Chenopodium album

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Le chénopode blanc (Chenopodium album), aussi appelé ansérine blanche, poule grasse, drageline, senousse, blé-blanc, herbe aux vendangeurs, dame (en Champagne), chou gras (au Québec), est une espèce de plante annuelle, de la famille des Chenopodiaceae selon la classification classique, ou des Amaranthaceae selon la classification phylogénétique. Très présente dans les lieux cultivés, elle est originaire d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, et naturalisée dans d'autres régions[1]. C'est souvent une des premières plantes à apparaitre sur les sols fraichement travaillés. La plante doit son nom à ses feuilles en forme de patte d'oie d'un vert blanchâtre.

Description[modifier | modifier le code]

Chénopode blanc

C'est une plante dressée mesurant de 30 à 200 cm de haut. Sa tige érigée, dure, ramifiée est souvent striée de rouge. Ses racines traçantes et superficielles s'étalent en étoile plus d'un mètre autour de la tige.

Ses feuilles sont plus longues que larges, ovées-rhomboïdes ou lancéolées, rétrécies à la base, farineuses inférieurement.

De juin à octobre fleurissent de petites fleurs vertes, blanchâtres, voire légèrement rougeâtres [2-3 mm] en épis denses qui donnent ensuite naissance à de petits fruits, des akènes noirs et luisants. Très prolifique, chaque pied peut produire jusqu’à 100 000 graines de très petite taille.

L'ensemble de la plante est pruineux à fortement farineux, laissant une texture sableuse sur les doigts. Cette plante en C4 pousse en abondance dans les sols gorgés d'azote des terres en grandes cultures ou sur les tas de fumier ou de compost.

Confusions possibles[modifier | modifier le code]

L'espèce peut être confondue avec le chénopode hybride (Chenopodium hybridum) et le chénopode rouge (chenopodium rubrum), deux autres chénopodes qui partagent les caractéristiques du chénopode blanc. L'épazote (chenopodium ambrosioides ou Herba sancti mariae) présente un évident degré de toxicité, en particulier au niveau des graines et de l’huile qui en est tirée. Il est reconnaissable grâce à son odeur de citronnelle que n’ont pas les autres chénopodes.

Il se distingue des arroches en ce que seulement les 2 ou 4 premières feuilles sont disposées par paires opposées, et de la plupart des autres mauvaises herbes par ses feuilles triangulaires-larges à dents irrégulières et peu profondes.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Riz avec curry de feuilles de chénopode blanc, oignons et pommes de terre

On peut consommer les feuilles et les extrémités des tiges, cuites comme celles de ses proches cousins, les épinards. Si la plante porte des graines, les enlever avant consommation. Les jeunes tiges sont à consommer comme des asperges. Les feuilles sont très riches en protéines, en vitamines A et C, ainsi qu'en calcium. 11600 UI/100g de vit. A.

On récolte le chénopode blanc sous forme de pousse, après le deuxième nœud et ensuite, on récolte les ramifications avant qu'elles ne soient matures, jusqu'au milieu de l'été ou parfois plus tard. La texture farineuse rend désagréable la consommation du feuillage cru (déconseillé en raison de la saponine, des nitrates et de l'acide oxalique contenu dans la plante), même après un lavage à grande eau. Après cuisson, la saponine disparait mais des oxalates apparaissent. Les malades rénaux, hépatiques, arthritiques ou lithiasiques devront donc s'en méfier. Le chénopode blanc se congèle très bien juste blanchi.

Le chou gras est considéré comme une mauvaise herbe des potagers. En plus d'être extrêmement encombrante, cette espèce fournit un milieu favorable à la transmission de certaines maladies cryptogamiques des plantes potagères.

Un colorant vert est obtenu à partir des jeunes pousses. Les racines fraîches écrasées donnent un substitut de savon doux.

La plante répond directement à la teneur en magnésium et en azote du sol de sorte qu'elle peut être utilisée comme bio-indicateur de ces éléments.

Les graines de chénopode peuvent aussi être cuites en gruau de céréales ou moulues en farine, mais faire attention à l'usage des herbicides qui ont tendance à s'accumuler dans les graines.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Germplasm Resources Information Network (GRIN): espèce Chenopodium album L. (en).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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