Château des Allymes

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Château des Allymes
Image illustrative de l'article Château des Allymes
Période ou style Médiéval
Type Château-fort de relief
Début construction vers 1310
Propriétaire initial Dauphin de Viennois
Destination initiale Surveillance
Propriétaire actuel Commune d'Ambérieu-en-Bugey
Destination actuelle Musée
Protection  Inscrit MH (1967, partiellement)
Logo monument historique Classé MH (1960, 1993)[1]
Coordonnées 45° 58′ 24.81″ N 5° 24′ 36.67″ E / 45.9735583, 5.410186145° 58′ 24.81″ Nord 5° 24′ 36.67″ Est / 45.9735583, 5.4101861  
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Bugey
Région Rhône-Alpes
Département Ain
Commune Ambérieu-en-Bugey

Géolocalisation sur la carte : Ain

(Voir situation sur carte : Ain)
Château des Allymes

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château des Allymes

Le château des Allymes, « castrum Alemorum », est un ancien château fort du XIVe siècle, rebâti au XVIe siècle et restauré au XIXe siècle[2], centre de la seigneurie des Allymes, qui se dresse au hameau éponyme sur la commune d'Ambérieu-en-Bugey dans le département de l'Ain en région Rhône-Alpes. C'est le seul exemplaire de forteresse médiévale du Bugey.

Au titre des monuments historiques ; le château fait l’objet d’un classement par arrêté du 20 juillet 1960 ; les ruines de l'ancienne enceinte extérieure font l'objet d'une inscription partielle par arrêté du 21 août 1967 ; les vestiges de la basse-cour, de la barbacane, de la tour extérieure nord et de la courtine font l'objet d'un classement par arrêté du 2 décembre 1993[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le Château des Allymes, dominant Ambérieu-en-Bugey, vu depuis le Mont Luisandre. En face, au centre de la vue, la tour du château de Saint-Denis-en-Bugey

Le château des Allymes est situé dans le département français de l'Ain sur la commune d'Ambérieu-en-Bugey. Bâti sur une montagne à 650 mètres d'altitude, à 5 kilomètres à l'Est-Nord-Est du bourg, entre le Mont Luisandre et Ambronay, il domine la commune d'Ambérieu-en-Bugey qui l'a acquis en 1984. On accède aux château par le hameau de Brey-de-vent.

Sa situation géographique fait qu'il offre un point de vue exceptionnel et sans égal sur la plaine de Bresse et sur la Dombes.

Position stratégique et militaire à l'époque, aux portes de la Savoie, alors État indépendant, le château domine la plaine de l'Ain à quelque 800 mètres au sud-ouest du Mont Luisandre et de la tour de Luissandre qui culmine à 805 mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les courtines du château.

Le château est construit vers 1310 par Jean II, dauphin de Viennois en réponse à la construction de la bâtie de Luisandre par le comte de Savoie. Il est au début principalement constitué de terre et de bois. Quelques années plus tard, une trêve conclue entre les parties interdit l'édification de nouvelles constructions. Peu respectée, chacun s'empresse de construire des châteaux en pierre. Les maîtres d'œuvre des Allymes sont deux maîtres-maçons, Peronnet et Guillemet d'Hières.

En 1335 le château est remis au comte de Savoie, à la suite du traité de Chapareillan et passe sous le bailliage de Saint-Germain.

Vue du château depuis le hameau de Brey-de-vent.

Le 18 juillet 1354[3], par lettres patentes faites en la chapelle du château du Bourget, le comte de Savoie, Amédée VI, démembre la seigneurie de Saint-Germain et inféode, en 1355[4], le château, le village, le territoire et le mandement des Allymes avec toute justice à François Nicod, gentilhomme de sa maison.

La seigneurie des Allymes restera dans cette famille jusqu'au environ de 1470, date à laquelle elle passe dans la famille de Lucinge par le mariage de Claudine, fille unique de Amé François, chevalier, seigneur des Allymes, avec Humbert, seigneur de Lucinge. Le 17 novembre 1471[3], Humbert en fait, à Turin, hommage auprès de Yolande, duchesse de Savoie, mère et tutrice du jeune duc Philibert. Cet hommage sera renouvelé le 28 novembre 1452[3] au château de Morestel.

Le 5 janvier 1355, le roi de France Jean le Bon, son fils Charles, Dauphin de viennois et le comte Amédée VI de Savoie, dit « le comte vert », ratifiaient à Paris le traité de paix qui mettait un terme aux guerres delphino-savoyarde. Le château des Allymes, commandé alors par le châtelain Guy de Lutrin est remis, le 23 novembre 1135[5], par ce dernier au comte de Savoie. La frontière repoussée jusque sur les bords du Rhône, relègue à l'intérieur des terres le château qui perd alors son intérêt stratégique.

Le château est démoli en 1557[3], suite à un arrêt du parlement de Chambéry pris contre Charles de Lucinge, seigneur des Allymes, pour avoir été l'un des principaux chefs du complot mené avec Nicolas baron de Poluilliers pour surprendre Lyon, pensant s'emparer ainsi facilement de la Bresse et du Bugey.

01 - Ambérieu en Bugey Château des Allymes.jpg

En vertu du traité du Cateau-Cambrésis signé en 1559[3], le duc de Savoie, Emmanuel-Philibert, ayant recouvré son duché dont les pays de Bresse et Bugey font partie, le seigneur des Allymes se voit rétabli en tous ses biens et le château rebâti au même endroit.

En 1601, le château est rattaché à la France par le traité de Lyon lorsque Henri IV réunit le Bugey au royaume de France. René de Lucinge, fils ainé de Charles de Lucinge, natif de Bonneville, seigneur des Allymes et de Montrosat, conseiller d'états et maître d'hôtel du duc de Savoie, ambassadeur de Savoie auprès du roi de France prête serment alors au roi Henri IV. Cet homme, fin lettré et historien a laissé de nombreux écrits. Une exposition permanente retrace sa vie et son œuvre dans l’enceinte du château. S'étant fort endetté, ses créanciers mettront en vente la seigneurie des Allymes que son neveu, René de Lucinge de Geres, seigneur de la Motte, rachètera.

La seigneurie est au milieu du XVIIe siècle la jouissance de Claude de Rochefort d'Ailly[4], seigneur de Saint Point, baron de Senaret et de Montferrand, pour les deniers dotaux de son épouse Anne de Lucinge. Elle passe ensuite successivement aux familles Suduyrand, Estienne, et Dujast, derniers propriétaires avant la Révolution.

Les bâtiments très mal entretenus subissent beaucoup de dégradations. Un descendant de la famille Dujat, Adolphe de Tricaud, d'Ambérieu, entreprend de restaurer le château à partir de 1847 : les courtines sont relevées, dotées à nouveau d'un chemin de ronde et la tour ronde est recouverte.

Plus près de nous en 1959, la famille de Tricaud vend le château à monsieur Peyre avant qu'il ne soit classé monument historique en 1960. En 1964 une première tranche de travaux restaure le donjon, et le logis gothique. La restauration va se poursuivre dans les années suivantes, la toiture et la charpente de la tour ronde en 1977, puis les quatre courtines en 1984 et finalement la barbacane de l'entrée principale en 1991. Le château des Allymes a été l’objet de plusieurs programmes de fouilles et de restauration menées par le groupe d'archéologie médiéval d'Ambérieu.

Propriété de la ville d’Ambérieu-en-Bugey depuis 1984, il est géré et animé par « l’association des Amis du château ».

Description[modifier | modifier le code]

Une vue du donjon

Le château des Allymes avec ses deux tours reliées par des courtines représente le type du château médiéval en pierre, ancienne place forte massive, bien plantée à flanc de coteau et dominant la plaine de l'Ain.

L'extérieur se compose d'un grand mur de fortifications de 90 m de long terminé par une tour de guet protégeant jadis un bourg adossé à ses murailles.

L'enceinte du château de plan quadrangulaire est flanqué d'un gros donjon carré de type roman et en diagonale d'une grosse tour cylindrique fortement talutée à sa base, reliés par quatre courtines[2]. Cette partie date du XIVe siècle (1351)[réf. nécessaire].

À l'intérieur, un ensemble qui ne manque pas d'intérêt : habitat de type gothique adossé au donjon aux belles salles avec charpentes bien conservées, barbacane restaurée pour défendre l’entrée.

Le logis accolé au donjon, du XVIe siècle, de style gothique comporte un escalier à vis qui dessert les étages.

Le château des Allymes est un monument qui se visite et accueille des spectacles ainsi que des expositions temporaires.

À voir également à Ambérieu-en-Bugey, la Maison-forte de Saint-Germain dite « Tour de Gy » qui fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 6 décembre 1984[6], que dominent les ruines du château de Saint-Germain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Chateau-Allymes.jpg
  1. a et b « Château des Allymes », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. a et b Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ 1987, 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 27.
  3. a, b, c, d et e Samuel Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugey. Partie 2.,‎ Jean Antoine Huguetan & Marc Antoine Ravaud, Lyon, 1650, p. 3 disponible en ligne sur Gallica.
  4. a et b Marie-Claude Guigue, Topographie historique du département de l'Ain,‎ Bourg-en-Bresse et Lyon, A. Brun, 1873, p. 4 disponible en ligne sur Gallica.
  5. Alain Kersuzan, Défendre la Bresse et le Bugey - Les châteaux savoyards dans la guerre contre le Dauphiné (1282 - 1355), collection d'histoire et d'archéologie médiévales, Presses Universitaires de Lyon, Lyon, 2005, (ISBN 272970762X), p. 80.
  6. « Maison-forte de Saint-Germain dite Tour de Gy », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]