Château de la Trolanderie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Château de la Trolanderie
Image illustrative de l'article Château de la Trolanderie
Nom local Château de Curis
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVIIIe siècle
Destination actuelle appartements
Protection  Inscrit MH (2010)[1]
Coordonnées 45° 52′ 03″ N 4° 49′ 09″ E / 45.8675, 4.819167 ()45° 52′ 03″ Nord 4° 49′ 09″ Est / 45.8675, 4.819167 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Commune Curis-au-Mont-d'Or

Géolocalisation sur la carte : Grand Lyon

(Voir situation sur carte : Grand Lyon)
Château de la Trolanderie

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de la Trolanderie

Le château de la Trolanderie est situé sur la commune de Curis-au-Mont-d'Or dans le département du Rhône. Le domaine de Curis-au-Mont-d'Or ou domaine de la Trolanderie est situé sur les deux communes de Curis-au-Mont-d'Or et de Poleymieux-au-Mont-d'Or au lieu-dit la Forêt.

Histoire[modifier | modifier le code]

La maison forte a été érigée au cœur d’une châtellenie foncière, par le comte, à la fin du XIIe siècle. Dépendant de celui de Saint-Germain, le comte y reçoit les hommages de ses vassaux détenant un fief, contre une rétribution, l’alleu. Le chevalier G. de Marchamp, co-seigneur de Poleymieux, reconnaît ainsi en 1209 « tenir en fief… toutes ses possessions dans la villa de Curis depuis l’eau (la naissance du Thou) jusqu’à Saint-Germain »[2]. En 1213, elles sont cédées à G. de Collonges, chanoine du chapitre Saint-Jean.

Le château passe au XIIIe siècle aux mains de la famille d'Albon. Cette illustre famille, créatrice du Dauphiné, a fourni de nombreux vassaux aux abbayes de l'Île Barbe et de Savigny, 23 chanoines de Saint-Jean et des gouverneurs à Lyon. André, pratiquant la banque en 1265, acquiert ensuite le petit fief de Curis et joue, comme ses trois fils, un grand rôle dans l’émancipation de la ville et sa réunion au Royaume.

Vient une période durant laquelle le château passe de main en main car en 1642, les d’Albon abandonnent Curis au profit de nouveaux venus sur la scène lyonnaise, la famille de Neufville de Villeroy, marchands de poissons qui, gravitant dans l’entourage royal, avaient accédé à la noblesse au XVIe siècle grâce à des charges publiques. Charles de Neufville, épousant la fille du gouverneur du Lyonnais, hérite de cette fonction qu’il transmet à son fils Nicolas, lequel l’abandonne à son frère Camille. Camille de Neufville de Villeroy, abbé d’Ainay, achète la seigneurie de Curis afin de constituer son marquisat de Vimy. Cumulant bientôt pouvoir politique et religieux en tant qu’archevêque de Lyon, Camille de Neuville revend trois ans plus tard le domaine à L. de la Veuhe, notable issu d’une famille de marchands foréziens et tenant de son père la charge de trésorier de France (percepteur de la taille), une fonction d’ailleurs exercé par la plupart des seigneurs qui se succèdent au château jusqu’à la Révolution.Ce percepteur, devenu prévôt et comte de Chevrières, reste célèbre dans les annales lyonnaises pour avoir fait bâtonner le receveur Lanchenu (seigneur de la Barollière à Limonest). En 1677, sa fille vend le château à Louis Bay qui, décédé en 1720 dans son hôtel de Bellecour, laisse l’une des plus riches collections de peinture du temps (des Rubens, un Tintoret...), inventoriée par le peintre Daniel Sarrabat. Ce dernier est à l’origine de cinq toiles réalisées pour la chapelle du château, encore présentes en 1823.

En 1769, l’acte de vente passé par G. de la Font à Roze Achalle, veuve d’un capitaine de l’île de la Grenade, énumère une dizaine de pièces à chaque étage correspondant au plan actuel, ainsi qu’un grand salon garni de statues de marbre logées dans des niches. L’abondance du mobilier, la diversité des tissus comme l’usage des poêles en faïence évoquent un cadre raffiné et un goût nouveau pour le confort. La nouvelle propriétaire s’adresse à l’architecte urbaniste lyonnais Jean-Antoine Morand pour moderniser la façade sud et surtout aménager les jardins, bientôt ornés d’un grand bassin rectangulaire qui figure au premier plan de l’un des tableaux peints en 1774 par Lallemand pour le grand salon. Le château a été acheté le 18 juillet 1781 par Jean-Louis Boeuf de Curis à Rose de Franceschi, veuve d'un ancien major et qui habitait rue Sainte-Hélène à Lyon.

Le marabout, dans le parc, sur la colline, état actuel

En 1793, le château et ses 50 hectares sont déclarés «Bien National» puis restitués au fils de J.L. Boeuf de Curis, lequel épouse albine Morand de Jouffrey , nièce de l'architecte J-A.Morand, passent en 1807 à Camille Meaudre de Sugny qui avait épousé Melle Beuf et en 1824, leur fille hérite d’une propriété exclusivement viticole qui, en dépit de la création d’un salon marocain et du Marabout, périclite peu à peu, passe aux Ponchon de St-André en 1844 qui le mettent en vente en 1879, le seul revenu agricole étant la vigne, détruite à cette date par le phylloxéra. En douze ans, trois propriétaires successifs : de Vauxonne, de Chazelles, Teyssier, qui laissent l’ensemble se dégrader, faute de moyens financiers.

En 1890, rachat par Germain Falcot, riche industriel lyonnais, qui le sauve de la ruine en entreprenant de très gros travaux de rénovation, et fait remodeler le parc par le paysagiste Luizet. Vers 1930, à la mort de madame Falcot, rachat par l’école Ozanam de Lyon, qui en fait un lieu de sortie pour ses élèves, puis progressivement un petit internat. En 1940, alors que Lyon est bombardé, l’internat est utilisé pour mettre les petits pensionnaires en sécurité puis en 1962 il héberge des rapatriés d’Algérie pendant quelques mois avant d'être revendu à Bernard en 1952, et retomber dans l’abandon.

En 1969, la commune s’inquiète de ce voisinage et projette un lotissement de 150 villas sur 134 Ha. Vers 1980, achat par le commissaire-priseur Jayet, qui demande sans succès le classement à l’inventaire des monuments historiques en 1985. En 1988, « disparition » du commissaire Jayet, avec de lourdes dettes, d’où vente judiciaire de tout objet de valeur : les peintures de Lallement du XVIIIe siècle partent sans recours possibles aux USA.

En 2005 le château, en ruine, est acheté pour 800 000 € par la Sogimm (société de rénovation spécialisée). Sogimm aurait investi 1 800 €/m2 pour les travaux réalisés par C3B, filiale du groupe Vinci, et l'Atelier Royal[3]. Après travaux de réhabilitation (durant lesquels des cheminées et peintures disparaissent) et aménagement les appartements sont vendus selon le dispositif "Monuments historiques". La chapelle, vendue en 2009, va être transformée à usage d'appartement.

En 2009 le Parc à la Courly est cédé au Syndicat Mixte des Monts d'Or pour un euro symbolique. Le Syndicat Mixte des Monts d'Or a désormais la responsabilité de l'entretien du parc. Durant l'été 2009 le four à pain est rénové et de nouveaux chemins de randonnée sont tracés sur le site.

Après une inscription partielle le 1er décembre 1988 du château (façade toiture et caves voutées à croisées d'ogives) de la chapelle des deux tours isolées et de décors intérieurs, la totalité du domaine est inscrite monument historique le 20 novembre 2007[4]

Architecture[modifier | modifier le code]

L’architecte lyonnais Jean-Antoine Morand a travaillé sur le château, créant notamment la façade XVIIIe au sud.

Parc et jardins[modifier | modifier le code]

Le Parc du Château de Curis est établi sur les pentes Nord du Mont Thou. C’était un parc agricole, sur 33 hectares environ, avec des vignes, des champs de céréales, des bois, des pâturages, des vergers, des terrasses, un potager et un important réseau hydraulique alimentant un grand bassin, plusieurs moulins, des fontaines...

Ce parc a connu principalement deux périodes :

Dans la moitié du XVIIIe siècle, en 1769 arrive Rose-Achallée de Francesqui elle va faire appel à C’est probablement lui qui dessine le jardin régulier- sans doute un potager traité de façon ornementale, avec deux bassins et dix compartiments, orné de fontaines (Morand a laissé un croquis très approchant). Quant au grand bassin juste au-dessus, surmonté d’un double alignement d’arbres, peut-être un vivier ou une réserve d’eau pour les moulins, il me semble plus ancien (depuis 1294, les eaux du Thou appartiennent au Château de Curis).

Ces éléments sont bien visibles sur le « plan terrier » de 1783, et sur le tableau de Lallemand commandé en 1774 qui montre un jardin un peu idéalisé, dans le gout italien. Sur ces mêmes documents, figure un alignement d’arbres similaires à des peupliers, situés au nord du Canal. Ce n’est pas l’allée de tilleuls, qui apparait pour la 1ère fois, en 1885.

Au-dessus du Canal, toujours sur le plan Terrier, est visible l’allée de cerisiers, qui conduit au portail de la Blache. Quant au jardin régulier, il ne parait déjà plus sur le plan Curieux de 1885, on lit « Pré aval ».

Fin XIXe, début XXe siècle, Germain Falcot et son épouse Jeanne-Caroline Tessier, cette dernière est héritière du domaine acheté par son père en 1886, vont confier au paysagiste Luizet, la réalisation d’un parc romantique ou parc paysager, dans le gout de l’époque.

Faune et flore du site[modifier | modifier le code]

Le parc compte un très beau magnolia, et plusieurs arbres centenaires classés. Il compte des sangliers, un certain nombre d'oiseaux (geais, mésanges charbonnières, chouettes, moineaux, etc), des salamandres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Notice no PA00117754 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. (histoire de Curis au Mt d'Or, G. Pérouse
  3. article paru dans "le Progrès" du 24 juin 2008
  4. Base Mérimée

Liens et ressources[modifier | modifier le code]

  • Article paru en p.14 du journal "le Progrès", du 24/06/2008
  • Article paru "Un château aux multiples propriétaires" - ed. Ouest Lyonnais et Val de Saône, 11/06/2008
  • Archives municipales de la ville de Curis, "L'histoire de Curis" en 2 T. par Gabriel Pérouse, historien et enfant du pays.

Sur les autres projets Wikimedia :