifier | modifier le code]

Nakahara Chuya fut d'abord introduit au dadaïsme grâce à Takahashi Shinkichi et à Tominaga Taro. A Tokyo, où il s'installe, il rencontre Tetsutarō Kawakami et Shōhei Ōoka, qui deviennent des amis. Grâce à l'entremise du critique littéraire Kobayashi Hideo, il fut sensiblisé à la poésie symboliste française, notamment Arthur Rimbaud et Paul Verlaine. L'influence de Rimbaud devait devenir déterminante, au point où Chuya se reconnaîtrait dans le mode de vie bohème de Rimbaud. Les premiers poèmes de Chuya utilisent les haïku et tanka mais en variant les mesures rythmiques pour produire des effets musicaux. Les premières œuvres de Chuya furent rejetées par plusieurs éditeurs. Il fut en revanche accepté au sein de magazines littéraires plus modestes tels que Yamamayu. Chuya restera l'ami de Kobayashi pendant toute sa vie, bien que ce dernier lui ait arraché sa petite amie peu de temps après avoir rencontré le jeune poète. Chuya Nakahara a connu une passade homosexuelle avec l'écrivain Dazaï Osamu, avec lequel les relations furent par ailleurs houleuses. (Source : Wikipedia Japon). Toutefois, Chuya se maria et eut deux enfants, dont l'un des deux mourut très vite. Cependant, la mort de son fils, auquel il paraissait s'identifier, provoqua une grave dépression chez le poète, dont l'impression se retrouve dans sa poésie. Il fut attiré par le christianisme dès l'âge de quinze ans mais ne fut jamais baptisé. Marqué par Rimbaud et Verlaine, Nakahara n'eut pas le temps de visiter la France comme il le rêvait.

Âgé de trente ans seulement, Chuya Nakahara mourut d'une méningite. L'un de ses recueils Yagi no Uta (La Chanson de la chèvre), publié en 1934, parut de son vivant. Il publia aussi Arishi Hi no Uta (La chanson des jours passés) juste avant sa mort. De son vivant, il n'était pas considéré comme un poète majeur, mais il fut reconnu assez vite. Il est aujourd'hui largement étudié dans les établissements scolaires japonais, et son portrait (ci-dessus) est célèbre au Japon. Bien que Nakahara dissimulât à peine sa critique du militarisme nationaliste des années trente dans ses poèmes, Kobayashi Hideo (nationaliste quant à lui) se consacra à la défense et à la reconnaissance de l'œuvre de son ami disparu. Ooka Shohei publia Les œuvres complètes de Nakahara Chuya, qui contient aussi des poèmes inédits, des journaux personnels et de nombreuses lettres. Un prix Nakahara Chuya a été créé en 1996 par la ville de Yamaguchi avec le soutien des éditeurs Seidosha et Kadokawa Shoten, récompensant des poète caractérisés par une 'sensibilité fraîche' (shinsen na kankaku). Le poète récompensé est également traduit en anglais. En France, ce poète d'avant-garde demeure encore largement méconnu, alors qu'il doit beaucoup à la poésie de Rimbaud et à celle de Baudelaire. À la fin de sa courte existence, Chuya était en train d'apprendre la langue française. Sa poésie a été largement traduite et présentée en 2005 par Y.M Allioux.

Héritage[modifier | modifier le code]

  • Un prix littéraire, le Prix Nakahara Chūya fut institué en 1996 par la ville de Yamaguchi (avec le soutien des maisons d'édition Seidosha et Kadokawa Shoten) en l'honneur de Chūya Nakahara. Le prix est décerné annuellement à une collection remarquable de poésie contemporaine caractérisée par une "nouvelle sensibilité" (shinsen na kankaku). Le gagnant reçoit un prix d'une valeur d'1 million de yen, et la collection gagnante est également publiée avec une traduction en langue anglaise.
  • Le chanteur d'acid-folk Kazuki Tomokawa enregistra deux albums intitulés Ore no Uchide Nariymanai Uta et Nakahara Chuya Sakuhinnshu, où il met en musique des poèmes de Nakahara.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kawamura Hatsusho : 'L'évolution de la poésie de Nakahara Chûya des années vingt à trente', in Japon Pluriel, Éditions Philippe Piquier, 2011, p. 157 à 166.
  • Poèmes, 66 poèmes traduits par Yves-Marie Allioux, Éditions Piquier, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]