Château de Montrottier

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Château de Montrottier
Image illustrative de l'article Château de Montrottier
Période ou style Médiéval
Type Maison forte
Début construction XIIIe siècle
Propriétaire initial Famille de Menthon
Propriétaire actuel Académie florimontane
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1919, 1935)
 Inscrit MH (1987, partiellement)[1]
Site web www.chateaudemontrottier.com
Coordonnées 45° 53′ 55″ N 6° 02′ 20″ E / 45.89861, 6.038945° 53′ 55″ Nord 6° 02′ 20″ Est / 45.89861, 6.0389  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Genevois
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
commune française Lovagny

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Château de Montrottier

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Château de Montrottier

Le château de Montrottier est une ancienne maison forte, du XIIIe siècle, remaniée plusieurs fois et restaurée au XIXe siècle, qui se dresse sur la commune de Lovagny dans le département de la Haute-Savoie en région Rhône-Alpes, à une douzaine de kilomètres à l'ouest d'Annecy, près des gorges du Fier.

Au titre des monuments historiques ; le donjon, le corps de logis des Chevaliers et la tour de la Religieuse font l’objet d’un classement par arrêté du 1er septembre 1919 ; les terrains entourant le château font l’objet d’un classement par arrêté du 5 janvier 1935 ; la ferme et les bâtiments composant le château à l’exception des parties classées font l’objet d’une inscription partielle par arrêté du 3 novembre 1987[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Montrottier est situé dans le département français de la Haute-Savoie sur la commune de Lovagny, dans l'avant-pays savoyard. Il se dresse à 1 kilomètre au sud-est du bourg sur une colline de 445 mètres d'altitude qui domine toute la contrée. Du chemin de ronde, la vue embrasse la campagne vallonnée et s'étend au-delà des montagnes qui dominent le lac d'Annecy jusqu'au mont Blanc.

Élevé sur un piton rocheux, qu'encercle l'ancien lit du Fier ; « la Grande-Fosse », il surveillait le passage de la rivière Le Fier sur la route reliant Chambéry à Genève.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site aurait été occupé probablement à l'époque romaine ou sarrasine avec un poste de défense.

Les bâtiments du château furent édifiés entre les XIIIe et XVe siècles, avec des ajouts aux XIXe et XXe siècles.

Armoiries de la branche des Menthon-Montrottier

En 1263[3], la famille de Montrottier est citée dans un acte signé à Lovagny. Cette famille le tenait soit des mains des comtes de Genève ou des sires de Pontverre. En 1266[3], le château échoue à la famille de Grésy. Le dernier du nom le donne en 1425[4],[3] à Amédée VIII de Savoie, qui le vend deux ans plus tard, le 19 mars 1427, à Pierre de Menthon, Bailli du Genevois, conseiller et ambassadeur de Savoie à Paris en 1417, à Rome en 1432 et à Gênes en 1441[3], du duc de Savoie Amédée VIII ; à l'origine de la branche des Menthon-Montrottier, contre une somme de 9 000 florins. Ce dernier va faire effectuer beaucoup de travaux de construction et de rénovation. C'est au château qu'il meurt, le 31 mars 1455[3], d'une blessure occasionnée à Chambéry suite à un duel avec Jean de Compey.

La famille de Menthon-Montrottier conservera le château jusqu'à la Révolution et verra ses terres érigées en baronnie en 1596[3] et le 1er juin 1632[3] le duc Victor-Amédée, l'érige en comté.

En 1796[3] il sera vendu comme bien national à un consortium genevois puis à Bénédict Dufour, qui le laisse en héritage à son fils Guillaume-Henri Dufour. La famille Dufour le vend en 1839[4] au baron Jules de Rochette, dont l'épouse fera aussi d'importants travaux, en remaniant le « Logis des Comtes » et en remplaçant l'escalier du « Logis des Chevaliers » par un escalier d'honneur.

Il est vendu en 1876[4] à Victor Frerejean, maître de forges, ancien président de la Chambre de commerce de Lyon, Chevalier de la Légion d'honneur et officier de l'Ordre militaire et hospitalier du Saint-Sépulcre, qui achève le grand escalier.

En 1906, par le décès de Marie-Louise Marès, veuve de Georges Frèrejean, le château devint la propriété de Léon Marès qui fut un grand collectionneur d'objets d'art. À sa mort, le 14 août 1916[3], il le lègue, avec ses collections, à l'Académie florimontane, fondée en 1606 par François de Sales et le juriste Antoine Favre. Celle-ci en est encore aujourd'hui propriétaire.

L'académie florimontane soutient et publie dès 1949 les recherches et travaux de Joseph Serand sur l'histoire du château et des propriétaires et, depuis 2007, celles de Julien Coppier sur Léon Marès, les autres propriétaires et les collections[réf. souhaitée].

Description[modifier | modifier le code]

Tour du château de Montrottier

Le château de Montrottier se présente sous la forme d'une enceinte pentagonale construite au XIIIe siècle, qui épouse la forme du terrain, protégée au nord par les gorges du Fier, autour d'un donjon cylindrique isolé dans une cour, d'une tour carrée, la « Tour des religieuses », des logis grands et petits ainsi qu'un bâtiment pour le corps des gardes. Cet ensemble constitue un bel exemple de l'architecture médiévale savoyarde ; les logis et la tour datant du XVe siècle[5] et réemploient des éléments des XIIIe et XIVe siècles[5].

C'est à Pierre de Menthon que l'on doit la construction du « Logis des chevaliers », du « Logis des Comtes », et du donjon cylindrique surmonté de mâchicoulis. Ce dernier est construit après 1425[5], en blocage de cailloux roulés, briques et gravier, et son appareil est constitué de moellons de tuf. Haut de 35,6 mètres, il a des mur épais de plus de 3 mètres à sa base qui est construite en gros appareil et talutée en forme de tronc de cône. Comptant cinq étages planchéiés, il est accessible par une passerelle de bois depuis le premier étage du « Logis des Comtes » située à 4 mètres du sol. Un escalier de 87 marches mène à son sommet, d’où l'on a une vue remarquable. Quant aux mâchicoulis, qui en compose le couronnement, ils reposent sur une rangée de corbeaux triples et dont les trois merlons qui dominent la route au sud-est sont percés de bouches à feu circulaires.

Pierre de Menthon fit aussi effectuer la réfection des courtines.

On accède à la cour du château par une porte de facture récente. À l'intérieur, outre le donjon, en face on voit le petit et grand logis. Ces deux bâtiments qu'éclairent des fenêtres à meneaux ont été restaurés en 1860 dans un style Renaissance. Une courtine les relies à la « Tour des Religieuses », qui est le bâtiment le plus ancien du château et dont le gros œuvre remonte au XIIIe ou XIVe siècle[5], dressé à l'angle sud-ouest. C'est un logis rectangulaire, dont l'un des angles est muni d'une échauguette, de 8,50 × 12,50 mètres de côté crénelée. Sa base percée d'archères a une épaisseur côté extérieur de 3 mètres et côté cour de 1 mètre. Ses poutres ne furent pas incrustées dans les murs mais seulement posées sur des corbeaux, afin d'évacuer l'humidité et permettre un changement plus facile. Il est à noter que les créneaux sont de dimensions inégales. Au XIVe siècle on a ajouté une tourelle d'angle à cette dernière ; elle abrite un escalier à limon suspendu. L’accès à la tour se fait par une porte ogivale et ouvre sur une pièce qui dut servir de corps de garde, et qui devait abriter des pièces d'artillerie, comme le laisse supposer les larges ouvertures dont est percée la muraille. Après avoir emprunté l'escalier on atteint une première salle dite « Salle des Armes » et au deuxième étage la salle dite « Salle Orientale ».

Bordant la cour au nord et à l'ouest, le « grand logis » est composé d'un corps de trois bâtiments. Le premier abrite la « Salle des Chevaliers » ; c'est l'ancienne salle de réception du château, bâti à la fin du XIVe siècle. Cette salle rectangulaire mesure 8,50 × 17,50 mètres et a des murs épais de 1,70 mètre. Elle s'éclaire par des fenêtres à croisillons Renaissance et voit sa porte d'accès surmontée des armoiries des Menthon-Montrottier. À l'intérieur on peut y voir un plafond boisé divisé en dix-huit caissons ; modèle en vogue aux XIVe et XVe siècles et que l'on retrouve au château de Chillon, ainsi qu'une cheminée placée en face de la porte. Au premier étage de cette salle le linteau de la porte portait autrefois la date de 1344[5]. Les autres bâtiments ont au XIXe siècle très restaurés.

Le château contient de vastes collections d'armes et d'armures, de faïences, porcelaines et verreries, de tapisseries (dont des tapisseries des Flandres), de meubles d'époque, de dentelles, ainsi qu'une collection d'objets rares d'Extrême-Orient et d'Afrique, réunis par Léon Marès, l'un des derniers grands collectionneurs de la fin du XIXe siècle.

Il comprend dans ses collections quatre bas-reliefs en bronze, datant de la Renaissance allemande, de Peter et Hans Vischer, célèbres fondeurs à Nuremberg, au XVIe siècle. Ils font l'objet d'un classement aux monuments historiques au titre d'objet depuis le 3 juin 1923[6]

Il semble que fassent également l'objet d'une protection les tableaux : place Notre-Dame d'Annecy[7], paysage avec paysans[8], ruines d'abbaye[9], Vénus Armant Enée[10], Vierge à l'Enfant[11], les statues de : saint Nicolas[12], saint Jean-Baptiste[13], Vierge à l'Enfant[14], Vierge de Pitié avec saint Jean et sainte Marie-Madeleine[15], Vierge de Pitié[16], une autre Vierge de Pitié[17], un ensemble de tapisseries (chasse au cerf, chasse au sanglier, chasse au lièvre, chasse au loup, chasse au renard)[18] et un coffre[19].

Il se visite de mars à octobre.

Vue du château
Château de Montrotier 01.JPG
74 - Montrottier.jpg
Arrivée au château
Parc et jardins

Ils dateraient du XIVe siècle mais au XIXe siècle la baronne de Rochette les a fait reprendre par l'architecte Delimoges.

Le parc du château a fait l'objet d'un pré-inventaire au titre des monument historique le 5 janvier 1935[20].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château de Montrottier », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Georges Chapier 2005, p. 333-328.
  4. a, b et c Christian Regat - François Aubert 1999, p. 99-101.
  5. a, b, c, d et e Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ 1987, 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 698.
  6. « Notice no PM74000247 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  7. « Notice no PM74000599 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  8. « Notice no PM74000597 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  9. « Notice no PM74000596 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  10. « Notice no PM74000589 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  11. « Notice no PM74000250 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  12. « Notice no PM74000595 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  13. « Notice no PM74000594 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  14. « Notice no PM74000593 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  15. « Notice no PM74000592 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  16. « Notice no PM74000591 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  17. « Notice no PM74000590 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  18. « Notice no PM74000249 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  19. « Notice no PM74000248 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  20. « Parc du château de Montrottier », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julien Coppier, "Le domaine de Montrottier au temps de la famille Frèrejean (1876-1906), Revue savoisienne, 2013, p. 95-125.
  • Archives départementales de la Haute-Savoie. Coppier (Julien), Généreuse Haute-Savoie, histoire des dons et legs 1860-1940 : Léon Marès et son legs du château de Montrottier à l'Académie florimontane, in "des Philanthropes œuvrant pour les Beaux-arts et loisirs", Annecy, 2012, p.58-61
  • Julien Coppier, « Léon Marès (1854-1916) : de ses racines montpelliéraines à sa vie en Haute-Savoie, un collectionneur singulier », Mémoires de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier,‎ 2013, p. 65-90
  • Julien Coppier, « Léon Marès (1854-1916) : éclairages sur un collectionneur à partir de documents inédits », Revue savoisienne,‎ 2011, p. 331-360
  • Jean Nougaret, « Note sur deux œuvres d’Alexandre Cabanel » Revue savoisienne, 2011
  • Julien Coppier, « Léon Marès (1854-1916) : éclairages sur une personnalité à partir de documents inédits », Revue savoisienne,‎ 2010, p. 181-215
  • Julien Coppier, « Le domaine de Montrottier (Lovagny–Haute-Savoie), de la demeure du collectionneur Léon Marès à la propriété de l’Académie florimontane (1916-1919) », Revue savoisienne,‎ 2009, p. 97-130
  • Julien Coppier, Le château de Montrottier : la demeure d’un collectionneur (Lovagny–Haute-Savoie), Saint-Amand-Montrond, Édition Gaud,‎ 2007, 36 p.
  • [Christian Regat - François Aubert 1999] Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Éditions Cabédita,‎ 1999, 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5), p. 99-101.
  • J. Serand, Le château de Montrottier, étude historique et archéologique. Annecy, 1949.
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 322-328.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]