Château de Châtillon (Savoie)

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Château de Châtillon
Image illustrative de l'article Château de Châtillon (Savoie)
Le château de Châtillon au début du XXe siècle
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIe siècle
Propriétaire initial Famille de Châtillon
Destination actuelle Propriété privée
Protection  Inscrit MH (1991, partiellement)[1]
Coordonnées 45° 47′ 59″ N 5° 50′ 32″ E / 45.7997, 5.8422 ()45° 47′ 59″ Nord 5° 50′ 32″ Est / 45.7997, 5.8422 ()  [2]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Savoie Propre
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Commune Chindrieux

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Château de Châtillon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Châtillon

Le château de Châtillon est un ancien château fort, du XIe siècle, remanié à plusieurs reprise, notamment au XVIe siècle et aux XVIIIe et XIXe siècles, centre de la seigneurie de Châtillon, qui se dresse sur la commune de Chindrieux dans le département de Savoie en région Rhône-Alpes.

Le château fait l’objet d’une inscription partielle au titre des monuments historiques par arrêté du 29 avril 1991[1],[3]. Seuls le donjon polygonal, la grosse tour carrée et le châtelet d'entrée sont inscrits.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Châtillon est située dans le département français de Savoie sur la commune de Chindrieux, sur la rive nord du lac du Bourget autrefois lac de Châtillon ce qui atteste de l'importance politique qu'eût la seigneurie locale et le château qui donna son nom à ce lac. Il est érigé sur un rocher rive droite à 2 kilomètres au sud-sud-ouest du bourg et surplombe depuis son haut promontoire les eaux lacustres.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir du XIe siècle, Châtillon, hameau de la commune actuelle de Chindrieux, est le chef-lieu de la seigneurie de Châtillon, possession au Xe siècle des sires de Châtillon, branche cadette de la famille de Montluel.

Le château cité depuis 1125[4], est la possession des sires de Châtillon, vassal des comtes de Genève. Geoffroy de Châtillon ou Girard y serait né au XIIe siècle[5].

En 1263[6], il est entre les mains d'Hugues de Montluel.

En 1324[6], Guy de Montluel, en rend hommage au comte Édouard de Savoie, se succède Jean de Montluel, puis son fils Henry de Montluel (†1346). Guigues de Montluel, dernier seigneur de Chautagne, en fait également hommage, en 1356[6] ou en 1358[4], auprès d'Amédée VI de Savoie. Une partie des droits de suzeraineté sont à la famille de Faucigny, puis aux Dauphins de Viennois ; ils seront acquis entièrement par la Maison de Savoie en 1401[4].

Son fils, Jean de Montluel (†1455), lui succède. De ses sept enfants, trois d'entre eux, Humbert, Guillaume et Alexandre de Montluel, le détiennent, en 1457[6], en indivision ; par partage il sera attribué à Humbert de Montluel (†1485).

Il passe, en 1486[4], par héritage, aux Seyssel d’Aix ; Françoise de Montluel, fille d'Humbert a épousé, en 1477[6], Claude de Seyssel. Leurs succède, leur fils, Humbert de Seyssel (†1498), puis il passe à Gabriel de Seyssel (†1505), qui est fait baron d'Aix et de Châtillon. En hérite, son fils, François-Philibert, puis Françoise de La Chambre (†1538), sa propre mère. Cette dernière en rend hommage, en 1517[6], au duc Charles III de Savoie et désignera, ensuite, comme héritier universel, son neveu, Charles de Seyssel. À partir de 1538, les Seyssel ne réside plus au château, ils en ont donné les terres en fermage.

Au décès de Claude de Seyssel (†1569), il passe à son frère François (†1592), gouverneur de Savoie. C'est son fils ainé, Charles-Emmanuel, qui en hérite, puis son fils cadet, Louis.

Louis de Seyssel (†1650), remarié, en 1616[6], à Françoise de Grammont, laisse un fils, Maurice, qui n'aura pas de descendant et meurt sans laisser de testament. En 1687[6], un arbitrage, attribua les biens à la branche ainée, en la personne de Sigismond de Seyssel, marquis de La Serraz, que ses descendants, François-Joseph possessionné de 1688 à 1691[6], Victor-Amé (†1754) et Octave-Henry, conservèrent sans y résider jusqu'en 1756[6].

Il est acquis le 22 février 1756 par le sénateur Joseph Rambert (†1781), président au Sénat de Savoie qui le restaure très profondément et le transmet à son fils Hyacinthe Rambert, époux d'Adélaïde d'Alexandry, qui traverse la Terreur sans être inquiété et aménage les jardins et terrasses. Lamartine qui vint très souvent prendre les eaux à Aix-les-Bains et qui séjourna plusieurs fois à Châtillon à l'été 1819, rencontre le baron Hyacinthe Rambert de Châtillon. À cette même période il demanda la main de mademoiselle Birc. Le château permit une « méditation » de Lamartine, « La Retraite »[7].

À Hyacinthe Rambert, succède son fils, Antonin (°1809-†1860), conseiller à la cour de Chambéry, époux de Noémi d'Anglejean. Le couple, sans enfant, le château échoit au neveu de sa femme, Robert d’Anglejan (°1853-†1928), qui prend le titre de baron de Châtillon. En 1850, Amédée Achard le décrit dans un de ses romans Une Saison à Aix-les-Bains. Transformé un temps en hôtel vers 1889[6]. Le château servit de cadre aux XXIe siècle à plusieurs tournages de film policier français : Mon petit doigt m'a dit... dans la première scène, et Associés contre le crime pour plusieurs scènes.

Description[modifier | modifier le code]

Château de Châtillon.

Le château est essentiellement construit en tuf et en pierre calcaire.

Une enceinte épousant l'éminence sur laquelle se dresse le château, élevée durant le XIIIe siècle[4] et restauré en 1307 par ordre du comte de Savoie, enserre un logis en partie du XVe siècle[4], que Louis de Seyssel, abbé de Vendôme, remanie et agrandi en 1537, et que flanque, côte lac, une tour ancienne mais dont la datation reste difficile.

Le château dispose de plusieurs entrées. À droite de l'entrée principale, à l'angle nord-ouest, se dresse une tour de forme octogonale faite de tuf. L'intérieur de celle-ci est circulaire[3]. Son parement extérieur, fait de grandes dalles de tuf de 3,50 m de large est postérieur à l'appareil mis en œuvre pour le mur intérieur. On estime que le rez-de-chaussée voûté en forme de coupole date du XVe siècle. Il pourrait s'agir d'une tour originellement ronde et qui aurait été transformée en tour polygonale. Les étages sont desservis par un escalier à vis latéral à celle-ci.

Le château a subi de nombreux remaniements au cours des siècles. Outre les travaux dû à l'initiative de Louis de Seyssel, d'autres modifications eurent lieu durant le XVIIIe et XIXe siècles[3].

Une statue du poète et homme politique Lamartine, fut implanté près du château, en 1925, par François Boreau alors propriétaire des lieux. Il s'agit d'une œuvre du sculpteur chambérien Mars Valett. La statue a été acheminée par bateau depuis Chambéry en utilisant la Leysse puis le Lac du Bourget[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château de Châtillon », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  3. a, b, c et d Site du Conseil général de la Savoie - Autour du Lac du Bourget.
  4. a, b, c, d, e et f Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ 1987, 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 330.
  5. Georges Chapier 2005, p. 269-270.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Michèle Brocard 1995, p. 117-119.
  7. Site Entre lac et montagne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Topographie historique du département de l'Ain disponible sur Gallica, 1873, p. 459-460. Consulté le 26 décembre 2012.
  • [Michèle Brocard 1995] Michèle Brocard (ill. Edmond Brocard), Les châteaux de Savoie, Yens-sur-Morges, Éditions Cabédita, coll. « Sites et Villages »,‎ 1995, 328 p. (ISBN 978-2-88295-142-7), p. 117-119.
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 269-270.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]