Château de l'Ortenbourg

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Château de l'Ortenbourg
Image illustrative de l'article Château de l'Ortenbourg
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIIe siècle
Destination initiale Forteresse
Destination actuelle Ruines
Protection Logo monument historique Classé MH (1924, ruines)
Coordonnées 48° 17′ 45″ N 7° 23′ 32″ E / 48.2957, 7.3921 ()48° 17′ 45″ Nord 7° 23′ 32″ Est / 48.2957, 7.3921 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Basse-Alsace
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Commune Scherwiller

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Château de l'Ortenbourg

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Château de l'Ortenbourg

L'Ortenbourg (ou Ortenberg) est, avec le Ramstein, l'un des deux châteaux qui dominent la commune de Scherwiller, située à 7 km de Sélestat, dans le département du Bas-Rhin. Les ruines du château s'élèvent sur un piton rocheux, à 437 m d'altitude. L'ensemble des deux châteaux fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis juillet 1924[2], [3].

Ce château tient son nom de la famille Ortenberg, présente à Scherwiller depuis le Xe siècle.

Les vestiges actuels[modifier | modifier le code]

Le château de l'Ortenbourg construit en granit lisse et blanc au XIIIe siècle est un bel exemple d'architecture militaire de l'Alsace médiévale. Il possède encore un donjon pentagonal de 32 m, un rempart de 17 m muni de trois rangées d'archères et un logis seigneurial à fenêtres gothiques. Un grand fossé le sépare du reste de la montagne.

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Bref historique du château[modifier | modifier le code]

  • Vers l’an 1000[4], un premier château est érigé sur le piton rocheux par un certain comte Werner d'Ortenberg, qui par ailleurs fonde avec son épouse Hymeltrude l'abbaye de Honcourt
  • 1166-1167 : le château apparaît sous sa forme actuelle en 1166-1167 avec le noble Werner von Ortenberg originaire de Souabe, mais possessionné à Scherwiller. une de ses descendantes apporte le château et la seigneurie - l'Albrechtsal, de Scherwiller à Saales - en dot à Rudolf von Habsburg, landgrave de la Haute-Alsace, qui bâtit l'édifice actuel.
  • 1262 : l'édifice actuel est construit par Rodolphe de Habsbourg, futur roi des Romains, pour contrôler la vallée de Villé.
  • 1293 : il est assiégé depuis le château de Ramstein par Otton Ochsenstein lors du conflit qui oppose les Habsbourg à Adolphe de Nassau, propriétaire des lieux.
  • 1314 : il est vendu aux Müllenheim avec le village de Scherwiller.
  • 1374 : il est endommagé en 1374 par les troupes de Jean Ier de Lorraine, qui cherchait à protéger son duché des grandes compagnies.
  • XVe siècle : il sert à rançonner les voyageurs.
  • 1470 - 1474 : il est occupé par les troupes de Charles le Téméraire, venu assainir la région, puis repris par les Strasbourgeois.
  • 1551 : il est racheté par le gouverneur d'Innsbruck, Nicolas de Bolwiller.
  • 1633 : il est incendié et partiellement détruit par les Suédois durant la guerre de Trente Ans.
  • 1710 : la propriété revient au comte de Meuse, sa famille en reste propriétaire jusqu'à la Révolution française
  • 1806 : il est racheté par le baron Mathieu-Faviers qui effectue d'importants travaux de restauration, sa propriété est transférée à la ville de Scherwiller
  • 1924 : il est classé monument historique
  • 1966 : la ville de Scherwiller propriétaire du château continue l'entretien avec différentes associations

Les doctrines de conservation et de sauvegarde posés à l’occasion du diagnostic[modifier | modifier le code]

À travers l’étude préalable à la restauration du château[5] une réflexion plus générale a été engagée sur la fonction, l’utilisation ou bien la réutilisation des ruines de châteaux-forts, qui faute de travaux importants de conservation-restauration sont parfois menacés de disparition[6].

Comment sauver rapidement de façon scientifique le maximum d’édifices ? Les réflexions des « Entretiens du Patrimoine » qui se sont déroulés à Caen en novembre 1990 sur le thème « Faut-il restaurer les ruines ? »[7] ont permis de clarifier les problèmes et de définir des principes. Les sujets abordés ont fait l’objet d’un débat entre fonctionnaires, architectes, associations et collectivités territoriales, sans a priori sur les problèmes des ruines en général : ruine romantique - ruine symbolique ; conservation - lisibilité ; restitution - invention ; réutilisation - reconstruction.

Quatre grands principes se sont dégagés des débats : respect des ruines romantiques les plus prestigieuses ; intégrer le « paysage » dans le traitement des ruines, ce qui nécessite une vigilance au titre des abords ; accepter parfois une modification du statut de certaines ruines à travers des utilisations, plus rarement des réutilisations bien organisées, impliquant un programme et une volonté des demandeurs ; informer le public des projets de restauration, l’aspect « communication » étant encore nettement insuffisant. Pour répondre à cette attente, il suffirait dans un premier temps, dans un souci de transparence des informations, de publier les études préalables et de généraliser l’édition de brochures présentant au public, en amont, les propositions de travaux de restauration envisagés[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Braun : Circuit des châteaux forts d'Alsace - Ingersheim : éd. SAEP, 1978 - collection Delta 2000.
  • Bernhard Pollmann : Vosges : 50 randonnées sélectionnées dans les Vosges lorraines et alsaciennes - Munich : éd. Rother, 2003. (cf. circuit n°26, pp. 84-85)
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du moyen âge en France, Strasbourg, Editions Publitotal,‎ 4e trimestre 1979, 1287 p. (ISBN 2-86535-070-3)
    Scherwiller, Ortenberg pp. 1124-1125
  • Charles-Laurent Salch, Nouveau Dictionnaire des châteaux forts d'Alsace, Ittlenheim, alsatia, Conception et réalisation Lettrimage,‎ 1991, 384 p. (ISBN 2-7032-0193-1)
    Scherwiller : p. 288
  • Charles-Laurent Salch, Imagiers des châteaux et remparts d’Alsace, vol. 1, Strasbourg, Châteaux-forts d'Europe-Castrum Europe,‎ 2010, 160 p. (ISSN 1253-6008)
    N°53/54/55 2010. TOME 1 : A – F : Ortenberg, 1514, dessin Hans Baldung-Grien, p. 38 ; Vers 1960, photo Fernand Beck, p. 46 ; Dessin 1917, de Bodo Ebhard, Burg Kalender, p. 128
  • Charles-Laurent Salch, Imagiers des châteaux et remparts d’Alsace, 1370-1970, vol. 2, Strasbourg, Châteaux-forts d'Europe-Castrum Europe,‎ 2011, 362 p. (ISSN 1253-6008)
    N°56/57/58/59 2011. TOME 2 : G à O :Ortenberg, 1933, photographie aérienne de l’adjudant HEGLY (collection Christian Kempf), p. 201 ; 1917, lithographie de Max Korner, p. 259 ; vers 1975, aérographe sur panneau de Gilbert-Julien Mennessier, p. 322 ; 1991/95, image de synthèse de Jérôme M- Michel, p. 333 ; 1844, dessin au crayon de david Ortlieb, p. 353 ; 1930, illustration Théobalde Kech27, photographie Otto Knoerr, p. 360 ; 1890/1920, huile sur toile de P. Joyez, p. 271
  • Dominique Toursel-Harster, Jean-Pierre Beck, Guy Bronner, Dictionnaire des monuments historiques d’Alsace, Strasbourg, La Nuée bleue,‎ 1995, 663 p. (ISBN 2-7165-0250-1)
    Scherwiller, château de l’Ortenbourg, ou Ortenberg, pp. 231 à 236

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Notice no PA00084970 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. « Notice no IA00124576 », base Mérimée, ministère français de la Culture Château fort d'Ortenberg
  4. « Les Châteaux d'Alsace - Le Château de l'Ortenbourg », sur BS Encyclopedie
  5. Les questions que l’on en a tiré sont les suivantes :
    • La tâche est très urgente, de nombreux édifices sont menacés de disparition à court ou très moyen terme.
    • Il s’agit d’une entreprise colossale, car il faut intervenir sur de nombreux sites à la fois, chacun étant un gouffre financier.
    • Les travaux doivent présenter toutes les garanties scientifiques ; et il faut aussi établir une doctrine d’usage qui doit devenir un cahier des charges permettant de renforcer leur valeur documentaire, essentiellement en établissant un corpus de référence et d’authenticité
  6. Pour assurer la promotion européenne du patrimoine alsacien, la décision a été prise de créer différentes routes culturelles dont la « Routes des châteaux » prévues autour de points d’accueil phares : château du Hohlandsbourg dans le Haut-Rhin, le château de Lichtenberg, le château du Spesbourg et le château de l’Ortenbourg dans le Bas-Rhin). Parallèlement, des actions de valorisation touristique ont été engagées : signalisation, balisage, signalétique (soutien des actions de signalisation et de publications réalisées par les parcs naturels régionaux des Vosges du Nord et des Ballons des Vosges, et du Club vosgien), promotion audiovisuelle (dix films ont été réalisés à l’initiative du Conseil régional pour la promotion de l’Alsace portant sur la cathédrale de Strasbourg, le château du Haut-Kœnigsbourg, les Ribeaupierre, les châteaux et les mines d’argent, le musée Unterlinden de Colmar ; mais ils ont abordé aussi des thèmes comme : les musées techniques de Mulhouse, la Décapole, les routes militaires, romanes, des châteaux et des orgues...
  7. Colloque Faut-il restaurer les ruines ? Ruine historique ruine symbolique, Conservation lisibilité, Restitution Invention, Reconstruction réutilisation, p. 70 : Restaurer les ruines : rigueur scientifique et imagination contrôlée par Yves Boiret inspecteur général des monuments historiques, p. 82 : Lumières sur la consolidation des murs médiévaux en Alsace par René Dinkel, p. 280 : Les châteaux d’Alsace par Michel Jantzen, …
  8. René Dinkel, L'Encyclopédie du patrimoine (Monuments historiques, Patrimoine bâti et naturel - Protection, restauration, réglementation. Doctrines - Techniques - Pratiques), Paris, éditions Les Encyclopédies du patrimoine,‎ septembre 1997, 1512 p. (ISBN 2-911200-00-4)
    Chapitre II Lumières sur les pierres, pp 44 à 47 : Réflexions générales sur la restauration des monuments et pp. 48 à 50 Faut-il restaurer les ruines ?