Château de Picquigny

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Château Fort de Picquigny
Image illustrative de l'article Château de Picquigny
La Porte du Gard du château de Picquigny
Type Château fort
Propriétaire initial Société des antiquaires de Picardie en 1921
Destination initiale résidence seigneuriale
Propriétaire actuel propriété privée depuis 2013
Destination actuelle tourisme
Protection Logo monument historique Classé MH (1906)
Coordonnées 49° 56′ 36″ N 2° 08′ 30″ E / 49.943225, 2.14162149° 56′ 36″ Nord 2° 08′ 30″ Est / 49.943225, 2.141621  
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Picardie
Région Picardie
Département Somme
Commune Picquigny

Géolocalisation sur la carte : Picardie

(Voir situation sur carte : Picardie)
Château Fort de Picquigny

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château Fort de Picquigny

Le château fort de Picquigny se situe sur la commune de Picquigny à proximité ouest d'Amiens, dans la Somme. La seigneurie de franc-alleu de Picquigny date de 613, le château fut pris par le roi Dagobert en 632. Il faut attendre 942 pour rencontrer des données plus précises. Le lignage de Picquigny a légué à la prospérité l'un des plus anciens fonds d'archive émanant d'une maison seigneuriale au nord de la Loire (archives nationales R 672-678) Le premier seigneur connu de Picquigny est Guermond, sa femme s'appelait adèle (1013). Eustache de Picquigny est le premier Vidame d'Amiens en 1040 et Avoués de l'abbaye de Corbie (leur donnant le droit de frapper monnaie) cette seigneurie comptait au XVII siècle, 700 fiefs et arrière-fiefs. Eustache fait partie des membres qu'on voit figurer parmi les conquérants normands, sous le non de Pinkeney il sera récompensé par des terres dans les cantons d'Essex et de Northampton, puisqu'il y fonda avec son fils des monastères .Eustache avait trois frères : Jean, archidiacre d'Amiens, Guillaume (conquête de l'Angleterre 1066), Germond, ce dernier suivit Godefroy de Bouillon en terre Sainte. Il devient Patriarche de Jérusalem (1118-1128). Il convoque avec le roi Baudoin le concile de Napelouse 1120 (23 janvier) Les Templiers porteront les armes du patriarche, la croix patriarcale (trésor de notre dame de Paris) au cours des croisades, cette croix du patriarche sera portée par les Templiers jusqu'à la mort de Picquigny. ( les actes du concile de Naplouse font état d'une société régie à la fois par le roi et par le Patriarche, le canon 20 donne naissance à l'ordre des Templiers qui passe de l'obédience du prieur du St Sépulcre à celle du Patriarche Latin de Jérusalem, car il montre d'abord que l'autorité ecclésiale est prête à revoir la position de l'église grégorienne, qui visait à créer un corpus de clercs bien séparé des activités mondaines des armes et des femmes. Par ce canon, le clerc est autorisé à porter des armes pour la défense. Ces chevaliers qui assurent le rôle de police des routes pour les pèlerins peuvent devenir un ordre religieux à tous les effets, sous l'obédience du Patriarche Germond de Picquigny. Le concile de Naplouse confirme l'ordre du chevaler du Temple et le concile de Troyes approuve la rédaction de la règle du Temple en 1129). La devise des barons de Picquigny est « Je descends du très haut et du dieu de la guerre ».

Histoire[modifier | modifier le code]

En 1066, Eustache de Picquigny devint vidame d'Amiens, c'est-à-dire défenseur de l'évêque et avoué[Note 1] de l'abbaye de Corbie. Le seigneur de Picquigny rendait donc hommage à l'évêque d'Amiens qui lui remettait un anneau d'or, et à l'abbé de Corbie[1].

En 1115, le châtelain d'Amiens, Adam fut incarcéré au château de Picquigny.

En 1307, sur l'ordre de Philippe IV le Bel, roi de France, Renaud de Picquigny fit arrêter et incarcérer les Templiers du bailliage d'Amiens au château[1].

Au début de la Guerre de Cent Ans, Édouard III d'Angleterre ne put franchir la Somme à Picquigny, en 1346.

En 1398, la seigneurie de Picquigny passa à Baudoin d'Ailly et resta dans cette famille jusqu'en 1681.

Le château fort fut incendié en 1470 par Charles le Téméraire[2]. Il fut reconstruit et modifié à la Renaissance.

Le 7 juin 1493, le roi Charles VIII passa une nuit au château à son retour d'un pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne.

En 1553, l'armée de Charles Quint incendia la ville de Picquigny.

En avril 1597, Henri IV séjourna au château avant de se rendre au siège d'Amiens prise par les Espagnols.

En 1636, Richelieu passa une nuit au château en allant inspecter les fortifications d'Abbeville.

En 1681, la seigneurie de Picquigny passa à la famille d'Honoré d'Albert (1581-1649), duc de Chaulnes et resta dans cette famille jusque 1774.

En 1689, Madame de Sévigné séjourna quatre jours au château. Elle relata son séjour dans une lettre datée du 27 avril 1689[1]. À la mort de Louis d'Albert de Luynes, la seigneurie de Picquigny passa après plusieurs péripéties au comte d'Artois, le futur Charles X , en 1779.

À la Révolution, les terres et le château déclarés Bien national furent vendus au District d'Amiens les 27, 28, 29 nivôse an III. Laissé à l'abandon, le château tomba en ruine [1]et passa à divers propriétaires.

En 1912, la propriétaire, la comtesse Aymar de La Rochefoucauld (née Morgan de Belloy) légua par testament le château de Picquigny à la Société des antiquaires de Picardie[1] qui l'a vendu à un propriétaire privé en 2013.

Description[modifier | modifier le code]

  • Remparts
  • Église castrale

La collégiale devient l'église paroissiale après destruction de cette dernière, implantée alors dans le cimetière.

  • Portes fortifiées avec pont-levis aujourd'hui disparus:
    • Porte de la Barbacane : C'est elle qui permettait l'accès au cœur (partie haute) de la forteresse, par le côté Sud. Elle est équipée de deux ouvertures l'une à côté de l'autre, dont chacune avait son pont-levis. Celle de gauche, en ogive, est plus large (porte charretière) que celle de gauche, en plein cintre (passage piétons). C'est sous cette seule porte que se faisait, à Picquigny, la circulation entre Amiens et Abbeville. Les « gens d'armes » du seigneur pouvaient ainsi parfaitement contrôler et percevoir les droits de passage.
    • Porte du Gard : Ouvrant sur le côté Ouest, elle ne donnait accès qu'à la partie basse, à l'intérieur des remparts, et à la collégiale. À l'écart du fossé parce qu'installée dans un renfoncement du rempart, elle n'était elle-même munie que d'une herse (sans pont-levis à cet endroit précis). Elle débouche aujourd'hui sur le monument aux morts, dressé comme un petit rondpoint au milieu de la rue qui prolonge vers le Sud lescalier Saint-Jean. Juste en face, s'étend le cimetière (au milieu duquel se trouvait jadis l'ancienne église paroissiale Saint-Jean). Deux blasons décorent le haut du passage en arc gothique.
  • Cour d'honneur
  • Place d'armes
  • Pavillon Sévigné
  • Héraldique : le château comporte un certain nombre d'armoiries sculptées, sur les deux portes et sur le pavillon Sévigné. Le blason représenté ci-dessous est celui de Charles d'Ailly (mort en 1567), écartelé : au 1 de la famille d'Ailly (de gueules à deux branches d'alisier d'argent croisées en sautoir, au chef échiqueté d'argent et d'azur), au 2 de la famille de Melun (d'azur à 7 besants d'or ordonnés 3-3-1) au chef aussi d'or, au 3 de Crèvecoeur (de gueules à trois chevrons d'or), au 4 de Hornes, sur le tout, les armes de Picquigny. Sur la porte du Gard, armes d'Antoine d'Ailly (à gauche ou à dextre), armes de Marguerite de Melun (à droite ou à senestre). Les armes de Picquigny sont particulièrement visibles en couleurs dans la collégiale sur la plaque en souvenir des victimes des guerres, et sans les couleurs, sur la dalle du caveau des vidames de Picquigny, en relief sur la porte de la barbacane et sur le pavillon Sévigné.
  • Jardin
  • Souterrains
  • Escalier Saint-Martin

Personnalités liées au château[modifier | modifier le code]

Louis Duthoit (1807-1874) - Château de Picquigny – XIXe siècle.
Vue sous un angle presque identique, un siècle et demi plus tard (en 2007). Le traitement numérique vise à estomper les détails, de façon à insister sur la silhouette des vestiges.

Préservation et mise en valeur du site[modifier | modifier le code]

Les 4 carrés du petit jardin médiéval ont été dessinés et plantés en 2009, après débroussaillage.
  • La restauration du rempart Nord intérieur, entre la Porte du Gard et la collégiale, a été effectuée vers 2005.
  • Organisation d'une fête médiévale annuelle, dont la troisième édition eut lien en 2008. Une nouvelle édition a eu lieu en octobre 2013, après le rachat du château par un propriétaire privé qui en a confié la remise en valeur à l'association "Art de Créer" et à ses bénévoles.
  • Défrichement du petit jardin devant le Pavillon Sévigné et aménagement (depuis 2009) d'un jardin médiéval traditionnel.

Visites guidées[modifier | modifier le code]

Les visites sont assurées par l'association "Art de Créer".

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Crampon, Picquigny, le château-fort, la collégiale, la ville, Amiens, Société des Antiquaires de Picardie, 1963
  • Philippe Seydoux, Châteaux de la Somme, Paris, Nouvelles éditions latines
  • F.I. Darsy, Histoire de Picquigny, 1860, réédition collection Monographies des Villes et Villages de France, Paris, Res Universis, 1992

Liens[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. voir avouerie

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Maurice Crampon, Picquigny, le château-fort, la collégiale, la ville, Amiens, Société des Antiquaires de Picardie, 1963
  2. Site de l'Office de tourisme