Château de Chamarande

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Domaine de Chamarande
Image illustrative de l'article Château de Chamarande
La façade méridionale.
Période ou style Louis XIII
Type Château
Architecte Nicolas de l'Espine
Début construction 1654
Propriétaire initial Pierre Mérault
Destination initiale Habitation
Propriétaire actuel Conseil Général d'Essonne
Destination actuelle Musée
Protection Logo monument classe.svg Monument historique (1981)
Coordonnées 48° 30′ 46″ N 2° 13′ 15″ E / 48.512778, 2.220833 ()48° 30′ 46″ Nord 2° 13′ 15″ Est / 48.512778, 2.220833 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Hurepoix
Département Essonne
Département Île-de-France
Commune Chamarande

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Domaine de Chamarande

Le château de Chamarande situé dans la commune française de Chamarande est la propriété du département de l'Essonne. Le parc de 99 hectares est ouvert au public toute l'année et accueille un centre d'art contemporain, les archives départementales, le FDAC91 et un centre d'hébergement pour les "classes vertes" des scolaires.

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation du château de Chamarande dans l'Essonne.
Château de Chamarande
Voir l’image vierge
Localisation du château de Chamarande dans l'Essonne.

Le château est situé à Chamarande, dans l'ancienne province de Hurepoix, aujourd'hui département de l'Essonne et la région Île-de-France, à trente-neuf kilomètres au sud-ouest de Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un premier château aurait été établi à Bonnes[Note 1] vers 811 par Arteld, missus dominicus et frère du biographe de Charlemagne, Eginhard. Toutefois, les fouilles effectuées à Chamarande établissent que le lieu ne fut jamais fortifié.

Un hôtel seigneurial y est en tout cas bâti au XVIe siècle probablement pour François Miron, prévôt des marchands de Paris et ami personnel du roi Henri IV, qui acquiert en 1603 les deux seigneuries constituant l'actuel domaine et y établit sa résidence. Cette demeure correspondait sans doute aux bâtiments de l'actuelle (cour des communs). Après le décès de François Miron en 1609, le château passe à son fils Jean, qui agrandit le domaine. Mais le château souffre durant la Fronde et il est en mauvais état lorsqu'il est vendu en 1654 à Pierre Mérault, ancien fermier des gabelles, anobli par l'acquisition d'une charge d'écuyer et secrétaire du roi Louis XIV

Vue des douves du château.

C'est lui qui fait alors construire le château actuel dans le plus pur style Louis XIII. Il est attribué à Nicolas de L'Espine architecte du Roi. Le quadrilatère entouré de douves comprend alors le logis, flanqué latéralement par les communs[Note 2] L'entrée de la cour d'honneur est cantonnée de deux pavillons, celui de gauche abritant la chapelle dont la décoration en stuc est due au sculpteur Louis Lerambert (1620-1670). Le domaine est alors « orné de canaux, bassins et fontaines »[Note 3] dans le goût des jardins à la française. Endetté, Pierre Mérault vend le domaine en 1684 à Clair Gilbert d'Ornaison dit "Chamarande" du nom de son fief situé dans le Forez, premier valet de chambre du roi Louis XIV. C'est pour lui qu'en 1685, des lettres patentes de Louis XIV érigent Bonnes en comté de Chamarande.

À sa mort en 1737, le château passe par héritage à son cousin germain, Louis de Talaru, marquis de Chalmazel, maître d'hôtel de la reine Marie Leszczyńska. Celui-ci y fait travailler l'architecte réputé Pierre Contant d'Ivry, qui construit de nouvelles dépendances, au-delà du chemin vicinal près du village[Note 4], agrémente le parc d'une orangerie, d'un belvédère, d'une glacière, d'un bosquet ovale et d'un « jeu d'oye » avec un temple d'amour en son centre[Note 5] et d'une cascatelle. Il supprime le mur de la cour d'honneur le long des douves et place en avant du pont une grille de ferronnerie encadrée de deux lampadaires. Il modernise également les décors intérieurs du château[Note 6].

Dans les années 1780, une pièce d'eau est créée, avec en son centre une île bordée de cyprès chauves de Louisiane : la tradition l'attribue au peintre paysagiste Hubert Robert.

Après la Révolution française, Louis-Justin, marquis de Talaru, qui recouvre le domaine sous le Consulat, le fait remettre en état et fait redessiner le parc à l'anglaise. Maire de Chamarande, il réside au château jusqu'à sa mort, survenue en 1850. En 1852, le domaine est vendu à Pierre et René Robineau.

Le domaine devient en 1857 la propriété de Jean Gilbert Victor Fialin, comte puis duc de Persigny, ministre de l'Intérieur de Napoléon III, et alors ambassadeur de France à Londres. Il crée une galerie au rez-de-chaussée du château, qu'il meuble avec luxe, construit le mur d'enceinte du domaine, achève la transformation du parc à l'anglaise grâce au Comte de Choulot et fait planter des arbres exotiques. Près de la nouvelle grille d'honneur est placé un obélisque inspiré du Songe de Poliphile, qui se réfère probablement aux amours de Henri II et de Diane de Poitiers. En 1862, Persigny donne à Chamarande une fête pour l'anniversaire de l'impératrice Eugénie. Coïncidence ? Sur la commune de Saint-Germain l'Espinasse (Loire) terre natale du Duc de Persigny, s'élève depuis le Moyen Âge un fief de Chamarande ("la frontière sur le chemin" en celte) sur les rives du Fillerin.

Le duc de Persigny meurt en 1872. En 1876, le château est acquis par Anthony Boucicaut, fils du fondateur du Bon Marché, qui fait aménager une salle à manger des chasses dans le goût néo-Renaissance, ainsi qu'une ferme et un chenil. Il meurt l'année suivante et sa veuve épouse en secondes noces, en 1881, le docteur Laurent Amodru, maire de Chamarande jusqu'en 1922 et député de Seine-et-Oise. Après 1913, la cascade est ornée de copies des statues des fleuves du parc de Versailles.

De 1923 à 1951, le château est un haut lieu de formation du Scoutisme en France (la formation des responsables territoriaux des Scouts et Guides de France s'appelle toujours le Cham en référence à Chamarande). En 1950, le premier rassemblement des chorales À Cœur Joie a lieu à Chamarande, avant de devenir le Festival des Choralies à Vaison-la-Romaine.

En 1957, le dernier propriétaire privé est Auguste Mione, directeur d'une grande entreprise de travaux publics : « La Construction moderne française », avant le rachat du domaine, en 1978, par le conseil général de l'Essonne.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le domaine aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le parc de Chamarande couvre une superficie de 98 hectares. Le domaine départemental est labellisé « Jardin remarquable »[1].

La cour des communs, abrite depuis 1999 le dépôt principal des Archives départementales de l'Essonne. Un silo creusé dans la cour du château, qui comprend huit étages en sous-sol, permet de stocker jusqu'à 32 kilomètres linéaires d'archives[Note 7].

En 2001, un centre d'art contemporain est installé à Chamarande à l'instigation de Dominique Marchès, fondateur du centre d'art de Vassivière. En saison, de mai à octobre, des festivals sur le conte, la musique, la danse, le cinéma ainsi que des rendez-vous autour des jardins et du patrimoine sont organisés dans le parc du domaine.

L'art contemporain au domaine[modifier | modifier le code]

Après Dominique Marchès, Judith Quentel a dirigé le centre d'art contemporain, de 2005 à 2011.

Celui-ci a constitué une collection (intitulée L'esprit des lieux) grâce à un fonds départemental. Elle comprend notamment des œuvres de Lilian Bourgeat, Erik Samakh (flûtes solaires, dans le parc), Miguel Egana (Feuilles scies, 2001, dans le parc), Bert Theis (croix blanches géantes dans le parc) ou Philippe Ramette. Son parc de sculptures, recomposé en permanence, joue avec les fabriques du parc : la glacière abrite ainsi une installation sonore de Céleste Boursier-Mougenot.

Depuis 2012, c'est l'association COAL [2], coalition pour l'art et le développement durable qui collabore avec l’équipe du Domaine de Chamarande à la programmation des expositions, aux résidences et aux orientations concernant l’animation de la vie locale.

Le projet tend à resserrer les liens entre valorisation du patrimoine, la mise en place des chantiers écologiques d’un plan de gestion différenciée et la programmation d’art contemporain ou de spectacle vivant. À Chamarande, les projets présentés s’appuient non seulement sur l’art des jardins et le patrimoine historique mais aussi sur l’écosystème du parc, la spécificité écologique et sociale de l’Essonne, et plus largement de l’Île-de-France.

Les projets sont menés par des artistes en collaboration avec des acteurs de l’écologie, des associations locales et des particuliers. Ils impliquent des questionnements entre art et science, et provoquent les échanges au sein de l’espace public, levier de développement, de créativité, de sociabilité, d’intégration et d’éducation.


Expositions en co-commissariat avec COAL :

Salons - convivialité, écologie et vie pratique [3], du 13 mai au 30 septembre 2012. Les artistes étaient invités à proposer des œuvres "praticables"[4] par les publics. Artistes : Heather Ackroyd & Dan Harvey, Après vous (Nathalie La Hargue et Laurence Yared), Lise Autogena et Joshua Portway, Brandon Ballengée, Pauline Bastard et Ivan Argote, Neal Beggs, Lilian Bourgeat, Thierry Boutonnier, Michel de Broin, Gilles Bruni, Betty Bui, Lucie Chaumont, Encore Heureux, Didier Faustino, Nicolas Floc’h, Freaks Freearchitects, Sylvain Gouraud, Hehe, Christina Hemauer et Roman Keller, Olivier Kosta-Théfaine, Julien Prévieux, Raum Architectes, Stefan Shankland, Veit Stratmann, Superflex.

Spécimens [5] - Collections, croisements, sentinelles, du 30 septembre 2012 au 31 mars 2013. Artistes : Ivana Adaime Makac [6], Mark Dion, Anthony Duchêne, Carsten Höller, Hanna Husberg, Sanna Kannisto, Kôichi Kurita, Lucy + Jorge Orta, herman de vries et Douglas White.

Milieux[7], du 26 mai au 29 septembre 2013. Artistes : Étienne de France, Camille Goujon, Kôichi Kurita, Stefan Shankland, Astrid Verspieren, Frank Smith et Soundwalk à l’orangerie, Bruit du Frigo, Gilles Bruni, Christophe Clottes, Olivier Darné, Nicolas Floc’h, Étienne de France, Camille Goujon, Suzanne Husky, Nicolas Milhé, Liliana Motta, Laurent Tixador.

Augures d'innocence. du 26 mai au 29 septembre 2013. Exposition monographique de Brandon Ballengée.

VUES - Paysages d'aujourd'hui d'après Hubert Robert, du 30 novembre 2013 au 30 mars 2014. Artistes : Guillaume Bresson, Étienne de France, Cyprien Gaillard, Markus Hansen, Tommy Hilding, Filip Mirazovic, Nicolas Moulin, Lucien Pelen, Mathieu Pernot, Stefan Shankland, Claire Tabouret, Marie Velardi, Edouard Wolton, Duncan Wylie.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. nom primitif de Chamarande
  2. Ceux-ci portent la date de 1654.
  3. acte de vente de 1684
  4. auditoire, ferme et écuries, potager avec bassin rocaille
  5. .
  6. création du salon blanc
  7. En 2010, quinze kilomètres linéaires sont utilisés.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos (dir), Guide du patrimoine Île-de-France, Paris, Hachette, 1992, p. 157
  • Bénédicte Ramade, « Chamarande, de découvertes en surprises », L'Œil, juillet-août 2007, p. 78
  • Philippe Cusset et Joël Jacquet « L'Essonne des châteaux », C2M information à Gravigny (27), juillet 1996

Sources[modifier | modifier le code]