Château de Châlus-Chabrol

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Château de Châlus.
Château de Châlus-Chabrol
Image illustrative de l'article Château de Châlus-Chabrol
Richard Cœur de Lion y trouva la mort en 1199
Début construction XIe siècle
Fin construction XVIIe siècle
Propriétaire initial Bertrand Chabrol
Propriétaire actuel privé
Protection Logo des sites naturels français Site inscrit (1944)
Logo monument historique Classé MH (1981)
 Inscrit MH (1981)
Coordonnées 45° 39′ 27″ N 0° 58′ 47″ E / 45.6575, 0.9797245° 39′ 27″ Nord 0° 58′ 47″ Est / 45.6575, 0.97972  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Limousin
Subdivision administrative Limousin
Département Haute-Vienne
Commune Châlus

Géolocalisation sur la carte : Haute-Vienne

(Voir situation sur carte : Haute-Vienne)
Château de Châlus-Chabrol

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Châlus-Chabrol

Le château de Châlus-Chabrol (occitan limousin Chasteu de Chasluç-Chabròl), à Châlus en Haute-Vienne (XIe et XVIIe siècles), est construit sur la rive droite de la Tardoire, sur un promontoire rocheux dominant le bourg de Châlus. Il est connu pour son siège de 1199 mené par Mercadier, au cours duquel Richard Cœur de Lion est mortellement blessé par un carreau d'arbalète décoché par Pierre Basile.

Plus récent d'un siècle, le Château de Châlus-Maulmont, construit par Géraud de Maulmont, lui fait face.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir du Haut Moyen Âge, les Monts de Châlus deviennent une marche frontière entre les domaines des comtes du Périgord et ceux des vicomtes de Limoges, puis entre le duché d’Aquitaine (tenu par les Plantagenêt, héritiers de la couronne d’Angleterre) et le royaume de France.

Cette position en zone frontière explique un « chaînage » unique en France, de quinze châteaux forts sur une ligne protégeant, entre Périgord et Limousin, l’accès sud de Limoges : Châlus-Chabrol, Châlus Maulmont, Firbeix, Saint-Pierre de Frugie, Courbefy, Vieillecour, Moncigoux, Jumilhac, Montbrun, Brie, Lambertie, Cromières, Les Salles, Les Cars et Lastours.

En construisant Châlus-Chabrol, l'objectif des seigneurs de Limoges (vicomtes et évêques selon une tradition rapportée par les frères de Sainte-Marthe, Ithier Chabot (ou Chalas) de Fraissenjas, élu évêque de Limoges le 4 janvier 1052[1], ) est de contrôler l'itinéraire de Limoges vers le Périgord. Ils détournent par Châlus la voie qui menait de Bourges à Bordeaux et passait alors par Lastours[2] afin, justement, d'éviter les terres des puissants seigneurs de Lastours pour rejoindre leurs possessions en Dordogne, dont le château de Hautefort.

La création par les Augustins de Limoges de l'abbaye de l'Abeille, à proximité du château, alliée à la fréquentation du nouvel itinéraire Limoges-Périgueux via Châlus et Aixe (qui reprenait en grande partie un itinéraire antique[3]), entraînent le développement d'un bourg castral (la Villehaute) et de foires importantes.

Châlus-Chabrol, est une étape incontournable sur la route de Richard Cœur-de-Lion puisque c'est justement à Châlus que le duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre a trouvé la mort en 1199[4].

Article détaillé : Mort de Richard Cœur de Lion .

Démantelé à la Révolution française, Châlus Chabrol est restauré au milieu du XIXe siècle par le comte de Châlus qui y installe, le 16 février 1854, des religieuses de l'Instruction de l'Enfant-Jésus.

Il fit également restaurer en 1861 la tour attenante au corps de logis, qui menaçait ruine[5].

Château de Châlus-Chabrol par Ildo Moratti

Bertrand Heyraud, qui acheta le château en 1995 au comte de Bourbon-Chalus, mènera la restauration la plus importante pendant quatre ans. Ainsi, il va recréer l'un des plus beaux jardins médiévaux de France, refaire les murs d’enceinte et la grande salle de réception.

C'est dans ce cadre restauré, que se dérouleront, en 1999, les cérémonies du 8e centenaire de la mort de Richard sous la présidence conjointe de sa Majesté la Reine d'Angleterre et du président de la République, Jacques Chirac.

Architecture[modifier | modifier le code]

Le château de Châlus-Chabrol est constitué d'un ancien corps de logis, d'une tour d'angle attenante et d'un donjon, qui datent de l'érection du château. Ils sont complétés d'une chapelle, en ruines, d'un puits et d'un corps de logis du XVIIe siècle.

Classement[modifier | modifier le code]

Le site de Châlus-Chabrol est inscrit depuis décembre 1944 ; Par arrêté du 25 mars 1981, le donjon, la tour d'angle, les façades et les toitures du corps de logis attenant à la tour sont classés au titre des monuments historiques tandis que les façades et les toitures du corps de logis du XVIIe siècle, sont inscrits[6].

Propriétaires successifs[modifier | modifier le code]

  • Bernard Chabrol, qui le fait construire sur ordre des vicomtes de Limoges
  • Vicomtes de Limoges
  • Géraud de Maulmont, qui le reçoit en 1265 de Marguerite de Bourgogne, vicomtesse douairière de Limoges. Sans descendance, il le lègue à ses deux neveux.
  • Guillaume et Pierre de Maulmont, qui le recoivent en 1299 de Géraud de Maulmont, dont la succession est contestée par le roi de France.
  • Philippe Le Bel en dépossède les neveux de Géraud de Maulmont en 1303
  • Philippe Le Long, qui le recoit de son père, Philippe Le Bel
  • Henri IV de Sully, qui le reçoit en 1317 de Philippe Le Long[7]
  • Alain d'Albret, héritier des Sully, qui rattache la châtellenie de Châlus à la vicomté de Limoges
  • Charlotte d'Albret, fille d'Alain, l'apporte en dot à César Borgia, fils du pape Alexandre VI
  • Louise Borgia, l'apporte en dot en 1535 à Philippe de Bourbon, qu'elle épouse en seconde noces
  • Les Bourbon Busset, dont la branche aînée prend le titre de Bourbons Châlus, le conservent par succession jusqu'en 1995
  • Bertrand Heyraud (héritier de la marque revendu à Eram) qui l'achète en 1995 au comte de Bourbon-Chalus
  • Dick Guliker, Geoffrey James Drew et Carol Sarah l'achètent en 2008 à Bertrand Heyraud

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, Tome 1, par l'abbé Joseph Nadaud, publ. sous les auspices de la Société archéologique et historique du Limousin par l'abbé A. Lecler, V. H. Ducourtieux (Limoges), 1863-1882, p. 655, consulté sur Gallica le 30 mai 2009.
  2. Jean-François Boyer, Bulletin de l'association Histoire et archéologie du pays de Châlus : hypothèses sur le contrôle des itinéraires médiévaux dans la région de Châlus et Lastours, vol. I, Châlus, A.H.A.P.C,‎ 2002, 36 p., p. 1-2
  3. Marcel Villoutreix, Travaux d'archéologie limousine : recherches sur un très ancien itinéraire entre Limousin et Périgord, t. 13, Limoges, Association des antiquités limousines (SAHL),‎ 1993 (ISSN 0750-1099), p. 81-89
  4. « Châlus, le film robin des bois fait jaser », sur le site de FR3 Limousin,‎ mai 2010 (consulté le 18 mai 2010)
  5. Nobiliaire du diocèse et de la généralité de Limoges, Tome 1, par l'abbé Joseph Nadaud, publ. sous les auspices de la Société archéologique et historique du Limousin par l'abbé A. Lecler, V. H. Ducourtieux (Limoges), 1863-1882, p. 598, consulté sur Gallica le 30 mai 2009.
  6. « château de Châlus-Chabrol », base Mérimée, ministère français de la Culture
  7. http://maison.omahony.free.fr/ascendants/fiche%20sully%20henri.pdf

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]