Château de Thoiry

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Château de Thoiry
Image illustrative de l'article Château de Thoiry
Le château de Thoiry, côté jardins
Période ou style Renaissance
Type château
Architecte Olivier Ymbert
Début construction 1559
Fin construction 1580
Propriétaire initial Raoul Moreau
Destination initiale habitation
Propriétaire actuel Comte de La Panouse
Destination actuelle habitation
Protection  Inscrit MH (1973)
Site web www.thoiry.net/index.2.php?lang=en
Coordonnées 48° 51′ 50″ N 1° 47′ 46″ E / 48.86389, 1.7961148° 51′ 50″ Nord 1° 47′ 46″ Est / 48.86389, 1.79611  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Thoiry

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Thoiry

Le château de Thoiry est un château de la Renaissance situé à Thoiry dans le département des Yvelines, à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Raoul Moreau, le bâtisseur (XVIe siècle)[modifier | modifier le code]

À partir de 1559, Raoul Moreau (†1583), trésorier de l'épargne du roi Henri II puis intendant des finances, commande au maître maçon Olivier Ymbert, originaire de Saint-Léger-en-Yvelines et qui avait travaillé quelques années auparavant au château de Rambouillet, la construction d'un château à Thoiry, sur un site occupé depuis le XIIe siècle[1]. Après la construction des dépendances – ferme, écuries, bergeries, colombier – un corps de logis simple en profondeur auquel s'accrochent sur la façade antérieure deux pavillons rectangulaires de même hauteur, reliés par une terrasse, est édifié à partir de 1562. Ce corps de logis comprend un escalier central rampe sur rampe, voûté en brique, qui prend jour sur les deux façades. L'élévation originelle ne comporte sans doute qu'un seul étage, disposition fréquente à la fin du XVIe siècle mais assortie d'un haut soubassement qui manque ici. Elle sera modifiée par la suite. Le pavillon postérieur gauche est construit après 1564. Vers 1580, on aménage la cour et l'avant-cour, qui descend par une suite de terrasses et de perrons jusqu'à la route de Neauphle-le-Château. La première cour est bordée par deux pavillons carrés, dont l'un renferme la chapelle. La seconde ouvre sur la route par une porte charretière flanquée de deux petites tours. Des défenses sont prévues : plusieurs canonnières sont ménagées aux portes et points vulnérables du mur du parc. L'ensemble, édifié en briques et moellon enduit, est d'une grande simplicité.

Vue du château de Thoiry.

Deux pavillons au XVIIIe[modifier | modifier le code]

Au début du XVIIIe siècle, des transformations sont effectuées, peut-être sous la direction de Jean-Michel Chevotet, architecte du château de Champlâtreux. Deux pavillons de deux étages sont adossés aux pavillons originaux, l'escalier central est remplacé par un escalier à jour dans l'un de ces pavillons. Le parc est redessiné vers 1720 dans le style classique.

En 1739, la seigneurie appartient à M. de Vatan. Elle passe ensuite au comte Charles de Machault d'Arnouville, fils du garde des sceaux de Louis XV, Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, par l'intermédiaire de sa femme, Angélique de Baussan.

Modernisations du XIXe[modifier | modifier le code]

Leur héritière, Henriette de Machault d'Arnouville (1808-1864), marquise de Vogüé par son mariage en 1826 avec Léonce de Vogüé, fait moderniser le château vers 1840 : la façade sur jardin est rhabillée de pierre, la cour et l'avant-cour sont supprimées, le jardin est mis au goût du jour par Louis-Sulpice Varé.

L'évolution du XXe[modifier | modifier le code]

Le château sert de décor en 1966 à quelques scènes du film Paris Brûle-t-il ? de René Clément. Le château, ouvert au public depuis 1968 par le comte Antoine de la Panouse, est aussi célèbre pour son zoo parc animalier. Il est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1973[2]. Le domaine boisé qui l'entoure couvre 380 hectares, dont 130 sont occupés par le parc animalier.

Une même famille depuis quatre cents ans[modifier | modifier le code]

Depuis son acquisition en 1609 par Guillaume Marescot, le château de Thoiry est resté depuis 13 générations la propriété de la même famille, devenue la famille La Panouse depuis le XIXe siècle, la transmission se faisant souvent par les femmes[3].

Ce château a traversé les siècles et les événements comme la Révolution, quasiment intact, et a conservé de ce fait son mobilier de différentes époques et d'importantes archives historiques.

Intérieur[modifier | modifier le code]

La totalité du château ne se visite pas. Seules quelques salles du rez-de-chaussée sont ouvertes au public, la chapelle, par exemple, est fermée.

Escalier d'honneur[modifier | modifier le code]

La pièce abritant l'escalier d'honneur est ornée de quatre tapisseries des Gobelins de la série les amours des dieux, aux armes du poète Guillaume Budé : Vénus au bain, Diane de retour de la chasse, le mythe de Narcisse, et L'enlèvement d'Europe. Dans l'entrée figurent plusieurs portraits, dont l'un représente Marie-Hélène Béjot, comtesse de La Panouse.

Salon du Matin[modifier | modifier le code]

Le salon du Matin, tendu de rouge, conserve une collection d'assiettes en porcelaine. Le mobilier se compose notamment de plusieurs fauteuils du XVIIIe siècle, l'un de style Régence, l'autre de style Louis XV, un dernier de style Louis XVI.

Chapelle[modifier | modifier le code]

La chapelle est dédiée au Sacré-Cœur après la Première Guerre mondiale. Les vitraux représentent entre autres deux anges portant les armes de Raoul et Motet de La Panouse (en référence à leur participation à la croisade de 1248). Une Vierge à l'enfant en céramique réalisée par Della Robbia orne l'intérieur. L'autel en chêne date quant à lui de 1754.

Musée des archives[modifier | modifier le code]

La salle des archives du château de Thoiry conserve plusieurs dizaines de milliers de documents dont seuls quelques-uns sont visibles. Parmi ceux-ci, plusieurs lettres (signées Jean-Jacques Rousseau, Châteaubriand, Rodin, Lamartine, Eugène Sue, George Sand...), arbres généalogiques, photographies, objets divers, médailles et documents officiels.

Salon de la Tapisserie[modifier | modifier le code]

Ce salon doit son nom à la tapisserie des Gobelins dont elle est ornée : elle fut offerte à Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville par Louis XV. Le salon possède plusieurs portraits : l'un représente le chancelier de Ponchartrain, l'autre Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville. Le salon est également meublé de deux bustes du XVIIe siècle réalisés par Raon, et d'un lustre hollandais du XVIIe siècle.

Salon doré[modifier | modifier le code]

Le salon dit "salon doré" possède une cheminée monumentale du XIXe siècle, copie de la cheminée Renaissance de l'Hôtel Vogüé de Dijon. Le mobilier se compose notamment d'une série de fauteuils, canapé et bergères réalisés par de Beauve (restaurés à la feuille d'or, et dont les garnitures furent retissés à l'identique), d'une commode en marqueterie hollandaise du XVIIe siècle, d'une petite table du XVIIe siècle en marqueterie fine soutenue par quatre cariatides en bois doré, et d'un lit de chien du XVIIe siècle. La pièce conserve également une tapisserie représentant Henri IV chassant le lion et une collection de portraits (œuvres de l'école de François Boucher, portrait de jeune fille par Nicolas de Largillière, portrait de Galéas de Marescotti, portrait du roi Louis XV enfant par l'atelier de Hyacinthe Rigaud, portrait de Monsieur le duc d'Orléans représentant le frère de Louis XIV).

Grand vestibule[modifier | modifier le code]

Portrait de Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville, château de Thoiry.

Le grand vestibule, couvert de boiseries, est meublé d'une commode en marqueterie de style Boulle et d'une glace d'époque Régence, entourée de deux bustes romains. Le reste du mobilier se compose du fauteuil de voiture de Charles de Machault d'Arnouville et d'une cassone, coffre de mariage datant de 1450, ramené d'Italie par les Marescoti et restauré en 2007. Le vestibule est orné de plusieurs portraits dont deux pastels représentant Jean-Baptiste de Machault d'Arnouville et sa femme Geneviève Rouillé, d'un portrait de Gentilhomme par Nicolas de Largillière et d'un portrait d'Alexandre Millon par Hyacinthe Rigaud.

Bibliothèque et Salon de musique[modifier | modifier le code]

Détail du clavecin de Blanchet peint par Christophe Huet.

Les bibliothèques sont surmontés sur leurs corniches de vases Imari du Japon. Elles conservent une collections d'ouvrages anciens.

Le salon de musique ou "salon blanc" est meublé de deux bergères réalisées par Boulard, d'un bureau en marqueterie fine et au-dessus à rouleau signé Lardin, d'une table de Pierre Migeon, de canapés et fauteuils dus à Gourdin Père, tendus de tapisseries d'Aubusson illustrant les fables de La Fontaine, de fauteuils réalisés par Pissard et Jean, de rafraichissoirs de Chine offert par Louis XV, et d'un clavecin réalisé par François-Étienne Blanchet et peint en 1750, près de quarante ans après sa réalisation, de grotesques et de singes musiciens par Christophe Huet, peintre animalier du roi. C'est l'un des derniers clavecins au monde à avoir gardé son mécanisme d'origine. La cheminée en marbre ornée de plaques possède des chenets en bronze doré représentant des sujets chinois. La glace qui la surmonte avec sa boiserie est dorée à la feuille d'or. Les murs sont ornés d'une riche collection de portraits, dont un pastel représentant les trois fils de Machault d'Arnouville, réalisé par Bondé (les mains et les visages sont attribués à la Tour), un portrait d'Angélique de Marescot en religieuse, pastel de Maurice-Quentin de la Tour, et un autre portrait représentant Angélique de Marescot en Vénus.

Chambre d'Angélique[modifier | modifier le code]

Portrait de Charles de Machault d'Arnouville par Alexandre Roslin, château de Thoiry.

Cette chambre d'Angélique doit son nom aux différentes femmes portant le prénom d'Angélique qui furent propriétaires du château: Angélique de Baussan, Angélique de Marescot, Angélique de Vogüé et Angélique d'Apougny. Le mobilier de la chambre se compose notamment d'une liseuse de Pierre Migeon, d'une commode de style Régence et d'une autre de Turcot, d'encoignures, banquettes et chauffeuses de Beauve, d'un lit à baldaquin, et une commode décorée de bronze réalisé par Cressent. Les murs sont ornés de plusieurs portraits : un portrait représentant Angélique de Marescot jeune, un portrait représentant Angélique de Vogüé, un portrait d'Angélique d'Apougny et un autre de Michel de Marescot par Nicolas de Largillière, un portrait d'Angélique de Baussan et un portrait de Charles de Machault, par Alexandre Roslin.

Boudoir chinois[modifier | modifier le code]

Le boudoir chinois conserve une coiffeuse du XVIIIe siècle, un crachoir, et un fauteuil canné dissimulant une chaise percée. Les soieries peintes du boudoir ont été importées d'Asie au XVIIIe siècle.

Jardins[modifier | modifier le code]

Les jardins de 450 ha sont labellisés « Jardin remarquable ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Certains pensent que Philibert Delorme ou l'un de ses frères a pu participer à la conception et la construction du château. Cette hypothèse n'est toutefois attestée par aucun élément concret. Cet architecte fameux a travaillé dans les environs (Anet, Beynes) mais on sait que son activité reposait sur une entreprise de type familial (nombreux frères) et il ne serait pas impossible qu'il ait seulement cautionné ou supervisé le chantier.
  2. « Notice no PA00087655 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Thoiry n'est la propriété de la famille de La Panouse que depuis la fin du XIXe siècle : les générations mentionnées ci-dessus nous font remonter à l'époque de la Renaissance, soit aux familles Moreau et Marescot qui ont précédé dans ces lieux les familles Vastan, Machault d'Arnouville, de Vogüé, etc.

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Article connexe[modifier | modifier le code]