Château de Trévarez

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Château de Trévarez
Image illustrative de l'article Château de Trévarez
Façade Nord du château de Trévarez.
Nom local Château Rose
Période ou style Style néogothique
Type Palais
Architecte Walter-André Destailleur
Début construction 1893
Fin construction 1907
Propriétaire initial James de Kerjégu
Destination initiale Habitation privée
Propriétaire actuel Conseil général du Finistère
Destination actuelle Musée, expositions, visites
Protection  Inscrit MH (2008, pavillon de chasse de Moniven)
 Inscrit MH (2009, ensemble du domaine)
Logo affichant deux demies silhouettes d'arbre Jardin remarquable (2004)
Patrimoine XXe s. (2004)
Site web www.cdp29.fr/trevarez-ledomaineenbref.html
Coordonnées 48° 09′ 10″ N 3° 48′ 24″ O / 48.152778, -3.806667 ()48° 09′ 10″ Nord 3° 48′ 24″ Ouest / 48.152778, -3.806667 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Bretagne
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Saint-Goazec

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Château de Trévarez

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(Voir situation sur carte : France)
Château de Trévarez

Le château de Trévarez est situé dans la commune de Saint-Goazec, dans le Finistère, en Bretagne. Construit à la fin du XIXe siècle par James de Kerjégu, président du conseil général du Finistère pour accueillir ses relations mondaines, c'est, avec son parc ouvert au public, un important monument du Finistère.

Le château est à la fois un exemple du style éclectique, alliant les styles victorien et néogothique aux éléments de décor breton, et un prototype de la demeure équipée des plus récentes avancées technologiques de l'époque : ascenseur, chauffage central, eau courante, électricité... Sa porte en fer forgé, d'Achille Busson, fut en outre exposée et primée en 1903 au Grand Palais de Paris avant d'être installée au château.

Très endommagé en 1944 par un bombardement allié, il a depuis été racheté et mis en valeur par le conseil général du Finistère.

Le château fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 4 juin 2009[2]. Il a également reçu le label « Patrimoine du XXe siècle »[2], ainsi que la distinction Jardin remarquable.

Historique du site[modifier | modifier le code]

Le nom de Trévarez est d'origine bretonne. Il viendrait de "Trev", qui signifie quartier (ou lieu habité anciennement), "are" désignant un relief ou une échine montagneuse. De nombreuses familles de la noblesse bretonne se succèderont dans ce manoir de la baronnie de Laz. Les terres qui en dépendent sont très vastes et sont composées de 5 paroisses  : Saint-Goazec, Laz, Spézet, mais aussi Roudouallec et Guiscriff, dans le Morbihan.

Portrait de James de Kerjégu en 1893

En 1567, la baronnie est érigée en marquisat de la Roche par Henri III, au profit du chevalier Troilus de Mesgouez, qui fut page à la cour de Catherine de Médicis, Gouverneur de la ville de Morlaix, puis vice-roi de Nouvelle-France en 1578. Ce fut sa nièce, Anne de Coëtanezre, marquise de la Roche et Laz, et épouse de Charles de Kernesné, qui fit du manoir de Trévarez leur résidence ordinaire. Manoir qui sera totalement reconstruit durant le XVIIe siècle.

Peu avant la Révolution française, les 2 600 hectares de Trévarez (dont 1200 ha cultivables, 700 étant des landes, et 700 autres étant des bois), le manoir familial et la chapelle, parviennent par héritage à Louise du Bot de Grégo, fille unique de Charles-François Jules du Bot et marquis du Grégo, épouse du vicomte Antoine-Henry d'Amphernet de Pontbellanger, qui fut chouan. Louise de Grégo réussira, grâce à ses relations, à épargner Trévarez des pillages révolutionnaires. Veuve, elle épousera alors le Général Bonté dans la chapelle de Trévarez.

Du passé seigneurial du site, il reste aujourd'hui le manoir, entièrement modifié puis modernisé en 1860 par François de Kerjégu, la chapelle Saint-Hubert, autrefois dédiée à Notre-Dame, puis reconstruite en 1699 et placée sous le vocable de saint Hubert, patron des chasseurs, et la Fontaine Saint-Hubert, datée de 1700, nichée au pied de l'actuel Château.

Le 25 juillet 1845, François et Louis Monjaret de Kerjégu, issus de la Noblesse de robe de Montcoutour et Lanvollon, venus des Côtes-du-Nord, rachètent les terres, alors constituées de 2022 ha, pour la somme de 600 000 francs au fils de Louise de Grégo. Louis inaugurera en 1847 une ferme expérimentale à Trévarez, qui sera en 1865 transférée au Château de Kervoazec, dont il est le bâtisseur.

Plus tard, le domaine de Trévarez reviendra en héritage à James de Kerjégu, dont le beau-père n'est nul-autre que le Baron Samuel de Haber, richissime financier allemand, à qui appartient le château de Courances . De son mariage avec Laure de haber, James aura une fille en 1885, Françoise, mais se retrouvera brusquement veuf peu après. Son beau-père décèdera en 1898, ce qui le laissera seul héritier de la fortune des Haber. Il décide alors d'offrir à Françoise et à ses deux demi-sœurs une demeure encore plus grandiose que Courances, et jeta son dévolu sur Trévarez, dans les Montagnes Noires.

Historique du Château[modifier | modifier le code]

Au pied du Roc'h An Aotroù, James fit construire un vaste château, dernière folie architecturale de l'époque en France, et y intégra tous les conforts de l'époque : deux ascenseurs, eau chaude à tous les étages, sanitaires, chauffage central.... Profondément humaniste, James de Kerjégu fit profiter de ce confort, à ses domestiques, ce qui était fort inhabituel pour l'époque. Ils disposaient en effet d'un ascenseur spécial pouvant également leur servir de monte-charge.

Afin que les invités de prestige puissent avoir constamment des fruits et légumes frais, il fit également construire de vastes serres, dotées de chauffage, à eau modulable. La présence d'une glacière électrique était également connue dans les cuisines, ainsi qu'une rôtissoire et un superbe piano à quatre fours, un four à pâtisserie, deux étuveuses, deux bains-marie et ses plaques de cuisson.

Il mourut, peu après, l'achèvement des travaux et, ce fut sa fille, Françoise, accompagnée de son mari, le marquis Henri de La Ferronnays, qui logea au château, souvent accompagnées par ses demi-sœurs, devenues par mariage, marquise de Ganay et comtesse de Béarn. Durant la Belle Époque de Trevarez, on compte jusqu'à 80 domestiques ayant travaillé au Château. On y donnait de fastueuses réceptions, pour la noblesse, venue de France, voire du Monde entier. Idéalement placé pour cela, le Domaine était très apprécié pour les parties de chasse-à-courre qui y étaient organisées, par Henri de la Ferronnays, jusqu'en 1939.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Trévarez servira, dès octobre 1939, pour y recevoir les objets classés et les collections des musées, du Pas-de-Calais.

En juillet 1940, le château sera réquisitionné par les forces d'occupation allemandes et par des sous-mariniers japonais, postés au port de Lorient. Il fut bombardé par la RAF le 30 juillet 1944 sur les renseignements de la résistance française. Le château était pourtant inoccupé lors de l'assaut aérien. Le bombardement a atteint toute l'aile ouest du toit aux sous-sols, sur cinq niveaux, ainsi que les cuisines à l'est. Le salon d'apparat et les appartements de réception partiront en fumée.

Henri de la Ferronays meurt en 1946. Le château est laissé à l'abandon, en triste état. Le montant des dommages de guerre accordés à sa veuve, Françoise, sans enfants, ne sont pas suffisants pour réparer les dégâts. Jusqu'en 1968, le Château sera laissé pour compte. Les tracés des jardins disparaîtront sous la friche, et le château éventré sera la cible de nombreux pillages. Les Cheminées, carrelages et tuyauteries de cuivre seront, pour la plupart, arrachés. La végétation sauvage recouvrira une bonne partie du château.

C'est dans ce triste état que Paul et Octave de Ganay, derniers héritiers, neveux de Françoise, mettront en vente le Domaine de Trévarez, avec ses 181 hectares restants, en 1968. Il sera racheté par le Conseil général du Finistère, qui entamera une rénovation progressive, en commençant par l'extérieur du château et les jardins. La toiture du château sera restaurée en 1993, révélant sa structure métallique. Il manquera cependant une cheminée sur le nouveau toit, celle-ci ayant disparu lors du bombardement. Rouvert en 1971, le jardin, aujourd'hui de 85 hectares, est labellisé « Jardin remarquable »[3]. On y trouva une impressionnante colonie de chauves-souris, espèces protégées, dans les combles ou les sous-sols. Huit espèces différentes cohabitaient dans le château abandonné. Elles ont aujourd'hui un endroit spécial à l'entrée des combles.

Construction[modifier | modifier le code]

D'importants travaux de terrassement seront nécessaires pour ouvrir la montagne et pour réaliser, à mi-pente des Montagnes Noires, la plate-forme qui servira de base.

James de Kerjégu redessinera également tout le paysage environnant, important de nombreuses variétés d'arbres et de plantes de plusieurs endroits du monde. Il fera creuser un étang près de l'ancien manoir, et composera un véritable parc forestier à l'anglaise.

Les travaux démarrent en 1893. ce chantier de 14 ans coûtera presque 5 millions de Francs-Or de l'époque. (Ce qui équivaudrait aujourd'hui, en euros, et à peu de choses près, 15 millions d'euros.) 50 artisans et ouvriers de toutes professions et conditions s'activeront sans relâche sur le chantier et seront logés dans les fermes environnantes.

James de Kerjégu fera appel à l'architecte Walter-André Destailleur pour son château. Destailleur ne boude pas les nouveautés de son époque, aussi une grande partie de la charpente sera réalisée en fer recouverte d'un revêtement en maçonnerie. Le Canal de Nantes à Brest, qui passe près de là, servira pour le transport des matériaux venus de toute la pointe bretonne.

Certains clichés nous indiquent qu'en 1903 tous les travaux extérieurs étaient finis et que les artisans continuaient de s'affairer à l'intérieur.

À l'entrée du parc, deux maisons de fonction seront ajoutées, ainsi que des serres dotées de chauffage à eau modulable, une maison de jardinier et des écuries, dotées d'une grande verrière et d'une cour pavée intérieure.

Architecture[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble du château

Le château est édifié en kersantite (ou pierre de Kersanton) et en brique, sa charpente métallique était innovatrice sur un tel bâtiment, et il a été sélectionné pour son architecture à l'Exposition universelle de Chicago de 1904. Le domaine dans sa totalité est inscrit au titre des monuments historiques le 6 avril 2009, incluant le manoir, la ferme expérimentale, les communs ainsi que les stalles conservées des écuries, le logis, la chapelle des deux maisons de fonction, les chenils ainsi que le pavillon de garde de Cavarno[2]. La grille en fer forgé de la porte d'honneur fut exposée et primée au Grand Palais à Paris en 1903.

L'architecte a fortement travaillé sur les volumes et les différents styles architecturaux, conférant à la bâtisse cette forte allure néogothique, à la fois château fort et château fantastique de contes de fées. Les faux mâchicoulis, pinacles et autres gravures sur l'extérieur du château, soignées au détail et propres au style néogothique, font référence à la Bretagne, à la chasse, ou aux symboles nobles de tous les temps  : Feuilles de chênes et glands gravés sur les gouttières, fleurs de lys.... Les ouvertures pratiquées sont bien souvent différentes sur les 3 ailes du château, et l'abondance des motifs décoratifs démontre la richesse des maîtres de maison. Les 4 tours sont toutes dissemblables. Certains éléments du palais servent à donner une impression d'unité, comme les hautes cheminées ou les bandeaux de pierre sur la façade.

Il est à noter que la construction du château a débuté l'année de l'achèvement de la construction du château de Vouzeron, dans le département du Cher, réalisé par le père de Walter-André Destailleur, Gabriel-Hippolyte Destailleur. Les deux châteaux présentent de très nombreuses similitudes, tant dans les volumes et le style que dans les aménagements de grand luxe déployés.

On peut distinguer 3 parties autonomes dans le bâtiment. À l'est, le logement du maître de maison et de sa famille se détache du corps central, étagé sur six niveaux plus un entresol, avec une entrée indépendante en forme de tourelle afin d'adoucir le changement de niveau. Au centre se trouvent les espaces de réception et les chambres des invités de passage. Pour finir, à l'ouest se trouve le salon d'apparat et les appartements d'honneur.

Tout le sous-sol sur 920 mètres carrés, visible sur la façade nord du château, dans les contreforts de la plate-forme, est occupé par les cuisines entièrement carrelées et autres pièces telles que les deux chaufferies, boucherie, glacière, blanchisserie, salle de venaison salles à poissons, produits fermiers et à légumes, caves à charbon... Il y avait également trois caves à vins pouvant accueillir 6000 bouteilles. Un monte-plats, dans l'office central, permettait le transfert des repas sans laisser deviner l'intense activité qui régnait au sous-sol.

Ce château comporte une centaine de pièces et trente chambres, chacune équipée d'une salle de bains et de chauffe-serviettes. On compte également 20 baignoires, 14 cabinets de toilette et 3 piscines d'agrément. On note la présence des escaliers de service qui permettaient aux domestiques de ne jamais croiser leurs maîtres. Au summum de la modernité, téléphone et lumière électriques sont alimentés par une centrale indépendante située près des écuries.

C'était un château de grand luxe pour l'époque, comme en témoigne l'eau chaude courante à tous les étages. Pour ce faire, la bâtisse dispose d'un réservoir de 9 000 mètres cube d'eau sous les combles de la tour Nord. Au total, on compte une capacité de stockage d'eau de 1 880 mètres cube. La présence d'un dédale de tuyauterie et d'un aqueduc souterrain de 100 mètres de long qui longe la façade du château montre la volonté de James de Kerjégu de faire dans le luxe et la perfection  : En effet, les sanitaires, l'eau chaude courante et les ascenseurs étaient des luxes rares pour l'époque, surtout en plein cœur de la Bretagne. Les robinets d'eau chaude ou froide indiquent une nouvelle fois ce soin dans l'absolu confort.

Un wagonnet sur rails de 100 mètres de long dessert également les caves de stockage et les cuisines souterraines jusqu'à l'extrémité ouest, afin d'organiser les livraisons dans la plus grande discrétion et facilité.

Suite au bombardement, seule une petite portion du château est aujourd'hui visitable, le coût des travaux étant bien trop élevé pour pouvoir le restaurer rapidement.

Parc et jardins[modifier | modifier le code]

Vue de Châteauneuf-du-Faou et de la vallée de l'Aulne depuis la terrasse du château de Trévarez

Cet ensemble de 85 hectares, parsemé de clairières ornementales et d'allées empierrées, comprend le parc paysager et les jardins ainsi que leurs fabriques : le bassin de la Chasse et les fontaines du jardin Renaissance, en face de la façade Ouest, les deux vasques et le cadran solaire du jardin régulier, les deux statues des enfants maîtres-chiens, les grilles et les piliers des portails d'accès.

Il comprend aussi la fontaine du Lion et la fontaine Saint-Hubert, la terrasse sud, les anciens jardins en terrasses, la maison du jardinier, la serre attenante, le verger et le potager et leurs serres (autrefois équipées de chauffages à eau modulables) avec leurs murs de clôture et le bassin central du potager, la cressonnière, le vivier, l'étang artificiel, ainsi que les infrastructures hydrauliques (le réservoir, les canalisations, les vannes)[2].

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Ce parc, en tant que jardin mixte, est un jardin remarquable[3],[4]. Il s'agit à l'origine d'un vaste parc à l'anglaise de 85 ha, planté de nombreux arbustes ornementaux (par exemple on y trouve encore aujourd'hui 160 camélias centenaires), au sein duquel se nichent plusieurs jardins : la carrière romantique, le "jardin japonais", le jardin italien, le jardin régulier… Mais ce sont surtout les vastes points de vue vers et depuis le château qui caractérisent l'architecture du parc originel.

À l'abandon de 1939 à 1968, le parc a été continuellement réaménagé de 1968 à nos jours, en particulier près l'ouragan dévastateur de 1987. Depuis cette date il est organisé en quadrants, correspondant aux quatre saisons, avec un genre emblématique pour chacune d'elles : le Camélia pour l'hiver, le Rhododendron pour le printemps, l'Hydrangea pour l'été, et les érables à l'automne.

Il abrite aujourd'hui la Collection Nationale du genre Rhododendron, avec environ 700 variétés, dont certaines extrêmement rares, ainsi que de vastes collections de plantes de terre de bruyère (Camellia, Hydrangea, Fuchsia)... Également d'arbres en tout genres tels que les érables japonais, des chênes, séquoias, plusieurs variétés de pins (Écossais, sylvestres, mélèzes, épicéas), tulipiers de Virginie, tilleuls argentés et cèdres de l'Atlas.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claire Arlaux (préf. Pierre Maille), le Domaine de Trévarez : Bâtir un rêve, Coop Breizh & Chemins du patrimoine en Finistère,‎ 2011, 80 p. (ISBN 978-2-84346-539-0)
  • Philippe Bonnet, Patrick Dieudonné (dir.), Château de Trévarez, in Bretagne, un siècle d’architectures, 2001, (ISBN 2-84362-116-X), p. 28-29
  • Claire Lecorbeiller, « Trévarez, la folie romantique », in La Bretagne des jardins, Ouest-France, Rennes, 2002, p. 26-31 (ISBN 2-7373-2630-3)
  • Catherine Kerouanton-Vargues, Trévarez ou l'eau confortable, in Actes du colloque "le château et la nature", 2005, Institut d'Histoire, Ausonius, Université de Bordeaux III

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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