Château de Miolans

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Château de Miolans
Image illustrative de l'article Château de Miolans
Vue générale de l'édifice
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIe siècle
Propriétaire initial Maison de Miolans
Propriétaire actuel Personne privée
Destination actuelle Ouvert partiellement à la visite
Protection Logo monument historique Classé MH (1944)[1]
Site web www.chateau-de-miolans.com
Coordonnées 45° 34′ 48″ N 6° 11′ 11″ E / 45.58, 6.186389 ()45° 34′ 48″ Nord 6° 11′ 11″ Est / 45.58, 6.186389 ()  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Savoie propre
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Commune Saint-Pierre-d'Albigny

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Château de Miolans

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Miolans

Le château de Miolans est un ancien château fort, du XIe siècle, centre de la seigneurie puis de la baronnie de Miolans[Note 1], situé dans la Combe de Savoie, dont les vestiges se dressent sur la commune de Saint-Pierre-d'Albigny dans le département de Savoie en région Rhône-Alpes.

Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [1].

En 1997, le site est intégré à un itinéraire thématique de découvertes : Pierres-fortes de Savoie®.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Miolans est situé dans le département français de Savoie sur la commune de Saint-Pierre-d'Albigny entre Montmélian et Conflans, au hameau de Miolans, distant de 3,5 kilomètres du bourg (commune de Chamousset) situé près du confluent de l'Isère et de l'Arc, connu sous le nom de « Pont-Royal », et dont le pont qui enjambe la confluence permet de rejoindre la rive gauche de l'Isère ainsi que la vallée de la Maurienne.

Situé sur les contreforts de la dent de l'Arclusaz (Massif des Bauges), le château situé à 550 mètres d'altitude s'élève à l'extrémité d'un éperon isolé par un double fossé, sur un bourrelet rocheux surplombant de près de 250 mètres la plaine de l'Isère. Il commandait les routes de Chambéry par Lyon, Genève et Grenoble, et les routes d'Italie par Conflans, Moutiers via le col du Petit-Saint-Bernard, et celle par Aiguebelle, Saint-Jean-de-Maurienne via le col du Mont-Cenis.

Il faisait face aux châteaux d'Aiton, de Chamoux, de l'Heuille, de Châteauneuf et de Montmayeur.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château de Miolans (1691).

Le site[3],[4], un oppidum, est déjà occupé au temps des Romains, dès le IVe siècle. Il permet ainsi de contrôler l'axe alpin entre Aoste et Vienne, par le col du Petit-Saint-Bernard, les vallées de l'Isère et de l'Arc. Les Sarrasins leurs succédèrent.

En 1014, il est fait mention du mandement de Miolans[5].

En 1081[6], dans une charte est citée la chapelle du château qui servira plus tard comme église paroissiale.

À partir de 1083, le site accueille une maison forte, que l'on appelle aujourd'hui tour Saint-Pierre, occupé par la famille de Miolans, une des plus anciennes familles de Savoie[7]. En 1090[8], dans une charte, est cité un Anthelme de Miolans, « vir illustrissimus », fils de Guiffred. Geoffroy de Miolans, accompagne, en 1146[8], Amédée III de Savoie à la deuxième croisade, qui meure au château à son retour de Nicosie. Geoffroy aurait rapporté de Jérusalem trois épines de la couronne du Christ. Elles sont placées dans la chapelle castrale. Ces reliques seront déposées , en 1381[8], dans le couvent des frères ermites de Saint-Augustin, que vient de fonder Jean de Miolans.

En 1263, Anthelme de Miolans, tient le château au nom du comte Amédée V de Savoie.

En 1360[8], Anthelme de Miolans, un autre, est fait, par Amédée VI de Savoie, châtelain des terres et du château de Miolans. Ces reliques seront déposées , en 1381[8], dans le couvent des frères ermites de Saint-Augustin, que vient de fonder Jean de Miolans.

À partir de 1380[8], Jean de Miolans, époux d'Agnès de Roussillon, conseiller d'Amédée VIII de Savoie, met en place un système de fortifications agrémenté d'un deuxième donjon et remanie profondément le château ; celui-ci est complété par une troisième tour, dite de la « Sauvegarde ».

Le 25 février 1421[6] Jacques de Miolans en est investi. Le baron Louis de Miolans le lègue en 1497[6] à son fils Jacques, ou à défaut d'héritiers mâle à la maison de Savoie. C'est ainsi que le 21 novembre 1523[8], Claudine de Miolans, épouse de Guillaume de Poitiers, désirant se retirer dans un couvent et dernière de la lignée, la maison forte, le fief ainsi que les dépendances, passe dans le domaine des comtes de Savoie en la personne de Charles III de Savoie qui la fortifie et transforme l'antique maison forte en véritable forteresse. Lors de l'occupation française par les troupes de François Ier, le château servira de logement à une garnison de 1536 jusqu'au 19 septembre 1599. François-Annibal de Seyssel en est en 1599[9] le gouverneur.

François Ier s'en empare en 1531[8] ; François II le restitue au duc de Savoie en 1559[8]. Il est pris de nouveau, en 1600, par Lesdiguières et il est assiégé, en 1690-1691[8], par Catinat.

Vers 1643[10], le gouverneur de la place est le comte Centorio Gagnoli.

Le comte Emmanuel-Philibert de Savoie, le transforme, en 1694[8], en prison d'État. Il gardera cette fonction jusqu'en 1792, où il sera démantelé. On lui donna parfois le nom de « Bastille savoyarde » ou « Bastille des Alpes ». La forteresse a accueilli plus de 200 prisonniers. Le nom des cachots portaient le nom de Enfer, Purgatoire, Paradis, Trésor, petite et grande Espérance[4]. Parmi les personnalités emprisonnées, on trouve : le père Monod, arrêté sur ordre de Richelieu, il y termine sa vie ; l'historien Pietro Giannone, de 1736 à 1738 ; Vincent-René Lavini, de 1767 à 1786, abbé, faussaire en billets de banque ; François-Marie de l'Alée[11], baron de Songy, en février 1772 et le marquis de Sade, le 8 décembre 1772. Ces deux derniers s'évadent dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1773. La libération des derniers prisonniers se fera par les révolutionnaires français. Le château est alors partiellement détruit. Mis aux enchères en 1794, il ne trouve pas d'acquéreur et tombe petit à petit en ruines. Repris, après 1815, par l'administration sarde, il est laissé à l'abandon et en 1868[8], un marchand de matériaux le dépouille de ces éléments décoratifs. Il fut ensuite la propriété d'un banquier, monsieur Barjaud, ancien notaire, qui en relève un corps de logis. Ce dernier le vend à monsieur Sorbon de Chambéry, un fabricant de gants.

Le préfet de Savoie Guiter rachète la forteresse en 1875, à titre personnel, et réalise une restauration en collaboration avec les Beaux-Arts, aidé par son beau-père, Jules Formigé, architecte.

Aujourd'hui, le château, propriété privée, est ouvert à la visite une partie de l'année.

Baronnie de Miolans[modifier | modifier le code]

Les droits sur la baronnie furent jusqu'à la Révolution détenus par la famille de Miolans. En 1616[8], Gabriel de Gadagne, reconnaît, au nom de son fils, Jean-François Mitte de Miolans, les tenir de Charles-Emmanuel Ier de Savoie. En 1700[8], Charles-Emmanuel Miolans-Spinola en fait de même auprès de Victor-Amédée II de Savoie. Melchior Mitte, ambassadeur de Louis XIII en 1629[8], avait vu ses droits sur la baronnie confisqués par le duc Charles-Emmanuel. Ce dernier les avaient alors cédés au marquis de Saluces-Cardé[Note 2]. Marie-Anne Mitte de Chevrières, épouse de Charles-Auguste de la Viciville, comte de Vienne, et son fils, Charles-Louis Joseph, à la Révolution, essayèrent, sans succès, de rentrer dans leurs droits. La levée n'en intervient que le 8 germinal an V[8] (28 mars 1797), au profit de Marie-Thérèse Saluces-Spinola-Garrès-Cardé, baronne de Miolans, veuve du marquis de Saint-Germain.

Description[modifier | modifier le code]

Le château vu de l'Ouest

Léon Menabrea en fait en 1865 la description suivante : « Ce roc s'élève perpendiculairement, à une hauteur prodigieuse ; deux énormes tours, d'une architecture différente, dominent la masse de l'édifice ; un double rang de fossés, une triple enceinte de murailles défendaient jadis ce manoir sur l'unique face où il pouvait être attaqué ; il fallait quatre heures de marche difficile avant d'atteindre le donjon. Ces constructions, dont la majeure partie est encore debout, appartiennent évidemment à différentes périodes ; ici l'on reconnait l'aire du seigneur féodal, la place de guerre, la prison d'État »[12].

Le site fait 200 mètres de long, sur 60 à 80 mètres de large[4]. Le système de défense du château était constitué de quatre fossés successifs (voir 5), 2 (ou 3) ponts-levis, 5 portes, au moins deux herses. L'entrée du château se fait par le châtelet, orné des armoiries des seigneurs de Miolans, dit « Porte d'enfer », véritable piège pour les assaillants qui restaient coincés sous le feu des défenseurs. Après avoir passé cet obstacle, une rampe, exposé au feu d'une galerie de défense couverte, percées de canonnières[13] et dominé par le chemin de ronde, permettait d'atteindre la cour basse, protégée par une solide enceinte polygonale, flanquée de tours des XIVe et XVe siècles[14] dont la tour de la Sauvegarde. Cette enceinte, abrite aujourd'hui l'habitation moderne, ainsi que la chapelle. Une fontaine en agrémente la cour.

Le donjon, ou tour maîtresse, quadrangulaire du XIIIe siècle, haut de six étages, isolé de la cour basse par un profond fossé, s'élève au point le plus inaccessible, à la liaison de la cour basse et de la cour haute, qu'ils dominent de toute sa masse. Il est renforcé par quatre tourelles faisant office de contreforts.

Dans la cour haute, les oubliettes, n'en ont que le nom. Cette salle d'environ 3 mètre de profondeur s'ouvre après que l'on ai cheminé dans un couloir très bas. Ce n'est probablement qu'une simple chambre froide permettant de conserver des blocs de glace pour les saisons chaudes. Les « traces de sang » retrouvées au plafond ne sont dues qu'à la présence de minerais ferreux qui ont rouillé à cause de l'humidité. Une petite fenêtre côté falaise vient compléter cet ensemble.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notres[modifier | modifier le code]

  1. Georges Paernat, avocat au Sénat de Savoie, seigneur de Verdun-Dessus et de la maison forte de Saint-Vial, en est le juge ordinaire, Michèle Brocard 1995, p. 138.
  2. Branche cadette de la maison de Saluces.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château de Miolans », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. Le château de Miolans.
  4. a, b et c Dictionnaire d'Amboise. Pays de Savoie. Éditions Amboise. 1989. 2e édition p. 257.
  5. Élisabeth Sirot, Introduction à l'archéologie médiévale.
  6. a, b et c Georges Chapier 2005, p. 277-280.
  7. Robert Colonna d'Istria, Histoire de la Savoie, Paris, France-Empire,‎ 2002 (ISBN 978-2-7048-0943-1 et 2704809437, LCCN 2002508127), p. 279.
  8. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Michèle Brocard 1995, p. 272-274.
  9. Jean Létanche, Les vieux châteaux, maisons fortes et ruines féodales du canton d'Yenne en Savoie, Le livre d'Histoire-Lorisse, 1907 (9782843738135) p. 72.
  10. Michèle Brocard 1995, p. 133
  11. François-Marie de Lallée, baron de Songy.
  12. Des origines féodales dans les Alpes occidentales, Imprimerie royale de Turin, paru en 1865, 596 pages.
  13. Miolans, 2000 ans d'histoire, Société Savoisienne d'Histoire de d'Archéologie, Numéro Hors Série, 1988, ISSN 0046-7510.
  14. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ 1987, 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 1074.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Michèle Brocard 1995] Michèle Brocard (ill. Edmond Brocard), Les châteaux de Savoie, Yens-sur-Morges, Éditions Cabédita, coll. « Sites et Villages »,‎ 1995, 328 p. (ISBN 978-2-88295-142-7), p. 272-274.
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 277-280.

Liens externes[modifier | modifier le code]