Château de Dreux

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Château de Dreux
Nom local Château des comtes de Dreux
Période ou style médiéval et romantique
Type Château fort (vestiges)
Début construction XIIe
Fin construction XIXe
Propriétaire initial Landry de Dreux
Propriétaire actuel Fondation Saint-Louis
Protection classé Monument historique en 1977 [1]
Coordonnées 48° 44′ 17″ N 1° 21′ 46″ E / 48.738, 1.362848° 44′ 17″ Nord 1° 21′ 46″ Est / 48.738, 1.3628  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Île-de-France
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Commune Dreux

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Dreux

Le château de Dreux est un ancien château royal, sur la commune de Dreux, dont les vestiges sont encore importants et qui renferme la chapelle royale de Dreux, sépulcre de la maison d'Orléans.

Description[modifier | modifier le code]

Le château de Dreux a perdu son ancienne splendeur. L'essentiel de la construction se compose d'un rempart dominant la ville, flanqué de tours rondes, à l'exception de deux carrées. Sur le côté nord existait un donjon, construit en 1244, qu'on appelait la « Tour grise » ou la « Grosse tour » [3], et qui fut ruinée après le dernier siège de la ville, par Sully, pour Henri IV en juin 1593. Ce dernier fit ensuite araser la plupart des tours à mi-hauteur. Les restes de la Tour grise furent démolis par le duc d'Orléans, propriétaire, sous Charles X[4]. Il n'y subsiste que la colonne du télégraphe qu'il y fit installer.

Il existait plusieurs enceintes. Dans la première enceinte, où basse-cour, existait une chapelle. Cette partie, et la seconde enceinte dont il ne reste que des vestiges, correspondent au nord de l'ensemble actuel, est maintenant un parc boisé, longé du côté ouest par le cimetière principal.

Le sud du château était défendu par une autre grosse tour, nommée « Tour de Dannemarche ». Un portail, vers le sud, ne possède quasi pas de défense, mais il est surmonté du logis actuel, appelé communément « l'Évêché ».

Sur le flanc sud en effet, un logis a été conservé, en deux constructions, qui servit autrefois de résidence aux derniers comtes de Dreux puis à quelques membres de la maison d'Orléans. Il a été entièrement remanié au XIXe siècle. C'est un logis de forme oblongue, longeant les remparts sur le versant sud du château, présentant un étage sur cave, surmonté d'un étage mansardé. Côté cour (aujourd'hui transformée en jardin d'agrément), la façade présente deux tours octogonales de style lombard munies de toits pointus, entourant un grand escalier d'une douzaine de marches. Ce dernier ouvre sur une porte entourée de deux fenêtres. Toutes les ouvertures, y compris dans la mansarde, sont de forme cintrée. Une rampe d'accès pénètre sous ce bâtiment, par un porche sur le côté gauche de la petite façade. Côté ville, une troisième tour octogonale du même style que les deux déjà décrites, s'élève cette fois-ci sur une plus grande hauteur, puisqu'elle s'élève depuis un point plus bas. Le portail correspondant au porche se trouve à gauche de cette tour, de même qu'un avant-corps vestige des anciennes fortifications. Il existait avant la Révolution une chapelle Saint-Nicolas-des-Salles à cet endroit. Elle tenait son nom de la proximité des salles principales du château. Elle a été démolie.

Vue de la ville, à droite du pavillon principal, se trouve un autre bâtiment accolé au premier mais posé en deçà de l'ancien rempart, construit en calcaire (rez-de-chaussée) et briques rouges (étage), surmonté d'un toit à deux pentes et à pan coupés aux extrémités. Il s'agit d'un bâtiment de service du logis actuel, où se trouvent les cuisines et les salles de domesticité. À son extrémité se trouve enfin une grosse tour sur deux niveaux, remaniée, mais qui ne s'élève pas au-delà du jardin intérieur.

Au centre de l'ensemble, à l'endroit de l'ancienne collégiale Saint-Étienne, a été rebâtie depuis une chapelle Saint-Louis, connue sur le nom de « Chapelle royale ».

Histoire[modifier | modifier le code]

La bourgade de Dreux fut la capitale de la tribu gauloise des Durocasses, connue sous le nom de Durocassium. Sa position topographique, proche de la cité des Parisii, à un carrefour de voies de communications, ainsi que la haute colline qui la domine, réunissaient toutes les conditions requises pour un poste militaire. Aussi les Romains y établirent-ils une forteresse du nom de Castrum Drocas, succédant à l'ancien oppidum gaulois.

Cette forteresse devint le centre d'un comté carolingien. Pendant un temps, il dépendit du nouveau duché de Normandie, avant de tomber dans les mains de la maison de Vermandois, descendant de Charlemagne. Vers 1121/1123, Robert II l'enleva à cette lignée, après la mort d'Étienne Ier de Troyes, et il le réunit à la couronne, faisant de cette forteresse une tête de pont.

Propriété du domaine royal, le château et la ville devinrent l'un des appuis occidentaux du domaine capétiens, aux portes de la Normandie. Pour cette raison, Louis VI le Gros donna le château, la ville et le comté de Dreux en 1152 en apanage à l'un de ses fils Robert de France (1125-1188), tige de la Maison capétienne de Dreux, éteinte en 1590.

Le château a suivi la destinée du comté de Dreux et de ses propriétaires, les comtes de Dreux, faisant retour à la couronne de France par achat de Charles V en 1377-1378. Considéré comme château royal, il fut engagé à des seigneurs particuliers, puis vendu au XVIIIe siècle à la maison de Bourbon-Penthièvre.

La collégiale Saint-Étienne, depuis le XIIIe siècle, a servi de sépulture à d'anciens comtes de Dreux, où leurs entrailles[5]. Quelques vestiges retrouvées lors des travaux de fondation de la nouvelle chapelle Saint-Louis, sont maintenant conservés dans cette dernière, notamment ceux qu'y fit transférer en 1783 le duc de Penthièvre. Ce dernier ayant vendu à Louis XVI son domaine de Rambouillet [6].

Pendant la Révolution[modifier | modifier le code]

Les biens des Bourbon-Penthièvre ayant été confisqués, le château fut vendu. Ils furent vendus par lots, notamment la collégiale Saint-Étienne, vendue 5000 livres en assignats, puis en partie démolie. Elle fut rachetée en 1816 que la duchesse douairière d'Orléans lui racheta l'édifice, pour y bâtir l'actuelle chapelle royale[7].

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

Au retour des princes, à la faveur de la restauration, le domaine est récupéré par sa propriétaire, Louise Marie Adélaïde de Bourbon, duchesse douairière d'Orléans, mère du futur Louis-Philippe. À sa mort en 1821, le château et son domaine entrent dans le patrimoine de la quatrième maison d'Orléans.

La maison d'Orléans[modifier | modifier le code]

Ducs d'Orléans, propriétaires du château (1821-1886)

Au XIXe siècle, le château est aménagé au confort des années 1830. Louis-Philippe possédant un nombre important de résidence, le château de Dreux est peu habité par les princes d'Orléans. Toutefois, il est le lieu de la construction de la chapelle royale de Dreux.

À la publication de la loi d'exil, touchant une partie des membres de la maison d'Orléans, les biens restés indivis sont regroupés au sein de la Société civile du domaine de Dreux, afin d'en faciliter la gestion et d'écarter les risques de dispersion. En effet, Louis-Philippe ayant eu dix enfants, les propriétés héritées de l'apanage d'Orléans furent en parties partagées en parts d'indivision. Le domaine fut administré au nom du duc d'Orléans, Philippe d'Orléans, « chef de la maison de France » et prétendant orléaniste. Plusieurs mariages entre membres de cette famille donnèrent à Henri, « comte de Paris », l'essentiel des parts des biens de sa famille, dont le château de Dreux et ceux du château d'Amboise et de Bourbon.

La fondation Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Chapelle royale du château de Dreux

Pour préserver l'avenir de ce bien dans l'héritage royal, le « comte de Paris » décida de l'inclure dans une fondation familiale, la fondation Saint-Louis, en 1974. Il en devint le président d'honneur, fondation destinée à préserver les monuments les plus importants des Orléans en les soustrayant aux risques de dispersion qu'engendrent parfois les partages d'héritages. Il avait onze enfants, dont un décédé sans postérité.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Base Mérimée : fiche "domaine de la chapelle royale"
  2. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  3. Édouard Lefèvre, Documents du les comté et la ville de Dreux, p. 102.
  4. Édouard Lefèvre, Documents du les comté et la ville de Dreux, p. 118.
  5. Édouard Lefèvre, Documents du comté et la ville de Dreux, p. 179.
  6. Édouard Lefèvre, Documents du les comté et la ville de Dreux, p. 190.
  7. Édouard Lefèvre, Documents du comté et la ville de Dreux, p. 140.