Château de Regnéville

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Château de Regnéville
Image illustrative de l'article Château de Regnéville
Le château de Regnéville
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIVe siècle
Destination initiale f
Propriétaire actuel Conseil général de la Manche
Protection  Inscrit MH (1989, vestiges du château)
Logo monument historique Classé MH (1991, vestiges du Donjon)[1]
Coordonnées 49° 00′ 27″ N 1° 33′ 11″ O / 49.0075, -1.5531 ()49° 00′ 27″ Nord 1° 33′ 11″ Ouest / 49.0075, -1.5531 ()  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Normandie
Région Basse-Normandie
Département Manche
Commune Regnéville-sur-Mer

Géolocalisation sur la carte : Manche

(Voir situation sur carte : Manche)
Château de Regnéville

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Regnéville

Le château de Regnéville est un ancien château fort fondé au XIIe siècle[3], remanié aux XIVe et XVe siècles[3] et ruiné en 1637[3], dont les vestiges se dressent sur la commune de Regnéville-sur-Mer dans le département de la Manche en région Basse-Normandie. Aujourd'hui propriété du Conseil général de la Manche, des campagnes de fouilles et des travaux de restauration lui redonnent progressivement vie.

Au titre des monuments historiques ; l'ensemble des vestiges formant la basse-cour, y compris les sols font l'objet d'une inscription par arrêté du 1er décembre 1989 ; les ruines du donjon et l'ensemble des vestiges formant la haute-cour, y compris les sols font l'objet d'un classement par arrêté du 13 septembre 1991[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Les ruines du château de Regnéville sont situées dans le département français de la Manche sur la commune de Regnéville-sur-Mer, près de l'église, au bord du havre de la Sienne. La forteresse protégeait l'important port d'échouage que constituait Regnéville-sur-Mer, l'un des plus actifs du Cotentin pendant le Moyen Âge et jusqu'au XVIIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Charles le Mauvais[modifier | modifier le code]

En 1336, le fief de Regnéville passe dans les mains de la famille de Navarre. En 1349, Charles le Mauvais, roi de Navarre, hérite des possessions normandes de son père, le comte d’Évreux, Philippe III de Navarre. Il est probable que le château de Regnéville ait été reconstruit à cette époque. En 1364, Charles V monte sur le trône de France. Les bandes de Charles le Mauvais, alliées aux Anglais, tiennent la Normandie en s’appuyant sur d’innombrables châteaux. Celui de Regnéville connaît alors d’importants travaux de renforcement des fortifications.

Après la tentative d’empoisonnement du roi de France par un familier du roi de Navarre en mars 1378, Charles V envoie le duc de Bourgogne et le connétable du Guesclin se saisir des places fortes de Charles le Mauvais en Normandie. Ainsi, au début du mois de mai 1378, la forteresse de Regnéville est prise par les troupes du roi de France. Après la mort de Charles V en 1380, son fils Charles VI rend ses terres à Charles de Navarre.

En 1404, Charles III, fils du Mauvais, cède la Normandie au roi de France. Regnéville sort du patrimoine navarrais pour réintégrer définitivement le domaine royal.

L’occupation anglaise[modifier | modifier le code]

En mars 1418, le duc de Glocester s’empare du château pour le compte du roi d’Angleterre Henri VI. Une cinquantaine d’hommes constitue la garnison de Regnéville à cette époque. L’occupation anglaise est très impopulaire et une résistance assez inorganisée se manifeste par des propos hostiles ou des agressions contre les soldats anglais.

En 1425, une grande opération est montée par les Anglais contre l’abbaye fortifiée du Mont-Saint-Michel et une partie de la flottille est rassemblée dans le port de Regnéville.

En 1435, le capitaine du château est Hue Spencer. C’est le bailli du Cotentin pour le roi d’Angleterre, véritable préfet cumulant de hautes fonctions administratives et le commandement militaire. Jusqu’en 1448, il fera de Regnéville sa résidence.

Le 19 septembre 1449, la forteresse est reprise aux Anglais par le connétable de Richemont avec l’armée du duc de Bretagne et l’aide d’une centaine de bourgeois de Coutances et des paysans de Regnéville. L’assaut laisse la forteresse éventrée du côté de la mer. L’année suivante, en 1450, à la suite de la bataille de Formigny, entre Isigny et Bayeux, les Anglais sont chassés de Normandie. Trois ans plus tard se termine la Guerre de Cent Ans.

La défense du château au Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Les garnisons qui défendaient le château de Regnéville sont toujours restées modestes : en moyenne 5 ou 6 hommes d’armes pour 15 archers ou arbalétriers, sous les ordres d’un capitaine. La faiblesse numérique de cette troupe suppose un certain agencement de la forteresse : concentration des défenses, chemins de ronde ininterrompus autour des courtines.

Des contrats d’engagements étaient passés entre le souverain et les capitaines. La solde de la garnison, composée de soldats professionnels, était assurée par le suzerain, roi de France, roi de Navarre ou roi d’Angleterre selon les époques.

Au début du XVe siècle, trois pièces d’artillerie sont fabriquées pour le château. Ces petits canons, appelés couleuvrines, projetaient des boulets de pierres de quatre livres.

Le château perd progressivement son rôle militaire dans la seconde partie du XVe siècle.

Le démantèlement du château[modifier | modifier le code]

La guerre de Cent Ans laisse le château en triste état et il faut attendre Roulland de Gourfaleur en 1582 pour que débutent des travaux de remise en état. Le site de la basse-cour est fortement transformé et les douves recreusées.

En 1603, le fief de Regnéville est vendu à Isaac de Piennes, seigneur de Bricqueville. Celui-ci participe, depuis Regnéville, à une conspiration fomentée par le parti protestant qui se propose de soulever la Normandie pour faire diversion au siège de La Rochelle (1628).

En 1626, le roi Louis XIII de France ordonne la démolition des fortifications des villes et châteaux qui ne sont pas aux frontières ou jugées importantes pour le royaume. Le château de Regnéville n’était sans doute pas jugé bien dangereux puisqu’il faut attendre onze ans pour voir sa destruction. Après avoir subi de gros dommages suite à une tempête en 1630, le château est rasé en 1637. Le donjon, rempli de poudre, éclate et se fend dans toute sa hauteur, tout au long de l’escalier à vis.

Le château n’aura plus alors qu’une fonction résidentielle et d’exploitation agricole et sera profondément remanié aux XVIIe et XVIIIe siècles. Les seigneurs de Piennes habiteront le lieu jusqu'au XVIIIe siècle.

Au milieu du XIXe siècle, Victor Bunel installe une scierie mécanique de marbre dans l’ancienne basse-cour.

Le château de Regnéville est acquis par le Conseil général de la Manche en 1989, dans le cadre du réseau départemental des sites et musées de la Manche, et bénéficie d'une inscription cette même année et d’un classement au titre des Monuments historiques en 1991[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le château médiéval de Regnéville, fondé au XIIe siècle[3], est remanié aux XIVe et XVe siècles ; il était alors composé d’une « haute-cour » à l’est, dont les fondations ont été partiellement dégagées lors des fouilles effectuées de 1991 à 1993. La grande tour, dont il ne reste que deux des quatre flancs, était située au nord-est de cette haute-cour.

À l’ouest, face au havre, la « basse-cour » constituait à l’origine la résidence royale de Charles le Mauvais.

La Porte de la Mer[modifier | modifier le code]

La Porte de Mer, qui desservait l’accès à l’ancien port de Regnéville, a été construite au XIVe siècle siècle par l’évêque d’Avranches, Robert Porte, chancelier du roi de Navarre et « gardien à vie » du château de Regnéville. Elle recouvre alors un premier aménagement portuaire constitué d’un chemin d’échouage.

La Porte, qui a connu plusieurs modifications dans son histoire, était composée d’une suite de pont-levis et de ponts dormants. Un petit châtelet, formé d’un rez-de-chaussée de pierre, constituait une première porte fortifiée. Quelques éléments de la maçonnerie d’un piédroit de cette première porte subsistent. Le premier pont-levis qui permettait d’accéder à cette porte était peut-être double avec un passage pour les piétons et un autre pour les cavaliers et les charrois.

Le donjon[modifier | modifier le code]

Le donjon du château, vu du côté mer.

Le donjon de Regnéville, avec sa silhouette caractéristique, est devenu au fil des ans le symbole de la cité et son imposante masse domine les vestiges du château.

Malgré une architecture archaïque pour l’époque, le donjon semble bien avoir été érigé au XIVe siècle. Il reprend le plan carré et les contreforts d’angle si caractéristiques des monuments ou des donjons romans de Caen, Falaise, Norwich.

Implantée dans l’angle nord-est de la haute-cour du château, c’était une tour rectangulaire d’une trentaine de mètres de haut, dont l’épaisseur des murs dépassait les trois mètres. Quatre étages, dont trois voûtés, étaient desservis par un escalier à vis, refait au XVIe siècle, encore visible de nos jours. Au rez-de-chaussée, une cave servait à entreposer les réserves.

Au XVIe siècle, Roulland de Gourfaleur fait percer des baies dans les flancs ouest et sud du donjon. Ces ouvertures débouchaient sur un balcon supporté par une paire de grands corbeaux doubles en granit.

La basse-cour[modifier | modifier le code]

Les destructions dues au siège de 1449 et un incendie au XVe siècle siècle avaient ruiné la cour de l’enceinte basse du château. Cette basse-cour, qui traditionnellement se composait des écuries et des dépendances, abritait à l’origine la résidence du roi de Navarre.

À partir de 1582, Roulland de Gourfaleur entreprend des travaux pour sa remise en état. D’importantes reconstructions suivent également les destructions dues au démantèlement de 1637. La façade sur cour de l’aile nord de la basse-cour est réédifiée. Le premier étage de l’aile nord ouvrait directement sur la cour intérieure par deux portes desservies par une grande galerie à laquelle on accédait par un escalier extérieur.

La restauration du château, entreprise en 1994, cherche à redonner la physionomie de la basse-cour à la fin du XVIe siècle, sous Roulland de Gourfaleur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Château de Regnéville », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
  3. a, b, c et d Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ 1987, 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 962.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Direction des sites et musées – Conseil général de la Manche

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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