Château de Rapetour

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Château de Rapetour
Image illustrative de l'article Château de Rapetour
Entrée principale
Période ou style Médiéval
Type Maison forte
Début construction XIIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial Guillaume Viego
Propriétaire actuel Famille Dhenain
Destination actuelle Résidence
Protection Logo monument historique classé MH (1989)
Coordonnées 45° 56′ 16.8″ N 4° 36′ 31″ E / 45.938, 4.60861 ()45° 56′ 16.8″ Nord 4° 36′ 31″ Est / 45.938, 4.60861 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Région historique Beaujolais
Région Rhône-Alpes
Département Rhône
Commune Theizé

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Rapetour

Le château de Rapetour, parfois orthographié Raptour, est une maison forte du XIIIe siècle qui se dresse à l'entrée du village de Theizé, en Beaujolais dans le département du Rhône.

Situation[modifier | modifier le code]

À l'ouest, sud-ouest du village.

Histoire[modifier | modifier le code]

Rapetour était l'un des trois fiefs de Theizé.

Au XIIIe siècle les chevaliers de Viego construisent le donjon sur un fief remis par les Beaujeu. En 1422 à défaut d'héritier mâle, Henry de Viego, Capitaine Gardiateur de la Ville de lyon lègue le château à Jean de Varennes[2].

Au XVIe siècle Rapetour connait une période faste avec la construction de la galerie à l'italienne par Pierre de Varennes, un initié qui laissera dans le château nombre de symboles alchimiques.

Au XVIIe siècle, Claude Brossette, fondateur de l'Académie des beaux-arts et belles lettres de Lyon et intime de Boileau et d'autres écrivains de son temps rachète le domaine. Claude Brossette a probablement acquis le château intéressé par sa symbolique alchimique et se sert de Rapetour comme un lieu d'étude. En revanche, il n'y dort jamais et vit avec sa famille lorsqu'il est à Theizé dans sa maison de Beauvallon. Il restera dans cette famille jusqu'à la fin de l'Ancien Régime.

Au XIXe siècle, Rapetour est transformé en exploitation agricole et divisé entre plusieurs propriétaires, notamment les familles Danguin et Reilleux.

Au XXe siècle, le domaine est à nouveau réuni et les terres alentour rachetées. Il appartient désormais à la famille Dhenain, qui a entrepris de recréer autour du château un jardin maniériste d'inspiration italienne sur trois hectares.


Le château est entièrement classé monument historique[3].

Le château produit sur ses vignes adjacentes un beaujolais rouge dénommé château Rapetour.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Généalogie des trois familles qui se succédèrent à Rapetour :

Viego

  • Guillaume se soumet à l'abbé d'Ainay en 1315.
  • Jean, fils du précédent, fait de même en 1339.
  • Henri est le dernier représentant de cette famille.

Varennes

  • En 1409, à l'extinction de la famille de Viego, Henri II de Varennes prend possession du fief. Il avait épousé Catherine de Franchelin.
  • Jean IV († après 1422), fils et successeur des précédents, épouse Aymare de Marmont.
  • Aimé II († après 1460), chevalier, fils et successeur des précédents, épouse Louise de la Gellière.
  • Antoine Ier († après 1518), fils et successeur des précédents, épouse Guillemine Willemine de la Candèle.
  • Pierre II († après 1520), chevalier, succède à son frère Antoine et épouse Jeanne de Rogemont.
  • Hippolyte († après 1564), chevalier, fils et successeur des précédents, épouse Claudine de Sainte-Colombe.
  • Antoine († après 1592), écuyer, fils et successeur des précédents, épouse Antoinette Rancé de Glétteins
  • Jean V († après 1645), chevalier, fils et successeur des précédents, épouse Catherine d'Avey; il est capitaine au régiment d'Alencourt.
  • Pontus († après 1672), fils et successeur des précédents, épouse Isabeau de Roquelesne.
  • Joseph Ier († après 1713), fils et successeur des précédents, est premier capitaine au régiment de Marcillac.

Brossette

  • Claude Brossette (1671 - 1743), ami de Boileau et époux de Marguerite Chavagnieu, rachète le domaine. Il n'y vivra pas, préférant sa maison de Beauvallon.

Armoiries[modifier | modifier le code]

  • Viego : d'hermine à trois chevrons de sable
  • Varennes : losangé d'argent et d'azur
  • Brossette : d'azur, au caducée d'or, surmonté d'un soleil du même

Il est à noter que Claude Brossette était initialement un bourgeois de Lyon. En devenant échevin, il accèdera à la noblesse et par conséquent se fera réaliser un blason... sur ce dernier il place nombre de symboles alchimiques démontrant par là même son vif intérêt pour cette discipline et étant lui-même probablement rose-croix

Devise[modifier | modifier le code]

« Non est mortale quod opto » (« je choisis ce qui n'est pas mortel »). Cette devise apparaît au XVIe siècle dans la branche des Varennes-Rapetour... Elle est tirée de l'ouvrage d'Ovide Les Métamorphoses et a été choisie probablement par Pierre de Varennes. Les Métamorphoses d'Ovide sont imprimées à Lyon au début du XVIe siècle.

Description[modifier | modifier le code]

C'est un logis quadrangulaire flanqué à l'angle Nord-Est d'une tour ronde du XVIe siècle et à l'angle Nord-Ouest d'une tour quadrangulaire du XIVe siècle ; Le bâtiment dans ses parties les plus anciennes est muni de bretèches, de mâchicoulis, d'un chemin de ronde, d'archères, d'arbalétrières, de meurtrières et d'une échauguette.

À l'intérieur du logis, la famille chevaleresque de Viego a construit une « aula » et une chapelle, au XIIIe siècle, pour montrer leur appartenance à l'aristocratie[4] et une camera ou chambre seigneuriale. Des éléments architecturaux remarquables ont donc été conservés.

On découvre dans la cour intérieure, sur trois niveaux, une exceptionnelle galerie à l'italienne du début du XVIe siècle reposant sur des voûtes en pierre dorée en anse de panier. Ladite galerie ornée des blasons des différents propriétaires et de sculptures des visages de Pierre de Varennes, de son fils Hippolyte et de son épouse. La galerie est desservie par deux tourelles d'escalier à vis[5]. Le château de Rapetour a des grâces qui ne peuvent provenir que de l'autre côté des Alpes et ressemble à s'y méprendre aux castello toscans tels que les a peints giusto utens dans ses lunettes. Rapetour est un château qui doit se comprendre à travers le courant humaniste propre à Lyon au XVIe siècle.

Le château de Rapetour, est ouvert à la visite tous les week-ends du 15 avril au 15 octobre (samedi et dimanche après-midi).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  2. Les Mazures de l'abbaye royale de L'Isle Barbe chez Lyon Ou ..., volume 2, par Claude le Laboureur, p. 623.
  3. « Notice no PA00118078 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Élisabeth Sirot 2007, p. 52.
  5. Élisabeth Sirot 2007, p. 48.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de la Noblesse, par M. de la Chenaye Desbois (Paris, 1775)
  • Nobiliaire universel de France, par N. Viton de Saint-Allais (Paris, 1814)
  • Châteaux et maisons bourgeoises dans le Rhône, par C. Pelletier (Horvath, 1980)
  • Maud Roy, La maison noble de Rapetour en Beaujolais, Pages d'Archéologie médiévales en Rhône-Alpes, IV,‎ 1999, p. 61-67
  • Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, Editions Publitotal,‎ 1987 (ISBN 2865350703).
  • Élisabeth Sirot, Noble et forte maison - L'habitat seigneurial dans les campagnes médiévales du milieu du XIIe au début du XVIe, Editions Picard,‎ 2007 (ISBN 9782708407701).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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