Château de Maisons-Laffitte

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Château de Maisons-Laffitte
Image illustrative de l'article Château de Maisons-Laffitte
Vue du château de Maisons-Laffitte, côté jardin
Période ou style Classique
Type château
Architecte François Mansart
Début construction environ 1640
Fin construction environ 1670
Propriétaire initial René de Longueil
Propriétaire actuel République française
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument historique Classé MH (1914)
Site web maisons.monuments-nationaux.fr/
Coordonnées 48° 56′ 50″ N 2° 09′ 14″ E / 48.9472, 2.1538 ()48° 56′ 50″ Nord 2° 09′ 14″ Est / 48.9472, 2.1538 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Île-de-France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Maisons-Laffitte

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Château de Maisons-Laffitte

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Château de Maisons-Laffitte

Le château de Maisons-Laffitte, à l'origine château de Maisons ou château de Maisons-sur-Seine, est un château situé à Maisons-Laffitte dans les Yvelines, considéré comme un chef-d'œuvre de l'architecture civile française du XVIIe siècle et une référence dans l'histoire de l'architecture.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les Longueil, ancienne famille de parlementaires, possédaient pour partie la seigneurie de Maisons depuis 1460, et en pleine propriété à partir de 1602. À partir de 1630, et pendant sans doute vingt à trente ans, René de Longueil, premier président de la Cour des aides puis président à mortier au Parlement de Paris, consacre la fortune héritée de sa femme, Madeleine Boulenc de Crévecœur (décédée en 1636), à la construction d'un magnifique château. Il peut passer l'été dans son château en 1649, mais les travaux des dépendances se poursuivent bien au-delà de cette date.

Vue du jardin et du château de Maisons au XVIIe siècle

Sur la foi des témoignages des contemporains, le bâtiment est attribué à l'architecte François Mansart. Aucun document ne corrobore cette attribution, en dehors d'un paiement de 26 000 livres effectué par René de Longueil au profit de François Mansart en 1657, a priori après l'achèvement du château. Néanmoins, elle est affirmée par un pamphlet intitulé « La Mansarade » qui accuse l'architecte d'avoir réalisé, après avoir fait élever le premier étage, qu'il avait commis une erreur dans ses plans et d'avoir fait abattre tout ce qui avait été construit pour tout recommencer.

Charles Perrault attribue également Maisons à Mansart : « Le château de Maisons, dont Mansart a fait tous les bâtiments et les jardinages, est d'une beauté si singulière qu'il n'est point d'étranger qui ne l'aille voir comme l'une des plus belles choses que nous ayons en France. » Perrault souligne que l'architecte avait l'habitude de faire refaire parfois plusieurs fois certaines parties de ses bâtiments, à la recherche de la perfection. Ceci pourrait expliquer la durée anormalement longue de la construction, étalée sur plusieurs décennies.

À la mort de René de Longueil, en 1677, le château reste dans sa descendance jusqu'en 1736, date à laquelle Marie-Renée de Belleforière de Soyecourt, son arrière-petite-fille,lègue le château à son petit-fils, Louis-Armand de Seiglière de Belleforière, à l'occasion de son mariage avec Marie-Anne de Beauvilliers.

En , le château est visité par Louis XV et la marquise de Pompadour qui cherche une demeure en bordure de Seine. Le roi fait étudier par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778), dernier des Mansart et arrière-arrière-petit-neveu de François Mansart, la possibilité de transformation du château, notamment dans sa façade sur jardin.[réf. nécessaire] Le château est alors en fort mauvais état, surtout depuis l'incendie survenu en 1723 dans l'appartement de la reine, situé dans l'aile droite, où avait logé Voltaire. Les modifications envisagées par Mansart de Sagonne ont été décrites et commentées par Jacques-François Blondel, célèbre théoricien et professeur de l'Académie royale d'architecture, grand admirateur du château, dans son Cours d'architecture. Le projet demeura sans suite, la marquise ayant jeté son dévolu sur Bellevue, près de Meudon.

En 1777, le château devient la propriété du comte d'Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X, qui y fait réaliser d'importantes transformations intérieures par son architecte, François-Joseph Bélanger. Ces travaux sont interrompus en 1782 en raison du manque d'argent. Le château n'est plus entretenu et se délabre.

Confisqué comme bien national sous la Révolution, il est vendu en 1798 à un fournisseur aux armées, M. Lauchère, puis, en 1804, au maréchal Lannes.

En 1818, la duchesse de Montebello, veuve du maréchal vend le château de Maisons au célèbre banquier Jacques Laffitte. Celui-ci procède, à partir de 1834, à l'urbanisation du parc sous forme d'un lotissement et détruit les magnifiques écuries pour fournir aux acheteurs des matériaux de construction. En 1844, le château lui-même passe à sa fille, la princesse de la Moskowa qui le cède en 1850 à Charles Xavier Thomas de Colmar, inventeur de l'arithmomètre, la première machine à calculer industrielle.

En 1877, les héritiers de Thomas de Colmar, cèdent le château au peintre Tilman Grommé qui lotit le petit parc et démolit le portail d'entrée de l'avant-cour qui, sévèrement réduite, est close par une grille en fer forgé qui proviendrait du château de Mailly en Picardie.

En 1905, l'État rachète le château pour le sauver de la démolition ; il est classé Monument historique en avril 1914[2]. Le château est ouvert au public depuis le 26 juillet 1912 et géré par le Centre des monuments nationaux[3].

Architecture[modifier | modifier le code]

Extérieurs[modifier | modifier le code]

Le château de Maisons a été construit entre la Seine et la forêt de Saint-Germain-en-Laye, avec une façade sur jardin orientée sud-est. Originellement, il comportait un jardin, un petit parc de 33 hectares et un grand parc de 300 hectares. On y accédait par deux avenues se croisant en T devant le portail de l'avant-cour (avenue Eglé et avenue Albine) : l'axe principal conduisait à la forêt, l'axe transversal à la Seine, qu'on franchissait par un bac en direction de Paris, en traversant le village situé au sud-ouest du château. Trois portails (outre celui de l'avant-cour) étaient disposés aux extrémités des avenues comprenant chacun deux portes encadrant un saut-de-loup, dispositif appelé « ha-ha » très caractéristique de l'architecture de François Mansart.

Vue du château de Maisons, côté cour

De part et d'autre du fond de l'avant-cour, Mansart avait édifié les écuries, chef-d'œuvre d'architecture qui ne nous est malheureusement connu que par des relevés, et une fausse façade, ou « renard », destinée à créer un effet de symétrie. Le parti monumental des écuries annonçait Versailles et Chantilly. De ce magnifique ensemble ne subsiste qu'une grotte, qui était sans doute l'abreuvoir des chevaux.

Le château lui-même a été édifié sur une plateforme rectangulaire bordée d'un fossé sec. La cour d'honneur était délimitée par des terrasses qui la faisaient apparaître décaissée et créaient une virtualité du château traditionnel de plan fermé. Le logis ne comporte que de courtes ailes. Il comprend plusieurs corps ayant chacun leur comble, avec des toits écrêtés et pourvus de hautes souches de cheminées, et des avant-corps marqués par des ressauts de façade, selon une disposition qui rappelle les œuvres de Pierre Lescot et de Philibert Delorme au siècle précédent. À cette époque se rattache également la disposition du logis simple en profondeur, avec trois étages de sous-sols, un premier étage noble sur rez-de-chaussée et trois étages de combles.

Intérieurs[modifier | modifier le code]

Vestibule[modifier | modifier le code]

On entre dans le château par un grand vestibule central qui n'était primitivement fermé que par des grilles. Ces grilles, ouvrages exceptionnels de ferronnerie, sont aujourd'hui au musée du Louvre ; elles illustrent l'utilisation extensive de la ferronnerie d'art à Maisons. Le mariage de la pierre et de la sculpture donne un sentiment de grandeur et de noblesse qui en fait l'un des morceaux d'architecture les plus caractéristiques du XVIIe siècle français en général, et de l'art de François Mansart en particulier. Les huit colonnes de styles doriques sont cannelées, rudentées et légèrement fuselées. Quatre aigles aux ailes déployées (symbole des Longueil) apparaissent aux angles de la pièce. Sur les quatre lunettes de la voûte sont visibles des bas-reliefs de Gilles Guérin, sur des dessins de Jacques Sarazin, illustrant les quatre éléments à travers des figures mythologiques romaines : Cybèle (la terre), Junon (l'air), Neptune (l'eau) et Jupiter (le feu). Ce vestibule distribue deux appartements.

Appartement de René de Longueil[modifier | modifier le code]

Vue du salon des captifs avec la cheminée sur la droite et, sur la gauche, Les cascades de Tivoli peint par Hubert Robert

L'appartement de gauche, dit « appartement des Captifs », était sans doute celui de René de Longueuil et a conservé son décor d'origine. Une antichambre mène à une pièce d'angle, ancienne chambre d'apparat dite aussi "salon des captifs". La cheminée représente Louis XIII (sur un médaillon au centre de la partie supérieure) entouré de captifs (sculpture de Gilles Guérin), d'où le nom donné à l'appartement. Ces deux prisonniers symbolisent les deux victoires qu'a remportées le roi pendant la Guerre de Trente Ans. La partie centrale, un bas-relief, représente le triomphe de Louis XIII sur un char suivi de captifs enchaînés. La plaque de fonte de la cheminée est aux armes des Longueil. Le salon des captifs conserve également plusieurs peintures dont Le paysage en cascade de Hubert Robert réalisé en 1779 et L'éruption du mont Vésuve par Pierre-Jacques Volaire, réalisée en 1774 et qui illustre l'un des sujets de prédilection du peintre.

Appartement du comte d'Artois[modifier | modifier le code]

Vue de la salle à manger du comte d'Artois

L'appartement de droite, dit « appartement de la Renommée », a été entièrement refait par Bélanger pour le comte d'Artois dans le style néo-classique. L'intervention de Bélanger à Maisons a été relativement discrète et remarquablement respectueuse du style général de l'édifice.

Appartement du maréchal Lannes[modifier | modifier le code]

Vue de la chambre du maréchal Lannes

À l'étage, l'appartement de droite, dit « des aigles », doit son nom à la décoration réalisée pour maréchal Lannes. La chambre a surtout été utilisée par son épouse Louise de Guéhéneuc après le décès de son mari en 1809.

Appartement à l'italienne[modifier | modifier le code]

Vue de la salle des fêtes de l'appartement à l'italienne

L'appartement de gauche, dit « appartement du roi » ou « appartement à l'italienne » parce que toutes les pièces sont à l'italienne, c'est-à-dire couvertes en fausses voûtes. Il comprend une vaste salle des fêtes, dite aussi salle des gardes, avec une tribune pour les musiciens. Elle ouvre sur un salon appelé salon d'Hercule, par référence au tableau d'Hercule terrassant l'hydre du Guide qui ornait autrefois la cheminée monumentale, décorée de sculptures par Guérin. Dans le pavillon est, une pièce couverte en dôme orné de termes annonce le grand salon de Vaux-le-Vicomte. Un petit cabinet ovale, dit « cabinet des miroirs », comporte une décoration d'un grand raffinement, et a notamment conservé un précieux parquet incrusté d'étain et d'os.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le château de Franconville à Saint-Martin-du-Tertre (Val-d'Oise), construit par Gabriel-Hippolyte Destailleur pour le duc de Massa en 1876, est étroitement inspiré du château de Maisons-Laffitte.

Un « clone » du château de Maisons-Laffitte a été construit à trente kilomètres de Pékin (Chine) sur un domaine de 300 hectares, par le milliardaire chinois Zhang Yuchen. Il est utilisé comme hôtel et centre de séminaires sous le nom de Zhang-Laffitte, le propriétaire s'étant toutefois réservé plusieurs pièces pour son usage personnel. La construction du bâtiment a nécessité un budget de 40 millions d'euros et l'intervention de mille ouvriers, sur trois ans de travaux. Il a été inauguré en 2004. Un reportage lui a été consacré le 29 novembre 2006 par France 3.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Liste des œuvres exposées[4].

Personnages liés au Château[modifier | modifier le code]

Films et téléfilms tournés au Château de Maisons-Laffitte[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Notice no PA00087491 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Monuments nationaux : Château de Maisons
  4. Larousse Mensuel 1911-1913 pg 614

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Cachau, "Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne, dernier des Mansart (1711-1778)", thèse d'histoire de l'art soutenue à Paris-I en 2004, t. II, p. 1259-1262.
  • Claude Mignot, Le Château de Maisons, Éditions du patrimoine, coll. "Itinéraire du patrimoine", 1998.
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Le guide du patrimoine, Île-de-France, Hachette, 1992.
  • Jacques-François Blondel, "Cours d'architecture",t. III, Paris, 1777, p. 88-91.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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