Château de Najac

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Château de Najac
Image illustrative de l'article Château de Najac
Vue du château de Najac
Période ou style Médiévale
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Propriétaire initial Bertrand de Saint-Gilles
Protection Logo monument historique Classé MH (1925)[1]
Coordonnées 44° 13′ 06″ N 1° 58′ 24″ E / 44.21833, 1.9733344° 13′ 06″ Nord 1° 58′ 24″ Est / 44.21833, 1.97333  
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Comté de Foix
Région Midi-Pyrénées
Département Aveyron
Commune Najac

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Château de Najac

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Château de Najac

Le château de Najac est une forteresse royale, située dans la commune de Najac, dans le département français de l'Aveyron. Elle est construite en 1253 par Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis, sur les bases d'un ancien château (tour carrée) construit en 1100 par Bertrand de Saint-Gilles, fils de Raymond IV, comte de Toulouse.

Historique[modifier | modifier le code]

Najac était le siège d'une viguerie qui fut par la suite transformée en tribunal d'Appeaux et siège d'un bailliage dont dépendaient trente-neuf paroisses. Le siège de la justice du Rouergue qui se trouvait primitivement à Najac et qui relevait du comté de Toulouse fut transféré à Villefranche-de-Rouergue après de sa fondation par le Sénéchal de Rouergue en 1252. La justice de Najac était exercée au civil par un viguier et juge, assisté de deux lieutenants et d'un procureur du roi; au criminel par ledit viguier et les consuls de la ville. Ceux-ci étaient seuls maîtres et juges de la police[2].

Le bourg est dominée par le château, construit en deux périodes distinctes :

Ce château a été construit pour impressionner les habitants du pays[réf. nécessaire]. Dans une période assez instable, où les cathares sont encore persécutés, où le comté de Toulouse vient de tomber entre les mains du royaume de France, un donjon de plus de 40 mètres de haut avec des archères de 6 m 80, impressionne. C'est ainsi que pendant plus d'un siècle, aucune révolte n'est à signaler et ce, jusqu'à la guerre de cent ans, lorsque le bourg tomba entre les mains des Anglais.

Les guerres de religion[modifier | modifier le code]

Pendant dix ans, les Anglais occupent le territoire et son château, mais un soir, les Najacois réussissent à pénétrer dans le château par ruse, tuent la garnison anglaise et récupérèrent le château.

Jusqu'aux guerres de religion, la population et son château vivent calmement. Najac est alors le chef-lieu de l'importante sénéchaussée de Rouergue, s’étendant sur le territoire de six cantons actuels de l'Aveyron et du Tarn-et-Garonne.

Mais pendant cette période sombre où calvinistes et catholiques s'entre-tuent, le château est occupé par le seigneur de Morlhon, un protestant mais cela ne dure peu, les catholiques commandés par François de Buisson de Bournazel entreprennent le siège du château et au bout de quelques mois, les assiégés étant à bout de vivres et d'eau, le siège prend fin.

Révolte des Croquants[modifier | modifier le code]

Au cours de l'été 1643, le château de Najac est pris par les paysans révoltés lors de la jacquerie menée par Bernard Calmels, dit Lafourque. Cette révolte qui avait soulevé plus de 10 000 paysans, avait échoué devant Villefranche-de-Rouergue. Les troupes de Mazarin, menées par le comte de Noailles, gouverneur de Najac, reprennent le château. Bernard Calmels et deux de ses lieutenants, Ferrier, et le tisserand Mathieu Vergnes, sont arrêtés, condamnés et roués vifs en octobre 1643. La tête de Bernard Calmels sera exposée au bout d'un pic sur une tour de Marcillac d'où était partie la révolte[3].

Ruine du château[modifier | modifier le code]

Après cette période, le château de Najac n'est plus utilisé, on le laisse dépérir, se délabrer, et ce n'est qu'à la Révolution française qu'il reprend un rôle assez important, mais dommageable. Vendu comme bien national en 1794, le château est racheté pour douze francs par un aubergiste du pays qui s'en sert comme carrière de pierre pour construire des maisons[réf. nécessaire]. Selon certains témoignages[Qui ?], au milieu du XIXe siècle un accident où trois ouvriers périssent entraîne l'arrêt des travaux de démolition[réf. nécessaire]. Le château est ensuite laissé à l'abandon.

Rénovation[modifier | modifier le code]

Le château a été sauvé de la ruine par la famille Cibiel.

À la fin du XIXe siècle, le château est rénové en partie par l'abbé Brunis qui le revend à la famille de Montalivet. Celle-ci le rénove entièrement et en fait un lieu touristique de l'Aveyron. Ainsi, le château n'a jamais été attaqué, n'a jamais été pris, demeurant un témoignage important du patrimoine de l'époque.

Le château et sa deuxième enceinte sont classés monument historique par arrêté du 3 juillet 1925[1].

Liste de seigneurs, gouverneurs et de viguiers[modifier | modifier le code]

Seigneurs[modifier | modifier le code]

  • Pierre de Najac ca 1080-1109/
  • Guillaume de Najac 1120-
  • Gausbert de Najac †1162/, coseigneur
  • Guillaume Bernard de Najac †1208/, coseigneur
  • Raymond Bernard de Najac ca 1230-1254/, coseigneur
  • 1229-1231: Géraud de Cadolle
  • 1333-1345: Raymond de Lescure, coseigneur,
  • Bertrand II de Lescure †1364, coseigneur
  • Antoine du Rieu, coseigneur, marié en 1527 avec Isabeau Audouy, il était maître de la monnaie de Villfranche et on lui reprochait de frapper des doubles de mauvais aloi.
  • Jean de La Valette (†1599
  • Etienne d'Audiguier, coseigneur de Najac, seigneur de Lunac
  • Philippe de Gineste 1630-1694
  • Charles II de Morlhon (†1677)
  • Etienne de Gineste 1714-1790
  • Antoine de Gineste †1755

Gouverneurs[modifier | modifier le code]

Viguiers[modifier | modifier le code]

  • 1396 - 1396 : Rigaud de Montamat (1370 ? - 1431)
  • Pons d'Agens († 1401)
  • 1396 - 1401 : Guillaume Toupignon
  • 1401 : Pierre de Laguiole
  • 1453 - 1455 : Pierre Toupignon
  • 1460 : Jacques de Gausserand
  • 1464 : Guillaume Lirons
  • Jacques dit Galiot de Genouillec († 1493)
  • Hugues d'Hébrard (1526 - ), docteur ès lois, fils de Jean d'Hébrard, seigneur de Sainte-Gemme, chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit, et d'Helips de Maleville.
  • Antoine del Puech (ca. 1535 - ?)
  • Guillaume de Resseguier
  • 1602 : Bernard Arribat
  • Charles du Faur
  • 1605 - 1639 : Bernard du Rieu (1574 - )
  • - 1658 : Marc-Antoine Audouy (1603 - 1658)
  • 1614 : Durand de Cahuzac
  • Jean Jacques Audouy
  • Bernard Sarrus (1622-1696)
  • 1696 : Laurent-Bernard de Sarrus († 1720) condamné à mort et exécuté pour malversation.
  • 1750 : Louis François Auguste de Sarrus
  • 1766 - 1783 : Jean-Baptiste Testas (1719 - 1783)
  • 1784 - 1790 : Jean-Baptiste Antoine Testas (1753 - 1804), rachète le château comme bien national

Description[modifier | modifier le code]

À cette époque, le village, un bourg castral, se blottit au pied du château qui assure la défense de la vallée. Le mariage des deux châteaux en fait un chef-d'œuvre de l'architecture militaire du XIIIe siècle[réf. nécessaire].

Les archères de 6,80 m, uniques au monde[réf. nécessaire] permettent le tir de trois archers à la fois. Un couloir secret relie la tour romane à la chapelle du donjon. Le donjon dominant de 200 m la boucle de l'Aveyron a pour conséquence que sa prise équivaut à détenir la clé de tout le pays[réf. nécessaire]. La forteresse est rattachée à la couronne et ne subit aucune attaque.

Visites[modifier | modifier le code]

Le château est ouvert à la visite.Pour les visiteurs arrivant du bas de la colline,il y a donc une colline à grimper,assez raide mais surmontable.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Salet, Najac - Château, p. 170-202, dans Congrès archéologique de France. Figeac, Cahors et Rodez. 100e session. 1937, Société Française d'Archéologie, Paris, 1938

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00094081 », base Mérimée, ministère français de la Culture : Vestiges du château et sa deuxième enceinte
  2. Inventaire sommaire des Archives départementales de l'Aveyron, Henri Affre, volume II, p. 162.
  3. « LA REVOLTE DES CROQUANTS », MARCILLAC-VALLON HISTOIRE