Chöying Dorje

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Chöying Dorje

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Autoportrait du 10e karmapa où sont représentés, son fils Norbu Zangpo à sa gauche et son assistant Kunto Zangpo à sa droite (Rubin Museum of Art, New York)

Naissance 1604
Khaytri Tang, province de Golok, Amdo, Drapeau du Tibet Tibet
Décès 1674
Drak (sgrags), Drapeau du Tibet Tibet
École/tradition Karma-kagyu
Célèbre pour Ses peintures et sculptures
Conjoint Kelpa Zangmo
Enfants Plusieurs filles et fils, dont Norbu Zangpo, le 6e Gyaltsab Rinpoché

Karmapa

Chöying Dorje, tibétain : ཆོས་དབྱིངས་རྡོ་རྗེ, Wylie : chos dbyings rdo rje , (1604 Khaytri Tang, province de Golok, Amdo -1674, Drak (sgrags)) fut le 10e Karmapa, chef de la lignée karma-kagyu du bouddhisme tibétain également célèbre en tant qu'artiste pour ses peintures et sculptures.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chöying Dorjé est né dans le village de Khaytri Tang dans la région de Golok au nord-est du Tibet dans la province de l'Amdo. À sa naissance, il aurait fait 7 pas dans chaque direction cardinale. Il montra un talent artistique à un jeune âge puis-qu'à 6 ans, il était un peintre et un sculpteur doué, surpassant ses maîtres.

Chöying Dorje aurait prévu des guerres et des conflits politiques liés entre d’un côté le souverain mongol Güshi Khan alliés aux tenants de l’école Gelugpa, et d’un autre côté le roi de la région de Tsang, gouvernant la plus grande partie du Tibet, et allié aux tenants des école Kagyu et Jonang. En prévision d’une longue absence, le 10e karmapa donna ses biens à des nécessiteux, et il fit de Gyaltsab Rinpoché son régent. Il y eut de nombreux morts et destructions quand les armées mongoles de Güshi Khan attaquèrent Shigatsé, puis la région où résidait le karmapa[1],[2]. L'école Kagyu s’affaiblit considérablement en raison de ces difficultés politiques. En raison de ces conflits, le 10e karmapa dû s'exiler du Tibet. Les Jonangs furent persécutés et leurs monastères annexés par les Gelugpa, bien qu'ils subsisteront dans certaines régions du Tibet jusqu'à nos jours et seront reconnus par le 14e dalaï-lama. Le 10e karmapa fut reçu par le roi du Li Jiang (actuellement appelé Lijiang et précédemment intégré au royaume de Nanzhao) en l’an 1645. Ce dernier lui offrit une réplique de la coiffe noire. Depuis cette époque, la coiffe noire originale était conservée au monastère de Tsourphou, et le karmapa emportait une réplique lors de ses déplacements[3]. Le karmapa se rendit au Népal, en Birmanie, et au nord du Yunnan en Chine. Il construisit des monastères dans ces régions. Dans une région du Yunnan peuplée de Naxi, il fonda Ogmin Namling à Lashiba, le premier monastère bouddhiste de cette région. Encore aujourd’hui, des pierres portant des Mani peuvent ainsi être trouvées dans certains foyers Naxi, notamment dans le sous-groupe Mosuo. Le karmapa enseigna aussi le dharma et reconnut des réincarnations de tulkus de la lignée Kagyu. Après un exil qui dura 20 ans d'exil, il revint au Tibet et se réconcilia avec le dalaï-lama. En 1674, le 5e dalaï-lama reçut au palais du Potala le 10e karmapa qui lui transmit les enseignements sur le Mahamudra[4].

Il épousa Kelpa Zangmo avec qui il eut plusieurs filles et fils, dont Norbu Zangpo, le 6e Gyaltsab Rinpoché.

Scène de la vie du Bouddha, par le 10e karmapa

Dans le patrimoine artistique tibétain, le 10e karmapa Chöying Dorje est considéré comme un des artistes les plus exceptionnels de tous les temps. Les différentes biographies conviennent que le 10e karmapa était un peintre et sculpteur talentueux déjà à un jeune âge[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laird, Thomas. (2006). The Story of Tibet: Conversations with the Dalai Lama, p. 165. Grove Press, New York. ISBN 978-0-8021-1827-1.
  2. Hugh E. Richardson. (1984). Tibet and its History. Second Edition, Revised and Updated, p. 42. Shambhala. Boston & London. ISBN 0-87773-376-7.(pbk)
  3. Mick Brown, 2004, The Dance of 17 Lives: The Incredible True Story of Tibet's 17th Karmapa, p. 34. Bloomsbury Publishing, New York and London. (ISBN 1-58234-177-X).
  4. Samten Karmay, (2005). The Great Fifth, p. 2. Downloaded as a pdf file on 16th December, 2007 from: [1]
  5. von Schroeder, Ulrich. Buddhist Sculptures in Tibet. Vol. One: India & Nepal; Vol. Two: Tibet & China; pp. 96, 530, 702, 706, 744 nn. 619–620; 745, 747, 752, 754, 756, 762, 764, 796–819, 997, 1126, 1223, 1230; Figs. XII–18–25; Pls. 16D–E (?), 191–194, 340B (?). (Hong Kong: Visual Dharma Publications, Ltd, 2001.) ISBN 962-7049-07-7; ISBN 978-962-7049-07-4.
  6. von Schroeder, Ulrich. Buddhist Sculptures of the Alain Bordier Foundation. pp. 50–51, pl. 22A. (Hong Kong: Visual Dharma Publications, Ltd., for the Alain Bordier Foundation, 2010) ISBN 962-7049-14-X; ISBN 978-962-7049-14-2

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Karl Debreczeny, The Black Hat Eccentric: Artistic Visions of the Tenth Karmapa, Rubin Museum of Art, 2012, p. 33-63.
  • Lama Kunsang & Marie Aubèle, L'Odyssée des Karmapas, La grande histoire des lamas à la coiffe noire, Ed. Albin Michel (2011). (ISBN 978-2-226-22150-6)
  • (en) Irmgard Mengele, The Life and Art of the Tenth Karma-pas (Chos-dbyings-rdo-rje, 1604-1674), Thesis, University of Hamburg, 2005.
  • (en) Hugh E. Richardson, The Tenth Black Hat Karma-pa, apud M. Aris, High Peaks, Pure Earth, Londres, Serindia Publications, 1998, p. 499-515.
  • (en) Shamar Rinpoche, A Golden Swan in Turbulent Waters: The Life and Times of the Tenth Karmapa Choying Dorje, Bird of Paradise Press, 2012, 288 p.
  • (en) Karma Thinley, The History of the Sixteen Karmapas, Boulder, Prajna Press, 1980.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

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