Château de Brancion

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Château de Brancion
Image illustrative de l'article Château de Brancion
Vue partielle des ruines du château de Brancion.
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Fin construction XIVe siècle
Propriétaire initial Famille de Brancion
Destination initiale Résidence seigneuriale
Propriétaire actuel Personne privée
Destination actuelle Ruiné, ouvert au public
Protection Logo monument historique Classé MH (1977)[1]
Coordonnées 46° 32′ 49″ N 4° 47′ 53″ E / 46.546944, 4.79805646° 32′ 49″ Nord 4° 47′ 53″ Est / 46.546944, 4.798056  
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Saône-et-Loire
Commune Martailly-lès-Brancion

Géolocalisation sur la carte : Bourgogne

(Voir situation sur carte : Bourgogne)
Château de Brancion

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Brancion

Le château de Brancion est un ancien château fort, du XIIe siècle, dont les vestiges se dressent sur la commune de Martailly-lès-Brancion dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne.

Les restes du château de Brancion, y compris ceux de l'enceinte, et porte de ville attenante font l’objet d’un classement au titre des monument historique par arrêté du 9 juin 1977[1].

Situation[modifier | modifier le code]

Les vestiges du château de Brancion sont situés dans le département français de Saône-et-Loire sur la commune de Martailly-lès-Brancion, sur un éperon barré dominant un col emprunté par la route reliant Cluny à la Saône. La forteresse offre du haut de son donjon une vue incomparable à ses pieds sur le petit village de Brancion et son église romane, puis sur une immense étendue de plaines et de collines.

Histoire[modifier | modifier le code]

Armes des Brancion.

Pendant trois cents ans, le château est la possession de la famille de ce nom. « Gros » est le surnom porté par ces seigneurs. Ils ont pour devise « Au plus fort de la mêlée » et pour armes : « D'azur à trois fasces ondées d'or ».

L’histoire de ces seigneurs est une longue suite de batailles et de pillages qui leur crée quelques difficultés avec l'abbaye de Cluny ; à plusieurs reprises, les moines et les bourgeois de Cluny se plaignent de ces exactions à l'évêque et au comte de Chalon et il en résulte une chevauchée de Louis VII et un arbitrage de Philippe Auguste ; l'un de ces seigneurs va à Rome solliciter son pardon, d'autres partent pour la Terre sainte.

Au XIIe siècle[2], les seigneuries de Brancion et d'Uxelle sont unies et composent un ensemble homogène que contrôle les deux châteaux principaux que sont Brancion et Uxelles, complété par ceux de Boutavant et Nanton.

En 1259, pour éponger les dettes de son père, Henri III Gros de Brancion vend ses seigneuries d'Uxelles et de Brancion au duc Hugues IV de Bourgogne.

Pendant deux cent dix-huit ans, Brancion est chef-lieu d'une châtellenie ducale avec garnison permanente ; le château apparaît comme une des clez du paiz. Les ducs renforcent et augmentent le confort du château, en édifiant notamment le logis de « Beaujeu ». Domaine royal

En 1477, à la mort du duc Charles le Téméraire, la terre entre dans le domaine de la couronne de France ; après une courte période de confusion, un châtelain royal succède au châtelain ducal.

En 1548, Jean de Lugny, seigneur engagiste, porte le titre de comte de Brancion. Vers 1580, Jean de Saulx-Tavannes succède au précédent ; il fait du château l'un des plus forts points de résistance de la Ligue catholique. En 1594, la forteresse finit par être prise après avoir vaillamment résisté aux troupes du colonel Alphonse d'Ornano, lieutenant du roi, qui la saccagent. Le déclin du château commence alors.

En 1701, après les Saulx-Tavannes, le château passe aux La Baume-Montrevel. À l'extinction de ces derniers, en 1759, la châtellenie est concédée à un avocat au Parlement de Dijon.

Brancion, démantelé, ruiné, est racheté en 1860 par le comte Victor de Murard de Saint-Romain.

Depuis 2005, l'association « La Mémoire Médiévale » assure la maîtrise d'ouvrage des travaux de restauration, l'ouverture du château à la visite et développe des animations culturelles sur le site de Brancion. Elle a en effet conclu un bail emphytéotique de 50 ans avec le propriétaire, François de Murard de Saint-Romain.

Des détenus en fin de peine du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand participent à la restauration du château.

Fouilles archéologiques

En 2005 plusieurs fouilles ont été effectuées permettant de détecter un secteur d’habitat du haut Moyen Âge daté du VIIIe siècle et une portion de l’enceinte de l’an Mil. Le tracé du fossé d’enceinte du château et l’extension du cimetière adjacent à l’église ont été également repérés[3].

Description[modifier | modifier le code]

Château de Brancion.
Château de Brancion.
Vue sur le château.

Le château était défendu par trois enceintes fortifiées, la porte d'entrée de la ville perçant la troisième d'entre elles qui défendait le bourg. Plusieurs tours flanquaient l'ensemble : la « tour de Beaufort », la « tour de la Chaul », la « tour de Longchamp », etc.

Au centre de ce dispositif, au point culminant du rocher, défendu au nord et à l'ouest par la troisième muraille, se dresse le donjon, haute tour carrée en moyen appareil comportant un rez-de-chaussée aveugle sans accès de l'extérieur et trois étages. Il reste impressionnant avec son « retrait », la chambre du seigneur.

Jusqu'au XVIe siècle, il était couronné de créneaux et coiffé d'un toit pointu auxquels on a substitué une terrasse. Contre le donjon, s'appuie à l'est un logis seigneurial ruiné, percé de baies tréflées, qui semble avoir été rebâti au XVe siècle sur des assises du XIIe siècle. Il est flanqué à l'est de deux tours carrées solidaires de la seconde enceinte, la « tour du Préau » et la « tour de la Gaîte ». Au sud de cet ensemble, subsistent des murailles en arête de poisson qui appartiennent à une construction antérieure au XIe siècle.

La chapelle du château était placée sous le patronage de sainte Catherine.

Le château, propriété privée, est ouvert au public.

Les seigneurs d'Uxelles et de Brancion[modifier | modifier le code]

Seigneurs d'Uxelles[modifier | modifier le code]

Armes : D'azur à trois fasces ondées d'or[4].

Seigneurs de Brancion[modifier | modifier le code]

Le lien avec Liébaud Ier d'Uxelles n'est pas encore établi.

Autres armoiries[modifier | modifier le code]

  • Murard de Saint-Romain : D'or à la fasce crénelée de sable ardente de gueules surmontée de trois têtes d'aigle de sable rangées en chef et d'un flamme de gueules en pointe

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Château de Brancion », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Jean-Pierre Panouillé, Les châteaux forts dans la France du Moyen Âge, Ouest France, 2007 (ISBN 978-2-7373-4424-4), p. 37.
  3. Inrap rapport d'activité 2006 page 75
  4. Annales de l'Académie de Mâcon, page 176

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brancion, les seigneurs, la paroisse, la ville, de J.-L. BAZIN (1908)
  • Brancion, de M. REBOUILLAT (1975)
  • Jean Baptiste Guillaume, Histoire généalogique des sires de Salins au comté de Bourgogne, édition Jean-Antoine Vieille, 1757, p.  254 à 256 books.google.fr
  • Annales de l'Académie de Mâcon, troisième série, tome XII, Protat Frères,‎ 1907 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]