Château de Rolle

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Château de Rolle
Image illustrative de l'article Château de Rolle
Aquarelle représentant le château de Rolle, vu depuis l'île de la Harpe
Architecte Château fort
Fin construction XIIIe siècle
Propriétaire actuel Commune de Rolle
Protection Classé monument historique en 1945[1]

Bien culturel d'importance nationale

Coordonnées 46° 27′ 31″ N 6° 20′ 28″ E / 46.458727, 6.341234 ()46° 27′ 31″ Nord 6° 20′ 28″ Est / 46.458727, 6.341234 ()  
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Vaud
Commune Rolle (Vaud)

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Château de Rolle

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Château de Rolle

Le château de Rolle est un château médiéval situé à Rolle, en Suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dès 1261 le puissant chevalier Ebal II de Mont (confident du roi d’Angleterre Henri III) et son neveu Ebal III, sires de Mont-le-Grand (Mont-sur-Rolle), envisagent la fondation d’une ville neuve à Rolle, mais le château n’est alors encore qu’un projet. Des analyses dendrochronologiques attestent toutefois que le chantier du novum castrum est en cours en 1264, sous la direction sans doute de Jean Mésot, magister ingeniorum du roi d’Angleterre, qui travaille alors justement en Suisse romande à la fortification de diverses possessions du comte Pierre de Savoie[2]. Le château de Rolle a pu être élevé pour Aymon de Sallenove, parent par alliance des sires de Mont ; ce dernier est en tout cas possesseur du château en 1290. La forteresse est assujettie en 1291 au comte Amédée V de Savoie ; en 1294, Louis de Savoie, baron de Vaud, en assume la suzeraineté, tandis que Jean de Grilly, membre influent du clan savoyard à la cour d’Angleterre, en est alors le propriétaire immédiat. En 1455, la forteresse passe aux Viry, seigneurs de Mont-le-Vieux (Essertines-sur-Rolle) qui procèdent à d’importantes transformations en abaissant notablement l’ensemble des tours et des murs avec création de nouvelles baies-créneaux garnies de grilles épineuses, et en faisant construire la grosse tour carrée côté lac (fin du XVe– début du XVIe siècle). En 1526-1528, le duc Charles de Savoie rachète le château; il le renforce d’artillerie, puis le vend en 1530 à Jean-Amédée de Beaufort. Mais l’édifice est incendié en octobre 1530 déjà par les Confédérés dans le cadre d’une expédition contre les Chevaliers de la Cuiller, puis à nouveau en 1536 lors de la conquête du Pays de Vaud par les Bernois. Désormais, l’histoire du château se confond avec celle de la baronnie de Rolle. En 1558, Jean Steiger acquiert ce domaine, qui reste entre les mains de cette même famille jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. Le château subit de très importantes transformations durant le troisième quart du XVIe siècle (reconstruction quasi complète de l’aile sud, création des arcades sur cour, amélioration générale du confort), ainsi qu’en 1588 (charpente). Armoiries de Steiger millésimées 1571, sculptées sur l’entrée du corps de logis oriental. Divers travaux d’aménagement ont encore lieu avant 1658 ; le fossé disparaît avant 1690, remplacé par un jardin et un verger. Côté lac, une tourelle latrine indépendante a été implantée dans l’eau avant 1779. La forteresse est alors devenue un édifice de plaisance et la cour, fermée d’un simple mur, est accessible par un portail en ferronnerie flanqué de deux fontaines ovales (une seule subsiste). Confisqué à la Révolution, dépouillé de ses droits féodaux (archives brûlées en mai 1802 par les Bourla-Papey), le château est acquis par la commune de Rolle en 1798. Elle y installe l’essentiel de ses activités (siège des autorités, écoles, bibliothèque, salles de justice, hôpital et morgue, prisons [reconstruites en 1833 sous la direction d’Henri Perregaux]). Musée rollois au rez-de-chaussée, de 1912 à la Seconde Guerre mondiale. Classé monument historique 1945 et 1959[1]. En 1974, l’administration communale s’installe à la Grand-Rue 44[3].

Description[modifier | modifier le code]

Le château est implanté au voisinage immédiat du Léman, sur le delta créé par les ruisseaux du Flon et de Famolens. Il était entouré d’un mur d’enceinte et de larges fossés, progressivement comblés par 2-3 m de dépôts alluvionnaires. En 1984, on a retrouvé au pied de la courtine nord des vestiges d’un pont en bois (daté par dendrochronologie de 1264) qui donnait accès à la porte primitive. Le plan de la forteresse, souvent qualifié de losange irrégulier, est en fait symétrique, le tracé de base étant un triangle isocèle perpendiculaire au lac. Cependant, la grande face longeant le rivage est habilement brisée pour former deux pans légèrement obliques, ce qui fait évoluer le plan vers un losange. L’ensemble est de très vastes dimensions : 56 m entre les tours sur les deux grandes faces côté Lausanne et Genève, et 38 m sur les faces obliques côté lac. Ce dispositif est donc plus grand que les autres châteaux du Pays de Vaud, dits « carrés savoyards ». L’édifice est bâti en molasse, tandis que les tours sont en tuf, un calcaire local. La grosse tour – de plan ovale, caractéristique fort rare –, est tournée vers l’amont, d’où venait surtout le danger ; on y observe encore les traces d’immenses archères, fentes très étroites, mais de plus de 4 m de hauteur. Des ouvertures de cette taille sont rarissimes. On en connaît quelques exemples dans le sud de la France. Côté lac, les angles de la forteresse sont défendus par des structures elles aussi très inhabituelles, rectangulaires côté château et semi-circulaires vers l’extérieur. Elles défendaient prioritairement les fossés ainsi que deux digues qui devaient protéger une zone portuaire, celle-ci communiquant avec la forteresse par une poterne dont les traces sont encore visibles. La tour rectangulaire côté lac (fin XVe – début XVIe siècle) a été implantée de manière quelque peu désaxée. Elle fausse donc la perception que l’on a aujourd’hui de l’ensemble[4].

Aujourd’hui, le château, inscrit comme bien culturel suisse d'importance nationale[5], abrite encore l’appartement du concierge, des salles de réserve pour l’école, la salle du conseil communal, la salle des Chevaliers servant à des réceptions et à des expositions, quelques bureaux et locaux d’utilité générale et le « fonds ancien » ainsi qu'une précieuse bibliothèque historique.

Article détaillé : bibliothèque historique de Rolle.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Blondel; Louis Bosset, Château de Rolle : la tour de Viry., Lausanne : F. Rouge & Cie. S.A., 1950. (OCLC 81430049)
  • Paul Bissegger, «Une opération coup de poing sur la Côte: la fondation de Rolle en 1319», dans Dave Lüthi et Nicolas Bock (dir.), Petit précis patrimonial. 23 études d'histoire de l'art offertes à Gaëtan Cassina (Etudes lausannoises d'histoire de l'art 7) Lausanne 2008, pp. 167-179
  • Paul Bissegger, Monuments d'art et d'histoire du canton de Vaud VII. Rolle et son district (Les monuments d'art et d'histoire de la Suisse 120), Berne 2012, pp. 277-291.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Fiche de recensement 200 », sur recensementarchitectural.vd.ch
  2. Daniel de Raemy, Châteaux, donjons et grandes tours dans les Etats de Savoie (1230-1330). Un modèle, le château d'Yverdon, Association pour la restauration du château d’Yverdon-les-Bains, coll. « Cahiers d’archéologie romande 98-99 »,‎ 2004 (ISBN 2-88028-098-2), p. 282-283
  3. Paul Bissegger, Monuments d’art et d’histoire du canton de Vaud VII, Rolle et son district, Société d'histoire de l'art en Suisse, coll. « Monuments d’art et d’histoire de la Suisse »,‎ 2012 (ISBN 9783037970294), p. 277-291
  4. Erioll world.svg vue satellite du Château de Rolle.
  5. [PDF] L'inventaire édité par la confédération suisse, canton de Vaud

Lien externe[modifier | modifier le code]

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