Château de la Bastie d'Urfé

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Château de la Bâtie d'Urfé
Image illustrative de l'article Château de la Bastie d'Urfé
Période ou style Renaissance italienne
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVe siècle
Propriétaire initial famille d’Urfé
Destination initiale maison forte
Propriétaire actuel La Diana
Protection Logo monument historique Classé MH (1912)[1]
Coordonnées 45° 43′ 39″ N 4° 04′ 43″ E / 45.7275, 4.078611 ()45° 43′ 39″ Nord 4° 04′ 43″ Est / 45.7275, 4.078611 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Loire
Commune Saint-Étienne-le-Molard

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de la Bâtie d'Urfé

La Bastie d'Urfé (ou Bâtie d’Urfé) est un château du Forez (Saint-Étienne-le-Molard, Loire), ouvert aux visiteurs. Il est le lieu de spectacles estivaux dans le cadre des Nuits de la Bâtie d'Urfé et de l'action nationale Nuit des musées. Il a été habité autrefois par Honoré d'Urfé, auteur de L'Astrée. Il ne doit pas être confondu avec le Château d'Urfé, désormais surnommé "Les Cornes d'Urfé" et situé à Champoly.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une grange monastique installée sur les bords du Lignon par les moines du prieuré de Champdieu est à l’origine du domaine de la Bâtie au XIe siècle. Elle devient ensuite une maison forte avec son pont-levis et ses fossés. La famille d’Urfé, descendue de sa forteresse montagnarde ( désormais surnommée les "Cornes d’Urfé") à Champoly, près de Saint-Just-en-Chevalet, s’installe à la Bâtie à partir du XIIIe siècle.

42 - La-Bastie-d'Urfé Château.jpg

Érigé au XVe siècle, le manoir familial de la Bastie, un édifice à l’origine de style médiéval a par la suite été transformé par Claude d'Urfé (1501-1558), ambassadeur de François Ier à Rome, pour le concile de Trente, puis gouverneur du Dauphin. Il s'inspira de ses séjours en Italie et des réalisations royales pour aménager dès 1535[2] sa demeure en un joyau de la Renaissance italienne et française (art nouveau du XVIe siècle) et devenir le fleuron du Forez.

Claude d'Urfé a voulu exprimer à travers l’architecture et les décors de la Bâtie, différentes idées : son amour pour sa femme, sa passion pour les arts ainsi que pour la connaissance et sa pensée philosophique. Il a passé commande à de grands artistes pour l’embellir[3].

Situé à côté du Lignon du Forez, c'est là qu'Honoré d'Urfé, petit-fils de Claude, passa une partie de sa jeunesse dans ce château et écrivit L'Astrée, premier roman fleuve de la littérature française.

On retrouve d'ailleurs des lieux réels des environs du château dans cet ouvrage: Honoré d'Urfé plaça la Bâtie et ses environs au centre de son roman. On peut retrouver depuis les fenêtres de cette demeure un cadre évoqué par l’écrivain : le bocage, les bords du Lignon, les Monts du Soir et du Forez. Dans le parc, la Fontaine de la Vérité d’Amour subsiste, semblable à celle qu’Adamas avait fait dresser par Céladon[3].

Caroline Elisabeth Lagrange (1806-1870), épouse du 2e duc de Cadore, Franz Xaver Winterhalter, 1821

En 1836, la Bastie d’Urfé est achetée par Caroline « de » Lagrange (1806-1870), fille du comte Joseph Lagrange (1763-1836), duchesse de Cadore, épouse de Louis Alix de Nompère de Champagny. La Bastie d’Urfé pourrait être sauvée car elle s'adresse à Prosper Mérimée pour un classement. Mais c'est en vain[4].

Du XXe siècle à nos jours[modifier | modifier le code]

Sauvé de la ruine en 1909 par la Société Historique et Archéologique du Forez, la Diana, il est classé monument historique depuis le 25 octobre 1912[5].

D’importants travaux réalisés par le Conseil général de la Loire depuis 1990 ont permis d’améliorer considérablement l’image de la Bâtie ainsi que l’accueil des visiteurs. En sept ans (de 2001 à 2007), le Conseil général a engagé pour 1 140 000 euros de travaux pour redonner vie à ce site majeur de la Loire[3].

Présentation architecturale[modifier | modifier le code]

Rampe d'accès gardée par un sphinx
Les jardins et la rotonde de la Bastie d'Urfé

La maison forte est le bâtiment le plus ancien de la Bastie d'Urfé (XIVe siècle). Au cours des années 1460-70, la maison forte est agrandie au sud et au nord par l'édification d'un donjon. Les douves sont alimentées par le bief de dérivation des eaux du Lignon.

Le château offre un ensemble remarquable : la galerie aux douze colonnes, la rampe d'accès gardée par un sphinx, le corps de garde.

À l'intérieur, différentes salles dont celle des rocailles, unique en France, dont les ornements mythologiques sont réalisés avec des petits galets, des coquillages, et des sables de couleur[2], la chapelle unissant peintures et gypseries (boiseries et marqueteries, plafond à caissons, et pavement en faïence de Masséot Abaquesne) créés par des artistes italiens et des artisans venus du Forez[3].

Jardins[modifier | modifier le code]

Les recherches archéologiques menées par Anne Allimant-Verdillon à la Bastie de 1993 à 1998 ont permis de mieux connaitre les travaux menés lors de la création du jardin de Claude d'Urfé dans les années 1550 ainsi que la configuration générale du site. De nos jours, le sous-sol du jardin abrite encore l'ingénieux système de guidage des eaux de la nappe phréatique mis en place au milieu du XVIe siècle : guidées en profondeur sur un lit d'argile, les eaux issue du petit canal du jardin (ou bief) arrosent les plantes par capilarité et alimentent égalememt bassins et douves.

Les jardins du XVIe siècle étaient à l'origine situés à l'ouest et au sud du château, bordés partiellememt par un canal en amont du Lignon. 16 parterres de buis divisés compartiments géométriques et symétriques ont été en partie restaurés à partir des années 1950, sur la base d'un plan géométral du domaine dessiné en 1804. La rotonde a retrouvé sa fontaine de marbre blanc fontaine de la vérité d’amour dans les années 1995. Le bosquet en étoile situé à proximité a été restauré dans les années 2000. Quant à la pergola située le long du mur de cloture, elle a été reconstituée sur la base des découvertes archéologiques faites en 1994 (élémemts architecturaux mis au jour dans le bief). La parcelle située au Sud abritait sans doute à l'origine un labyrinthe de coudriers.

Le jardin du château de la Bastie d'Urfé est inscrit au pré inventaire des jardins remarquables[6]. .

Musée[modifier | modifier le code]

ouverture du 01/12 au 15/03 : les samedis et dimanches de 10h à 13h et de 14h à 17h. du 16/03 au 31/03 et du 01/10 au 30/11 : tous les jours de 10h à 13h et de 14h à 17h du 01/04 au 31/09 : tous les jours de 10h à 19h

Spectacles, Événements[modifier | modifier le code]

Festival des Nuits de la Bâtie d'Urfé[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nuits de la Bâtie d'Urfé.

L'Estival de la Bâtie remplace le festival des Nuits de la Bâtie et propose des spectacles au château (les Castellades) et des spectacles dans différents lieux touristiques du département (les Escapades). Il se déroule uniquement sur le mois de juillet. Cette demeure fait l'objet d'importantes restaurations par le Conseil général de la Loire qui en fait également un haut lieu d'animations culturelles du département : chaque été, le festival des Nuits de la Bâtie d'Urfé se déroule au sein même du château. Pluridisciplinaire, il œuvre dans différents domaines artistiques : théâtre, musique classique, comédie-ballet[2], installations, cinéma, spectacles jeune public, visites guidées et expositions[7].

La Nuit des musées[modifier | modifier le code]

La Bastie d'Urfé ouvre également ses portes à la Nuit européenne des musées. Les visites se font avec des lampes torches pour permettre aux visiteurs de découvrir des détails du château. De la musique (intermèdes) accompagne les visites dans les jardins et le château[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. « Notice no PA00117605 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b et c (fr) « Château de la Bâtie d'Urfé » sur BaLaDO.fr
  3. a, b, c et d (fr) Dossier de presse : présentation de l’édition 2008 sur les site officiel des Nuits de la Bâtie d’Urfé, 23 mai 2008
  4. « Caroline Lagrange », sur roglo.eu (consulté le 2 mai 2011)
  5. « Château de la Bastie-d' Urfé », base Mérimée, ministère français de la Culture
  6. « jardin du château de la Bastie-d' Urfé », base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. (fr) « Dom Juan aux Nuits de la Bâtie d'Urfé » sur zoom42.fr
  8. (fr) « Château de la Bastie d'Urfé » sur nuitdesmusees.culture.fr

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le château de la Bastie d'Urfé, Saint-Étienne-le-Molard » in Caroline Holmes, Folies et fantaisies architecturales d'Europe (photographies de Nic Barlow, introduction de Tim Knox, traduit de l'anglais par Odile Menegaux), Citadelles & Mazenod, Paris, 2008, p. 18-21 (ISBN 978-2-85088-261-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]