Château de Pisy

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Château de Pisy
Image illustrative de l'article Château de Pisy
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Architecte Inconnu
Début construction 1235
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial Guy d'Arcy
Destination initiale Ouvrage militaire, seigneurie.
Destination actuelle Propriété privée
Protection Logo monument historique Classé MH (2013)[1]
Coordonnées 47° 33′ 13″ N 4° 08′ 15″ E / 47.55369, 4.13755 ()47° 33′ 13″ Nord 4° 08′ 15″ Est / 47.55369, 4.13755 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Yonne
Commune Pisy

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(Voir situation sur carte : Bourgogne)
Château de Pisy

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Pisy

Le château de Pisy est situé à Pisy dans l'Yonne, en Bourgogne.

Pour l'historien Victor Petit : « Le château de Pizy est, après la forteresse féodale de Semur, l'édifice le plus important qui soit resté dans nos contrées »[2]. Il représente pour lui « un ensemble architectural militaire remarquable ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Dessin de Victor Petit (1870)

Origines : famille d'Arcy[modifier | modifier le code]

En 1189 apparaît dans une charte le nom de Jean d'Arcy, sire de Pisy.

En 1235, Guy d'Arcy obtient de son suzerain Anséric de Montréal l'autorisation de bâtir une maison-forte à Pisy[3]. Ses successeurs sont Jean II et Jean III d'Arcy, fils et petit-fils de Guy qui y résident dans la seconde moitié du XIIIe siècle. À la fin du siècle, la liste des seigneurs devient confuse. Sont cités Milon, Guillaume, Jeanne et Reine d'Arcy.

La fortification : familles de Grancey et de Montot[modifier | modifier le code]

Guillaume de Grancey, lieutenant du duc de Bourgogne à Dijon[4], devient seigneur de Pisy par son mariage avec Jeanne d'Arcy [5].

La seigneurie échoit en 1370 à Guy de Grancey, gouverneur de Bourgogne [6].

En 1373, celui-ci obtient des subsides de Marguerite de Flandre, duchesse de Bourgogne, pour faire restaurer la maison-forte [7].

En 1410, le domaine appartient à Milon de Grancey, (évêque d'Autun de 1401 à 1414[5]. Le 12 novembre 1412, celui-ci en fait la donation, avec sa seigneurie et toutes ses dépendances en faveur de Pierre de Montot, seigneur de Saint-Phal (Champagne) [7]. Les ducs de Bourgogne lui confient plusieurs missions importantes pendant la querelles des Armagnacs et Bourguignons[8].

La reconstruction : familles de Surienne et de Ragny[modifier | modifier le code]

En 1450, François de Surienne, dit L'Aragonais ou Polyorcète (« preneur de villes »), chambellan du duc de Bourgogne, en fait l'acquisition de Louis de Chalon, seigneur d'Arquel [9]. Sa fille Jeanne de Surienne épouse Claude de Ragny.

C'est à Eudes de Ragny que l'on doit la reconstruction du château en 1480[10]. Il obtient alors de Louis XI la tenue de quatre foires annuelles à Pisy (1482) ; le fief de Pisy relevait alors du « donjon de Semur », c'est-à-dire directement du roi de France, et ce depuis 1477, date du retour à la Couronne de l'apanage bourguignon[11].

Le château-fort puis la ferme : familles diverses[modifier | modifier le code]

Au cours des guerres de religion, les combats font rage dans la région. En 1590, les ligueurs parviennent à s'emparer de Pisy, d'où ils ravagent et pillent la région. Mais François de la Magdelaine, marquis de Ragny, le reprend quelques mois plus tard. De cet épisode dateraient les traces d'incendie sur la porte du château[12].

Au XVIe siècle, la seigneurie appartient à la famille Aux-Épaules, d'origine normande. En 1580, elle est pour moitié dans les mains de François Aux-Épaules, seigneur de Sainte-Marie-du-Mont, par son mariage avec Gabrielle de Laval, dame de Pisy, marquise de Nesles, dont il prend le nom et les armes, brisées d'une fleur de lys en cœur[13]. L'une de ses filles, Claudine, hérite de Pisy, le transmet dans la famille des Brulart de Genlis par son mariage avec Gilles Brulart, seigneur de Genlis.

René Brulart de Genlis (+1696), marquis de Genlis, ne réside pas non plus à Pisy, dont il possède la moitié, puis les trois-quarts. Il rachète la quatrième part du fief en 1646 à son cousin René de Laval. Il semble pourtant, d'après certains documents d'époque, que les de La Magdelaine Ragny sont toujours (ou de nouveau) seigneurs de Pisy dans la première moitié du XVIIe siècle.

C'est son fils Florimond Brulart, chevalier, comte de Thenelle et autres lieux, qui hérite de Pisy[14] (avec sa sœur Anne-Geneviève). Il semble y résider (pas forcément dans le château), au moins épisodiquement. Il y décède le 9 mars 1723 et est inhumé le 10 dans le caveau réservé au seigneur de Pisy de l'église St-Germain[15]. Sa sépulture sera pillée et ses restes dispersés à la révolution de 1789.

Sa cousine Marie-Anne-Claude Brulart (+ 1750), fille de Claude Brulart (+1673), récupère Pisy après de nombreuses péripéties en 1739. C'est à ce moment que ce fief entre dans la famille d'Harcourt, en effet elle avait épousé en 1687 Henri d'Harcourt, duc d'Harcourt, marquis de Beuvron[16].

En 1779, leur fils, Anne Pierre d'Harcourt, pair de France et chevalier de l'ordre du Saint-Esprit, vend le domaine à Antoine-Louis-Marie Destiennot de Vassy, sa famille s'en sépare en 1794[17] pour un groupe de spéculateurs qui le revendent à Jacques-Emmanuel Laugier[18] en 1795, ce dernier gardera le château (avec celui de Vassy) jusqu'à son décès en 1820.

Le château est transformé en bâtiment agricole depuis au moins le début du XVIIIe siècle. Cette utilisation pour des raisons économiques l'a sauvé d'une destruction certaine. Son état exceptionnel de conservation, en dépit d'un certain délabrement, est dû au manque d'intérêt de ses différents seigneurs et propriétaires à le faire évoluer en habitation digne de ce nom.

Il est à noter que ce lieu n'a jamais été une ferme fortifiée, mais un château fort devenu une ferme (toutes les demeures seigneuriales étaient accompagnée d'une activité et de bâtiments agricoles).

Histoire des XX et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Après Laugier, le château continue à être loué en exploitation agricole (on peut voir sur certaines cartes postales un hangar agricole dans l'avant-cour) jusque dans les années 1980 où il est vendu à un artiste-peintre de renom pour y installer son atelier. Il le revend au début des années 2000 à la comtesse Liliane de Marenches, descendante des Harcourt, qui après divers projets, opte pour un complexe hôtelier de standing dont l'étude est confiée au cabinet de Jean-Michel Wilmotte[19].

Après avoir été inscrit au titre des monuments historiques en 1944[1], l'édifice a été classé en totalité par arrêté du 12 juillet 2013[20].

Description et architecture[modifier | modifier le code]

Château-de-Pisy-1.jpg

Le château comprend une basse-cour, non fortifiée, et un ensemble fortifié formant haute-cour, avec logis seigneurial, chapelle et ferme.

La haute-cour ou maison-forte, en forme de quadrilatère, est composée de trois grands bâtiments en U qui donnent sur la cour intérieure et son puits, fermée sur le quatrième côté par une longue muraille crénelée (crénelage restauré)[21], et à laquelle on accède par une avant-cour. Un fossé, peu profond, jadis rempli d'eau renforçait les défenses sur deux côtés.

Ces diverses constructions, souvent remaniées, constituaient une vaste demeure féodale qui permettait de mettre en sécurité hommes et troupeaux, lorsque les villages alentour étaient menacés de pillage.

Le corps de logis seigneurial possède deux étages, desservis par les escaliers à vis situés dans des tourelles. La plus ancienne (XIIIe siècle) tour est rectangulaire, tandis que l'autre est hexagonale et percée de fenêtres à meneaux. Les salles du rez-de-chaussée pouvaient accueillir les hommes de la seigneurie, tandis que le premier étage était réservé au seigneur, à sa famille et à sa suite. Dans la chambre rouge figurent les armoiries d'Eudes de Ragny, peintes sur une cheminée. Le troisième étage, avec un chemin de ronde ménagé dans l'épaisseur du mur, abritait de vastes greniers.

Perpendiculaire à ce bâtiment, l'aile nord, traversée par la porte d'entrée, abrite une chapelle, aujourd'hui débarrassée des planchers et cloisons qui la divisaient. On trouve sa trace dès 1537.

Face au corps de logis, s'élèvent une succession de constructions à usage agricole : écuries, étables, bergeries, granges. Un pigeonnier carré surmonte la courtine qui ferme la cour.

Une tour ronde placée à l'angle du sud-ouest (voir plan) fut démolie au XIXe siècle. Une tourelle carrée qui surmontait les communs a également disparu ; toutefois, on ne trouve pas de trace de cette tourelle carrée dans les descriptions de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, en revanche un colombier carré apparaît dans la basse-cour [22].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Avertissement : le texte « historique », rédigé ci-avant (jusqu'à Florimond Brulart), est fondé sur les écrits des érudits des XVIIIe et surtout XIXe siècles, sans preuve ni source.

  • Ernest Petit, « Recherches sur Pisy et ses seigneurs », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, vol. 13, Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, p. 458-484.,‎ 1859 (réimpr. Perriquet et Rouillé, éditeurs, Auxerre, 1859)
  • Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne,‎ 1870 (réimpr. librairie Voillot, Avallon, 2001)
  • Le Guide des châteaux de France : YONNE, Hermé (ISBN 2-86665-028-X)
  • Breuillard (abbé), Mémoires historiques sur une partie de la Bourgogne, Chez Mademoiselle Chamerot Libraire, Avallon,‎ 1857 (réimpr. Res Universis, 1993, sous le titre "Guillon et ses environs")
  • Ph. Henrion, Autopsie d'une recherche, Arlimont n°21 juin-2005 et n°22 décembre-2005

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00113782 », base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 1er août 2009
  2. Victor Petit, Description des villes et campagnes du département de l'Yonne,‎ 1870 (réimpr. librairie Voillot, Avallon, 2001)
  3. Ernest Petit, « Recherches sur Pisy et ses seigneurs », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, vol. 13, Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, p. 460, 466, et n. 1.
  4. Henri Beaune, Jules d'Arbaumont, La noblesse aux états de Bourgogne de 1350 à 1789, p. 202.
  5. a et b Ernest Petit, « Recherches sur Pisy et ses seigneurs », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, vol. 13, Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, p. 468.
  6. Abbé Breuillard, Mémoires hist. sur une partie de la Bourgogne.
  7. a et b Ernest Petit, « Recherches sur Pisy et ses seigneurs », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, vol. 13, Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, p. 461.
  8. Dom Urbain Plancher, Histoire générale et particulière de Bourgogne, t. IV, p. 163-164.
  9. Ernest Petit, « Recherches sur Pisy et ses seigneurs », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, vol. 13, Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, p. 469.
  10. Ernest Petit, « Recherches sur Pisy et ses seigneurs », Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, vol. 13, Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, p. 461 et 472.
  11. Ibidem.
  12. Constat fait par Ernest Petit vers 1850. Il faut toutefois être très prudent sur cette anecdote, en effet, la porte est neuve dans le « Procès verbal de visite de l'état actuel du château de Pisy... le 6 août 1802 » (voir « dossier Laugier Jacques-Emmanuel, château de Pisy 1794-1821 », aux archives du château de Vassy-sous-Pisy (89)) et dans celui de 1781, il y a un pont-levis!)
  13. La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, vol. 2, col. 94.
  14. À partir de Florimond "Archives du château de Vassy-sous-Pisy.
  15. Registres Paroissiaux de Pisy à la date.
  16. La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse, vol. 4, col. 94.
  17. Contrairement à ce que prétend Ernest Petit, les Destiennot n'ont pas émigré en 1792 et le château de Pisy (comme celui de Vassy) n'a pas été vendu comme « bien national ». Voir, ci-dessus, en bibliographie Ph. Henrion...dans Arlimont.
  18. Voir une mini bio. sur ce personnage à la page Vassy-sous-Pisy rubrique : personnalités liées à la commune.
  19. Article de M. L., dans l'Yonne Républicaine du jeudi 30 octobre 2003.
  20. Liste des immeubles protégés au titre des monuments historiques en 2013 (JORF n° 0107 du 8 mai 2014 page 7804) sur Légifrance, consulté le 19 juin 2014.
  21. Ces créneaux datent de la moitié du XIXe siècle (tradition orale, confirmée par le manque de hauteur du mur et par leur appareillage sur place)
  22. Dossiers "Antoine-Louis-Marie Destiennot, Pisy 1779-1783" et "Les enfants Destiennot, Pisy 1783-1794" aux archives du château de Vassy-sous-Pisy (89).